Altars of Fab’ Death

Beheaded : Recounts Of Disembodiment

Beheaded (MLT) : Recounts Of DisembodimentPetit pays européen, Malte comporte pourtant un groupe réellement impressionnant, en l’entité destructrice Beheaded, directement influencé par le brutal death de Suffocation & Deeds Of Flesh. Après son premier album Perpetual Mockery, le groupe revient quatre années plus tard chez Mighty Music, en début d’année 2002, avec l’intraitable Recounts Of Disembodiment, muni d’une pochette en dépliant très réussie.

Impéccablement mis en valeur par la production puissante de David Vella au Temple Studios locaux, Recounts Of Disembodiment s’avère particulièrement meurtrier, balançant un Broken Thoughts Of Righteousness aux riffs acérés, ou un Horde Of Stolen Sun au refrain renversant. Sur le jeu de batterie millimètré de Chris Brincat, Omar Grech & David Bugeja assènent en effet leurs rafales de riffs écrasants, servant le guttural profond de Lawrence Joyce.

Proche de la brutalité et de la rugosité du EP Human Waste des célèbres new-yorkais de Suffocation, Recounts Of Disembodiment s’avère effectivement diablement percutant, bombardant avec précision et une violence manifeste, non sans finesse, à l’instar de ses nombreux contretemps et de son double pédalage subtil, sans oublier ses ambiances lourdes & suintantes, à l’image du très bon Consecrated Absurdities.

Malgré un certain manque d’originalité et de personnalité, Beheaded signe un second album destructeur, d’une force et d’une lourdeur incroyables, lui ouvrant ainsi les portes du label californien Unique Leader, expert en brutalité death métallique, à l’image de ses protégés Deeds Of Flesh, Disgorge (US) ou Disavowed.

Fabien.

> - Les chroniques -, Beheaded — admin @ 9:15 am

January 25, 2002

Bloodbath : Resurrection Through Carnage

Resurrection Through CarnageSuite au EP Breeding Death sorti en 2000, très bon au passage, Bloodbath décide de poursuivre la route, en proposant son death metal fortement typé old school suédois, tant au niveau de la musique que des paroles. Swano (Egde Of Sanity), Akerfeldt (Opeth), Renske & Nystrom (Katatonia) se sont réunis avant tout pour se faire plaisir, jouant une musique directe et efficace en hommage au death des early 90’s, qu’ils ont eux-mêmes pratiqué dans leur jeunesse (souvenons-nous par exemple du premier CD d’Edge Of Sanity sorti en mai 1991).

Avec une telle brochette de musiciens visionnaires, Resurrection Through Carnage remplit largement son contrat, balançant un death brutal et sombre, aux rythmes mid tempo & entrainants, et aux riffs particulièrement mortels, à l’image du mythique Ways To The Grave. Les 10 titres s’enchaînent ainsi à la perfection, fourmillant de breaks et d’accélérations qui agrémentent beaucoup l’écoute de l’album. Les Growls de Mickael Akerfeldt, d’une pureté exemplaire, sont également terrifiants, soutenus par les riffs redoutables du gratteux Anders Nyström, au jeu si unique et torturé.

Enfin, pour ne rien gâcher, Resurrection bénéficie d’une production très claire et très profonde, qui renforce admirablement sa lourdeur, et dote les guitares du son froid typique, se situant entre Left Hand Path & Into The Grave. Non, décidément rien ne vient entacher la qualité de cette galette.

Resurrection Through Carnage s’écoute donc avec un plaisir non dissimulé, plaisant à coup sûr à tous les nostalgiques du death scandinave du début des années 90. Il constitue l’une des très bonnes surprises de l’année 2002, et représente à titre personnel l’un de mes coups de coeur de ces dernières années. Enfin, plus qu’un groupe hommage au death metal des années 90, Bloodbath est une formation stable, bien décidé à en écraser un max, et à durer dans le temps.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bloodbath — admin @ 8:00 am

Cannibal Corpse : Gore Obsessed

Deux longues années et demi séparent Gore Obsesssed, huitième full lenght de Cannibal Corpse, de son brutal prédécesseur Bloodthirst. Cette trêve reste toutefois entrecoupée par Live Cannibalism, premier album live officiel de l’infatigable bande d’Alex Webster. Si son line up reste inchangé depuis 1998, le groupe floridien décide en revanche de changer d’ingénieur du son, laissant le redoutable Colin Richardson pour rejoindre le non moins célèbre & expérimenté Neil Kernon au Sonic Ranch studios, débouchant sur la sortie de son nouveau méfait en février 2002, chez son label dévoué Metal Blade Records.

A l’image de son titre, et la nouvelle double illustration de Vince Locke (dont la version non censurée, assez méconnue, reste à mon sens plus convaincante), Gore Obsessed n’affiche aucune surprise notoire, appliquant une recette similaire à son prédécesseur. En effet, tandis que Webster, signant la majorité des titres, privilégie l’art du riffing précis & assassin (Savage Butchery, Pit of Zombies), Pat’O Brien met quant à lui l’accent sur les structures & plans techniques (Hatched to The Head), laissant à Jack Owen l’écriture des titres les plus torturés, à l’image du court Dormant Bodies Bursting et de son break renversant, ou encore de l’excellent When Death Replaces Life et de son intro subtile, au climat fort bien entretenu. Le métalleux possédant le premier pressage peut également savourer No Remorse, titre initialement enregistré par Metallica (Kill ‘Em All), que Cannibal Corpse s’est fort bien approprié au passage.

Toutefois, bien que le gang floridien possède toujours ce couple rythmique inattaquable de Mazurkiewicz & Webster, ces plans de guitares complémentaires d’Owen & O’Brien, et le guttural dynamique de Fisher, lui permettant de lâcher de nouveaux morceaux parfaitement huilés, Gore Obsessed manque d’une certaine couleur et d’atmosphères particulières, n’apportant rien de plus dans la longue discographie du groupe. Si le changement d’ingénieur du son constituait également une bonne initiative, il ne permet pas non plus le détachement attendu de l’album en regard de ses prédécesseurs, perdant même une partie de la puissance de Bloodthirst, fort bien capturée par Colin Richardson.

Sans livrer ses titres parmi les plus mémorables et les plus meurtriers, et commençant parallèlement à entrer dans une certaine routine, Cannibal Corpse signe un Gore Obssessed convaincant, à défaut de transcender. Néanmoins, le groupe de Webster possède une maîtrise et une technique toujours aussi irréprochables, ainsi qu’une identité à toute épreuve, constituant un gage de qualité indéniable, mais rivalisant difficilement aux attaques triomphantes d’Hate Eternal, Nile, Origin & Immolation, qui bombardent à coups de Kings of all Kings, Darkened Shrines, Informis Infinitas & Unholy Cult particulièrement déboulonnants, en cette terrible année 2002.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — fabien @ 11:31 am

January 24, 2002

Deranged : Plainfield Cemetary

Plainfield CemetaryAmateurs de sensations fortes, oubliez les méfaits III et Deranged déjà particulièrement violents, le nouvel album des inséparables Axelsson / Wermen, sortant en ce mois ce septembre 2002, dépasse toutes les limites en terme de brutalité. Le titre de cette boucherie est très évocateur, Plainfield Cemetary étant un endroit où Ed Gein, serial killer, démembrait des cadavres exhumés, avant de s’immoler lors d’un soir de grande inspiration !

Pour l’occasion, Aurelien Police signe une pochette redoutable sur un concept de Sven (Aborted), d’une qualité nettement supérieure aux précédents albums. Plainfield Cemetary contient également les paroles, chose rare chez Deranged, quoique ces dernières soient purement dispensables ; il est en effet question de déviances nécrophiles innommables, faisant comprendre toute la signification du nom du trio suédois.

Côté musique, Deranged laisse encore moins répit à l’auditeur, les rythmiques sont saccadées et tapageuses à l’extrême, appuyées par un mur de guitares lourd et suffocant, sans parler des vocaux d’outre tombe de Calle Faldt, étouffants comme pas possible. Mais, le métalleux averti qui sait tendre l’oreille, au risque de la perdre certes définitivement, s’aperçoit alors que la brutalité développée à un sens, et que le niveau technique et la dextérité d’Axelsson et de Wermen sont exemplaires, à l’image du terrible Deathgasm et de son final redoutable.

Avec une telle déferlante de violence sonore, mais aussi servie par une technique impressionnante, Deranged ne laisse personne de marbre, renvoyant par la même occasion de nombreuses formations au placard. La brutalité de l’opus est telle, que Plainfield Cemetary ne doit être prescrit qu’aux brutes musicales, aux amateurs de combos tel que Disgorge (US) ou Deeds Of Flesh. Par contre, toutes âmes sensibles, ne dites pas que vous n’avez pas été prévenues !

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 6:15 am

January 23, 2002

Disgorge : Consume the Forsaken

Disgorge (USA) : Consume the ForsakenTrois ans après l’abominable She Lay Gutted, avec sa pochette et ses textes outranciers, Disgorge revient battre les tympans des métalleux les plus endurcis. Il délaisse cette fois son gore pitoyable et choquant, adoptant un concept plus sobre en apparence, mais tout aussi malsain, jetant cette fois son dévolu sur le messie et ses douze apôtres. Reconduisant son contrat avec l’écurie Unique Leader, le quatuor de San Diego rejoint Chris Djuricic au Studio One en février 2002, pour les sessions de Consume the Forsaken, son troisième méfait impeccablement illustré par l’incontournable Jon Zig.

Version extrême de Cannibal Corpse et Suffocation, Disgorge reste fidèle à son death brutal et particulièrement étouffant. Dès le terrible Demise Of The Trinity, le couple rythmique de Ricky Meyers et Ben Marlin (RIP) broie tout sur son passage, à coup de blasts, de roulements et de grondements d’une violence sans limite, mais également d’une maîtrise imparable, servant les riffs techniques et suffocants de Diego Sanchez. AJ Magana, nouvelle recrue au micro, enfonce alors le clou, avec son dégorgement parmi les plus effrayants et les plus vomitifs jamais entendus.

Pourtant, au-delà d’un mur sonore apparemment infranchissable, Consume the Forsaken affiche une précision et une subtilité étonnantes, comblant le fan de death brutal le plus exigeant, depuis les redoutables Perverse Manifestation & Manipulation Of Faith, jusqu’à Divine Suffering et son final écrasant. Bénéficiant en outre d’un enregistrement d’une épaisseur et d’une lourdeur considérables, l’album montre ainsi toute la marge de progression effectuée par Disgorge depuis Cranial Impalement & She Lay Gutted, laissant déjà les deux précédents assauts loin derrière.

Linéaire et asphyxiant au possible, ne laissant aucune seconde de répit durant ses 31 minutes, Consume the Forsaken s’adresse avant tout au fan inconditionnel de death métal extrême. Ses compositions meurtrières, plus abouties et parfaitement assemblées, hissent sans conteste Disgorge parmi les formations les plus intéressantes du “brutal underground” californien, aux côtés de ses confrères de Deeds Of Flesh.

Fabien.

> - Les chroniques -, Disgorge (US) — admin @ 2:45 am

Grave : Back From The Grave

Back From The GraveAprès le départ de Jorgen Sandström chez Entombed, et le décevant Hating life sorti en 1996, Grave, l’un des pionniers de la scène death metal suédoise, décide alors de splitter. Mais, d’une détermination sans faille, Ola Lindgren reforme le groupe, rappelant au passage Jonas Torndal & Jensa Paulsson, qui officiaient tous deux sur les premières réalisations du groupe. En octobre 2002, la bande sort alors son cinquième album, judicieusement nommé Back From The Grave.

Délaissant le côté power de Soulless, Grave revient avec le style sombre et 38 tonnes qui le caractérise le mieux, celui des terrifiants Into The Grave & You’ll Never See. En effet, la double grosse caisse, très présente, balance des rythmes mid tempo, sur lesquelles les guitares assènent des riffs particulièrement lourds, à l’image de Rise, le très bon titre d’ouverture. Enfin, les titres basés sur des structures simples, et dotés d’une production Tomas Skogsberg relativement conventionnelle, confèrent un côté old school très marqué.

Figé dans le temps, et n’affichant pas un niveau technique exceptionnel, la musique de Back From The Grave se veut avant tout sombre et sans fioriture. Mais, l’intensité de l’opus n’égale pas malheureusement pas les deux premiers brûlots du groupe, qui développait autrefois des morceaux d’une puissance renversante, renforcée par la voix de Jorgen Sandström terriblement gutturale, et beaucoup plus profonde que l’actuelle d’Ola Lindgren.

Back From The Grave ne casse certes pas des barres, mais propose en contrepartie un death metal authentique, loin des productions aseptisées du moment ; il plaira certainement aux fans irréductibles des early’s Grave, sans toutefois leur laisser un souvenir impérissable, à l’inverse des redoutables Into The Grave & You’ll Never See. Enfin, pour décider les indécis, Century Media a eu la joyeuse idée de sortir l’album accompagné d’un CD bonus, contenant les trois premières démos de la formation.

Fabien.

> - Les chroniques -, Grave — admin @ 6:30 am

January 20, 2002

Hate Eternal : King of all Kings

Trois années après un Conquering The Throne plus que convaincant, ayant largement participé à la résurgence d’un death metal à la limite de l’agonie durant la seconde partie des années 90, Hate Eternal revient en 2002 avec son second album. Enregistré de main de maître par son leader Erik Rutan en personne, dans ses propres locaux Mana Studios, King Of All Kings, au titre toujours aussi ambitieux, bénéficie non seulement d’un contrat en béton d’Earache Records, la maison mère de l’écurie Wicked World, mais aussi d’une terrible pochette d’Andreas Marshall, réputé pour ses illustration d’Immolation ou Obituary.

Subissant le départ simultané de Doug Cerrito (Suffocation) et du batteur-missile Tim Yeung, Erik Rutan poursuit immuablement sa route avec son ami Jared Anderson, parvenant à rallier à ses côtés l’impitoyable Derek Roddy, batteur possédant une vitesse et une précision n’ayant rien à envier aux blasts métronomiques de son prédécesseur.

Si King Of All Kings ne débute pas sur sa meilleure facette, à l’image de son titre éponyme saisissant sans être transcendental, l’album trouve en revanche sa pleine puissance dès l’imparable The Obscure Terror, d’une force et d’une brutalité sombre sans commune mesure. Libéré de l’influence de Doug Cerrito (Suffocation), qui lui avait toutefois beaucoup apporté, Erik Rutan maîtrise désormais parfaitement son brutal death, assénant des riffs & des soli d’une rage et d’une incision meurtrières, mais aussi d’une précision désarmante malgré l’ultra brutalité du style. Majoritairement dominé par les blasts et le double pédalage incessants et dévastateurs de l’impitoyable Derek Roddy, l’album contient parallèlement de nombreux breaks déboulonnants, d’une lourdeur imparable, non sans rappeler les ambiances massives & délicieuses de l’incontournable Gateways to Annihilation de Morbid Angel, sur lequel Rutan avait participé deux années auparavant.

Hate Eternal enchaîne ainsi les cultes Servants of the Gods, Born by Fire ou Chants in Declaration dans un tourbillon d’énergie pure, portant le death metal dans des contrées d’une force et d’une intensité rarement atteintes, trouvant son apogée sur l’invincible titre final Power that Be, d’un équilibre et d’une technique renversantes.

Au côté du pharaonique In the Darkened Shrines de son homonyme Nile, sorti en cette même année 2002, Hate Eternal signe ainsi un King Of All Kings transcendant son excellent prédécesseur, installant définitivement la bande d’Erik Rutan parmi les locomotives du brutal death à l’échelle internationale. La puissance sans limite de l’album confirme en effet le nouveau visage arboré par la scène death metal depuis ce changement de millénaire, plus brutale, technique, rapide et intense que jamais. Incontournable !

Fabien.

> - Les chroniques -, Hate Eternal — fabien @ 8:45 am

January 19, 2002

Internecine : The Book Of Lambs

Internecine est le groupe d’un seul album, The Book Of Lambs, paru en 2001. Ce groupe a tout d’un all star band du death métal, comme pouvait l’être par exemple Terrorizer en 1989, ou plus récemment Bloodbath, groupes formés de divers musiciens de groupes reconnus.

Ce groupe est le projet de Jared Anderson, bassiste chanteur limogé de chez Hate Eternal en 2003 à cause de son addiction à la drogue. A cette époque, notre homme faisait donc toujours partie de Hate Eternal mais ne voulait pas rester inactif entre deux enregistrements de son groupe officiel. Il a donc mis sur pied Internecine et a recruté pour l’épauler deux batteurs poids-lourds qui se partagent les baguettes, Tony Laureno (Malevolent Creation, Angelcorpse…) et Derek Roddy (Nile, Divine Empire…). Avouez que pour tout amateur de death métal, il y a déjà là de quoi se lécher les babines ! Si je vous dit qu’en plus, l’album est produit par Erik Rutan (Morbid Angel, Hate Eternal) et que ce dernier vient poser ça et là quelques soli, vous n’aurez plus qu’à pleurer si vous ne possédez pas cette perle dans votre discographie ! Les guitares rythmiques sont par contre entièrement assurées par Jared Anderson qui ne manque ni de technique, ni d’inspiration.
Aucun autre album de Internecine ne verra jamais le jour, puisque Jared est décédé dans son sommeil en octobre 2006. Je n’ai pas plus d’explication, mais vu sa dépendance aux drogues dures…

L’album est donc un assemblage de titres extrêmement bestiaux, du death brutal sans concession qui fait la part belle aux blasts fous-furieux et aux breaks ébouriffants. Vu le niveau des musiciens, il est un peu superflu de préciser que l’ensemble est d’une précision chirurgicale. Les rythmiques sont hyper rapides, parfois très techniques (Hallowed Guidance, Encrypting The Véhémence) et bourrées d’harmoniques, ce qui donnent souvent un faux air de Morbid Angel  aux compos. Mais dans son ensemble, l’album est bien plus axé sur la brutalité pure que sur la finesse instrumentale, même si quelques passages se veulent plus tortueux et vicieux.

Le groupe ne ralentit pas souvent la cadence, mais quand il le fait, rrrhhhhââââ !!!! Ca nous donne de superbes titres comme Encrypting The Véhémence , avec ses alternances de parties lourdes et de blasts, ou For Thee I Bleed qui a lui seul justifie l’achat de cette galette. Ce titre est une merveille au refrain mid-tempo incroyablement puissant et sur lequel les riffs à la fois sombres et mélodiques font merveille. C’est tout simplement un de mes morceaux death métal préférés, un de ceux qui me filent la chair de poule et la patate à chaque écoute. Énorme !

The Book Of Lambs ne brille pas par une originalité incroyable mais dégage une énergie farouche et sent à plein nez l’envie d’en découdre avec la musique la plus primaire et la plus haineuse possible, tout en restant d’un niveau technique qui en impose. S’il n’est pas à considérer comme un classique incontournable, ce disque n’en reste pas moins un très bon album de brutal death qui ne peut pas décevoir les amateurs du genre. De plus, le fait que cet album soit la seule réalisation de ce groupe mort-né donne à The Book Of Lambs une aura toute particulière. A redécouvrir !!!

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Hyper carré rythmiquement et terriblement puissant, The Book Of Lambs s’insère parfaitement entre Conquering The Throne et King Of All Kings d’Hate Eternal. La similitude entre Internecine et le groupe d’Erik Rutan reste bien sûr évidente, mais quel bonheur d’entendre des joyaux tels que Ceremony Of Deceit. Fabien.

> - Les guests -, Internecine — fabien @ 4:30 am

January 18, 2002

Necrophobic : Bloodhymns

BloodhymnsSuite au démoniaque The Third Antichrist, Necrophobic retourne aux Sunlight Studios en novembre 2001 pour l’enregistrement de Bloodhymns, son quatrième effort. Celui-ci marque le départ de Martin Halfdan, remplacé au pied levé par Johan Bergebäck, ainsi que la séparation du groupe avec son label Black Mark, qui durant toutes ces années, n’a pas effectué une promotion à la hauteur de son talent. Hammerheart, sa nouvelle écurie, met alors le paquet sur le nouvel album sortant en mars 2002, à commencer par le superbe livret accompagnant le CD.

Reprenant la recette de Darkside & The Third Antichrist, Necrophobic balance un death black très personnel et particulièrement saisissant. Les rythmiques de Sterner et les riffs de Ramstedt / Bergebäck, diablement tranchants, contrastent avec l’atmosphère noire et satanique dégagée par les vocaux possédés de Sidegard et le son très froid des guitares. Toute la haine du groupe est admirablement retranscrite, à l’image du joyau Dreams Shall Flesh, fait de riffs lacérants et d’harmonies poignantes.

Parallèlement à sa hargne considérable, Necrophobic possède un sens de la mélodie étonnant ; il sait ainsi judicieusement ralentir la cadence, dégageant dans ces moments une intensité considérable, depuis les ambiances pesantes de Morningsoul jusqu’à la beauté noire de Roots Of Heldrasill. Tomas Skogsberg signe enfin une production manquant d’épaisseur au premier abord, mais apportant en revanche un son incroyablement glacial, servant admirablement le death black nordique du quatuor suédois.

Dans la continuité des deux précédents albums, Bloodhymns est une oeuvre d’une qualité irréprochable, dégageant une essence satanique et une froideur remarquables. Une fois encore, Necrophobic réussit le parfait mélange entre toute l’incision du death metal et les atmosphères sombres du black metal

Fabien.

> - Les chroniques -, Necrophobic — admin @ 6:30 am

January 13, 2002

Nile : In Their Darkened Shrines

L’Apogée Triomphante.

A l’heure de dévoiler son troisième opus, Nile est déjà impressionnant. Irrémédiablement associé à l’obsession égyptologique de sa tête pensante Karl Sanders, le groupe américain s’est également taillé une place de choix parmi les nouveaux acteurs de la scène death metal, alors en plein renouveau en ce début de millénaire. Là où Black Seeds of Vengeance avait brillamment bouleversé cette hiérarchie, In Their Darkened Shrines a tout pour devenir le disque de l’avènement de Nile, et il s’avère être celui attendu. Les superlatifs ne manquent pas son écoute, tant la démonstration du talent de Nile est éblouissante.

Un talent multiple, à l’évidence, tant les premières débauches de brutalité lèvent toute équivoque. Dès les envolées furieuses de The Blessed Dead, Nile affiche sa puissance empreinte de technicité, ses blasts cataclysmiques, ses riffs débridés aux circonvolutions ensorcelantes, et sa rage non contenue. Quelques touches monumentales de claviers disséminées avec justesse viennent achever un tableau diablement impressionnant. Nile frappe très fort, tout en conservant son identité profonde, et les deux morceaux suivants, Execration Text et le prodigieux Sarcophagus sont sans équivoque. Autant dans l’intransigeance brutale du premier nommé que dans la lourdeur mystique du second, l’univers de prédilection de Nile apparaît sublimé. Que dire d’autre à l’écoute du final improbable de Sarcophagus, sinon que l’intensité de son atmosphère ne peut que transporter l’auditeur dans ce long voyage dans le temps et l’espace vers l’Egypte antique… imparable.

Du reste, le voyage chez les Pharaons n’est pas que suggéré, l’immersion est totale et inévitable. Entre un artwork une nouvelle fois sans équivoque et l’incroyable richesse encyclopédique du livret, où ce vieux fou de Sanders détaille avec une rigueur toute scientifique les thèmes abordés sous l’angle de l’archéologue érudit, et bien entendu l’univers ambiant qui transpire des pores musicaux du disque, il faut se rendre à l’évidence : Nile mène parfaitement sa barque (c’est le cas de le dire), et c’est bien le domaine des Dieux de cette Egypte pharaonique qui s’offre à nous.

Côté purement musical, même en faisant volontairement fi de l’exubérance émotionnelle des atmosphères antiques somptueuses, le death metal technique et diablement maîtrisé du combo est bluffant, et semble avoir encore progressé par rapport aux opus précédents. Excellant dans les envolées les plus brutales, la rythmique basse/batterie (avec Tony Laureano derrière les fûts) donne un corps respectable à l’ensemble sublimé par les riffs aussi agressifs que pertinents des gratteux. Nile délivre en fait la « totale », à l’image d’un incroyable Unas Slayer Of The Gods de presque douze minutes qui résume presque à lui seul l’album : des passages de furie métallique avec un déchaînement rythmique des plus intransigeants, des breaks d’une lourdeur écrasante parfaitement amenés, et surgissant de manière imparable, ces longs passages atmosphériques à la richesse émotionnelle et évocatrice sans commune mesure. D’une beauté à toute épreuve, l’ivresse de bonheur assurée…

In Their Darkened Shrines affiche un équilibre proche de la perfection dans l’alternance de titres lourds et chargés (ah le riff en marbre de I Whisper In The Ear Of The Dead et ses enchaînements aériens), et de morceaux plus brutaux et spontanés, deux visages complémentaires largement maîtrisés dans un ensemble de haut calibre, d’une grande fluidité. Pourtant, inexorablement, la teneur mystique du disque prend le pas sur la débauche de brutalité technique pure, pourtant diablement impressionnante.

Et le long cheminement quasi ésotérique prend toute sa signification à l’attaque du dernier quart du disque. In Their Darkened Shrines, part I à IV, franchit encore un pas dans le mysticisme par rapport aux neuf premiers morceaux, que l’on quitte sur l’exceptionnel Wind Of Horus, ses riffs virulents et déhanchés si orientaux, superbement appuyés par la véhémence des growls d’outretombe. Après une première partie instrumentale où l’on se laisse enivré par le mirage sonore d’un cortège funéraire, la part II revient mettre une couche aussi brève que brutale, déchaînement de riffs acérés et de blasts effrénés qui vient se relâcher d’un coup pour finir dans un souffle d’une belle mélancolie. L’atmosphère s’élève encore un peu plus dans des strates oniriques. Nouveau retour d’une colère surnaturelle dans un déferlement terrible (part III), riff mystique à la puissance divine et destructrice…la lourdeur écrasante d’un break opportun, pour s’achever finalement par la dernière partie, (Part IV : Ruins), mélodie lancinante et épique qui laisse entrevoir un crépuscule rougeoyant d’une fin de règne. N’en jetez plus…

Si on doit mettre en avant la grandeur de l’album avec un argument imparable, c’est avant tout pour la faculté improbable de Nile à produire un death metal brutal, technique et pointu, avec pour but ultime est de recréer un univers antique empreint d’un mysticisme et d’une richesse évocatrice des plus rares. A mille lieux de faire dans la démonstration gratuite, Nile réussit son audacieux pari en bâtissant un édifice prodigieux, univers antique d’une puissance évocatrice sans limite. Cette aura atteint sans doute là un sommet qui rend cette œuvre définitivement unique. Un monument pharaonique…

Eulmatt (www.metal-blogs.com/eulmatt).

Mon album préféré de Nile avec le monumental Annihilation. Nile écrase tout sur son passage, en combinant une personnalité, une pureté, une précision, une puissance et une finesse inégalées, qui le propulsent définitivement au panthéon des dieux du Death Metal, aux côté de Morbid Angel & Immolation. Personnelement, j’ai toujours eu un faible pour les compositions peu nombreuses et incroyablement techniques de Dallas Toler Wade. Sur le triomphal Darkened Shrines, c’est ainsi Winds Of Horus qui décroche le pompon : l’un de mes morceaux de Death Metal favoris, tous groupes confondus. J’en pleure encore… Fabien.

> - Les guests -, Nile — fabien @ 5:30 am