Altars of Fab’ Death

Aborted : Goremageddon

GoremageddonGoremageddon est le troisième effort des belges d’Aborted, qui sont soutenus cette fois à 100% par leur label Listenable ; en effet, si Engineering The Dead laissait présager le meilleur, ce nouvel album enfonce littéralement le clou.

Reprenant la recette du précédent album, Goremageddon est incontestablement meilleur, à tous les niveaux. Aborted affiche désormais une identité & un concept très marqués, et possède désormais sa marque de fabrique, si recherchée de nos jours dans un style de métal maintes fois exploré.

Les compositions, écrites cette fois par le tandem Thijs / Bart, sont plus abouties, à la fois hyper brutales et rapides, mais aussi d’une finesse remarquable, notamment lors des breaks ou des solos, particulièrement soignés, à l’image du superbe Meticulous Invagination. L’ensemble est vraiment d’une précision et d’une homogénéité exemplaire, alors que les rythmiques, souvent blastées, défilent pourtant à une vitesse déconcertante.

Ce qui fait également la force de Goremageddon, c’est la production énorme signée Jacob Hansen, qui donne un son époustouflant aux guitares, et apporte beaucoup profondeur et de relief à l’ensemble des compositions. La rythmique est également surpuissante, grâce au jeu de batterie sans faille du grand Dirk Verbeuren, rapide, technique, et incroyablement intense.

Goremageddon réprésente à ce jour l’album le plus puissant et le plus marquant de la carrière d’Aborted, et se place, sans l’ombre d’un doute, parmi les meilleurs albums death metal sortis ces dernières années. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aborted — admin @ 3:00 am

January 26, 2003

Blood Red Throne : Affiliated With The Suffering

Affiliated With The SufferingSuite à un Monument Of Death remarqué par son death brutal et entraînant, Tchort et sa bande reviennent en ce mois de janvier 2003 avec leur second méfait, fidèles au label Hammerheart. Avec sa pochette pleine d’hémoglobine, Affiliated With The Suffering ne passe dès lors pas inaperçu, fixant d’entrée la couleur d’un death metal loin des trip mélodiques et aseptisés du moment.

Blood Red Throne reprend ainsi la recette brevetée de son précédent effort, lâchant un death orienté US (atypique dans le cas des groupes scandinaves) aux teintes old school délicieuses, rappelant l’époque où les rythmes middle tempo du death et ses riffs meurtiers subjuguaient des hordes de métalleux. Judicieusement, Blood Red Throne injecte nombre de petits plus rendant le tout très captivant, à l’image de l’excellent break de Bleeders Lament et ses harmonies exquises, du début fracassant de Malediction, ou encore du très bon Deadly Intention, reprise du culte Slowly We Rot d’Obituary.

Affiliated With The Suffering possède de surcroît une rythmique puissante, grâce au talent indéniable d’Erlend Caspersen, livrant des lignes de basse techniques, dignes de la richesse de celles d’Alex Webster, servant de moteur aux guitares tranchantes de Tchort et Dod. En ajoutant enfin la profondeur des vocaux uniques de Hustler et une production claire et massive, Affiliated s’affiche avec un death métal au caractère étonnant.

Parallèlement à ses activités au sein de Carparthian Forest et Green Carnation, Tchort confirme ainsi tout son talent de musicien death metal, s’entourant en plus de comparses aux compétences remarquables. Sans prétention, la formation norvégienne balance un death percutant, mais parvient brillamment à se forger une identité grâce à une approche très personnelle, lui permettant de s’installer parmi les formations death actuelles les plus intéressantes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Blood Red Throne — admin @ 12:15 am

January 25, 2003

Decrepit Birth : …And Time Begins

...And Time BeginsDecrepit Birth se forme en 2001 à Santa Cruz en Californie, autour de Matt Sotelo & Bill Robinson, délivrant un death brutal dans la droite lignée de Disgorge (US) et Deeds Of Flesh. Ajoutant une section rythmique à couper le souffle, composée par Derek Boyer (futur Suffocation) et le redoutable Tim Yeung (ex-Hate Eternal), Matt & Bill signent rapidement avec Erik & Jacoby, boss de l’écurie Unique Leader, spécialiste du death underground états-unien. Le quatuor rejoint alors les Legion Studios courant 2003 pour l’enregistrement d’And Time Begins, son premier album royalement mis en valeur par la très belle illustration du maître Dan SeaGrave.

D’entrée, And Time Begins impressionne par la brutalité et la précision de ses rythmiques, grâce au couple basse batterie de Tim & Derek, réglé au millimètre près avec une aisance particulièrement désarmante. Matt pose alors ses riffs bigrement techniques et entremêlés, servant les vocaux de Bill, d’un guttural suffisant pour décrépir les murs. Côté texte, le chanteur aborde intelligemment différents sujets ésotériques, loin des stéréotypes gores habituels et souvent navrants.

And Time Begins ne bat donc pas la demi mesure, assourdissant les tympans durant ses 25 petites minutes (sans compter son outro sans utilité), à l’image des terribles Prelude To The Apocalyse & Shroud Of Impurity, ne relâchant véritablement la cadence que durant le court instrumental Of Genocide. Sans dégager d’atmosphère particulière, son extrême brutalité devient donc rapidement linéaire et éprouvante pour le métalleux non initié, ne régalant véritablement que le fan de death brutal et suffocant.

Impeccablement enregistré par Matt & Derek en personne, And Time Begins possède toute la puissance, la subtilité et la précision exigées par la brutalité de son style, comblant dès lors et sans problème les inconditionnels de la marque Unique Leader. Au-delà de ses qualités techniques imparables, Decrepit Birth se démarque toutefois difficilement du lot, délivrant un death brutal sous influence directe de ses leaders, Suffocation et Deeds Of Flesh.

Fabien.

> - Les chroniques -, Decrepit Birth — admin @ 11:00 am

January 23, 2003

Diabolic : Infinity Through Purification

Depuis le bon Supreme evil, le gang floridien de Diabolic n’a jamais véritablement réussi à transformer l’essai, habituant le death métalleux à un certain surplace, à coups de Subterraneal magnitude & Vengeance ascending honnêtes, sans toutefois transcender, restant de surcroît confiné dans l’ombre de son voisin Morbid Angel. Peu après la sortie de son troisième album, la formation emmenée par Brian Malone subit alors un changement radical de line up, s’avérant finalement une opération salvatrice. Le leader parvient en effet à relancer la machine, en recrutant tout d’abord le guitariste compositeur Eric Hersemann, retrouvant parallèlement son ancien acolyte Ed Webb, qui s’empare cette fois du chant en remplacement de Paul Ouelette.

Fort d’un line up solide, complété par l’intérim de Gaël Barthelemy (du groupe death hexagonal Drowning derrière les fûts, Diabolic rentre alors au Sonic Ranch Studios sous la coupe de l’ingénieur du son Neil Kernon (Cannibal Corpse, Nile) en été 2003, pour les sessions de l’impitoyable Infinity Through Purification. Bénéficiant cette fois d’un enregistrement puissant, mais aussi d’une illustration brisant l’habituel dessin de Petagno, ainsi que d’une licence européenne en béton de l’écurie Century Media, le quatuor floridien montre une détermination sans faille, à l’instar de la scène death metal, qui retrouve sa force d’antan depuis ce changement de millénaire.

Infinity Through Purification démarre sur un Astral Plane sans pitié, dominé par les blast-beats et les roulements de Gaël Barthelemy particulièrement meurtriers. L’assise rythmique solide du frappeur français sert de véritable moteur aux guitares de Malone & Hersemann, qui bombardent à coup de riffs rapides & tranchants, supportant les growls brutaux & les cris haineux d’Ed Webb.

Mais, outre la précision et la violence de ses rythmiques, Diabolic puise avant tout sa force grâce à la communion de ses deux guitaristes, se partageant non seulement l’écriture des morceaux, mais possédant parallèlement des jeux très complémentaires, permettant de nuancer et d’épaissir considérablement les compositions, à l’image des redoutables Exsanguinated Life & Enter the Maëlström. Enfin, cerise sur le gâteau, Le couple se livre à des duels de soli aussi poignants qu’exquis, apportant une forte coloration à l’ensemble, charmant définitivement l’auditeur lors de leurs échanges mémorables sur Satanic Barbarism & Soul Grinders.

Décisif sur la scène death metal en cette année 2003, aux côtés de Goremageddon, Aeon ou Affiliated with the Suffering (Aborted, Zyklon, Blood Red Throne), Infinity Through Purification confirme ainsi la très bonne santé du death metal à cette époque, plaçant de nouveau Diabolic parmi les formations death nord américaines les plus dangereuses du moment, tout en lui permettant de gagner en personnalité.

Malheureusement, après une tournée comptant l’impitoyable Tim Yeung (Hate Eternal, Decrepit Birth) derrière les fûts, le leader Brian Malone décide de stopper l’aventure, laissant son acolyte Eric Hersemann rejoindre temporairement les rangs d’Hate Eternal. Aujourd’hui, privé de son leader, Diabolic s’est toutefois reformé, sous l’impulsion de son ancien batteur Aantar Lee Coates, sans hélas retrouver le feeling et l’intensité atteinte lors de la période bénie de Malone & Hersemann.

Fabien
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> - Les chroniques -, Diabolic — fabien @ 10:15 am

Krisiun : Works of Carnage

Après le semi-ratage (surtout au niveau du son) que constituait le quatrième album Ageless Venomous, les brésiliens de Krisiun se devaient de réagir, cette fois le trio familial a retenu la leçon et ne prend pas le risque d’enregistrer chez lui au Brésil. Century Media sans doute échaudé par l’expérience du disque précédent, leur ouvre les portes du Victor Studio de Pierre Rémillard à Montréal. Déjà habitué à gérer le son de Cryptopsy, Gorguts ou Quo Vadis, l’ancien guitariste de Obliveon va donner à Works of Carnage le son qu’il mérite, rattrapant brillamment la bévue du précédent.

Krisiun renoue donc ici dans un style Death brutal proche de Apocalyptic Revelation qui a fait sa réputation. Les blast-beats de Max Kolesne si creux et dénués de puissance sur Ageless Venemous redeviennent cette mitraillette qui a fait la renommée du combo, et ce dès Thorns of Heaven. On imagine aisément l’esprit de revanche qui animent les brésiliens et qui s’exprime redoutablement sur les bombes composant ce Works of Carnage : Murderer, jouant aussi bien sur les accélérations terribles de Max que sur les riffs millimétrés de Moyses. La basse n’est pas oublié dans le mix et au contraire celle-ci arrondit et solidifie l’ensemble rendant le tout encore plus compact.

Bien sûr la musique de Krisiun n’est toujours pas révolutionnaire mais leur façon si particulière de balancer du blast en permanence (marque déposée du trio) ainsi que la voix reconnaissable d’Alex Camargo font de cet opus une pièce de brutal Death puissante et essentielle. Sans atteindre l’effroyable intensité de titres comme Kings of Killing ou Rises From Black (Apocalyptic Revelation), les morceaux de Works of Carnage donnent dans un Death Metal ultra précis et démontrent un potentiel technique toujours aussi fort, Slaughtering Void nous gratifiant au passage de quelques riffs inoubliables. Cela dit Krisiun n’est pas figé dans son évolution et ne pratique pas uniquement le blast en permanence, quelques passages saccadés et diablement abrupts tel le début de Wolfen Tyranny témoignent d’une variété salvatrice.

On ajoutera à cela un dessert sympathique avec la reprise de Venom In League with Satan ainsi que le brutal They Call Me Death, titre présent à l’origine sur le mini CD Unmercyful Order.

Sans non plus mettre tout le monde d’accord, la faute à une concurrence de plus en plus compétitive, Krisiun se replace dans les groupes de Death les plus influents de la scène avec un Works of Carnage distillant tout leur savoir-faire.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Avec Works of Carnage, Krisiun retrouve en effet l’intensité perdue sur Ageless Venomous. Toutefois, mon écoute de ce missile se résume à 25 minutes, soit aux titres 1 2 3 4 5 6 8 9 10, d’une puissance sans limite, à l’image du titre éponyme ou du meurtrier Wolfen Tyranny. J’assimile en effet le reste à du pur remplissage, comme l’outro, l’interlude War Ritual, la reprise de Venom, ou le bonus tiré du MCD Unmerciful Order, faisant perdre une part d’intensité non négligeable à l’ensemble. Works of Carnage manque ainsi d’une ou deux tueries supplémentaires, et d’une sélection de titres plus draconienne, pour imposer un pur concentré de death metal. Du très bon Krisiun toutefois. Fabien.

> - Les guests -, Krisiun — fabien @ 7:50 pm

January 16, 2003

Kronos : Colossal Titan Strife

Colossal Titan StrifeKronos se forme dans les Vosges en 1994, et réussit, suite à son premier album Titan’s Awakening paru en 2001 chez Warpath Records, à décrocher un contrat avec l’incontournable Dave Rotten du label espagnol Xtreem Music (ex-Drowned Productions & Repuse Records). Après un enregistrement en Belgique aux CCR Studios en août 2003, sous la coupe de Kris Belaen, son second album Colossal Titan Strife sort en fin d’année, muni d’une pochette illustrant judicieusement l’univers développé par son chanteur Kristof.

Kronos joue en effet un death métal brutal, s’inspirant de la mythologie grecque, avec une vision pour le moins assez gore. Principalement écrit par le guitariste Grams, Colossal Titan Strife balance un death personnel et inspiré, très fluide au niveau de ses rythmiques et de ses soli, sans tourner à la démonstration. Kristof injecte parallèlement un guttural varié, maîtrisé et profond, servant admirablement l’essence même et la brutalité des compositions.

Débutant sur un Mythological Bloodbath percutant, Colossal Titan Strife se bonifie au fil de son avancée, pour se clôre sur des Phaeton & Infernal Worm Field parfaitement calibrés, même si l’album manque parallèlement de titres ou de breaks mémorables, capable de faire réellement la différence.

Brutal & fin à la fois, servi par une production ronde et puissante, Colossal Titan Strife assoit ainsi Kronos parmi les formations de brutal death françaises les plus intéressantes, annonçant un avenir prometteur pour la formation, qui renforce sa réputation à coups de concerts multipliés. Il manque toutefois encore un brin de professionnalisme au quinquet, lui permettant de s’imposer définitivement en dehors des frontières de l’hexagone.

Fabien.

> - Les chroniques -, Kronos — admin @ 11:00 am

Merciless : Merciless

Pionnier du death métal suédois aux côtés de Nihilist, Carnage ou Grave, Merciless reste sans doute l’un des groupes les plus mésestimés, faute aux budgets insuffisants de ses labels respectifs, pour assurer une distribution correcte de ses albums et lui permettre de partir en tournée. Cette malchance qui le poursuit au long des années, malgré la qualité de ses réalisations, précipite ainsi son retrait peu après la sortie d’Unbound, son troisième album paru au printemps 1994.

Sans s’être véritablement séparé, le quatuor revient alors en mai 2002 avec le même line up, rejoignant Nico Elgstrand au Dog Pound Studio. L’album baptisé simplement Merciless sort seulement l’année suivante chez la petite écurie Black Lodge, une fois encore dans le plus parfait anonymat, flanqué en plus d’une illustration de Micke Svanberg (Dark Funeral) guère aguicheuse.

Délaissant les touches épiques de son précédent album, Merciless retourne au death thrash direct et sans fioriture qui le caractérisait à ses débuts. Les rythmiques de Karlen & Peter sont agressives, soutenant les riffs speed d’Erik et ses quelques pointes mélodiques sur les soli. Depuis les riffs intraitables de Violent Obsession jusqu’à aux atmosphères plus épaisses d’In Your Blood, en passant par Mind Possession (reprise du culte The Treasures Within), ou encore par l’entrainant Cleansed By Fire (composé spécialement par Jorgen Sandström (Ex-Grave)), l’album conserve délibérément cette coloration death thrash rugueuse et agressive, renforcée par les vocaux éraillés de Rogga.

Renvoyant une image figée vers la fin des années 80, entre le thrash allemand et les débuts de la scène death métal suédoise, Merciless (l’album) s’adresse avant tout aux nostalgiques de l’époque, risquant ainsi de décevoir les néophytes ne maîtrisant pas les premiers disques de la formation. Sans percuter à la hauteur de ses brillants successeurs, l’album balance néanmoins un death thrash racé, basé sur le feeling et l’authenticité des riffs, à l’opposé des nombreuses productions aseptisées du moment.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless — fabien @ 1:15 pm

January 14, 2003

Monstrosity : Rise to Power

Rise to PowerL’année 2003 marque le retour des incontournables floridiens, quatre ans après le bon Dark Purity. Un nouvel album sous-entend bien sûr un nouveau line up, puisque Monstrosity égale sans problème Malevolent Creation en matière de turnover. Lee Harrison, cerveau du groupe et seul membre d’origine, recrute en effet Sam Molina à la guitare, en support de Tony Norman, ainsi que le redoutable Mike Poggione à la basse.

La formation affichée est une fois encore de haut niveau, dotée à la base d’un couple basse/batterie d’une richesse impressionnante, grâce au talent de Lee Harrison, avec ses doubles et ses blasts puissants & millimétrés, mais aussi grâce à la technique de Mike Poggione, qui aligne des lignes de basse (une six cordes) de grande complexité. Avec en plus le talent de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et la voix très gutturale et caractéristique de Jason Avery, Monstrosity montre une solidité exemplaire.

Côté compositions, la paire Harrison / Fernandez (Brutality) de Dark Purity, cède la place au couple Harrison / Norman ; ce dernier est vraiment l’atout de Rise to Power, insufflant beaucoup de fraîcheur dans les morceaux. Le disque débute en effet sur les chapeaux de roue, balançant les terribles Awaiting Armageddon et Wave Of Annihilation, aux roulements écrasants et aux riffs mortels. Puis, vient l’apaisant instrumental The Fall Of Eden, avec son acoustique tout en finesse, apportant à lui seul la coloration de l’album. Par la suite, les derniers titres sont certes un peu moins accrocheurs, mais restent d’une qualité remarquable.

Avec seulement quatre albums entre 13 ans de carrière, Monstrosity est un des éternels seconds couteaux de la scène death US. Néanmoins, chaque album des floridiens est toujours gage de technique et de qualité, mais aussi d’une approche old school très appréciable. A ce titre, Rise to Power tient largement ses promesses, et plaira à coup sûr aux amoureux du bon death US.

Fabien.

> - Les chroniques -, Monstrosity — admin @ 12:00 pm

Morbid Angel : Heretic

Fort d’un Gateways To Annihilation particulièrement écrasant, rappelant l’aura de l’incontournable Blessed Are The Sick, Morbid Angel entame une longue tournée, mais affronte le départ de son chanteur bassiste Steve Tucker en 2001, visiblement lassé, appelant alors Jared Anderson (Internecine) à la rescousse pour clore les dernières dates. L’année suivante, la bande emmenée par l’inusable Trey Azagthoth recrute le guitariste live Tony Normann (Monstrosity), en remplacement d’Erik Rutan, désormais à temps plein entre son groupe Hate Eternal et son rôle d’ingénieur du son aux Mana Studios.

C’est donc en cavalier seul que Trey compose la musique son nouvel album, à l’image de son effort en solo sur Formulas Fatal To The Flesh. Steve revient toutefois au sein de la formation avec une motivation intacte, signant l’intégralité des paroles et participant aux sessions d’enregistrement, clôturant définitivement cette période d’incertitude. Enregistré aux DOW Studios, la septième offrande de Morbid Angel sort une nouvelle fois sous la bannière d’Earache Records, sous le titre Heretic, prônant la quête personnelle d’une propre identité, sous l’oeil bienveillant des grands anciens. Bien que le concept paraisse tortueux, il n’en demeure pas moins positif, s’opposant aux propos souvent stéréotypés des formations death metal actuelles et passées.

Musicalement, Heretic est un album abouti, se hissant comme l’effort le plus technique de Morbid Angel à ce jour. Débutant sur un Cleansed in Pestilence percutant, l’album enchaine très vite sur de nombreuses parties polyrythmiques, avec les guitares de Trey jouant sur plusieurs tableaux, supportées par l’assise sans faille de Pete Sandoval, qui maîtrise ses fûts et son double pédalage avec une habileté toujours aussi déconcertante. A l’image de Beneath the Hollow ou Curse the Flesh, l’enchevêtrement rythmique d’Heretic lui donne un côté très compact, mais l’empêche en revanche de délivrer sa pleine puissance, manquant parfois d’efficacité faute à ses très nombreuses constructions à tiroir.

L’entrainant Stricken Arise, au parfum Angel of Disease délectable, ou encore l’excellent Own Divinity et son refrain impitoyable, permettent néanmoins de relancer judicieusement la machine, et d’apporter l’équilibre nécessaire. A l’instar de Formulas Fatal To The Flesh, Morbid Angel ne peut toutefois s’empêcher de trop en faire, multipliant les interludes longs & ennuyeux, sans ajouter d’atmosphère particulière dans ces moments là.

Pouvant être résumé à huit titres solides d’une durée de 36 minutes, bénéficiant bien sûr du guttural profond de Steve et des soli uniques & aériens de Trey, Heretic est un album d’une technique et d’une personnalité renversantes, mais s’étale en revanche inutilement, perdant ainsi une part de son intensité lors de ses nombreux égarements instrumentaux. La production de Juan Gonzales prive parallèlement l’album d’une certaine force, alors que les incroyables Mana Studios d’Erik Rutan tendent pourtant les bras au trio floridien. Bénéficiant toutefois d’une identité toujours aussi forte et d’une technique incomparable, Morbid Angel conserve aisément sa place parmi l’élite du death metal nord américain en cette année 2003, mais doit désormais partager son trône aux côtés de Nile, Immolation & Hate Eternal, chaque jour plus puissants, bombardant respectivement à coups de Darkened Shrines, King of all Kings & Unholy Cult particulièrement meurtriers.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — fabien @ 11:30 am

Municipal Waste : Waste ‘Em All

Waste 'Em AllFormé en 2001, Municipal Waste est un sacré groupe crossover, dans une ambiance très années 80, à l’époque des D.R.I., Anthrax, GangGreen & Cryptic Slaughter. Le groupe est en plus un mélange de bière, de rigolade, de slam et de stage diving, rappelant la bonne vieille époque des concerts cultes des Dirty Rotten Imbeciles. Il peut ainsi rallier sans problème les fans de hardcore punk et ceux de thrash, par son côté métal très présent.

La musique des Waste est vraiment sympa et inspirée, reprenant le meilleur et le plus énergique de la scène thrash hardcore des eighties, tous groupes confondus. C’est en effet un concentré de riffs, de breaks, de mosh parts, de solos et de voix énervées, bénéficiant d’une accélération folle, comme si votre vieux 33t fonctionnait en 45t. Dans ces conditions, les 15 titres de Waste Em All défilent aussi vite qu’un TGV, ne durant dès lors que 17 minutes au total , mais ayant le mérite d’être particulièrement denses.

En outre, l’ensemble est bien produit, bénéficiant d’un son à la fois clair et agressif, teinté de cette touche old school délicieuse. Côté paroles, l’ambiance est très hardcore, avec des textes souvent contestataires, mais toujours décalés et au second degré. En plus, pour tous les amoureux de cette ambiance bien thrash, le livret de Waste Em All est rempli de photos de concerts, de rigolades, d’amitié, découpées & collées à la manière de D.R.I. ou S.O.D.

Vu sa durée, il est difficile de savoir si Waste Em All doit être considéré comme le premier album des Waste, ou bien comme un simple mini LP. Il se conseille de toute manière à tous les inconditionnels de son successeur Hazardous Mutation, ou de disques comme Dirty Rotten LP ou Speak English Or Die (DRI, SOD), constituant en effet les débuts d’un groupe très prometteur, qui a d’ailleurs convaincu immédiatement le culte label Earache.

Fabien.

> - Les chroniques -, Municipal Waste — admin @ 5:15 am