Altars of Fab’ Death

Aborted : The Archaic Abattoir

The Archaic AbattoirPour son quatrième effort, Aborted a la lourde la tâche d’écrire la suite de l’impitoyable Goremageddon qui, par son mélange explosif entre finesse et brutalité, s’est très vite imposé parmi les albums de death incontournables de ces dernières années. Délaissant Jacob Hansen, le groupe choisit l’ingénieur du son Tue Madsen pour les sessions de The Archaic Abattoir, restant fidèle à son écurie Listenable, qui commercialise l’album au printemps 2005.

Sans surprise, The Archaic Abattoir contient tous les ingrédients ayant contribué au succès des précédents albums, conservant un niveau de brutalité notoire et une subtililé caractéristique. Dirk Verbeuren est remplacé au pied levé par Gilles Delacroix qui, malgré un jeu de batterie moins fouillé, apporte une assisse rythmique tout aussi dévastatrice, soutenant les riffs carrés et ravageurs de l’impitoyable tandem Thijs / Bart, à l’image des redoutables Gestated Rabidity & Gangrenous Epitaph. Sven apporte enfin une dynamique et une personnalité habituelles à l’ensemble, grâce l’étonnante variété de ses vocaux gutturaux.

Malgré un concept sans changement notoire, Aborted évolue pourtant entre deux réalisations, soignant davantage les ambiances sur son nouvel album, qui dégage une atmosphère plus putride, brillamment retranscrite par l’artwork complet des studios Killustrations. The Archaic Abattoir se veut ainsi moins compact que son prédécesseur, comme en témoigne le très bon Threading On Vermillion Deception, aux rythmiques tout d’abord massives, puis calmant le jeu avec un break acoustique du meilleur effet.

Bénéficiant d’un enregistrement puissant et équilibré de la part de Tue Madsen, The Archaic Abattoir reste certes moins impressionnant que son terrible prédécesseur, mais dégage en revanche des atmosphères plus épaisses, tout en gardant ce savant dosage entre raffinement et brutalité excessive. Aborted confirme ainsi sa place parmi les leaders de la scène death metal européenne du moment, gagnant notamment une place précieuse au sein de l’écurie allemande Century Media.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aborted — admin @ 3:15 am

January 26, 2005

Blood Red Throne : Altered Genesis

Altered GenesisFort de deux albums convaincants, au death brutal agrémenté de teintes old school caractéristiques, Blood Red Throne décroche un deal avec la célèbre écurie Earache. Bénéficiant dès lors de moyens conséquents, le quatuor norvégien emmené par Tchort, rentre en studios fin 2004, débouchant par la sortie d’Altered Genesis en févier 2005, accompagné d’un artwork particulièrement réussi.

Depuis Affiliated, le death metal de Blood Red Throne s’est considérablement bonifié. Altered Genesis possède en effet une structure toujours pure et brutale, sur une dominante middle tempo très typée années 90, mais délivre des morceaux beaucoup plus assassins, à l’identité désormais très prononcée. Sur des rythmique de Bert A.Moen entraînantes, Dod et Tchort assènent des riffs de tueurs, apportant plein de rebondissements, depuis l’accélération mortelle de Tortured Soul Appearance jusqu’au break incisif d’Arterial Lust, en passant par les solos tranchants de l’excellent Smite.

Mr Hustler éructe quant à lui ses vocaux au guttural terrifiant, renforçant brillamment la brutalité de l’opus. En ajoutant de surcroît une production profonde et rugueuse, ainsi que ces accents old school délicieux, Altered Genesis devient un vrai plaisir à écouter.

A mi-chemin entre le death US et la scène scandinave, Altered Genesis propose un death metal puissant et racé, s’inscrivant parmi les meilleures réalisations death de ces dernières années, et plaçant désormais Blood Red Throne parmi les formations incontournables du genre. Au sein d’une scène death métal pourtant explorée en long, en large et en travers, les norvégiens réussissent en effet le pari de balancer un death traditionnel, tout en y insufflant un punch considérable, et en apportant une marque de fabrique vraiment unique.

Fabien.

> - Les chroniques -, Blood Red Throne — admin @ 11:30 am

January 25, 2005

Bolt Thrower : Those Once Loyal

Those Once LoyalL’automne 2005 annonce le huitième album des britanniques et le retour de Karl Willets au chant. Bien que le travail de Dave Ingram fût admirable sur Honour valour pride, développant un guttural s’intégrant parfaitement avec la puissance de la formation, Karl Willets représente en revanche une part de l’âme de Bolt Thrower, à l’instar de David Vincent dans Morbid Angel.

Those Once Loyal résulte d’un croisement entre le côté sage de The IV Crusade et les ambiances crues d’Honour valour pride, donc en un mot, du pur Bolt Thrower. En effet, depuis plus de 20 ans, la horde anglaise ne distille pas son death avec un maximum de technique et d’innovation, mais privilégient un métal forgé avec un maximum de maîtrise, de lourdeur et de sincérité.

A l’image de l’élan retrouvé depuis Honour valour pride, Those Once Loyal est puissant et inspiré, bénéficiant en outre de l’excellence de la production d’Andy Faulkner, plus massive que la précédente. Restant ancré dans un middle tempo caractéristique, Bolt Thrower balance pourtant un death métal mordant, exploitant la fraîcheur retrouvée grâce au retour de Karl Willets, à l’image du titre éponyme Those Once Loyal, et sa cascade de riffs particulièrement terrassants.

Loin des réalisations cultes et fougueuses de ses débuts, Bolt Thrower déploie néanmoins une force impressionnante en cette année 2001, renvoyant encore de nombreuses formations death metal au placard. Partant de surcroît en croisade pour la promotion de Those Once Loyal, l’escadron anglais démontre ainsi sa puissance de feu, tout simplement phénoménale en live.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — admin @ 10:00 am

Disgorge (US) : Parallels of Infinite Torture

Disgorge (USA) : Parallels of Infinite TortureTrois ans après avoir marqué les esprits avec l’effroyable Consume the Forsaken, Disgorge remet le couvert en cette année 2005, fort du nouveau growleur Levi Fuselier, au guttural tout aussi incompréhensible que son prédécesseur AJ Magana, et du guitariste Ed Talorda, renforçant l’équipe à la seconde guitare. Le gang californien s’embarque ainsi au Blackbeard Studio de San Diego, pour les sessions de Parallels of Infinite Torture, débouchant sur sa sortie chez Crash Music en mai 2005, muni d’une illustration de l’incontournable Jon Zig.

Alors que nombre de formations s’assagissent avec le temps, Disgorge conserve quant à lui sa brutalité légendaire, plus extrême et suffocant que Broken Hope, Incantation et Suffocation réunis. Le couple rythmique Myers / Marlin martèle en effet comme jamais, servant les riffs aussi précis qu’étouffants du duo Sanchez / Talorda, et le guttural horrifiant de Fuselier, à l’image de Revealed In Obscurity & Enthroned Abominations, aux paroles d’un ésotérisme particulièrement malsain.

Pourtant, au-delà de son extrême brutalité, Disgorge épaissit encore son style, grâce l’apport d’une seconde guitare, lui permettant de nuancer considérablement ses riffs. Le groupe soigne parallèlement ses atmosphères, variant ses tempos à coup de breaks écrasants ou d’interludes instrumentaux judicieux, à l’instar des mémorables Atonement et Forgotten Scriptures, mais prend également le temps d’enrichir ses compositions, qui s’étendent au final sur une durée conséquente de 44 minutes.

Usant de rythmiques d’une lourdeur insoutenable, de guitares accordées très bas et d’un guttural parmi les plus terrifiants du circuit, Parallels of Infinite Torture ne s’adresse donc qu’à un public plus le moins limité. Mais, au delà de cette déferlante sonore, l’auditeur averti découvre au fil d’écoutes attentives que cette débauche de brutalité à pourtant un sens, délivrée par un combo d’une technique irréprochable, maîtrisant son sujet et soignant parfaitement ses ambiances. Parallels s’inscrit en effet comme l’effort le plus abouti de Disgorge à ce jour, dépassant l’imparable Consume the Forsaken en terme de profondeur, et se situant désormais à mille lieux du death expéditif de She Lay Gutted.

Fabien.

> - Les chroniques -, Disgorge (US) — admin @ 3:45 am

January 23, 2005

Gorefest : La Muerte

La MuerteSuite à Soul survivor & Chapter 13, albums mêlant habillement death metal & influences rock, Gorefest perd pourtant progressivement ses fans, et splitte alors en 1998. Après plusieurs années de silence, les tensions internes étant désormais apaisées, le quatuor hollandais décide de se reformer avec les même membres. Il signe dans la foulée un nouveau deal avec Nuclear Blast, qui commercialise son nouvel album en octobre 2005.

La Muerte reprend principalement la période False de Gorefest, la préférée de nombreux métalleux, mais aussi celle qui lui convient de mieux. Le groupe délaisse en effet le côté Thin Lizzy de Soul survivor, et les accents Rock de Chapter 13, pour proposer un death metal plus tranchant, mais toujours rempli du groove qui le caractérise si bien, et lui confère toute son originalité.

Dès le premier titre, le redoutable For The Masses, Gorefest balance un metal direct sur la voix brutale de Jan Chris, tout en conservant ce feeling groovy très affirmé ; puis, il enchaîne brillamment les titres mid tempo à l’image de Make Me Kill, et ceux très entraînants comme le fabuleux Man To Fall. Au final l’album s’étend sur 64 minutes, mais ses 12 morceaux défilent pourtant avec une fluidité exemplaire, sans aucune baisse de régime. De plus, la production aux fameux studios Excess (Sinister, Krisiun) est excellente, apportant le gros son au couple basse/batterie et aux guitares, et dotant le tout d’un punch étonnant.

Très bon retour sur le devant de la scène death metal, La Muerte peut séduire sans conteste les amoureux de la période False de Gorefest ; son énergie et sa fougue débordantes, ajoutées à une maîtrise technique imparable de B.Bonebakker et E.Warby, mais aussi aux paroles intelligentes de JC DeKoeijer, laissent deviner le meilleur pour le quatuor hollandais.

Fabien.

> - Les chroniques -, Gorefest — admin @ 9:45 am

January 20, 2005

Immolation : Harnessing Ruin

Harnessing RuinDeux ans et demi après la sortie du redoutable Unholy Cult chez Listenable, Immolation revient en février 2005 avec sa sixième réalisation, le bien nommé Harnessing Ruin. Un petit changement de line up au programme, puisque qu’Alex Hernandez cède son siège derrière les fûts à l’excellent Steve Shalaty, qui développe un jeu puissant et complexe, en parfaite adéquation avec le death brutal des New Yorkais.

Harnessing Ruin possède un côté intense et très heavy, bénéficiant de morceaux plus directs et plus facilement mémorisables ; en effet, il renferme intentionnellement plus de mélodies, apportées en grande partie par la magnificence des solos torturés de Rob Vigna. L’album intègre également quelques éléments nouveaux, à l’image de l’acoustique de Dead To Me et des whispers (vocaux murmurés) de Son Of Iniquity, qui contrastent avec le death metal hermétique de la formation, intensifiant son côté sombre.

Ceci dit, Harnessing Ruin reste un pur produit Immolation avec des compositions toujours aussi brutales et massives, aux riffs alambiqués, qui comportent de multiples tonalités de guitares, conférant cette ambiance lourde et sinistre, propre au groupe. Enfin, la production de Paul Orofino est une nouvelle fois excellente, dotant les guitares d’un son particulièrement compact, sans pour autant rendre l’ensemble monotone.

Pierre supplémentaire dans l’édifice sonore d’Immolation, Harnessing Ruin est un album plus heavy que ses prédécesseurs, et propose un niveau qualité toujours irréprochable. Au fil des années, Immolation garde cette constance et cette pureté exemplaire, régnant immuablement en maître sur le trône du death metal, aux côtés de Nile et de Morbid Angel.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 12:30 am

January 18, 2005

Jasad : Annihilate The Enemy

Annihilate The EnemyOriginaire d’Indonésie, Jasad démarre en 2000, indéniablement influencé par les scènes brutal death californiennes et new-yorkaises. Quatre ans après son premier album, le quatuor enchaine chez Sevared Records en 2005 avec Annihilate The Enemy, superbement illustré de Jon Zig, l’un des maîtres actuels en la matière. L’album bénéficie en outre d’une production locale d’une lourdeur étonnante, apportant une puissance notable aux guitares et une rugosité appréciable.

Dans le sillage de Deeds Of Flesh & Disgorge (US), le brutal death de Jasad est particulièrement lourd et violent, déployant une cascade de riffs rapides et techniques, soutenus par un martelage rythmiques précis & puissant, servant le guttural terrifiant de Man. Le potentiel technique de la formation est ainsi remarquable, à l’image du titre Rotten Bloody Fluids, reprise impeccable des états-uniens d’Embalmer.

Toutefois, malgré ses rythmiques variées et ses breaks écrasants, à l’image du bon FFF ou du redoutable titre éponyme, la brutalité de Annihilate The Enemy engendre une certaine linéarité, renforcée par des vocaux pour le moins suffocants. Jasad n’est pas non plus un modèle d’originalité, surprenant même l’auditeur attentionné sur le titre Getih Jang Setih, où le riff du milieu sort tout droit de l’inattaquable morceau Liege Of Inveracity de Suffocation, sur le culte Effigy Of The Forgotten.

Bien que Annihilate The Enemy ne soit pas franchement innovant, il montre toutefois une formation maîtrisant solidement son brutal death, capable de s’exporter sans aucun problème. L’effort reste d’autant plus remarquable venant d’un pays où les conditions restent encore peu favorables à l’émergence d’un death de bonne qualité.

Fabien.

> - Les chroniques -, Jasad — admin @ 6:15 am

January 17, 2005

Municipal Waste : Hazardous Mutation

Hazardous Mutation

Hazardous Mutation représente une étape décisive dans la carrière de Municipal Waste. Le groupe originaire de Richmond, officiant autour d’un thrash old school aux teintes hardcore, proche de D.R.I, S.O.D ou Nuclear Assault, signe en effet avec Dig Pearson, boss de la célèbre écurie britannique Earache Records, visiblement très sensible au revival de l’essence thrash des années 80.

Plus long & plus abouti que son prédécesseur Waste Em All, Hazardous Mutation développe désormais un thrash d’une toute autre ampleur. Toujours rapides et entrainantes, les compositions regorgent effectivement de rythmiques & riffs très accrocheurs, apportant une énergie incomparable, à l’image des terribles Deathripper & Mind Eraser, donnant l’envie irrépressible de headbanguer à s’en dévisser la tête. En outre, tel Anthrax dans les eighties, Municipal Waste possède l’art des mosh parts percutantes, de Unleash The Bastards jusqu’à Guilty Of Being Tight, conférant un entrain formidable à l’ensemble.

Hazardous Mutation, balançant un thrash aussi véloce que direct, ne dure toutefois que 26 minutes, à l’image des albums cultes Suicidal Tendencies, Dirty Rotten LP & Speak English Or Die, qui ne dépassaient pas eux non plus le cap de la demi-heure. En revanche, les quinze titres composant l’album sont tous d’excellente facture, possédant toujours l’élement marquant la différence, et permettant d’obtenir ce cocktail thrash particulièrement explosif.

Bénéficiant d’une production claire & agressive, Hazardous Mutation laisse en plus la bonne impression d’une musique jouée live, dégageant une pêche et un feeling étonnants. Enfin, cerise sur le gâteau, le livret CD transpire un parfum old school délicieux, non seulement muni d’un dessin du maitre Ed Repka, illustrateur incontournable du thrash des eighties (Evildead, Megadeth), mais dévoilant parallèlement un assemblage pléthorique de photos à l’intérieur, à la manière de Stormtroopers of Death ou Dirty Rotten Imbeciles.

Incisif & entrainant, Hazardous Mutation plaira à coup sûr à tous les inconditionnels d’un thrash crossover survitaminé, s’imposant tel un concentré de riffs & de breaks joués avec un humour et une sincerité débordants. La bande emmenée par Ryan Waste et Tony Foresta largue ainsi un missile comptant parmi les plus grosses déflagrations thrash de ces dernières années, remettant définitivement le style sur orbite, pourtant ringard & moribond au milieu des années 90.

Fabien.

> - Les chroniques -, Municipal Waste — admin @ 7:30 am

January 14, 2005

Odious Mortem : Devouring The Prophecy

Devouring The ProphecyFondé autour de Dan Eggers, David Siskin & KC Howard, Odious Mortem rejoint le club des formations brutal death californiennes en 1998, aux côtés des intraitables Disgorge & Deeds Of Flesh. Après sa démo Gestation of Worms, le groupe décide de produire lui-même son premier album, s’embarquant ainsi en mars 2004 aux Legion Studios de Matt Sotelo (Decrepit Birth). L’enregistrement convainc alors Erik & Jacoby, qui commercialisent l’odieux Devouring The Prophecy en mars de l’année suivante, assorti d’une illustration de Jon Zig particulièrement malsaine.

Aussi extrême qu’un Consume The Forsaken (Disgorge US), Devouring The Prophecy broie un death brutal sans concession, frappant par son hermétisme sans limite. D’emblée, Odious Mortem plante en effet un décor puant, avec Debacle By Cephalopod, dominé par les blasts infernaux d’Howard, les riffs torturés & suffocants du tandem Eggers / Siskin, sur lesquels se greffent le guttural caverneux d’Eggers. La suite relève exactement du même acabit, le groupe ne relâchant ses rythmiques tapageuses qu’à de rares occasions, tout en conservant son double pédalage écrasant, à l’image du terrible Caverns Of Reason.

Linéaire au possible, Devouring The Prophecy ne dure en plus que 23 petites minutes, laissant un goût fâcheux d’inachevé, sur une succession de titres d’une parfaite ressemblance. Au delà, Odious Mortem possède un grain vraiment personnel, délivrant un death surprenant par sa technique, sur des riffs de guitares, qui sans être vraiment atypiques, sont en revanche plutôt uniques.

Ne relevant plus d’une simple auto production que d’un véritable album, Devouring The Prophecy rebute ainsi par son côté underground et étouffant, mais trouve en revanche largement son public parmi les brutes musicales, fans du death sans compromis de Disgorge (US) ou du dieu Incantation. En outre, Odious Mortem possède déjà un potentiel certain, n’ayant besoin que d’un simple déclic pour canaliser sa débauche d’énergie, chose faite dès l’incroyable Cryptic Implosion, où le groupe trouve véritablement sa voie.

Fabien.

> - Les chroniques -, Odious Mortem — admin @ 8:45 am

January 12, 2005

Old Man’s Child : Vermin

Profitant du break que s’impose Dimmu Borgir après de longues tournées, Silenoz & Shagrath s’investissent dans le réenregistrement du précieux Störmblast de Dimmu Borgir (à tort ou à raison ?), tandis que Galder profite du temps imparti pour donner naissance à Vermin, sixième méfait de son âme damnée Old Man’s Child. Ayant tout composé de A à Z, le leader rejoint seul les studios Fredman, mettant ainsi en boite l’intégralité des guitares, la basse et le chant. S’entourant à chaque fois de batteur prestigieux, le multi-instrumentiste décroche cette fois l’aide de l’impitoyable Reno Kiilerich (ex-Panzerchrist), qui livre des parties de batterie très professionnelles.

Bénéficiant du même studio que son excellent prédécesseur In Defiance Of Existence, Vermin suit ainsi une direction relativement similaire, dégageant toutefois une atmosphère légèrement plus sombre, grâce à un accordage beaucoup plus bas que d’habitude, tout en possédant paradoxalement un son un brin plus clair. D’album en album, Galder affiche cette aisance particulièrement déconcertante dans l’art de l’écriture et de l’interprétation de ses morceaux ; le leader explore ainsi les facettes black et thrash avec une facilité étonnante, possédant ce sens inné de la mélodie simple & efficace, et ce côté symphonique poignant & profond.

Vermin parvient ainsi toujours à surprendre d’auditeur, depuis l’équilibre d’Enslaved and Condemned, les ambiances lourdes de Plague of Sorrow, les parties profondes et entrainantes de l’excellent Flames of Deceit, le parfum Mayhem (période Blasphemer) de War of Fidelity, jusqu’aux colorations thrash délicieuses de Torment’s Orbit, sur lequel Galder invite Eric Peterson (Testament), le temps d’un solo délectable.

Toutefois, au-delà de ses étonnantes qualités, Vermin ne surprend pas, reprenant fidèlement les codes utilisés sur ses prédécesseurs Revelation 666 et In Defiance Of Existence, sans néanmoins les transcender. L’album manque en effet de ce brin d’originalité et de folie, capable dans ces moments là, d’emmener Old Man’s Child dans les plus hautes strates.

Divinement illustré par Seth (Septic Flesh), Vermin est un album d’une qualité toujours aussi appréciable, démontrant une fois encore le talent indéniable de son leader, recrue de choix au sein de Dimmu Borgir. Sans pression, mais également sans ambition particulière, Galder signe ainsi de nouvelles compositions parfaitement calibrées, certes un brin trop lisses et prévisibles, ne manquant dès lors que d’un line up à part entière, pour permettre à son groupe Old Man’s Child de dépasser enfin le simple stade de groupe studio.

Fabien.

> - Les chroniques -, Old Man's Child — fabien @ 8:30 am