Altars of Fab’ Death

Abysmal Dawn : From Ashes

Jeune groupe nord américain, Abysmal Dawn se forme fin 2003 à Los Angeles, autour du guitariste chanteur Charles Elliot, pratiquant un death moderne & posé, agrémenté de soupçons black & thrash agressifs particulièrement bien sentis. Une seule démo suffit à convaincre le label US Crash Music, invitant la bande à rejoindre ses rangs, aux côtés de combos talentueux tels qu’Illogicist ou Disgorge (US). Impeccablement mis en boite au Shiva Studios, son premier album From Ashes bénéficie d’une production puissante, profonde & cristalline, et sort finalement en avril 2006, muni d’une superbe pochette du maître suédois Par Olofsson (Dominion (SWE), Inherit Disease).

Dès l’excellent instrumental Impending Doom, le death carré d’Abysmal Dawn se met en place, imposant une perfection rythmique, grâce aux roulements millimétrés de Terry Barajas, qui supportent les guitares de Charles Elliot & Jamie Boulanger, aux jeux complémentaires, apportant une nuance très appréciable aux morceaux. En outre, l’alternance des vocaux de Charles, passant d’une voix éraillée à un timbre guttural d’une profondeur & d’une pureté proches de Mikael Akerfeldt (Opeth), permet d’aérer judicieusement l’ensemble, tout en conférant une agressivité et une variété accrues.

Abysmal Dawn possède parallèlement une maîtrise et un niveau technique impressionnants, lui permettant d’enrichir aisément la structure de ses morceaux, sans toutefois tourner à la démonstration technique de Psycroptic ou Spawn of Possession. Puissant & équilibré, From Ashes défile ainsi dans une grande homogénéité, montant en intensité aux moments clés, grâce à des riffs mordants, couplés à des soli poignants, à l’image des superbes Blacken The Sky & Crown Desire.

Combinant riffs mémorables et structures middle tempo propres à la scène US des nineties, avec des atmosphères, des mélodies et une brutalité toutes contemporaines, Abysmal Dawn joue ainsi la carte d’un death métal posé, loin d’un décharnement rythmique ou d’une brutalité incontrôlée. Bien que From Ashes puisse ainsi paraître conventionnel dans son approche, la maîtrise et le talent de ses interprètes font la différence, permettant au groupe d’afficher une personnalité entière et de montrer un potentiel impressionnant, ayant rapidement conquis la puissante écurie Relapse Records.

Fabien.

> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — fabien @ 1:30 pm

January 26, 2006

Agressor : Deathreat

Agressor (FRA) : DeathreatSix ans après Medieval Rites, Agressor ressurgit en ce mois de novembre 2006 avec Deathreat, son cinquième album seulement, en 20 ans d’existence ! Après des explorations vers des strates médiévales et blackisantes, Alex Colin Tocquaine revient à ses racines, lâchant un style direct et agressif, à l’esprit death thrash qui le caractérise le mieux.

En effet, malgré quelques éléments black encore présents, Agressor livre un album plus homogène, possédant enfin le mordant attendu par de nombreux fans, à l’image du titre éponyme Deathreat, synthétisant brillamment le côté percutant de l’ensemble. L’album se clôt également sur la reprise Aggressor de la horde culte d’Hellhammer, simple mais terriblement efficace, rappelant judicieusement les débuts du thrash death et la musique d’Agressor des années 80.

Bien que Deathreat ne soit pas aussi marquant que l’excellent Neverending Destiny, il déploie néanmoins une palette de riffs incisifs sur le martèlement sans faille de Romain Goulon (Disavowed), à la frappe d’une lourdeur et d’une précision exemplaires. Deathreat possède de surcroît une grande qualité technique, grâce à l’aisance d’Alex C-T dans tous les plans possibles et imaginables. Pour les réfractaires, Season Of Mist sort en plus le CD avec un DVD montrant un concert complet du groupe, qui invite notamment Crass de Crusher, le temps de quelques reprises cultes de Death et de Terrorizer.

Grâce à un nouvel album nerveux, Agressor marque un retour intéressant sur le devant de la scène. Néanmoins, malgré un déballage technique incontestable, Deathreat manque irrémédiablement du petit plus qui transformerait le convaincant en excellent, à l’image du fabuleux Neverending Destiny.

Fabien.

> - Les chroniques -, Agressor — admin @ 12:30 pm

Cannibal Corpse : Kill

KillPeu après la sortie de The Wretched Spawn, les death métalleux apprennent le départ surprenant de Jack Owen, membre d’origine de Cannibal Corpse, désireux de s’éloigner quelque peu de la scène death metal au sein de son projet Adrift, tout en rejoignant parallèlement et paradoxalement les rangs de l’intraitable Deicide ! Dans le jeu des chaises musicales, c’est alors l’excellent Rob Barrett (ex-Solstice & ex-Malevolent Creation) qui remporte le pompon, retrouvant de nouveau ses acolytes, après son départ en 1996 durant la période post Vile (cinquième album de la formation).

Le mouvement de line up s’accompagne également d’un changement d’ingénieur du son, Cannibal Corpse laissant en effet Neil Kernon pour rejoindre le fameux Erik Rutan (Hate Eternal, Internecine) aux Mana studios floridiens. Les sessions débouchent ainsi en avril 2006 sur la sortie du dixième full lenght de la bande emmenée par l’infatigable Alex Webster. Pour la première fois, l’album est commercialisé sans illustration de Vince Locke (à ma connaissance), mais bénéficie toutefois d’un titre particulièrement évocateur : Kill.

Comptant désormais deux guitaristes très techniques en son sein, les redoutables Rob Barrett & Pat O’Brien, Cannibal Corpse hausse sensiblement la complexité de ses morceaux, sans perdre toutefois son entrain habituel. Depuis l’assommant Time to Kill jusqu’au terrible Maniacal, en passant par les accrocheurs Make Them Suffer & Walking Terror, le quinquet impressionne par la présence et la dextérité de ses interprètes, renversant l’auditeur avec son couple rythmique Mazurkiewicz / Webster infaillible, son duo de guitaristes intraitables, et son chanteur Georges Fisher au guttural profond et dynamique.

En outre, les compositeurs habituels Webster & O’Brien bénéficient cette fois de l’apport de Barrett & Mazurkiewicz, qui signent intégralement et successivement les très bons Barbaric Bludgeonings & Boiling Flesh, marquant l’album de leurs empreintes respectives. Enfin, pour ne rien gâcher, le choix des Mana Studios s’avère fort judicieux, Kill possédant une incision dans ses guitares peu commune, ainsi qu’un mixage distinct et équilibré, permettant notamment à l’auditeur de percevoir nettement le travail phénoménal d’Alex Webster à la basse, qui affole littéralement les neurones sur l’excellent & horrifique Discipline of Revenge.

Particulièrement inspiré, et maîtrisant impeccablement son sujet, Cannibal Corpse frappe en cette année 2006 avec une brutalité désarmante et un plaisir manifeste, tout haussant indéniablement son niveau technique. Le sang neuf apporté par les riffs précis & nuancés de Rob Barrett, mais aussi par la production déchirante d’Erik Rutan, permet ainsi au quinquet floridien de se dépasser, sans changer de braquet, et de larguer un nouveau missile particulièrement meurtrier (comme son doux nom l’indique).

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 3:00 am

January 24, 2006

Cretin : Freakery

FreakeryFormé en 1992 autour de Dan Martinez, Col Jones (Ex-Exhumed) & Matt Widener (Ex-Exhumed, The County Medical Examiners), Cretin est un groupe dont l’existence est marquée par de nombreuses interruptions ; il faut attendre 2003 avant que les choses sérieuses ne commencent, avec à la clé, un contrat en 2005 chez l’écurie Relapse.

Le mot anglais Cretin veut tout simplement dire Cretin en français, donc autant dire que le décor est planté. Les californiens joue un grindcore (mariage entre le death/speed & le hardcore/punk extrême) très influencé par Repulsion, dans un trip années 80/90, sans aucun effet au niveau de la batterie, du chant ou des guitares.

Cretin ne fait donc pas dans la dentelle, comme en témoigne ce premier album, enregistré par le groupe lui-même, et sorti en avril 2006. Prenez l’album Horrified de Repulsion, ôtez lui le peu de passages mid-tempo qu’il contient, et vous obtenez Freakery ; cette galette représente en effet 30 minutes de blasts made in Col Jones, avec un son de basse et de guitares old school bien saturé, et la voix crasseuse et déchirée de Dan Martinez.

Le tout fonctionne vraiment très bien : le son est très gras mais relativement bon et, musicalement, c’est vraiment entraînant, destroy et sans compromis ; l’album est un véritable pied de nez à nombre de formations actuelles, noyées sous les effets en tout genre et les productions trop propres. Un petit mot aussi sur l’artwork du CD signé par le maître Orion Landau en personne, artiste attitré de Relapse, qui livre des photos étranges, inquiétantes, particulièrement réussies ; ces dernières renforcent le climat malsain & puant de l’album, avec ses paroles riches en déviances diverses.

Bon, vu la brutalité de l’opus, beaucoup le trouveront linéaire, mais pour les amateurs de blasts et d’ambiances bien destroy, Freakery est la recette miracle pour s’exploser la tête : l’exutoire parfait. Je le conseille donc à tous les fans de Repulsion ou de Death Breath, et d’une manière générale à tous les fans de la marque Relapse.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cretin — admin @ 2:45 am

Death Breath : Stinking up the Night

Stinking up the NightAyant délaissé Entombed et la scène death métal durant plusieurs années, pour se consacrer à son groupe rock The Hellacopters, très populaire en Suède, Nicke Andersson revient à ses premières amours en cette année 2005, formant le groupe Death Breath avec son ami Robert Pehrsson. A l’instar de Bloodbath, le but des deux acolytes réside dans la résurgence du death métal old school, mais avec une approche délibérément rugueuse et sans artifice, que Repulsion pratiquait dans les années 80. Epaulé par le bassiste Magnus Hedquist, le groupe rentre alors aux Acetone Studios sous la coupe de Michael Borg, ressortant avec Stinking up the Night, commercialisé par Black Lodge à l’automne 2006.

Sans être trop simpliste et rapidement ennuyeux, Death Breath ne s’embarrasse en revanche d’aucune fioriture, privilégiant l’efficacité des riffs et la nervosité des soli avant tout. Les rythmiques de Nicke & Magnus sont directes, tantôt tapageuses ou entrainantes, supportant les riffs suintants de Robert, aux relents punk délicieux. En outre, sans le moindre effet utilisé en studio, la musique obtient délibérément un son crasseux, à l’image des paroles, traitant avec désinvolture de sujets gores et morbides.

Mais, outre son atmosphère puante parfaitement retranscrite, le point fort de Stinking up the Night réside dans l’intégration de Scott Carlsson (Repulsion) & Jorgen Sandstrom (Ex-Grave) durant les sessions d’enregistrement, se partageant les voix entre les différents morceaux, avec Robert Pehrsson. Les trois growleurs éructent un chant suffisamment proche pour la restitution d’un ensemble homogène, mais possèdent en revanche chacun leur grain guttural particulier, apportant une coloration judicieuse à chaque titre. Ainsi, réentendre le chant crasseux de Scott sur les très bons Chopping Spree, Unembalmed Dead et Christ All Fucking, reste un vrai régal pour les fans du redoutable Repulsion.

Mélange explosif de Wolverine Blues, Horrified et Mental Funeral (Entombed, Repulsion, Autopsy), s’inspirant respectivement de leur ambiances rock, crades et suintantes, Stinking up the Night est assurément l’album de death métal le plus retro et décalé de cette année 2006, aux côtés du terrible Freakery des nord américains de Cretin. Death Breath se conseille en premier lieu aux nostalgiques du death rugueux et imparfait des années 80/90, mais également à tous les métalleux en mal de headbang et de métal pur, submergés par une pléthore de réalisations identiques et aseptisées.

Fabien.

> - Les chroniques -, Death Breath — admin @ 11:30 am

January 23, 2006

Deicide : The Stench Of Redemption

The Stench Of RedemptionGros changement au sein de Deicide, puisque après son départ de Roadrunner au profit d’Earache, la bande se divise en deux, avec d’un côté les frères Hoffmann, et de l’autre Glenn Benton et Steve Asheim. Après un procès opposant les deux clans, et permettant finalement à Benton & Asheim de conserver le nom de Deicide, les deux rescapés recrutent Ralph Santola, de formation heavy metal, ainsi que Jack Owen, qui avait pourtant quitté Cannibal Corpse pour une carrière éloignée du death metal !

Avec l’apport de deux nouveaux gratteux, la musique du groupe, invariablement la même depuis 16 ans, se trouve du coup transformée, tout en conservant son identité très forte. On découvre tout d’abord que le compositeur principal de Deicide n’est autre que Steve Asheim, alors que l’on imaginait ce dernier dans l’ombre du quatuor ; ainsi, cette continuité dans la composition des morceaux, ajoutée aux beuglements caractéristiques du très charismatique Glen Benton, permettent au gang de garder sa personnalité intacte.

Par contre, que de changements dans l’exécution des morceaux ! Les rythmiques d’Asheim, d’une précision époustouflante, permettent aux guitares d’Owen et de Santola d’asséner des riffs particulièrement incisifs, sur un jeu très différent de celui des frères Hoffman. De plus, à la manière du très bon Afterburner de Sinister, Deicide évite le déballage habituel de riffs joués à toute vitesse durant 30 minutes, et propose cette fois des morceaux plus longs et plus progressifs, comme le superbe The Lord’s Sedition et son intro acoustique renversante, alternant brillamment passages tapageurs et mid tempo, conférant ainsi à l’ensemble un relief et une puissance accrus.

Mais le véritable tour de force de Deicide réside dans le choix du guitariste Ralph Santola, de formation extra death métallique, qui offre au groupe une approche inédite et des soli heavy prodigieux, apportant une mélodie en opposition au jeu très agressif de Jack Owen. Attention, le quatuor floridien n’a pas mis de l’eau dans son vin pour autant, sa musique reste d’une brutalité exemplaire, mais possède désormais une richesse incroyable, décuplant l’intensité que le groupe avait perdue au fil des années.

2006 marque donc le retour d’un Deicide surprenant, lui que l’on croyait pourtant condamné à proposer mille fois la même galette, à l’instar de ses confrères de Grave, d’Obituary ou de Dismember. Stench Of Redemption propose en effet des compositions d’une puissance et d’une technique impressionnantes, sur un concept fort et une production béton, laissant ainsi présager le meilleur pour le quatuor floridien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deicide — admin @ 11:20 am

Deranged : Obscenities in B Flat

Obscenities in B FlatDeranged est un groupe formé en 1991 autour de Johan Axelsson & Rikard Wermen, pratiquant un death metal suffocant à l’extrême, une sorte de Cannibal Corpse puissance 10. Après Plainfield Cemetary sorti en 2002, explosant littéralement les limites de la sauvagerie, les suédois éprouvent alors le besoin de faire un break, mais reviennent finalement en cette année 2006, pour mieux achever les derniers rescapés des écoutes de leur précédentes boucheries sonores.

Sixième effort du groupe, Obscenities in B-Flat présente une violence toujours hors norme avec un son accordé très bas, mais distillant cette fois quelques éléments plus lourds et deux ou trois samples, laissant à l’auditeur le temps de respirer une poignée de secondes pour, ne nous y trompons pas, mieux l’asphyxier ensuite. Les rythmiques rebutent en effet par leur côté on ne peut plus haché et sans mélodie aucune ; pourtant, au delà de l’apparente linéarité du produit, et du mur sonore que l’on croyait impénétrable, se cache une musique technique et terriblement bien ficelée.

Entre deux albums, Deranged réussit également à conserver son bassiste/chanteur, à la voix incroyablement caverneuse et, incompréhensible sans les paroles ; mais, manque de chance, le livret n’inclut pas ces dernières. Enfin bon, à la vue de titres comme Torture Rape Cum and Kill , celles-ci s’avèrent en fin de compte hautement dispensables, formant un recueil de pathologies nécrophiles ou d’autres déviances diverses sans aucun intérêt.

Au-delà des modes et des critiques, Deranged poursuit donc imperturbablement son chemin, sans rien demander à personne et ce, depuis une quinzaine d’années. Obscenities in B-Flat, certes un poil plus accessible, mais aussi un poil en dessous de la qualité du terrible Plainfield Cemetary, se situe en effet dans l’exacte lignée des précédentes réalisations.

Fan de brutal death, jetez vous ainsi sur ce nouvel album, vous y trouverez la violence recherchée, mais aussi tout un tas de subtilités qui rendront l’écoute intéressante. Pour les autres, je vous mets une dernière fois en garde contre cette galette, qui risque de vous déconcerter très vite par son extrême linéarité, s’avérant au final, particulièrement indigeste.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 5:15 am

Dismember : The God That Never Was

Dismember est sans conteste une figure emblématique du death metal, un pionnier ayant pondu des merveilles par le passé. Et face à une légende on est en droit d’être exigent.

La pochette de Dan SeaGrave est laide à souhait, quasiment ridicule, premier mauvais point ! C’est un détail, l’important se trouve sur la galette et comment dire… Et bien c’est du Dismember, voila tout ! The God That Never Was aurait pu sans problème sortir il y a 12 ans, sans paraitre en avance sur son temps. Les fans de death metal old school, dont je fais partie, peuvent ainsi largement trouver de quoi se déboucher les conduits auditifs avec ce nouvel album.

Dismember nous balance ainsi des bombes épileptiques de 2 ou 3 minutes, des morceaux en mid-tempos parfaits pour le head-banging et des parties mélodiques “Maideniènne” à souhait, sans oublier Phantoms (Of the Oath), instrumental sympathique sans être toutefois renversant. Bref, aucune surprise sur ce nouvel opus et c’est là tout le problème. La bande de Blomqvist se contente de jouer du Dismember archi classique, aucun morceau n’arrive à recréer la magie des 2 premiers albums, les riffs ne parviennent qu’à de trop rares occasion à être percutant.

The God That Never Was
 n’est donc pas un mauvais album ; j’esperais toutefois me prendre un gros pain dans la figure avec ce skeud, et non pas une petite claque sur le pif. Vraiment dommage, je croise les doigts pour le prochain car ce groupe est capable de beaucoup mieux…

Tonio (www.spirit-of-metal.com).

Considerant un Where Ironcrosses Grow bien plus convaincant que le moyen Hate Campaign, notamment avec ses relents de Mental Funeral sur le bon Me-God, mais aussi une signature chez l’écurie Regain Records, j’attendais plus de la part de Dismember cette année. Or, tout en dégageant ce côté old school sympathique, The God That Never Was ne constitue effectivement pas le meilleur du groupe suédois à ce jour. J’apprécie toutefois la bande Karki, Blomqvist, Etsby pour leur intégrité et leur amour indéfectible envers le death metal. Sinon, moi j’aime bien la pochette de Dan SeaGrave… Fabien
 

> - Les guests -, Dismember — fabien @ 1:30 am

Dominion : Born God and Aware

Terre connue actuellement pour ses nombreuses formations de death mélodique pompeuses, la Suède compte parallèlement des groupes de death techniques parmi les plus incisifs & intéressants du moment, tels les incontournables Anata, Spawn of Possession ou Visceral Bleeding, témoignant une scène bien moins stéréotypée qu’en apparence. Formé en 2004 autour de Victor Brandt & Jocke Olofsson, Dominion fait justement partie de ces combos suédois brutaux & techniques, loin de toute plastique ennuyeuse, possédant un son et une accroche typiquement états-unienne, à l’instar de ses compatriotes d’Aeon ou Insision.

Sans démo à son actif, mais fin prêt, le duo enregistre dès 2005 son premier album, Born God and Aware, sous la coupe du batteur Jocke Olofsson lui-même, et parvient parallèlement à décrocher un contrat avec Erik & Jacoby, boss du bon label Unique Leader. Ceci se concrétise par la sortie du disque en octobre 2006, paré d’une superbe illustration du maître Pär Olofsson, maintes fois sollicité durant l’année, pour les pochettes d’Abysmal Dawn, Inherit Disease ou Spawn of Possession.

A l’image des ses morceaux Temple of Insects & World Downfall, parfaitement calibrés au passage, Born God and Aware trahit la passion évidente de Dominion pour Morbid Angel, Hate Eternal & Cannibal Corpse, lâchant ce death pur, furieux et sans concession. Privilégiant une violence rythmique à toute forme de mélodie, à coups de blast-beats et de riffs écrasants, le groupe affiche en effet un niveau de brutalité manifeste, tout en multipliant les harmoniques dissonantes, inhérentes aux brutal death, et les pointes techniques renversantes, à l’image des débordements d’Appreciate the Mutilate, I Bury Blades & Elite, lui donnant un côté Origin & Unmerciful judicieux.

Toutefois, malgré son ficelage étonnant, la furie de titres tels The Endless & Demonstration of Domination, Born God and Aware ne possède pas l’identité nécessaire à sa distinction, face à une concurrence particulièrement impitoyable dans le style. Dominion compense en revanche son manque de personnalité par une violence et une précision désarmantes, dans l’exécution de ses rythmiques, ses riffs et ses soli, dévoilant ainsi de sérieux atouts pour convaincre l’amateur de brutal death, conquis par des formations techniques telles qu’Aeon, Insision & Hour of Penance.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dominion — fabien @ 1:00 am

Fueled By Fire : Spread The Fire

Fueled By Fire se forme en 2002 en Californie, dans l’unique intention de ressusciter l’esprit thrash des eighties, à l’instar de ses homonymes de Municipal Waste ou Merciless Death. Quatre ans après sa formation, le quatuor rentre alors aux Love Juice Labs, sous la coupe de Jason Decal, pour les sessions de Spread the Fire, son premier album sorti chez Annialation Records en septembre 2006. Le disque connaît toutefois un succès limité dû à la petite structure du label, mais suffisant pour attirer l’attention de Metal Blade, qui le réédite dès l’année suivante, muni une nouvelle couverture.

A l’image de sa pochette redessinée montrant un metalhead donnant une leçon de thrash à de jeunes newbies visiblement en mal de sensation, Spread the Fire balance un thrash / speed allant droit au but, se situant entre la rugosité teutonne de Destruction et les mélodies californiennes de Death Angel, saupoudrant délicieusement le tout avec le crossover new yorkais de SOD. Ses interprètes arborent en outre leurs bons vieux patchs, jeans, tee-shirt & baskets, revendiquant clairement et fièrement l’influence des années 80’s.

Dès l’intro instrumentale déboulonnante, dominée par le couple basse batterie entraînants d’Anthony & Carlos et les riffs speed de Rick & Jovanny (Gio), Fueled By Fire donne le ton de son thrash agressif, coloré par ses soli à la sauce Bay Area très percutants. A partir de Thrash Is Back, en passant par le très bon Betrayal, Gio rentre alors en course, avec ses vocaux oscillant entre le chant râpeux de Steve Souza (Exodus) et les cris de hyène de Stace McLaren (Razor), supporté par les voix en backing de ses acolytes, qui renforcent ces accents old school si délicieux.

A la fois mélodique et agressif, truffé d’accélérations ou de mosh parts entrainantes, que DRI ou Anthrax n’auraient pas refusées sur leur précieux Crossover et Among The Living, Spread the Fire remplit ainsi son contrat, délivrant un thrash old school d’une fougue indéniable, avec toutes ces petites imperfections qui lui confèrent parallèlement beaucoup de charme. Ne masquant pas leurs influences, les gringos de Fueled By Fire ne bouleversent donc pas le style avec leur premier effort, restant même des élèves trop appliqués pour affirmer une pleine personnalité, mais jouent en revanche leur thrash speed avec beaucoup de sincérité, diluant une recette idéale pour tout thrasher nostalgique en manque de headbang.

Fabien
.

> - Les chroniques -, Fueled By Fire — fabien @ 10:00 am

January 21, 2006