Altars of Fab’ Death

Deranged : Plainfield Cemetary

Plainfield CemetaryAmateurs de sensations fortes, oubliez les méfaits III et Deranged déjà particulièrement violents, le nouvel album des inséparables Axelsson / Wermen, sortant en ce mois ce septembre 2002, dépasse toutes les limites en terme de brutalité. Le titre de cette boucherie est très évocateur, Plainfield Cemetary étant un endroit où Ed Gein, serial killer, démembrait des cadavres exhumés, avant de s’immoler lors d’un soir de grande inspiration !

Pour l’occasion, Aurelien Police signe une pochette redoutable sur un concept de Sven (Aborted), d’une qualité nettement supérieure aux précédents albums. Plainfield Cemetary contient également les paroles, chose rare chez Deranged, quoique ces dernières soient purement dispensables ; il est en effet question de déviances nécrophiles innommables, faisant comprendre toute la signification du nom du trio suédois.

Côté musique, Deranged laisse encore moins répit à l’auditeur, les rythmiques sont saccadées et tapageuses à l’extrême, appuyées par un mur de guitares lourd et suffocant, sans parler des vocaux d’outre tombe de Calle Faldt, étouffants comme pas possible. Mais, le métalleux averti qui sait tendre l’oreille, au risque de la perdre certes définitivement, s’aperçoit alors que la brutalité développée à un sens, et que le niveau technique et la dextérité d’Axelsson et de Wermen sont exemplaires, à l’image du terrible Deathgasm et de son final redoutable.

Avec une telle déferlante de violence sonore, mais aussi servie par une technique impressionnante, Deranged ne laisse personne de marbre, renvoyant par la même occasion de nombreuses formations au placard. La brutalité de l’opus est telle, que Plainfield Cemetary ne doit être prescrit qu’aux brutes musicales, aux amateurs de combos tel que Disgorge (US) ou Deeds Of Flesh. Par contre, toutes âmes sensibles, ne dites pas que vous n’avez pas été prévenues !

Fabien.

> - Tous les groupes -, Deranged — admin @ 12:00 am

May 29, 2007

Deranged : High On Blood

Décidés à enfoncer le clou après leur premier album, et désormais abonnés au Berno Studio, Rikard Wermen & Johan Axelsson rejoignent l’ingénieur Berno Paulsson en juillet 1997, pour les sessions de l’impitoyable High on Blood. Commercialisé en tout début d’année suivante par l’écurie Regain Records, l’album marque l’arrivée du bassiste Dan Bengtsson, ainsi que du growleur Fredrick Sandberg, capable de passer d’un chant guttural gras & profond à des vocaux beaucoup plus rageurs.

Loin de tout assagissement avec le temps, Deranged accélère encore la cadence sur ce nouvel effort, gagnant parallèlement en technique et en précision. Razor Divine & Humanity Feeds plantent ainsi le décor, dominé par le martelage rythmique de Rikard & Dan, les riffs & soli hermétiques de Johan, et le guttural effroyable de Fredrick.

Assommant quasiment de bout en bout avec un plaisir manifeste, Deranged injecte cependant suffisamment d’espace entre ses martelages rythmiques pour éviter l’overdose auditive, à l’image de Robber Of Hell ou By Knife, qui calment judicieusement le jeu avec leurs breaks fracassants, sur un middle tempo parfaitement calé, terrain propice à une salve de riffs particulièrement acérés. A ce titre, Erotikill s’inscrit parmi les titres les plus puissants & percutants de la longue discographie des suédois, notamment sur son riff d’intro, frappant avec une précision redoutable.

Plus compact, puissant & millimétré que son prédécesseur, addiction pour le fan de brutal death, High on Blood est une véritable machine à tuer, se hissant parmi les missiles les plus meurtriers du combo suédois. En ce début d’année 1998, alors que le death métal sort à peine d’une crise identitaire, Deranged ne se pose quant à lui aucune question, dégommant tout sur son passage sans effectuer la moindre concession.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Deranged — fabien @ 10:43 pm

May 28, 2007

Incantation : Primordial Domination

Primordial DominationQuel est le plus gros changement entre Decimate christendom & Primordial Domination ? Eh bien, John McEntee, guitariste et fondateur du groupe, a décidé de se laisser pousser la barbe ! En effet, pour son septième album (sans compter le MCD Forsaken Mourning), Incantation sort en cet octobre 2006 un opus dans la lignée directe de ses précédentes oeuvres, en développant invariablement son death métal brutal & sombre, sur un concept satanique, occulte & blasphématoire.

Primordial Domination est le second album paru sous le label Listenable, au sein duquel le combo de Pennsylvanie, à l’instar d’Immolation, trouve enfin la stabilité recherchée. Côté line-up, pas de changement également, puisque l’entente semble parfaite entre McEntee et ses acolytes Kyle Severn & Joe Lombard.

Avec la très belle pochette du célèbre Jacek Wisniewski, Primordial Domination annonce donc la couleur : un death métal pur, made by Incantation ; le groupe possède en effet un style très marqué et reconnaissable entre 1000, alternant brillamment des rythmiques lourdes et techniques, sans être démonstratives, à des passages doom et sombres, conférant cette atmosphère si personnelle et evil à l’ensemble. Toutefois, sur Primordial, l’accent est mis sur un métal plus cru et plus agressif, l’album commençant notamment sur un instrumental tout en puissance, et introduisant le reste des compositions avec une touche très entrainante.

Le joker imparable d’Incantation, depuis The Forsaken Mourning en 97, réside dans la production des albums, par leur ingénieur du son Bill Korecky, qui parvient à donner à la fois le gros son aux guitares, tout en privilégiant un côté très roots à l’ensemble, gardant ainsi intacte l’essence des compositions et renforçant leur très forte identité.

Pour les fans, mais aussi pour décider les indécis, Primordial sort en plus avec un DVD bonus montrant un concert d’environ six titres et trente minutes, de la dernière tournée européenne. Ce concert ravira certainement les purs et durs, avec un son d’une qualité très correcte et une ambiance très authentique, mais aussi par les morceaux choisis, présentant le meilleur du dernier album et des premières réalisations cultes du combo.

Depuis 1989, la qualité du death pur, evil, et imposant d’Incantation est donc toujours présente ; John McEntee est l’exemple parfait du personnage qui s’est battu contre vents & marées, durant les années sombres du death metal, afin de porter haut et fort l’étendard de ce style désormais redevenu underground, statut qu’il n’aurait d’ailleurs jamais dû quitter.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Incantation — admin @ 12:01 am

Skinless : Trample The Weak, Hurdle The Dead

Trample The Weak, Hurdle The DeadTrample The Weak, sortant en juin 2006, est le quatrième album des New Yorkais de Skinless, groupe formé en 1992 autour du guitariste compositeur Noah Carpenter. Après un épisode plus expérimental le temps de From Sacrifice To Survival en 2003, Skinless revient avec l’image qui lui convient le mieux : un death/grind lourd et massif, période Foreshadowing Our Demise. D’entrée, la pochette du graphiste attitré de Relapse, l’excellent Orion Landau, affiche clairement la couleur, montrant un soldat achevant l’ennemi sans défense, dans un décor chaotique, soumis aux radiations nucléaires.

Dès l’introduction du CD dans la platine, Trample marque par le son hyper puissant des guitares, lourdes et techniques, collant parfaitement au concept violent et guerrier développé tout au long de l’album. L’ensemble, mixant à la fois ce côté très lourd et tapageur, ne laisse vraiment que très peu de répit à l’auditeur ; des titres comme Overdose ou Unilateral Disgust sont les exemples parfaits du 38 tonnes broyant tout sur son passage, avec leurs parties grind écrasantes et terriblement matrisées. La production de Brett Portzer au Max Trax studios est en ce point brillante, elle apporte une intensité métallique rarement entendue.

Côté chant, Jason Keyser intègre la bande avec beaucoup de brio, usant d’hurlements gutturaux à décorner n’importe quel taureau, mais également d’une voix beaucoup plus écorchée, apportant beaucoup de relief à l’ensemble des compositions. Seule fausse note de l’album à mon humble avis, la reprise de Black Sabbath « Wicked World », certes réussie, mais qui déroge par rapport à l’extrême brutalité du disque.

Bref, vous l’avez compris, Skinless est bien décidé à ne laisser aucun survivant après l’écoute de son death/grind à toute épreuve. Toutefois, Trample The Weak ne révolutionne pas non plus le genre, et ne fera certes pas basculer le groupe de son statut d’outsider à celui de leader ; il reste néanmoins une réalisation sincère, d’une lourdeur particulièrement déconcertante. A recommander tout d’abord aux fans de brutalité à l’état pur, donc bien sûr aux amoureux de la marque Relapse.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Skinless — admin @ 12:01 am

Deranged : Rated X

Formé en 1991 autour de Johan Axelsson & Rikard Wermen, Deranged déroge à la seconde vague du death métal suédois, pratiquant un death brutal & sauvage, à mille lieux de toute forme de mélodie développée par ses confrères. Le groupe atterrit en 1994 chez Repulse Records et enregistre deux EP pour le label, Architects & Sculpture, avant d’entamer les sessions de son premier album aux Berno Studios en mars 1995, sous la coupe le Paulo Berno, réputé dans la première partie des nineties pour l’enregistrement des albums de l’intraitable Seance. Rated X sort ainsi en septembre de la même année, muni d’une pochette sans équivoque (une belle douche de sang), d’ailleurs remplacée sur la future réédition de Listenable.

Grâce à son passage aux Berno Studios lors des sessions de son précédent EP (Sculpture), Deranged possède une expérience bénéfique, qui lui permet d’aborder l’enregistrement de Rated X sans problème, et d’obtenir ainsi un son puissant et déjà très personnel. Le death de la formation est déjà basé sur un style résolument brutal et suffocant, sur les rythmiques de Rikard Wermen qui, sans être blastées de bout en bout, ne laissent déjà que peu de répit à l’auditeur. Les riffs & soli de Johan Axelsson sont aussi terriblement rapides et brutaux, soutenant le guttural monocorde & effroyable de Per Gyllenback.

Bien que Deranged possède déjà un goût prononcé pour le pilonnage rythmique, à l’image d’un Razor Tongue sans pitié, Rated X contient cependant suffisamment de titres lourds ou de breaks écrasants, tels les redoutables Killing Spree, Axe ou Sixteen and Dead, cassant judicieusement la linéarité engendrée par une telle brutalité sonore. Les structures des morceaux restent toutefois souvent interchangeables, bâties sur des rythmiques, des riffs & des vocaux certes calés, mais manquant encore de technique et de variété, pour rendre le produit véritablement impressionnant.

Réussissant son entrée avec un premier album convaincant, Deranged prend la scène suédoise à contre pied, larguant un missile dénué de tout sentiment, s’adressant ainsi aux brutes épaisses, fans d’une version Cannibal Corpse puissance 10, en terme de lourdeur et d’ambiance gores. Distillant à droite à gauche quelques samples de film d’épouvante, histoire de renforcer son climat horrifique et sa brutalité manifeste, Rated X se clôt en revanche sur un ton plus léger avec son titre Paint It Black, reprise turbo et sans merci de Rolling Stone incitant aux headbangs les plus fous, et dénaturant à lui seul l’essence même du rock band !

Fabien.

> - Tous les groupes -, Deranged — fabien @ 11:16 pm

May 27, 2007

Suffocation (USA) : Breeding the Spawn

Breeding the SpawnRetour en 1993, une année attendue par nombre de death métalleux, puisqu’elle coïncide avec le second méfait de Suffocation. En effet, en seulement un an et demi, leur premier album Effigy Of The Forgotten est déjà devenu culte, instaurant les bases du brutal death alambiqué ; mais aussi, le titre Prelude To Repulsion, spécialement enregistré sur la compilation At Death Door Vol II de Roadrunner (1992), laisse présager le meilleur pour les brutes new-yorkaises. Ainsi, en juin 93, lors de la sortie de Breeding the Spawn, devant la terrible pochette de DanSeagrave (illustrateur très en vogue à cette époque), les rythmes cardiaques s’accélèrent, ne se calmant qu’après l’achat incontournable du CD.

Breeding the Spawn montre peu de changement au niveau du line-up, Josh Barohn rejoint Autopsy en Californie, et c’est Chris Richards qui le remplace à la basse ; la recrue est de choix, puisque son travail est particulièrement excellent, en support du jeu de batterie très technique de Mick Smith. De leur côté, les inséparables guitaristes Hobbs & Cerrito se partagent équitablement la composition des morceaux, joués, comme à l’accoutumée, avec une dextérité et une précision renversantes. Enfin, la voix de Frank Mullen, d’un guttural toujours aussi profond, liquéfie une fois encore n’importe quel organe.

Vous l’avez compris, Suffocation est de retour, avec une musique toujours aussi impressionnante, à l’image de Marital Decimation ou Ignorant Deprivation, terriblement bien ficelés, et permettant des écoutes quasi infinies, grâce à leur construction à multiples tiroirs, mais aussi aux jeux sans faille de la paire de guitaristes, différents et mais incroyablement complémentaires.

Seulement, il y a un hic dans le choix de l’ingénieur du son ; Scott Burns est remplacé par Paul Bagin, qui avait notamment livré une très bonne production sur la démo Human waste. Mais ici, la sauce ne prend que difficilement, surtout au niveau du mixage, ou l’ensemble sonne de manière très brouillon, alors que le style brutal et technique de Suffocation exige au contraire une précision et une clarté exemplaires. L’écoute de Breeding the Spawn devient dans ces conditions assez difficile, contrairement à Effigy qui, même si le son était contestable au niveau de la batterie, se révélait au final beaucoup plus percutant.

Malgré un mixage assez confus, Breeding the Spawn montre toutefois un Suffocation encore très inspiré, siégeant toujours, en cette année 1993, sur les plus hautes marches de la scène du brutal death, aux côté de Morbid Angel & d’Immolation.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Suffocation — admin @ 12:00 am

The County Medical Examiners : Olidous Operettas

Olidous OperettasFormé en 2001 autour de Matt Widener du génial groupe Cretin, The County Medical Examiners (C.M.E.) est un groupe formé en hommage aux grind-gore Carcassien de l’époque culte Symphonies Of Sickness. Après un album et un récent split-CD avec les célèbres General Surgery, le trio californien atterrit alors en 2007 chez l’écurie Relapse, spécialiste du grind à ce jour.

Loin d’être un hommage ridicule, les 8 titres d’Olidous Operettas, d’une durée de 30 minutes, sont d’excellente facture, joués par des musiciens talentueux et expérimentés dans la scène métal. Chaque morceaux est parfaitement calibré, et possède des riffs intéressants et très percutants, le tout étant bâti sur une rythmique sans faille, avec un double pédalage d’une précision millimétrée.

De plus, la musique est remarquablement mise en valeur par la production, made by Matt Widener lui-même, surprenante par sa qualité, avec cette touche incontestable à la Colin Richarson, de par le son très profond de la batterie, et celui très massif des guitares. Enfin, Les voix, alternant brillamment éructations hémoglobineuses et éraillements d’écorché, rappellent incontestablement celles du duo mythique Jeff Walker & Bill Steer.

A l’image de la pochette façon Reek Of Putrefation, rassemblant divers découpages de fragments humains ou animaux, les paroles sont dans la veine G.Surgery & early Carcass, dans un registre médical bien gerbant, mais teinté d’une ambiance très rétro, nous ramenant dans les siècles derniers, lorsque les praticiens avait encore tout à explorer en médecine chirurgicale. D’ailleurs, pour renforcer ce climat ultra cadavérique, il ne vous reste qu’à frotter le CD qui pue alors la décomposition ; j’ai testé pour vous et c’est vraiment insoutenable ! Encore un bonheur que les téléchargeurs ne pourront jamais connaître !

Olidous Operettas recrée ainsi l’univers Carcassien de Reek & Symphonies avec une méticulosité déconcertante ; le groupe ne s’en cache d’ailleurs pas, à l’image de la citation à l’intérieur du livret : « we are but flies buzzing around your perfect », qui signifie à peu près pour les non anglophones « nous ne sommes juste que des mouches tournant autour votre perfection (= Carcass) ».

Vous voilà donc prévenu. Si vous êtes fan du style, préférez toujours les originaux, à savoir les trois premiers albums gores de Carcass ; par contre, si vous les avez explorés en long, en large, et en travers depuis plusieurs années, alors laisser vous entraîner par Olidous Operettas, d’une qualité irréprochable, même si l’originalité, intentionnellement, n’y est pas.

Fabien.

May 25, 2007

Watain : Sworn To The Dark

Sworn To The DarkEn 2007, Watain doit confirmer son rang sur la scène black mondiale, non seulement suite à l’excellent Casus Luciferi sorti en 2003, mais encore depuis l’arrêt brutal de Dissection, leurs frères spirituels, suite au suicide de Jon Nödtveidt. C’est chose faite avec Sworn To The Dark, leur troisième effort, sorti cette fois chez l’excellente écurie Season Of Mist (Mayhem, Arcturus), et proposant des titres d’une qualité & d’une pureté exemplaire.

L’album est en effet très inspiré, et possède ce jeu de guitare très caractéristique de Watain, à la fois mélodique & incisif, emprunt d’une touche plutôt personnelle ; l’opus est marqué par de grands moments, à l’image du fabuleux titre d’ouverture Legions Of The Black Light, ou encore de l’éponyme Sworn To The Dark, où se succèdent riffs entraînants et passages plus posées, conférant ainsi beaucoup de relief et d’intensité à l’ensemble.

De plus, les morceaux, loin d’être aseptisés, et s’enchaînant à la perfection, restituent au final une ambiance à la fois sombre & puissante, et forment un ensemble d’une grande homogénéité ; le tout est vraiment très soigné, pour un durée totale de 57 minutes. Le choix des studios Necromorbus s’avère une fois encore judicieux, l’ingénieur du son Tore Stjärna, livre en effet une production d’une grande profondeur, restituant une atmosphère très pure, et préservant l’essence même des compositions du trio.

Enfin, même si l’on n’adhère pas aux convictions satanistes de Watain, on ne peut que toutefois respecter leur droiture, ainsi que la cohérence de leurs propos, loin de certains groupes aux idéologies plutôt contradictoires et impersonnelles.

Avec ce nouvel opus, Watain, d’une conduite toujours irréprochable, signe donc un très bon album, qui confirme incontestablement tout le bien que l’on pensait d’eux, et qui les inscrit désormais parmi les groupes de black sur lesquels il faut définitivement compter.

Beaucoup de métalleux s’accordent à dire que Sworn To The Dark aurait pu être le prochain album de Dissection, le disque se rapprochant effectivement de la période Somberlain du groupe défunt ; cette remarque est par contre à double tranchant, pouvant être à la fois considérée comme un honneur, une éloge, ou tout au contraire comme une certaine perte de la personnalité de Watain. Je vous laisse seul juge.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Watain — admin @ 12:00 am

May 24, 2007

Suicidal Tendencies : Suicidal Tendencies

Suicidal TendenciesFormé en 1982 à Venice en Californie autour de Mike Muir, Suicidal Tendencies sort rapidement son premier album en été 1983. A la manière du Dirty Rotten LP des DRI, ce disque tombe comme un pavé dans la mare, et suscite d’entrée de très nombreuses polémiques entre les métalleux qui le trouvent trop punk, et les punks qui le trouvent trop métal, beaucoup n’hésitant pas au passage à cracher sur son leader, qui n’a pas encore ses vingt ans.

Ce disque n’a en effet peu en commun avec le hardcore de Minor Threat, Black Flag ou Dead Kennedys, possèdant un son et une approche résolument plus métal. Les rythmiques d’Amery Smith sont lourdes et soutenues, épaulant la rafale de riffs heavy et énergiques de Grant Estes.

Dès le premier titre, l’album part ainsi dans des accélérations folles, les 12 morceaux défilent vite, en 28 minutes exactement. Pourtant, ceux-ci sont suffisamment long pour être développés, présentant des riffs, des breaks et des solos, qui constituent une approche métal purement inédite.

Avec son alternance de titres rapides, ou d’autre plus lents aux riffs mémorables, Suicidal Tendencies (l’album) est vraiment très varié et jamais ennuyeux. Beaucoup de morceaux deviennent rapidement des classiques du hardcore métal, comme les excellents middle tempo Institutionalized & Suicidal Failure, ou les rapides et furieux You’ll be Sorry & Two Sided Politics. Enfin, le chant de Mike Muir est hurlé et pas vraiment mélodique, exception faite du titre I Want More, qui annonce déjà les prémices de l’excellent How Will I Laugh Tomorrow, sorti cinq années plus tard.

A l’époque, Suicidal Tendencies est vraiment un album à part, à la croisée de différents styles, mais très vite, il trouve son public, étant alors considéré comme une clé, une pierre angulaire du mouvement hardcore métal du début des eighties. Par la suite, le groupe évolue vers des strates thrash crossover beaucoup plus marquées, avec ses colorations funk particulières, renforçant alors le côté unique de cette première réalisation.

Enfin, je trouve dommage que le quatuor californien ait réenregistré les titres de Suicidal Tendencies en les incorporant dans l’album Still Cyco After All These Years, gagnant certes en lourdeur et en précision, mais perdant du coup une partie de la fougue et la fraîcheur des débuts.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Suicidal Tendencies — admin @ 12:00 am

May 23, 2007

Grave : Into The Grave

Into The GraveFormé en 1988, Grave figure parmi les pionniers du death métal scandinave, aux côtés de Nihilist, Merciless ou Carnage. Mais, loin de Stockholm et de ses influences, le groupe ne sonne pas exactement comme ses confrères, développant un death sombre et caverneux, accordé très bas, rappelant à l’époque le style US de formations obscures comme Incantation. Après trois démos très appréciées dans le milieu, Grave décroche enfin un contrat avec l’écurie Century Media (à fond dans le death avec ses groupes Morgoth, Unleashed, & Asphyx), débouchant sur la sortie de son premier album en août 1991.

Into The Grave est construit sur un death primitif et sans compromis. Les guitares de Jörgen Sandström et d’Ola Lindgren assomment par leur lourdeur, sans compter les vocaux terrifiants de Jörgen, d’un guttural à la profondeur déconcertante. L’album sort ainsi tout droit des cavernes, assènant ses riffs brutaux et terriblement meurtriers, à l’image des classiques Deformed ou Into The Grave, véritables tremblements de terre. La production Tomas Skogsberg est grasse et rugueuse, volontairement approximative, renforçant le côté brut et spontané des compositions, taillées directement dans la roche.

Enfin, bien qu’Into The Grave pêche quelque peu sur ses rythmes de batterie, loin des standards actuels à la Derek Roddy ou Tony Laureano, il impose en revanche son extrême lourdeur et son double pédalage imparable, servant de moteur à des rafales de riffs assassins, dégageant une force et une pureté exemplaires, symbolisant toute l’essence du death de l’époque.

Comprendre l’histoire du death métal, c’est ainsi posséder Into The Grave, ce monument de la scène suédoise, ne représentant ni plus ni moins qu’un maillon indispensable de la chaîne, reliant tous ces jeunes groupes, qui avaient tout à explorer en terme de brutalité, et définissaient inconsciemment les bases de la scène extrême d’aujourd’hui.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Grave — admin @ 12:01 am

May 22, 2007