Altars of Fab’ Death

Gorefest : Mindloss

MindlossPionnier du death métal néerlandais aux côtés de Pestilence, Thanatos et Sinister, Gorefest se forme en 1989 autour de Frank Harthoorn et Jan-Chris De Koeijer, dégageant des relents gores très marqués durant ses premières années, à l’image de son patronyme. Après deux démos, le groupe décroche alors un contrat avec la petite écurie Foundation 2000, qui parvient à convaincre le maître Colin Richardson (ingénieur du son de Carcass, Napalm Death, Bolt Thrower), de rejoindre la Hollande pour l’enregistrement du premier album de la formation, l’infâme Mindloss.

Avec sa pochette décalée, montrant l’injection directe de produits de grandes marques dans le cerveau d’un automate décapité et trépané, Mindloss ne passe pas aperçu à sa sortie. En plein dans le trip gore, Gorefest balance un death métal sans concession, à grands coups de rythmiques lourdes et de riffs brutaux, soutenant les grunts terriblement graves de Jan Chris, qui confèrent en grande partie la personnalité du groupe à l’époque.

Bénéficiant d’un son de grattes puissant, Mindloss enchaîne ainsi les bons titres, à l’image de Mental Misery et de ses accélérations redoutables, ou de Retarded Mind et de ses riffs écrasants. Au-delà, l’album ne se distingue pas de la masse des réalisations death métal du moment, reprenant les structures maintes fois entendus depuis Eternal Fall et Consuming Impulse (Morgoth, Pestilence).

Bien que très conventionnel, le death gore intraitable de Mindloss parvient à imposer Gorefest dans le paysage death métallique de 1991, notamment grâce au charisme de son chanteur, mais aussi à la réputation de son ingénieur du son. Ce premier album constitue ainsi une mise en bouche fort intéressante, montrant déjà tout le potentiel de la formation hollandaise, qui affirmera véritablement son identité sur l’intemporel False, avec ses accents groove délicieux et si particuliers.

Fabien.

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June 29, 2007

Extreme Noise Terror : Retro-bution

Retro-butionParmi les quelques groupes fondateurs du grindcore britannique, l’histoire retient particulièrement Napalm Death, Bolt Thrower et Carcass, mais nettement moins Extreme Noise Terror, pourtant aussi à l’origine de ce mouvement. Si les trois premiers groupes ont en effet bénéficié de l’explosion du label Earache, et ont pris un virage death métal au moment le plus opportun, E.N.T n’a quant à lui jamais eu de plan de carrière établi, conservant son hardcore grind rebelle, se dispersant dans les split LP et 45 tours, et n’enregistrant son premier album qu’en 1989, sur un label aux épaules beaucoup trop frêles pour lui assurer un enregistrement et une distribution correctes.

Il faut finalement attendre 1994 pour qu’ E.N.T signe enfin avec Dig Pearson, boss de l’incontournable écurie Earache, encore leader du death / grind à l’époque, débouchant sur la sortie de Retro-bution à la fin de cette même année. A l’image de son titre évocateur, l’album est un réenregistrement des meilleurs titres de la formation de 1985 à 1994, figurant principalement sur le split LP In It For Life avec Filthkick, et le premier LP A Holocaust In Your Head.

Dépassant tout juste les 30 minutes, Retro-bution balance un grind / crust explosif, conservant brillamment la fraîcheur et le côté rebelle de la formation, tout en bénéficiant enfin d’un enregistrement digne de ce nom. Sur des rythmique très saccadée, les guitares de Pete Hurley et d’Ali Firouz balancent des riffs enragés, servant la guttural teigneux de Dean Jones et la voix crasseuse de Phil Vane, point fort de la formation. Enfin, au détour de breaks très percutants, à l’image de l’excellent Think About It, le groupe cale judicieusement le tempo, lâchant des riffs nerveux, à s’en dévisser la tête.

Britannique jusqu’au bout des ongles, en affichant cette désinvolture et ce côté punk délicieux, Extreme Noise Terror balance ainsi un hardcore grind particulièrement teigneux. En reprenant impeccablement le meilleur de ses premières années, et alignant son line up culte autour de Pete Hurley, Dean Jones, Phil Vanes et Lee Barrett, le gang d’Ipswich signe ainsi un album incontournable, s’adressant à tous les fondus de Doom (UK) et des premiers Napalm Death.

Fabien.

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June 28, 2007

Six Feet Under : Haunted

HauntedAlors que le death metal devient de plus en plus technique, à l’image des excellents The Gallery, Symbolic, Slaughter Of The Soul et Pierced From Within sortis en cette année 1995, Chris Barnes (C.Corpse) monte le projet Six Feet Under avec Allen West (Obituary), dans l’unique but de balancer un death metal simple & direct, comme à la bonne vieille époque des premiers Obituary & Massacre. Terry Butler (Death) rejoint alors la formation, qui décroche logiquement un contrat avec Brian Slagel, boss de la redoutable écurie Metal Blade.

Haunted sort ainsi en septembre 1995, dans de très bonnes conditions, supporté par un label qui ne lésine sur les moyens en terme de promotion, commandant notamment une pochette mémorable signée Jim Warren. Il faut dire que l’album propose des titres très inspirés, à la fois frais et terriblement percutants, notamment sur les trois premiers morceaux d’anthologie, The Enemy Inside, Silent Violence & Lycanthropy, aux riffs et accélérations incroyablement accrocheurs, et au feeling particulièrement sombre. Par la suite, même si la musique se répète un peu, dû à ses structures très simples, elle conserve néanmoins ce côté très entraînant.

L’album, ayant été enregistré aux Morrisound sur la houlette de Scott Burns, bénéficie en outre d’une production très clean, rappelant indéniablement l’atmosphère death metal des réalisations de 1989 à 1991. Ainsi, sans se hisser au rang des terribles Slowly We Rot et From Beyond, rebutant également d’entrée les mélomanes avides d’une musique plus fouillée, Haunted s’impose toutefois dans le coeur de nombreux death métalleux, appréciant son approche directe et efficace, et convaincant Barnes & West de faire de SFU leur groupe permanent.

Proposant certainement le meilleur des Six Feet à ce jour, ou du moins leurs morceaux les plus incisifs, Haunted montre par contre les limites du groupe, qui manque d’une certaine technique, ne lui permettant malheureusement pas de faire évoluer suffisamment son death metal avec le temps.

Fabien.

> - Les chroniques -, Six Feet Under — admin @ 12:01 am

June 27, 2007

Evildead : Annihilation of Civilization

Annihilation of CivilizationSuite à son départ d’Agent Steel, Juan Garcia forme Evildead en 1987, empruntant le nom du groupe au célèbre film d’horreur de Sam Raimi paru quelques années auparavant. Rapidement, la formation de Los Angeles est signée par le spécialiste allemand du thrash, Steamhammer (SPV), qui commercialise son premier effort en avril 1989.

Annihilation Of Civilization bénéficie en outre d’une superbe pochette d’Edouard Repka, aux couleurs magnifiques, rappelant un peu l’illustration de Leprosy (Death), sorti un an plus tôt. Mais, nos californiens ne jouent pas du death metal pour autant, distillant inébranlablement un thrash metal Bay Area.

Evildead, constitué de musiciens expérimentés, joue en effet un thrash énergique, à l’instar de Laaz Rockit ou d’Atrophy ; les riffs sont techniques & entraînants, et les rythmiques précises & parfaitement en place. De plus, les titres sont variés, agrémentés de passages acoustiques comme sur le très bon Holy Trials, ou de breaks très percutants à l’image de l’accélération mortelle d’Annihilation of Civilization. Enfin, pour ne rien gâcher, l’album possède une production claire, nette et précise, dotant les grattes d’un son très incisif, renforçant le caractère agressif des compositions.

Bref, Annihilation est en tout point remarquable, et compte sans conteste parmi les très bons albums made in Bay Area. Malheureusement pour lui, il est sorti à une période ou le thrash metal était en perte de vitesse, étouffé par des F.E.T.O, Leprosy, Altars Of Madness ou World Downfall particulièrement terrifiants, subjuguant des hordes de métalleux par leur nouvelle définition de l’extrême. Aujourd’hui, à une époque où le thrash des eighties semble vivre une seconde jeunesse, avec des rééditions à la pelle (Forbidden, Xentrix, Atrophy), c’est le moment de découvir ou redécouvrir cet album fort sympathique.

Fabien,

> - Les chroniques -, EvilDead — admin @ 12:00 am

Incubus : Serpent Temptation

Incubus (USA-2) : Serpent TemptationIl existe deux versions de Serpent Temptation. La première, sortie fin 1988 en 33 tours, avec sa terrible illustration de Reginaldo, n’est jamais parue en édition CD (avis aux collectionneurs). La seconde, rééditée par Nuclear Blast en 1996, avec une nouvelle couverture de Kristian Wahlin, bénéficie d’un remaniement de quelques paroles et de noms de titres, mais surtout d’un réenregistrement total des guitares et du chant par le leader Francis Howard, dans le but de coller à l’esprit death métal de Beyond the Unknown, ne conservant ainsi que la batterie et la basse des sessions initiales.

Mais retournons en 1986. Incubus se forme alors sous l’impulsion des frères Howard et de son chanteur / bassiste live Scot Latour, et balance un thrash particulièrement rugueux, qui lui permet une signature rapide avec l’écurie Brutal Records / Metalworks. Le groupe de Louisiane rentre ainsi au Southlake Studio sous la houlette de Steve Himelfrab, pour les l’enregistrement de Serpent Temptation, qui sort alors en même temps que les incontournables Leprosy, Blood Fire Death, et Hobbs Angel Of Death (Death, Bathory, Hobbs AoD).

Serpent Temptation surprend d’emblée le monde du métal par son incroyable nervosité, grâce aux nombreux blasts de Moyses Howard, qui le rendent extrêmement violent pour l’époque. Avec son jeu rapide et précis, Francis Howard enchaîne alors des cascades de riffs incisifs, hissant immédiatement le groupe parmi les plus meurtriers du moment.

Depuis Battle Of Armageddon jusqu’à Underground Killers, en passant par le redoutable Blaspheming Prophets, Serpent Temptation est en effet une succession de blasts et de breaks furieux, assommant l’auditeur à coup de riffs terriblement tranchants. La voix de Scot Latour, rugueuse à souhait, complète alors parfaitement le tableau, décuplant la rage des compositions de Francis.

Brillamment mis en valeur par une production agressive, et grâce à la force de ses riffs, Serpent Temptation rappelle ainsi à chacun la véritable signification du mot « thrash », à l’instar de Darkness Descends (Dark Angel). L’album s’impose sans conteste parmi les réalisations les plus incisives de cette année 1988, ne nécessitant certainement pas son réenregistrement partiel huit années plus tard.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incubus — admin @ 1:01 am

June 26, 2007

Slayer : Show No Mercy

Show No MercySlayer se forme en 1982 à Los Angeles, autour de Jeff Hanneman & Kerry King, qui complètent rapidement le line up avec l’arrivée de Tom Araya puis de Dave Lombardo, jouant rapidement une musique résolument lourde & sombre, à l’image de Black Magic, premier témoin d’une évolution vers des contrées encore inédites. En parallèle d’une apparition sur la compilation Metal Massacre III, le groupe décroche un deal avec Brian Slagel, boss du très jeune label Metal Blade Records, débouchant sur les sessions de son premier album en novembre 1983. A sa sortie tout début 1984, Show No Mercy révolutionne alors le monde du métal, présenté par son label comme l’album le plus rapide et le plus heavy de tous les temps.

S’inspirant du heavy métal hybride de Venom, Slayer déboule en effet avec des titres accélérés et un son incroyablement massif. De plus, les compositions, articulées autour de riffs de guitares en accords mineurs, sur lesquels le chant vient ensuite se greffer, rompent avec les structures traditionnelles du métal, où les instruments accompagnaient la voix avant tout. Ainsi, l’essence même du speed/thrash métal est née, Show No Mercy étant considéré comme son véritable géniteur, aux côtés de Kill Em All sorti cette même année.

A l’image des britanniques de Venom, Slayer dévoile un concept et des textes sataniques ; la formation s’affiche d’ailleurs avec un maquillage noir autour des yeux, l’abandonnant toutefois quinze jours après la parution de l’album, mais gardant toujours un lien étroit avec Satan, plus par imagerie que par réelle conviction d’ailleurs.

Dès l’écoute du premier titre Evil Has No Boundaries, l’auditeur est soufflé, à l’époque, par une telle vitesse d’exécution et un son si heavy. Le jeu du jeune Dave Lombardo est lourd et complexe, mais aussi terriblement précis, apportant une puissance rythmique notoire aux guitares d’Hanneman et King, aux riffs tranchants & agressifs, et aux soli rapides & endiablés. Enfin, en ajoutant les cris de Tom Araya, Show No Mercy restitue au final une violence encore jamais atteinte, faisant fuir à l’époque nombre de hard rockeurs, comparant sa musique à un mur du son impénétrable.

Brutalité et vitesse sont certes bien présentes, mais chaque titre est pourtant parfaitement contrôlé, balançant nombre de riffs, de breaks, d’accélérations, rendant le produit extrêmement intense et varié, à l’image des terribles The Antichrist ou Black Magic, devenus des classiques absolus.

Sans s’affranchir encore pleinement de ses racines heavy, Slayer initie non seulement toute la scène thrash en cette fin d’année 1983, imposant une structure musicale et une violence encore inédites, mais aussi la scène black par son image ouvertement satanique. Show No Mercy se pose carrément en album clé des débuts de la scène extrême, aux côtés du Kill Em All de ses homonynes speed métalleux de Metallica.

Fabien.

> - Les chroniques -, Slayer — admin @ 12:01 am

June 25, 2007

Sinister : Diabolical Summoning

Sinister fait partie des éternels seconds couteaux du death métal, ces groupes connus et respectés par les fans de musique brutale mais qui peinent à se faire réellement connaître. Et pourtant, ce groupe nous a pondu de véritables bombes (sans être des chef-d’oeuvre absolus) qu’il fait bon dépoussiérer un p’tit coup…

Les Pays-Bas nous ont fourni des groupes de death aussi variés que passionnants, comme Pestilence ou Asphyx, mais il ne faut surtout pas oublier Sinister qui, depuis sa première démo en 1990, a tout de même sorti sept albums, et ce malgré des problèmes de line-up permanents. Je m’étonne qu’à l’heure où je tape ces lignes, le “death métal maniac” Fabien n’ait toujours pas chroniqué l’intense premier album de Sinister, Cross the Styx paru en 1992 ! Comme je ne veux pas lui piquer son boulot, je m’attaque à leur second album sorti à peine un an plus tard, Diabolical Summoning.

Cette seconde réalisation se situe un cran au dessous en terme de qualité, mais il faut dire qu’après la claque monumentale reçue avec Cross the Styx, l’effet de surprise est moins fort ! Le style de death métal du groupe reste inchangé sur cette deuxième galette, un assemblage de parties lourdes et de blast, le tout bâti autour d’une imagerie très sombre et blasphématoire. Rien de bien original jusque-là me direz-vous ! Seulement Sinister compose sa musique de façon très personnelle, enchaînant rythmes plombés et blast fous-furieux sans intermèdes, nous prenant par surprise à chaque accélérations. Cette manière de saccader ses compos et de passer d’une extrémité à l’autre en terme de vitesse insuffle aux morceaux une énergie phénoménale. Par contre, le défaut de cet album est justement que Sinister use un peu trop de cet artifice, on frôle régulièrement l’indigestion en matière de changement de vitesse, d’autant que certaines compos sont parfois peu inspirées question riffs. A la longue, les blast finissent par se montrer poussifs, voir fatigants.

Fort heureusement, les bons titres font oublier les défauts de cet album. Et chez Sinister, quand une chanson est bonne… Comment vous dire ? Vous prenez un canon de flibustier, vous allumez la mèche et vous vous collez la tronche dedans, vous voyez à peu près ? Quelques exemples : la chanson-titre, Diabolical Summoning, est énorme, son riff lourd est magistral et sa construction en fait un classique. Leviathan, pour lequel le groupe tournera un clip, est hyper entraînant et son intro pesante est colossale. Desecrated Flesh est un titre légèrement différent, car il renferme des parties plus mélodiques. Ce morceau est en (très) léger décalage avec le reste de l’album mais se révèle tout aussi violent, et au final extrêmement réussi…

Les solos ne sont pas un ingrédient capital chez Sinister, ils sont peu nombreux et assez courts. Pourtant, le guitariste de l’époque est loin d’être manchot et on peut noter de bonnes parties inspirées, comme dans le court Tribes Of The Moon. Cette deuxième réalisation de Sinister est donc un très digne représentant du death métal. L’album suivant, Hate, loin d’être mauvais, nous présentera par contre des compos plus travaillées, moins directes, mais malheureusement (à mon goût), beaucoup trop longues.

De cette époque, seul un membre d’origine est encore présent dans Sinister, Aad. Celui-ci tenait auparavant les baguettes et officie à présent comme hurleur attitré. Leur dernière sortie en date, « Afturburner », nous a prouvé que la formation était bien loin d’être moribonde, c’est même pour moi la meilleure réalisation du groupe depuis l’excellent mcd Bastard Saints en 1996. Un grand groupe, teigneux comme une vermine !!!

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Diabolical Summoning est certes un cran en dessous de son prédécesseur. En fait, Ron, compositeur principal de Cross avait quitté le groupe et c’est Bart, une nouvelle recrue, qui avait assuré la majorité des compos. Ceci explique la différence de qualité entre les deux albums. Diabolical est tout de même très percutant, à l’image de Magnified Wrath que j’ai écouté en boucle en 1993. Et puis, il y a cette formidable pochette du dieu Wes Benscoter ! Fabien.

> - Les guests -, Sinister — fabien @ 4:50 pm

June 23, 2007

Megadeth : Peace Sells… But Who’s Buying?

Peace Sells... But Who's Buying?Après son éviction de Metallica, et un Killing Is My Business certes prometteur, mais à la production malheureusement assez moyenne, Dave Mustaine revient en cette année 1986 chez une major, avec un Megadeth à l’identité désormais très forte, et un Peace Sells, largement plus convaincant. Premier point fort, la pochette dévoilant un logo beaucoup plus métal, mais aussi une superbe illustration du maître Ed Repka, montrant la mascotte Rattlehead dans un décor apocalyptique aux tons bordeaux magnifiques. A l’image du design, la musique de Megadeth s’avère tout aussi affirmée.

D’entrée, Megadeth décide de tout faire péter, avec un Wake Up Dead d’anthologie, figurant parmi les plus grandes tueries thrash jamais entendues ; au fil du morceau, l’auditeur sent en effet l’intensité croître, avec des riffs de plus en plus acérés, des soli endiablés, pour finir en apothéose avec les vocaux de Dave Mustaine soutenus par des hordes de fans déchaînés.

A l’image de ce premier titre, ou encore des terribles The Conjuring ou Black Friday, Megadeth maîtrise parfaitement l’équilibre entre les passages apaisants et les moments de grande tension, apportant non seulement un relief et une force considérable à l’album, mais lui conférant aussi une ambiance unique, à la fois sombre et brutale. Le seul point faible réside, à mon humble avis, au niveau de la reprise I Ain’t Superstitious (W.Dixon), qui ne contient pas cette même intensité.

Peace Sells dévoile également une grande maîtrise technique, avec un couple basse batterie complexe, servant de moteur à des guitares rythmiques tranchantes, sur lesquelles s’ajoutent la voix de Mustaine, très écorchée à cette époque, et des soli époustouflants. Pour ne rien gâcher, la production de Randy Burns est limpide et puissante, dotant l’ensemble d’une grande profondeur.

Peace Sells propose sans conteste les compositions les plus thrash et les plus incisives de Dave Mustaine, et s’inscrit comme l’une des réalisations les plus marquantes de la longue carrière de Megadeth. Il compte non seulement parmi les albums thrash les plus remarquables parus en cette terrible année 1986, aux côtés des incontournables Reign in Blood, Master of Puppets, Pleasure to Kill ou Darkness Descends, mais figure plus généralement parmi les meilleurs disques métal de tous les temps, qu’on se le dise !

Fabien.

> - Les chroniques -, Megadeth — admin @ 12:01 am

June 22, 2007

Sinister : Cross The Styx

Cross The StyxPionnier du death metal en Hollande aux côtés de Pestilence, Thanatos ou Asphyx, Sinister se forme en 1986. Il faut par contre attendre 1990/91 pour entendre les premières démos du groupe, dont les fameuses Perpetual Damnation & Sacramental Carnage qui, inévitablement, attirent l’attention des labels. C’est finalement Nuclear Blast qui décroche le pompon en commercialisant le premier CD de la formation en juin 1992.

Cross The Styx reprend principalement les titres des deux précédentes maquettes, développant un death metal certes traditionnel, mais empreint de riffs très typés, à la fois rapides, techniques et percutants, qui forgent immédiatement la marque de fabrique du quatuor hollandais. Sinister use également de parties blastées (une pratique encore peu développée à l’époque), s’opposant à des breaks aux riffs lourds et accrocheurs, à l’image des redoutables Spiritual Immolation ou Corridors To The Abyss, conférant ainsi beaucoup de brutalité et de relief à l’ensemble.

La force de Cross The Styx réside également dans la puissance du chanteur Mike, qui possède un timbre guttural très profond, s’accordant parfaitement avec la violence des compositions. Enfin, l’album bénéficie d’une production puissante, assurée par Alex Krull (leader d’Atrocity), qui parvient à doter les guitares d’un son à la fois clair et massif, renforçant ainsi leur côté très incisif.

Malheureusement, le côté conventionnel de Cross The Styx ne lui permet pas de se distinguer à l’époque de la masse des nombreuses réalisations death, plaçant Sinister au rang d’outsider. L’album s’est heureusement affirmé avec le temps et est considéré à ce jour comme le disque le plus marquant de la longue carrière du quatuor, mais aussi comme l’un des classiques de la scène death metal des débuts.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 12:01 am

DRI : Dirty Rotten LP

The Dirty Rotten CDC’est début 1983 que les jeunes Dirty Rotten Imbeciles sortent leur premier album Dirty Rotten LP, un album de 22 titres pour moins de 18 minutes, vendu pratiquement sous le manteau, mais ne l’empêchant pas de se faire rapidement connaître. Puis, en 1987, l’album sort pour la première fois en format CD, couplé avec le EP Violent Pacification et deux inédits, exactement dans le même esprit, constituant ainsi une galette de 28 titres pour 25 minutes. Au passage, une nouvelle pochette est dessinée, conférant un côté plus métal au disque, lequel bénéficie cette fois d’une distribution européenne via Roadrunner.

L’album, à la croisée entre les mondes speed metal et punk, est un album typique de hardcore metal, précurseur de cette scène encore naissante à l’époque. Mais ce qui frappe le plus à sa sortie, c’est l’extrême rapidité et brutalité de l’opus; les rythmes sont les plus furieux que l’on peut trouver à l’époque, avec Eric Brecht à la batterie qui introduit pour la première fois le blast dans le monde de la musique, avant même Napalm Death et Repulsion (Eric Brecht a joué d’ailleurs un moment dans Death avec Chuck Shuldiner) ; ce n’est certes pas le blast tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais l’aspect ultra tapageur est bien présent. En 1983/84, DRI est alors très vite catalogué comme le groupe le plus rapide de tous les temps ; l’histoire veut également que le Stage Diving (monter sur scène), à ne pas confondre avec le Slam (nager sur les gens), soit né lors des fameux concerts du groupe.

Dès le premier titre, l’excellent I Dont’t Need Society, l’avalanche de riffs, de blasts se met en place, sur une vitesse hypersonique, aussi bien musicalement que sur le débit des paroles de Kurt Brecht, qui hurle d’ailleurs plus qu’il ne chante. Cet album furieux possède une fraîcheur et une énergie vraiment débordantes, les morceaux sont courts mais n’en sont que plus percutants, tandis que d’autres (un peu) plus longs, à l’image du culte Sad To be, sont aujourd’hui de véritables classiques. Bon, la production est assez limite, avec un son d’album enregistré dans un garage, mais tout le feeling et la violence de l’opus sont bel et bien présents, conférant à l’ensemble cette énergie exemplaire.

Véritable album d’avant-garde en 1983, ce Dirty Rotten LP est un album culte, c’est une étape incontournable dans la longue histoire du métal ; pratiquement 25 ans après sa sortie, ses invitations aux pogos et headbangs les plus fous sont toujours intactes.

PS : Par la suite, DRI choisit une orientation plus métal, entre le thrash et le hardcore, qu’il nomme lui-même Crossover, terme qui deviendra très vite une qualification à part entière dans le monde métal.

Fabien.

> - Les chroniques -, D.R.I. — admin @ 12:00 am

June 21, 2007