Altars of Fab’ Death

Vader : The Ultimate Incantation

Bon, autant le dire tout de suite, s’attaquer à la chronique de cet album est pour moi aussi compliqué que de s’attaquer à la chronique de The Number Of The Beast pour un fan de heavy ou de Master Of Puppets pour un fan de thrash… Ce premier album de Vader m’a tellement marqué que je ne sais pas trop par quel bout le prendre pour vous en causer. Je crois que je vais tout simplement vous raconter un petit bout de ma vie, se sera plus simple !

Cet album est sorti chez Earache en 1992, mais je ne l’ai découvert qu’en 1995 ou 1996. Ce jour là, je me livrais à mon activité favorite, c’est à dire me plonger la tête la première dans les bacs des disquaires pour y découvrir un album qui me ferait oublier le monde de merde dans lequel je vivais, mes études misérables, mes problèmes de familles, bref, un album qui me ferait voyager à travers un univers inconnu, de préférence bien brutal.
Mes petits doigts boudinés se figent sur un cd… La pochette est plutôt moche (pourtant signé de Dean Seagrave), mais ce nom m’est familier… Vader, où est ce que j’ai déjà entendu ça ??? Ca y’est, je sais, un morceau de Vader apparaît sur la mythique compilation Master Of Brutality !!! La larme à l’œil et la main tremblante, je tends les sous durement obtenus à la sueur du front de ma mère (ben ouai, je me faisais entretenir quoi !) au disquaire compréhensif, et métaleux de son état, qui m’approuve d’un hochement de tête, genre “tu as décroché le St Graal”. Je suis aux anges… J’enfourche ma 103 SP et je retourne, cheveux au vent (pas de casque le petit rebel !) vers mon fief.

Je me rends chez le gratteux et le bassiste de mon groupe (enfin, chez leur mère !), frangins de leur état, chez qui je suis sûr de trouver également le reste de notre bande de branleurs glandeurs. Nous avons un passe temps des plus constructifs, se scotcher des heures dans une piaule en écoutant du death et en déconnant sur des conneries très personnelles, je suis certains que vous me comprenez…

Et là, je brandis fièrement ma trouvaille, cet album de Vader. Il se trouve que par hasard, le second gratteux de notre groupe a lui aussi dégotté un album, qu’il a acheté au pif, et dont le nom m’est resté gravé à jamais dans la mémoire, Gorre. Cet album, d’une nullité atroce, tourne déjà dans le lecteur, et allez savoir pourquoi, un genre de concours se met en place, à coup de vannes et de boutades en tous genres, afin de déterminer lequel de ces deux groupes est le meilleur… Je suis certain que sur ce coup là aussi, vous me comprendrez… Ca vous rappelle des trucs, hein !

Mes potes, ces cons, qui ne se sont pas rangés de mon côté, se foutent de ma gueule en écoutant les solos genre “hennissements de cheval” (solos au vibrato), encore une expression qui m’est resté gravé à jamais… On s’amuse bien, on rit beaucoup (jaune pour moi, je suis susceptible…), mais plus les morceaux défilent, plus la rigolade a tendance à s’estomper ! Plus une parole ne fuse durant les intros magistrales de “The Crucified Ones, Testimony ou Reign Carrion, plus aucuns commentaires mesquins à l’écoute des beaks titanesques de Final Massacre ou One Step To Salvation… Tous les gugusse présents se rendent compte que l’on a à faire ici à un magistral album de death métal aux influences thrash encore palpables. Mais comme la règle a été donner de se foutre de ma tronche, personne n’ose le dire… J’ai tout bonnement l’impression d’écouter du Slayer qui s’essayerait au death metal, les riffs sont vicieux et tortueux à souhait et conservent des sonorités heavy métal qui disparaîtrons dès le second album…

J’ai joué le bon petit gars et j’ai prétexté avoir des horaires à respecter pour rentrer chez ma môman, car je n’avais qu’une envie, m’écouter tranquille cet album que je n’avais pas pu savourer comme il se doit, parasité que j’étais par les moqueries de mes camarades de l’époque (qui sont restés de bons potes, même si se sont de vrais trous du cul, hein Jonnath’ !).

Voilà, tout ça pour dire que The Ultimate Incantation est un album profondément malsain que je me suis repassé en boucle des dizaines (des centaines ?) de fois, obsédé que j’étais (que se suis) par son aspect à la fois brutal et thrash. Oui, les morceaux ont tendance à être trop longs, c’est vrai, mais la qualité des riffs est tellement abasourdissante que cet album forme un bloc, un monument de haine impérissable qui se dresse dans ma collection de cds tel une statue intemporelle… Le mot de la fin : trouvez cet album et achetez le !!!

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Vader est l’exemple type des groupes ayant réalisé de bon disques, sans pour autant avoir sorti un album culte. Ultimate Incantation sort en effet fin 1992, donc après la vague des classiques ayant défini les bases du death metal US & européen, et propose dès lors une musique, un concept, et une production déjà stéréotypés à l’époque. C’est néanmoins un très bon album, représentant la réalisation la plus longue et la plus alambiquée de Vader à ce jour, contenant notamment les terribles Vicious Circle & Crucified Ones. Enfin, il marque bien sûr le début de la scène death metal polonaise à l’échelon international. Fabien.

> - Les guests -, Vader — fabien @ 6:42 pm

July 29, 2007

Mercyless : Abject Offerings

Abject OfferingsMerciless se forme en 1987 à Mulhouse, autour de Max Otero, Stéphane Viard & Gérald Guenzi, et fait partie des pionniers de la scène death metal hexagonale. Le groupe sort trois démos entre 88 et 90, ainsi que le titre Without Christ figurant, aux côtés des morceaux de Loudblast et de ses voisins de Mestema & Frayeurs (Crusher), sur la compilation Total Virulence, la première compile death/thrash française ! Durant cette période, le groupe change son nom en Mercyless, à cause du Merciless suédois, puis signe avec l’écurie britannique Vinyl Solution, déjà connue pour les albums de Cancer, Bolt Thrower et Cerebral Fix.

Le quatuor enregistre alors Abject Offerings en 1991, bien que le disque n’arrive que tardivement dans les bacs, en juin de l’année suivante, avec une illustration admirable de Salvatore Dali à la clé (Christ Of St.John On The Cross - Glasgow Museum).

L’album balance un death metal très pur, à dominante mid tempo, collant parfaitement au style de l’époque, rappelant des réalisations aussi cultes que Leprosy (Death) ou Eternal Fall (Morgoth) ; par ailleurs, la voix de Max Otero, d’un guttural très profond, se situe entre les timbres de C.Schuldiner et M.Grewe, hurleurs respectifs des deux formations précitées.

Abject Offerings montre Mercyless solide, en commençant par Gérald Guenzi, l’un des batteurs métal les plus remarquables de cette époque, possédant une frappe d’une précision et d’une puissance exemplaires ; ses rythmiques très maîtrisées permettent au couple de guitaristes Otero / Viard d’asséner des riffs de grande qualité, à l’image de l’excellent Substance Of Purity. Par ailleurs, le groupe réussit pleinement le contraste entre les passages intenses et ceux plus apaisants, comme sur Selected Resurrection et son break acoustique suivi d’un passage lourd et d’un solo magnifique. Enfin, pour ne rien gâcher, la production Colin Richardson est encore une fois d’une clarté et d’une profondeur renversantes, apportant toute l’intensité demandée.

Avec Abject Offerings, Mercyless offre l’une des plus belles réalisations death metal françaises des débuts, lui permettant rapidement de signer avec le label Century Media. Malheureusement, le groupe ne connaît pas le succès de ses confrères Loudblast et Massacra, faute au disque sorti un peu trop tard, alors que l’explosion du death metal a déjà eu lieu, et que ses productions se multiplient. Pourtant, la qualité intrinsèque des morceaux est indéniable, comblant certainement tous les metalleux, fans de l’approche death metal des formations des early 90’s.

Fabien.

> - Les chroniques -, Mercyless — admin @ 12:01 am

July 27, 2007

Metallica : The 5.98$ Garage Days Revisited

The 5.98$ Garage Days RevisitedRetour en août 1987, un an et demi après la sortie de Master of Puppets, et quelques mois après la mort du très talentueux Cliff Burton. metallica sort cette année un mini album, mais constitué uniquement de reprises, ce qui est une première dans la carrière des américains. The 5.98$ Garage Days possède une autre particularité, présentant le remplaçant de Cliff Burton, le jeune Jason Newsted, dont les qualités de bassiste et de compositeur ont déjà été remarquées sur le redoutable Doomsday For The Deceiver de Flotsam And Jetsam.

Alors que la plupart des groupes se jettent sur les grands classiques du métal ou du rock, metallica ne reprend que des morceaux d’un répertoire confidentiel, juxtaposant brillament Diamond Head, Holocaust, Budgie, Killing Joke & The Mistfits. A la sortie du 5.98$ Garage Days, et encore aujourd’hui, seule une poignée d’irréductibles peut en effet se vanter de posséder ou de connaître tous les originaux des titres repris.

Il y a des chances que quelques métalleux aient déjà entendu Helpless sur Lightning To The Nations de Diamond Head, par contre, peu d’entre eux doivent connaître Small Hours, figurant uniquement sur un mini-LP live très rare d’Holocaust. The Wait et Crash Course se trouvent quant à eux respectivement sur l’album éponyme de Killing Joke et sur In For The Kill de Budgie. Enfin, Last Caress des Mistfits est sorti seulement en 45 tours (à cette époque), tandis que Green Hell figure sur leur album Earth A.D. De plus, en sachant que Metallica a failli ajouter White Lightning de Paralex, on mesure à quel point le groupe a pioché des titres méconnus et inattendus.

Tous les morceaux sont repris par Metallica avec beaucoup de mordant, transformant le punk / rock des Misfits ou le heavy de Diamond Head en des morceaux speed / thrash très accrocheurs. Chaque reprise s’intègre à la perfection dans le répertoire hargneux du Metallica de cette époque, à l’image de l’excellent Helpless et de son rythme speed à vous en dévisser la tête, ou encore du fabuleux Small Hours et de son acoustique suivie de riffs particulièrement lourds et tranchants.

Avec The 5.98$ Garage Days, Metallica n’ayant pas choisi pas la facilité, livre pourtant au final un mini album remarquable. Aujourd’hui, l’intérêt de ce EP est moindre, puisqu’il est inclut en intégralité sur le double album de reprises de 1998 ; il correspond néanmoins à une année charnière pour Metallica, suivant la mort tragique de Cliff Burton, mais à une époque où le groupe possède encore pour quelques mois, toute sa fougue speed / thrash des débuts.

Fabien.

> - Les chroniques -, Metallica — admin @ 12:01 am

July 26, 2007

Disincarnate : Dreams of the Carrion Kind

Dreams of the Carrion Kind

Après des passages très remarqués sur Spiritual Healing, Cause Of Death et Death Shall Rise (respectivement de Death, Obituary et Cancer), notamment pour la qualité de ses leads, le guitariste James Murphy décide de s’embarquer seul dans l’aventure death metal. Il fonde alors Dinsincarnate avec le vocaliste Bryan Cegon, et enregistre rapidement la démo Soul Erosion en 1992, sous la houlette de Scott Burns, en s’aidant du fabuleux batteur Alex Marquez (M.Creation, Solstice, D.Hammer) lors des sessions.

Une petite année d’existence et une maquette trois titres, de très bonne qualité d’ailleurs, suffisent amplement à l’écurie Roadrunner, qui s’empresse de signer le groupe, flairant un bon coup commercial. Dans la foulée, le line up de Disincarnate est complété, Dreams Of The Carrion Kind est composé et est enregistré avec l’ingénieur du son Pete Coleman, et atterrit enfin dans les bacs en mars 1993.

L’album s’ouvre sur Stench Of Paradise Burning et Beyond The Flesh, deux titres particulièrement équilibrés, aux riffs heavy et soignés, et aux soli d’une conception remarquable. L’album poursuit ainsi un death metal mid tempo, sur des rythmiques complexes, mises en valeur par les leads de Murphy, aérant considérablement les morceaux. Enfin, le final est de toute beauté, dévoilant le superbe Immemorial Dream, une outro instrumentale acoustique, rappelant l’aura du très grand Testimony de Pestilence.

Disincarnate présente ainsi un death metal tout en finesse, mais peut-être justement un peu trop posé. En effet, le côté mid tempo de l’album lui confère au final un caractère un peu trop poussif, à mon goût ; il manque quelques passages de violence accrue, permettant de lui donner beaucoup plus de relief. De plus, les riffs certes très techniques, n’ont également rien d’exceptionnel, formant ainsi des morceaux certes remarquables, mais manquant hélas d’originalité.

Dreams Of The Carrion Kind, malgré une qualité technique indéniable, ne représente donc pas l’album culte de James Murphy, qu’une majorité de death métalleux attendaient, faute à une barre ayant sans doute été placée un peu trop haut. Le disque reste néanmoins une réalisation death metal remarquable, à recommander en premier lieu aux fans du death metal posé de Death et de Pestilence.

Fabien.

> - Les chroniques -, Disincarnate — admin @ 12:00 am

July 25, 2007

Pyrexia : Age Of The Wicked

Age Of The WickedAprès un deuxième album en demi teinte et moult changements de line up, dont le départ de Guy Marchais chez Suffocation, Chris Basile et Keith DeVito (le neveu de l’acteur Dany DeVito !) fondent Catastrophic avec leur ami Trevor Perez d’Obituary. La carrière de Pyrexia est ainsi mise entre parenthèses jusqu’en 2004, année durant laquelle C.Basile, seul rescapé de la formation d’origine, recrute de nouveaux musiciens, et enregistre trois nouveaux morceaux figurant sur Cruelty Beyond Submission, la compilation de leur deux premiers albums. Il faut alors attendre début 2007, pour voir enfin Age Of The Wicked, 10 ans après son prédécesseur System Of The Animal, et représentant seulement le troisième full lenght des New Yorkais, en 17 ans d’existence !

Age Of The Wicked sort chez Unique Leader, les spécialistes du brutal death underground, avec une illustration du meilleur effet, dans un style très DanSeagrave. Depuis Sermon Of Mockery, le groupe, ayant changé la quasi intégralité de son line up, à également modelé son brutal death, ne sonnant plus comme une réplique de Suffocation, mais se situant plus dans un registre entre Dying Fetus & Malevolent Creation.

Age Of The Wicked contient des morceaux très entraînants, aux riffs tranchants et aux breaks particulièrement lourds, à l’image de l’excellent titre éponyme Age Of The Wicked. La part des blasts est également très importante, avec Justin DiPinto, ex-Malevolent Creation, au jeu brutal et terriblement millimétré. Enfin, La voix d’Erik Shute, rauque sans être caverneuse, possède beaucoup de punch, et renforce le côté percutant des compositions.

Mais, malgré des titres relativement bien assemblés, l’album dégage tout de même une certaine linéarité ; la production est quant à elle honnête, sans casser non plus des barres en terme de puissance. Enfin, il est préjudiciable que les trois derniers titres aient été enregistré lors de sessions différentes du reste de l’album, puisque l’écart de son, sans être flagrant, est tout de même assez perceptible.

En cette année 2007, Pyrexia revient ainsi avec une galette de trente minutes convaincante, sans toutefois sortir de la masse des produits death metal inondant le marché. Age Of The Wicked plaira certainement aux métalleux ayant apprécié War Of Attrition, le dernier Dying Fetus, mais laissera de marbre les plus exigeants d’entre vous.

Fabien.

> - Les chroniques -, Pyrexia — admin @ 12:00 am

Pyrexia : Sermon of Mockery

Sermon of MockeryPyrexia se forme en 1990 à New York autour de Chris Basile et Guy Marchais, et balance un brutal death US à la Suffocation. La première démo, Liturgy Of Impurity, déboule en 1992, et attire l’attention de Dave Rotten, qui signe le groupe sur son label Drowned production (devenu Repulse, puis Xtreem music), aux côtés de Demigod et Rottrevore. Ceci se concrétise par la sortie courant 1993 du premier album, reprenant trois titres de la démo précitée.

Dès la première écoute de Sermon of Mockery, la ressemblance avec Effigy Of The Forgotten est flagrante ; les rythmiques alambiquées, les riffs de guitares brutaux et techniques, la voix terriblement caverneuse de Darryl Wagner, tous ces éléments rappellent indéniablement l’ombre de l’album culte de Suffocation. Côté technique, il n’y a par contre rien à redire ; tous les titres sont remarquablement assemblés, à l’image des très bons Demigod et Liturgy Of Impurity, sur les riffs redoutables des guitaristes Cavavella / Marchais (ce dernier officie aujourd’hui chez Suffocation), qui possédent chacun une dextérité et une précision étonnante, ainsi que des jeux nuancés et particulièrement complémentaires.

Malheureusement, la production de l’album aux studios Sabella est assez moyenne ; le son est certes suffisamment clair pour la compréhension de la musique brutale et complexe des morceaux, mais ce dernier est d’une platitude extrême, avec une batterie manquant de profondeur, et des basses sans relief.

Ainsi, avec une musique beaucoup trop typée Suffocation et un son d’une qualité moyenne, mais aussi distribué sur un petit label avec une pochette contestable, Sermon of Mockery ne parvient logiquement pas à s’imposer. Dommage, car le potentiel et la technique de la formation sont pourtant impressionnants à cette époque.

Fabien.

> - Les chroniques -, Pyrexia — admin @ 12:00 am

July 24, 2007

Resurrection : Embalmed Existence

Resurrection (USA) : Embalmed ExistenceResurrection se forme en Floride en 1990, et pratique un death metal typiquement US, comme il convient dans cette belle région. Après seulement deux démos, le groupe signe en 1992 chez Nuclear Blast Records, qui présente alors la formation à la fin de cette même année, à travers sa fameuse compilation Death Is Just The Beginning Vol.II, aux côtés de Gorefest, Brutality et Hypocrisy, les toutes nouvelles recrues du label.

Embalmed Existence sort en avril 1993 et dévoile une formation relativement solide, surtout au niveau rythmique, puisqu’elle compte dans ses rangs l’excellent Alex Marquez (Malevolent Creation, Solstice, Demolition Hammer), dont la précision & la puissance dans ses roulements et variations, mais aussi la complexité de son jeu, le hissent parmi les meilleurs batteurs du moment. Le couple de guitaristes John Astl & Charlie Haynes assène par dessus des riffs de guitares très carrés et déchirants, à l’image des terribles Rage Within et Pure Be Damned.

Malheureusement, Embalmed Existence cumule tous les stéréotypes de l’époque, présentant un groupe death US de Floride qui enregistre au Morrisound studios avec Scott Burns, dévoilant une pochette dessinée à la chaîne par l’incontournable Dan Seagrave, et atterrissant de plus sur l’inévitable écurie Nuclear Blast. Enfin, ses titres, certes percutants et relativement massifs, ne possèdent par ailleurs aucun élément exceptionnel, capable de les faire ressortir du lot.

Ainsi, sortant en pleine saturation du marché death metal, à l’époque où Nuclear Blast produit du death metal à la pelle, Embalmed Existence passe relativement inaperçu. Pourtant, sans révolutionner le genre, ses titres entraînants, d’une technique plus qu’honorable, s’écoutent avec beaucoup de plaisir. Resurrection se conseille ainsi aux fans de death metal US de la première heure, qui apprécient la qualité des Brutality et Monstrosity, mais ne recherchent pas l’originalité à tout prix, ou encore la perle rare du death metal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Resurrection — admin @ 12:01 am

July 23, 2007

Immolation : Dawn Of Possession

Dawn Of PossessionPionnier du death métal à New York, Immolation se forme en 1986 autour de Robert Vigna et Ross Dolan. Le groupe multiplie alors les démos et les concerts sur le territoire américain, se forgeant une solide réputation, sans toutefois rechercher véritablement un deal. C’est alors Monte Conner, boss de Roadrunner sur le territoire US, qui vient directement au groupe, pour lui proposer enfin un contrat discographique.

Se démarquant de la majorité des formations death qui enregistrent à tour de bras aux Morrisound Studios de Tampa, Immolation se dirige quant à lui aux Music Lab Studios de Berlin, pour les sessions de son premier album. Ainsi, à sa sortie en septembre 1991, le disque suscite l’intérêt des jeunes death métalleux, fascinés par la superbe illustration d’Andreas Marshall, et par la réputation de tueur du quatuor new yorkais.

Chamboulant le paysage death métal de l’époque, Dawn Of Possession rompt avec les structures majoritairement middle tempo (Death, Morgoth, Obituary), pour balancer un tourbillon de violence, mais terriblement contrôlé par les blasts précis de Craig Smilowski. L’album affiche également un caractère entier, grâce aux riffs inimitables de Rob Vigna (au même titre que les jeux uniques de T.Azaghtoth, C.Schuliner & P.Mameli), et au chant guttural de Ross Dolan, d’une profondeur inégalée.

Depuis les blast terrassants du redoutable Into Everlasting Fire, jusqu’aux riffs lacérants de No Forgiveness, en passant par l’intro écrasante de Those Left Behind, Dawn Of Possession ne laisse décidément rien au hasard, ne perdant pas une once d’intensité durant ses 42 minutes. Harris Johns (Pleasure To Kill, Consuming Impulse) apporte enfin les lettres de noblesse à l’ensemble, grâce à sa production incroyablement lourde et épaisse.

Manifeste de brutalité, à l’atmosphère sombre quasi indescriptible, Dawn Of Possession hisse directement Immolation parmi les groupes les plus puissants et les plus purs du brutal death US. Sa force et son originalité en font une pièce maitresse, à insérer dans toute discothèque death métal qui se respecte. Culte à mourir.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 1:01 am

July 21, 2007

Demigod : Slumber of Sullen Eyes

Slumber of Sullen EyesDemigod se forme en 1990 autour du guitariste/hurleur Esa Linden et du batteur Seppo Taatila, à une période où le death metal finlandais est encore embryonnaire. Après plusieurs démos, dont une pressée sur split-EP par Seraphic Decay recs avec ses homologues de Necropsy, le groupe attire l’attention de Dave Rotten, boss du jeune label Drowned prods (devenu Repulse, puis Xtreem), qui lui offre ainsi son premier contrat.

Composé en quasi intégralité par Esa Linden, Slumber of Sullen Eyes impressionne par la qualité de ses morceaux, à l’image du superbe titre d’ouverture As I Behold I Despise, parfaitement équilibré. Agrémenté d’un très bon instrumental (Perpetual Ascent), ou encore de nappes de claviers utilisées avec parcimonie (Apocryphal, Tears Of God), Slumber contient de plus nombre d’éléments variés, apportant beaucoup de coloration au death imposant de la formation, sans le rendre mélodique pour autant.

Demigod est vraiment solide, le talentueux Seppo Taatila possède un jeu de batterie complexe et millimétré, apportant une assise rythmique remarquable au couple de guitaristes. De plus, la voix d’Esa Linden, d’un guttural très profond, est en accord parfait avec la puissance instrumentale dont l’album bénéficie. Enfin, pour ne rien gâcher, Slumber of Sullen Eyes est enregistré par le célèbre Ahti Kortelainen (Impaled Nazarene, Belial), qui offre au groupe une production béton, avec un son à la fois lourd, clair et très typé.

En cette année 1992, parmi les rares formations death finlandaises de cette époque, Demigod s’illustre ainsi avec une réalisation remarquable, au death metal lourd et massif, mais aussi particulièrement fin. Slumber of Sullen Eyes fait partie des albums qui aurait certainement mérité une meilleure distribution, pour s’imposer dans le milieu métal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Demigod — admin @ 12:00 am

July 20, 2007

Morbid Angel : Abominations of Desolation

Abominations of DesolationFormé en 1983 autour de Trey Azagthoth, Morbid Angel cherche très tôt à redéfinir les bases de la brutalité, à l’instar de ses confrères de Death, Possessed ou Repulsion, étant ainsi à l’origine du death metal typiquement américain. Après la démo Bleed for the Devil sortie en mai 1986, le groupe se décide alors à enregistrer un album cassette en septembre de cette même année, le fameux Abominations of Desolation, avec le batteur / hurleur M.Browning (futur Nocturnus), le bassiste S.VonScarborough, et bien sûr le guitariste / compositeur Trey Azagthoth.

Dépassant les limites instaurées par Celtic Frost ou Possessed, Morbid Angel balance une musique incroyablement brutale pour l’époque, appuyée par les vocaux de Browning, entre l’écorchement et le guttural, constituant ainsi l’une des premières productions rangées véritablement sous la bannière 100% death US. La batterie n’assène certes pas les blasts développés plus tard par Pete Sandoval, mais reste relativement tapageuse sur les nombreuses parties rapides de l’album.

Malgré quelques longueurs et des rythmiques manquant encore d’une certaine précision, on sent déjà Morbid Angel bien en place, avec un potentiel énorme, à l’image du cultissime Chapel Of Ghouls, considéré à juste titre comme l’un des morceaux death les plus terribles jamais enregistrés. De plus, parallèlement aux redoutables Morbid Tales ou Seven Churches, Abominations comporte une atmosphère malsaine, blasphématoire et satanique, qui renforce la brutalité des compositions, apportant un charisme indéniable à la formation, sur laquelle plane désormais une aura très mystérieuse.

De ce fait, même si Abominations of Desolation ne se distribue à l’époque uniquement qu’en tape-trading (K7 échangées), il fait néanmoins très vite parler de lui. Beaucoup de métalleux le clament ainsi rapidement comme le premier véritable album de Morbid Angel, alors que Trey Azagthoth en personne le renie, insistant sur le fait que le groupe n’est pas encore prêt.

Aujourd’hui, à l’exception de Demon Seed, tous les morceaux d’Abominations ont été réenregistrés sur les réalisations suivantes de Morbid Angel (3 sur Altars, 3 sur Blessed, 1 sur Covenant & 1 sur Formulas), rebaptisant au passage les titres Welcome To Hell et Azagthoth par Evil Spell et The Ancients Ones. Ainsi, l’édition CD d’Earache de 1991 peut paraître légitimement dispensable pour beaucoup de métalleux, mais par contre, pour les durs de durs dont je fais partie, Abominations reste incontournable, s’imposant comme un témoignage unique de la genèse des dieux Morbid Angel, et plus largement du mouvement Death Metal tout entier.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — admin @ 12:01 am

July 18, 2007