Altars of Fab’ Death

Filthy Christians : Mean

MeanPionnier du grindcore suédois, mais aussi premier groupe scandinave signé chez Earache, avant même Entombed, Filthy Christians se forme en 1985. Après un split EP remarqué avec ses confrères de G-Anx, ainsi que quelques dates européennes en support des redoutables Napalm Death, le groupe attire alors l’attention du célèbre label britannique, se concrétisant par la sortie de Mean, son premier et unique album.

Avec le sceau Earache et sa pochette choc, montrant un individu à la santé visiblement critique, Mean attise inévitablement la curiosité du métalleux, du moins celui ayant la chance de trouver le disque dans les bacs ; l’album est en effet très mal distribué par rapport aux Altars Of Madness, Realm Of Chaos ou Symphonies Of Sickness, qui cartonnent en ces temps.

En 19 titres s’étalant sur 35 minutes, Filthy Christians balance un Mean nerveux et spontané, distillant par ailleurs quelques accents rock de-ci de-là. L’album frappe au premier abord par sa brutalité, servi par des rythmes de batterie souvent effrénés, ainsi que d’un mur de guitares d’une lourdeur incroyable, du moins pour l’époque. Pour compléter le tableau, Per Thunnel éructe des vocaux gras et gutturaux particulièrement terrifiants, abordant divers sujets de société, assez niaisement faut-il l’avouer.

Pour l’auditeur patient, plein de bons riffs et de bonnes idées se découvrent au-delà de ce boxon apparent, à l’image des entraînants Obey To Get Independence et The Scene. Malgré tout, Mean est rempli de maladresses, comme certains rythmes trop simples, plusieurs longueurs ou riffs dispensables, pardonnées par l’immaturité du groupe, mais aussi de la scène grind de cette époque, quasi inexistante hors des frontières britanniques et US.

Assurément moins percutant que les illustres Mentally Murdered, Horrified ou World Downfall, Mean ne rencontre dès lors qu’un succès très limité, ayant raison du groupe, qui disparaît prématurément après la sortie du EP Nailed en 1994. Il reste néanmoins un album grind brutal très sympathique, représentant aujourd’hui un témoignage authentique des balbutiements de la scène grindcore scandinave.

Fabien.

> - Les chroniques -, Filthy Christians — admin @ 12:00 am

August 31, 2007

Extreme Noise Terror : Damage 381

Damage 381Branle bas de combat ! Pete Hurley, fondateur et compositeur d’Extreme Noise Terror quitte le groupe, heureusement encore représenté par les vocalistes Phil Vanes et Dean Jones, avec leurs vocaux alternés si particuliers. Par ailleurs la formation est complétée par un troisième hurleur, le célèbre Mark Greenway, s’étant à l’époque fait virer arbitrairement de Napalm Death. De nouveau sous la bannière Earache, la bande d’Ipswich sort ainsi Damage 381 en cette fin d’année 1997, soit son troisième full lenght en plus de douze ans de carrière.

Palliant à la défection d’Hurley, qui a composé deux uniques titres sur Damage 381, c’est le second gratteux Ali Firouzbahkt qui prend les commandes du combo, en signant huit nouveaux morceaux, soit un total de dix petits titres expédiés en 30 minutes. Même si les compositions de Firouz sont bien ficelées, à l’image du puissant Cold World, elles sont par contre d’une banalité déconcertante, face aux titres rebelles dont Hurley avait le secret. De plus, revendiquant encore l’étiquette grindcore, Extreme Noise Terror balance pourtant un death metal conventionnel, au lieu du hardcore grind teigneux et déjanté des nerveux A Holocaust In Your Head et Retro-bution, perdant dès lors une grande partie son identité.

De plus, Damage 381 bénéficie d’une production Colin Richardson certes hyper puissante, dotant les guitares d’une épaisseur rarement atteinte, mais beaucoup trop propre pour un groupe d’origine aussi rebelle. Mais diable, ou est passé la folie hardcore / grind d’antan ? Le trio de vocalistes est tout de même là pour apporter un brin de nervosité, mais pas assez pour donner un caractère suffisant à ces morceaux, costauds certes, mais bien fades en regard.

Damage 381 n’est pas un mauvais album en soi, et mérite certainement plus que la moyenne, montrant une formation encore solide malgré le départ de son leader. Néanmoins, Extreme Noise Terror est en 1998 un groupe sans âme, jouant un death/grind banal, laissant du coup au placard ses allures destroy et sa musique cradingue, qui le caractérisaient pourtant si bien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Extreme Noise T. — admin @ 12:01 am

August 30, 2007

Carcass : Symphonies of Sickness

Symphonies of SicknessAprès Reek of Putrefaction, posant certes les bases de la musique de Carcass et annonçant un renouveau dans la scène extrême, mais également servi par des titres manquant encore d’une certaine consistance, et par une production de surcroît très moyenne, le trio britannique revient en cette fin 1989 avec son second méfait et une toute autre ambition. Toujours accompagné de ses amis Jeff Walker et Ken Owen, Bill Steer décide cette fois de se concentrer à fond dans Carcass, quittant dès lors définitivement Mick Harris et les incontournables Napalm Death.

Symphonies of Sickness représente un pas de géant effectué en seulement une année et demie. Le style du groupe se situe toujours dans le grindcore, mais pas au sens hardcore grind typiquement british d’Extreme Noise Terror, mais dans un registre unique que l’on pourrait qualifier de grind-gore carcassien. Fini les 22 titres expédiés en 39 minutes, Carcass prend désormais le temps de structurer et d’étoffer ses compositions, qui avoisinent de fait les quatre minutes.

Dès le premier titre débutant sur une ambiance d’horreur, la batterie millimétrée d’Owen particulièrement précise dans ses roulements, et les guitares lourdes de Steer, prennent place dans une intensité incroyable, divinement mise en valeur par la production très claire du grand Colin Richardson aux mythiques Slaughterhouse studios. Se mêlant à cet assaut de brutalité, la voix éraillée de Walker et celle hémoglobineuse de Steer, sur des paroles riches en nécropathologies diverses, créent alors un malaise indescriptible.

Pourtant, au-delà d’une telle violence sonore, chaque morceau prend rapidement forme et révèle alors toute son épaisseur, parvenant au final à hanter irrémédiablement l’auditeur attentionné. Du refrain terrible de Exhume to Consume à l’intro redoutable de Ruptured in Purulence, en passant par les soli uniques de Steer, chaque titre possède plusieurs lectures, conférant au final toute la richesse et la complexité de ce formidable Symphonies of Sickness. L’apogée est alors atteint lors des terrifiants Empathological Necroticism et Embryonic Necropsy, se plaçant incontestablement parmi les meilleurs titres de grind jamais composés.

Bouleversant le paysage métallique au même titre qu’Altars of Madness, World Downfall, From Enslavement ou Leprosy, Symphonies of Sickness s’impose dès lors comme une référence du métal de la fin des années 80. A cette époque, entre les hordes de fans hurlant au génie et les métalleux horrifiés devant ce brouhaha sonore apparent, Carcass ne laisse dès lors personne indifférent.

Fabien.

> - Les chroniques -, Carcass — admin @ 12:01 am

Dismember : Massive Killing Capacity

Massive Killing CapacityGrâce au culte Like An Ever Flowing Stream et à l’excellent Indecent And Obscene, Dismember bénéficie d’une réputation à toute épreuve, s’affichant parmi les chefs de file du death métal suédois de l’époque. Le groupe retourne alors aux Sunlight Studios pour les sessions de Massive Killing Capacity, son troisième album, sortant en août 1995 pour le compte de Nuclear Blast, dont les épaules deviennent chaque jour plus solides.

A l’instar de la superbe pochette de Kristian Wahlin, toutefois quelques peu stéréotypée, le groupe délaisse son côté gore et délibérément provocateur, proposant ainsi un death plus lissé, en renforçant son côté mélodique, notamment sur les nombreux soli soignés de David Blomqvist, comme sur l’instrumental Menia. Bien que Wardead renvoie encore l’image d’un Dismember brutal, la majorité des titres de Massive Killing Capacity deviennent en effet plus accessibles, privilégiant les structures middle tempo, à l’image des sympathiques et entrainants I Saw Them Die et Casket Garden.

Dismember n’a toutefois pas réellement changé ses structures dans le fonds, conservant ses riffs traditionnels, et un son made by Tomas Skogsberg immédiatement reconnaissable. Mais bien que parfaitement exécutés, les titres de Massive Killing Capacity restent moins marquants que les brûlots des précédentes réalisations. Ainsi, Collection By Blood & Shape Of Sorrow (copie du fabuleux Dreaming In Read) paraissent bien trop sages, et parviennent difficilement à convaincre.

Alors que plusieurs formations extrêmes passent indéniablement à la vitesse supérieure, à l’image de Death et Suffocation sur les immémoriaux Symbolic et Pierced From Within, Dismember fige quant à lui sa technique à dans le temps, adoucissant même son death métal, dont le degré d’intensité et d’excitation s’effrite immuablement au fil des années. Massive Killing Capacity reste toutefois de bonne facture, comblant encore les fans conquis par le touché si particulier du groupe scandinave.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — admin @ 1:00 am

August 29, 2007

Carcass : Reek Of Putrefaction

Formé en 1985 par Bill Steer & Ken Owen, alors âgés de 15 ans, Carcass reste toutefois au stade embryonnaire durant ses premières années, faute à de trop rares répétitions, et sans style proprement défini. Les choses sérieuses commencent début 1987, lors de l’arrivée de Jeff Walker (fraichement viré d’Electro Hippies) dans le nouveau groupe de Bill, qui partage cette passion pour le son écrasant de Master et la brutalité excessive de Repulsion. Aussitôt, le duo fait le ménage dans son line up, reprenant le nom de Carcass et rappelant Ken Owen, qui possède désormais un kit de batterie. Dès l’été, le groupe enregistre alors la démo Flesh Ripping Sonic Torment avec Sanjiv au chant, qui ne fait toutefois qu’un aller retour au sein de la formation.

Sur la seule foi de l’enregistrement, mais aussi du poste de Bill chez Napalm Death (ND), Dig Pearson signe le trio encore inexpérimenté, aux côtés de ND & Unseen Terror sur son label Earache, qui ne souffle que sa première bougie. Succédant aux deux groupes, qui viennent fraichement d’enregistrer les LP Scum (face B) et Human Error, Carcass rejoint à son tour les studios Rich Bitch, sous la houlette de l’ingénieur Mark Ivory, quelque peu dépassé par la brutalité et l’avant-garde du combo. Reek of Putrefaction, résultat de la session chaotique expédiée en cette journée de décembre 1987, connaît en effet plusieurs mixages, avant sa sortie en juin 1988.

Plus loin que les simples histoires de zombies contées par Death & Repulsion, Carcass sophistique son concept, utilisant un langage pathologique outrancier, tout droit sorti du dictionnaire médical de Jeff, assemblant parallèlement la pochette de son album avec une série de découpages innommables de macchabées autopsiés. Musicalement, bien que l’inspiration grindcore de ND et death grind de Repulsion soit dominante, le trio balance un style sauvage & vomitif absolument unique, lui valant rapidement l’étiquette du premier groupe gore grind.

Concentré de rythmiques brutales & tapageuses, lâchant parallèlement moult accélérations et breaks vicieux, à l’image des impitoyables Pyosisified ou Psychopathologist, Reek of Putrefaction surprend en outre par son melting-pot vocal, depuis les éructations éraillées de Jeff jusqu’au dégorgement d’hémoglobine de Bill, renforçant l’odeur particulièrement putride qui se dégage.

Malgré la redondance des structures de ses 22 titres et son enregistrement brouillon, qui lui confère toutefois son côté délicieusement cradingue, Reek of Putrefaction rencontre immédiatement un succès notoire, renforcé par le soutien inconditionnel du célèbre John Peel, DJ très influent à la radio britannique BBC, connu pour ses mémorables Peel Sessions. Manquant pourtant d’expérience à cette époque, Carcass possède en effet déjà cette vision et cette personnalité hors norme (lui valant autant d’admirateurs que de détracteurs à l’époque), ne nécessitant encore que d’un brin de maturité pour l’affinement de son art et la canalisation de son incroyable sauvagerie.

Fabien.

> - Les chroniques -, Carcass — fabien @ 12:00 am

Monstrosity : Rise to Power

Rise to PowerL’année 2003 marque le retour des incontournables floridiens, quatre ans après le bon Dark Purity. Un nouvel album sous-entend bien sûr un nouveau line up, puisque Monstrosity égale sans problème Malevolent Creation en matière de turnover. Lee Harrison, cerveau du groupe et seul membre d’origine, recrute en effet Sam Molina à la guitare, en support de Tony Norman, ainsi que le redoutable Mike Poggione à la basse.

La formation affichée est une fois encore de haut niveau, dotée à la base d’un couple basse/batterie d’une richesse impressionnante, grâce au talent de Lee Harrison, avec ses doubles et ses blasts puissants & millimétrés, mais aussi grâce à la technique de Mike Poggione, qui aligne des lignes de basse (une six cordes) de grande complexité. Avec en plus le talent de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et la voix très gutturale et caractéristique de Jason Avery, Monstrosity montre une solidité exemplaire.

Côté compositions, la paire Harrison / Fernandez (Brutality) de Dark Purity, cède la place au couple Harrison / Norman ; ce dernier est vraiment l’atout de Rise to Power, insufflant beaucoup de fraîcheur dans les morceaux. Le disque débute en effet sur les chapeaux de roue, balançant les terribles Awaiting Armageddon et Wave Of Annihilation, aux roulements écrasants et aux riffs mortels. Puis, vient l’apaisant instrumental The Fall Of Eden, avec son acoustique tout en finesse, apportant à lui seul la coloration de l’album. Par la suite, les derniers titres sont certes un peu moins accrocheurs, mais restent d’une qualité remarquable.

Avec seulement quatre albums entre 13 ans de carrière, Monstrosity est un des éternels seconds couteaux de la scène death US. Néanmoins, chaque album des floridiens est toujours gage de technique et de qualité, mais aussi d’une approche old school très appréciable. A ce titre, Rise to Power tient largement ses promesses, et plaira à coup sûr aux amoureux du bon death US.

Fabien.

> - Les chroniques -, Monstrosity — admin @ 12:00 am

Deranged : Obscenities in B Flat

Obscenities in B FlatDeranged est un groupe formé en 1991 autour de Johan Axelsson & Rikard Wermen, pratiquant un death metal suffocant à l’extrême, une sorte de Cannibal Corpse puissance 10. Après Plainfield Cemetary sorti en 2002, explosant littéralement les limites de la sauvagerie, les suédois éprouvent alors le besoin de faire un break, mais reviennent finalement en cette année 2006, pour mieux achever les derniers rescapés des écoutes de leur précédentes boucheries sonores.

Sixième effort du groupe, Obscenities in B-Flat présente une violence toujours hors norme avec un son accordé très bas, mais distillant cette fois quelques éléments plus lourds et deux ou trois samples, laissant à l’auditeur le temps de respirer une poignée de secondes pour, ne nous y trompons pas, mieux l’asphyxier ensuite. Les rythmiques rebutent en effet par leur côté on ne peut plus haché et sans mélodie aucune ; pourtant, au delà de l’apparente linéarité du produit, et du mur sonore que l’on croyait impénétrable, se cache une musique technique et terriblement bien ficelée.

Entre deux albums, Deranged réussit également à conserver son bassiste/chanteur, à la voix incroyablement caverneuse et, incompréhensible sans les paroles ; mais, manque de chance, le livret n’inclut pas ces dernières. Enfin bon, à la vue de titres comme Torture Rape Cum and Kill , celles-ci s’avèrent en fin de compte hautement dispensables, formant un recueil de pathologies nécrophiles ou d’autres déviances diverses sans aucun intérêt.

Au-delà des modes et des critiques, Deranged poursuit donc imperturbablement son chemin, sans rien demander à personne et ce, depuis une quinzaine d’années. Obscenities in B-Flat, certes un poil plus accessible, mais aussi un poil en dessous de la qualité du terrible Plainfield Cemetary, se situe en effet dans l’exacte lignée des précédentes réalisations.

Fan de brutal death, jetez vous ainsi sur ce nouvel album, vous y trouverez la violence recherchée, mais aussi tout un tas de subtilités qui rendront l’écoute intéressante. Pour les autres, je vous mets une dernière fois en garde contre cette galette, qui risque de vous déconcerter très vite par son extrême linéarité, s’avérant au final, particulièrement indigeste.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 12:00 am

Monstrosity : Imperial Doom

En ces temps reculés, Chris Barnes grognait encore dans Cannibal Corpse et n’était pas encore parti faire du sous-Obituary dans Six Feet Under. Par conséquent Georges « Corpsegrinder » Fischer évoluait dans un autre combo du nom de Monstrosity, accompagné entre autres du guitariste John Rubin (plus tard chez Malevolent Creation) et du talentueux batteur Lee Harrisson.

Ne nous trompons pas, à part le fait de jouer du death metal, il y a peu de similitudes entre la musique de Cannibal Corpse et celle de Monstrosity. Si le côté gore ressort clairement du premier au niveau des textes et de la musique, Monstrosity est beaucoup plus subtil dans ses compositions. Certes eux aussi tabassent sévère, et c’est bien ce que l’on demande en premier à un groupe de death. Cependant le côté technique est assez marqué, sans atteindre toutefois le niveau d’un Athéist ou d’un Cynic. Les musiciens du groupe montrent en effet des capacités au dessus de la moyenne et ce n’était pas si courant en 1992 : Lee Harrisson par exemple est ici beaucoup plus adroit et varié que ne le sera jamais Paul Mazurkiewich.

Attardons nous un peu sur Georges Fischer, devenu désormais le légendaire chanteur de death que l’on connaît : ses grunts, sans atteindre l’ampleur que nous leur connaissons aujourd’hui étaient déjà diablement efficaces et soutenaient à merveille les petites bombes que sont Ceremonial Void, Immense Malignency ou Final Cremation. D’ailleurs dès la première seconde du titre Imperial Doom, l’auditeur habitué à écouter Vile ou Bloodthirst reconnaîtra de suite l’organe (vocal, bande de petits vicieux !) de Corpsegrinder.

L’ensemble de cet Imperial Doom est homogène et de grande qualité, John Rubin et ses acolytes composent du death metal comme personne, tous les morceaux sont calés au millimètre et le résultat est vraiment percutant. Cependant un titre sort du lot : Vicious Mental Thirst sur lequel les floridiens passent en revue toutes leurs possibilités.

Markus Staiger le boss de Nuclear Blast, ne s’était donc pas trompé en signant Monstrosity dans son écurie, et Imperial Doom a permis au groupe d’ouvrir pour des pointures comme Obituary, Deicide ou Pantera (excusez du peu !). On notera toutefois un son de batterie légèrement trop fort dans le mix malgré un enregistrement au Morrisound, tout comme une pochette un peu bateau du pourtant spécialiste Dan Seagrave.

Mais ces détails ne parviennent heureusement pas à gâcher la fête : cette galette, sans être une référence ultime, sortait franchement du lot et avait surpris pas mal de monde. D’ailleurs si vous découvrez Imperial Doom de nos jours, il ne vous semblera pas obsolète à l’écoute comme ce peut être le cas pour d’autres sorties d’époque qui ont plus mal vieilli. Malheureusement avec la pléiade de sorties death de cette période les places au soleil étaient chères et tout le monde n’a pas la fibre marketing de Glen Benton.

Dommage que Monstrosity ait eu jusqu’ici une carrière chaotique parsemée de changements de line-up ; ce groupe mérite mieux que la deuxième division, en témoigne leur dernier skeud en date Spiritual Apocalypse (2007).

BeerGrinder (BG) (www.spirit-of-metal.com)

Monstrosity fait partie des formations de la seconde vague death métal, arrivées alors que les places étaient déjà prises. A sa sortie, les critiques n’avaient d’ailleurs pas été tendres, reprochant au groupe d’être coincé entre des influences Death, Malevolent Creation & Morbid Angel trop marquées. C’est après cette déception du moment, que l’album a commencé à devenir culte au fil du temps. Les traces laissées par les redoutables Vicious Mental Thirst ou Burden Of Evil étaient en fait indélébiles. Imperial Doom a depuis gagné une place méritée parmi les classiques de la scène floridienne. Fabien.

> - Les guests -, Monstrosity — fabien @ 4:30 pm

August 28, 2007

Mercyless : Coloured Funeral

Coloured FuneralSuite à l’excellent Abject Offerings, Mercyless parvient à signer chez un gros label, le fameux Century Media, annonçant de gros espoirs pour le quatuor mulhousien. La formation, qui affiche toujours le même line up, comprenant notamment le redoutable Gérald Guenzi derrière les fûts, rentre alors aux studios TT en Allemagne, avec des moyens conséquents, enregistrant sous la houlette des experts Colin Richardson (Carcass, Bolt Thrower) et Tim Buktu (Massacra, Protector).

Sur une production très ample et très soignée, Coloured Funeral propose un death metal de grande qualité, très posé, sur une rythmique sans faille de G.Guenzi. Les guitares sont lourdes et apportent un regain de puissance, en opposition aux nombreux passages très fins, comme les breaks des excellents Mirrors Of Melancholy ou Forgotten Fragments, ou encore le refrain acoustique du fabuleux Strange Emotion. Tous les morceaux contiennent ainsi ces petits plus, qui leur confèrent cette grande richesse, se dévoilant écoute après écoute.

Or, même si Coloured Funeral est d’une qualité indéniable, il reste néanmoins moins marquant qu’Abject Offerings, affichant une pochette belle mais plutôt terne, ainsi qu’une musique trop conventionnelle. Il a de plus le malheur de sortir fin 93, la période la plus chargée de l’histoire du death metal (Dismember, Sinister, Hypocrisy Unleashed, Entombed, Carcass, Pestilence, Atheist, Malevolent Creation, Edge Of Sanity, etc.). Dans ces conditions, Mercyless ne parvient logiquement pas à s’imposer, malgré sa présence chez le puissant Century Media.

Coloured Funeral est donc un album à redécouvrir pour tous les death metalleux ayant été submergés par la déferlante death metal de cette fin d’année 1993, et l’ayant dès lors occulté ou relégué trop rapidement aux oubliettes. La qualité intrinsèque de ses morceaux, paroles & musiques comprises, mérite en effet une écoute attentive, et permet ainsi à Mercyless de clore sa période death metal de très belle manière.

Fabien.

> - Les chroniques -, Mercyless — admin @ 12:01 am

Crusher (FRA) : Undermine

Crusher (FRA) : UndermineDésireux de conserver l’intérêt porté à Loudblast & Crusher, Semetary records propose à ses deux poulains de sortir une nouvelle réalisation pour l’automne 1993. Comme le matériel est insuffisant, les groupes optent alors pour des formats mini-CD, se dénommant respectivement Cross The Threshold et Undermine. Si Loudblast propose deux inédits et une reprise de Slayer (Mantatory Suicide), Crusher offre quant à lui pas moins de 6 nouveautés, complétées par une très bonne reprise de Discharge (Hell On Earth), le tout agrémenté une fois encore d’une excellente pochette dépliante d’Adrien Besançon.

Délaissant les parties Grind de Corporal Punishment, Crusher oriente sa musique vers un deathcore ultra nerveux, développant un côté groove désormais incontestable, mais toujours empreint de cette coloration très Napalm Death. Côté production, c’est Colin Richardson en personne qui se colle derrière les manettes, apportant au groupe une lourdeur et une puissance de feu incroyable.

Dès le premier titre, le redoutable Storm Brewing, l’un des meilleurs titres de death metal jamais enregistré, Crusher balaie tout sur son passage, tel un World Downfall de Terrorizer ; son riff d’entrée écrase par sa puissance, tandis que son final hyper lourd assomme définitivement l’auditeur. Par la suite, les titres sont certes moins marquants, mais possèdent tous ce côté speed et cette rage indéfinissables. Enfin, la galette se termine par un nouveau brûlot, le fatal Man Submits, un morceau d’une teigne formidable, rappelant les meilleurs titres de Napalm Death.

Avec des titres d’une telle force, Crusher enfonce ainsi littéralement le clou, étant d’ailleurs proclamé par Mark Greenway lui-même (ND pour les incultes), comme le meilleur groupe death metal du moment. Proposant un deathcore ultra énergique et promis à un très bel avenir, le groupe disparaît pourtant du circuit, laissant tout de même derrière lui, quelques témoignages essentiels de la scène death metal hexagonale du débuts des années 90.

Fabien.

> - Les chroniques -, Crusher — admin @ 12:00 am