Deicide : Legion
Après la sortie de son album éponyme, Deicide connaît un succès fulgurant, grâce à son positionnement autour d’un death métal foncièrement brutal & satanique, mais aussi avec l’attitude ouvertement provocante de son frontman Glen Benton, à la Une de nombreux magazines de l’époque, qui entretiennent alors les rumeurs les plus folles à son sujet, comme son suicide programmé à l’âge de 33 ans, à l’instar du Christ, ou encore ses sacrifices animaliers. Lors de son retour aux Morrisound Studios début 1992, le quatuor floridien à ainsi la lourde de tâche de confirmer la teneur de son premier album, afin montrer que l’engouement dont il bénéficie ne tient pas seulement à ces considérations extra musicales.
Avec le soutien inconditionnel de son label Roadrunner, Deicide revient ainsi dès le début de l’été avec Legion, au concept satanique toujours aussi marqué, montrant désormais son leader affublé d’une croix renversée, gravée sur son front. Mais, au-delà de son imagerie toujours aussi forte, le groupe balance un death métal parfaitement en place, grâce aux rythmiques carrées de Steve Asheim, supportant les salves de riffs brutaux & incisifs des frères Hoffman. Massifs et compacts, les titres du nouvel album gagnent parallèlement en technique, permettant le largage d’ogives particulièrement meurtrières, à l’image des excellents Dead But Dreaming & Holy Deception, et de leurs accélérations assassines.
Les soli courts et tranchants des frères Hoffman, rappelant ceux de Francis Howard avec son groupe Incubus, ajoutés aux beuglements incroyables de Glen Benton (sans harmonizer), complètent alors la brutalité manifeste des compositions, loin de toute forme mélodique. Scott Burns met enfin brillamment l’ensemble en valeur, grâce à une production claire, apportant en outre toute l’agressivité requise.
Moins direct dans ses structures et ses refrains, plus court et définitivement plus rapide que son prédécesseur, Legion confirme le potentiel et le savoir faire indéniable de Deicide. Le groupe de Benton lâche en effet un condensé de trente minutes, d’une pureté death et d’une technique imparable, à l’identité toujours aussi forte, lui permettant de sortir sans conteste l’un de ses meilleurs albums, et de conforter sa place parmi les leaders de la scène death métal du début des nineties.
Fabien.



Drôle d’album que nous sortent là les grinders de Birmingham, en cette année 94. A la fois au sommet de sa gloire pour une masse de fans qui ne peuvent se passer du martèlement de tympans en règle au grind/death Napalmien; et cependant toujours plus en marge, quand le métal extrême de cette époque est en pleine évolution, voire révolution: le groupe culte n’était plus en mesure de nous ressortir un 

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