Altars of Fab’ Death

Testament : Practice What You Preach

Practice What You PreachSuite à son ascension fulgurante dès The Legacy, le hissant aux portes des Big Four, et fort d’un line up inchangé, Testament se dirige aux Fantasy Studio sous la coupe d’Alex Perialas, pour les sessions de son troisième album. Practice What You Preach sort ainsi en fin d’été 1989, pour le compte de l’écurie Megaforce, muni d’une illustration remarquable.

Composé principalement par Eric Peterson et Alex Scholnick, Practice What You Preach poursuit l’orientation de The New Order, distillant un thrash métal nerveux aux colorations heavy délicieuses, sur la voix unique et inimitable de Chuck Billy, qui renforce toute l’âme du groupe californien.

Bénéficiant d’une rythmique solide, grâce à la précision de frappe de Louie Clemente et à la richesse des lignes de basses de Greg Christian, le duo Peterson / Scholnick lâche des riffs percutants et des soli vertueux, sans être toutefois trop démonstratifs, soutenant la voix imposante de Chuck Billy, à la fois mélodique et terriblement puissante.

Depuis le thrash rapide de Nightmare jusqu’aux accents heavy de Time Is Coming, sans oublier le superbe instrumental Confusion Fusion, ou encore la douceur The Ballad qui devient alors furie, Testament visite tous les styles avec une aisance incroyable. L’opposition entre le jeu et les influences thrash de Peterson et l’approche heavy de Scholnick offre ainsi un contraste et une originalité saisissantes.

Or malgré les atouts étonnants de Practice What You Preach, Testament partage les fans, comme Anthrax et son State Of Euphoria, entre ses détracteurs considérant sa fougue des débuts envolée et son manque d’inspiration flagrant, et ses admirateurs subjugués par le caractère et la force de son thrash / heavy. En fin de compte et à juste titre, Practice connaît un succès retentissant, confirmant Testament au rang des leaders de la scène thrash Bay Area californienne, lui permettant ainsi de décrocher une tournée mondiale culte l’année suivante, le Clash Of The Titan, aux côtés de Slayer, Megadeth & Suicidal Tendencies.

Fabien.

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October 31, 2007

Exodus : Fabulous Disaster

Fabulous DisasterAprès un Pleasures of the Flesh en demi-teinte, bien poussif en regard du culte Bonded by Blood, Exodus est bien décidé à remettre les pendules à l’heure en cette année 1989. Fort d’un line up stable, la formation californienne revient ainsi avec son troisième effort, le bien nommé Fabulous Disaster.

D’entrée, le nouvel album annonce le retour d’un thrash plus nerveux, à commencer par ses deux premiers titres, les excellents Act Of Defiance et l’éponyme Fabulous Disaster, emmenés par les rythmiques entraînantes de Tom Hunting, les riffs accrocheurs de Gary Holt et Rick Hunolt, et la voix râpeuse de Steve Souza. Parallèlement, Exodus ralentit judicieusement la cadence et devient alors incroyablement heavy, le temps du superbe Like Father, d’une puissance étonnante, comptant parmi les meilleurs titres d’Exodus et justifiant à lui seul l’achat de l’album.

A l’image de sa pochette amusante, Fabulous Disaster dégage également un thrash emplit de bonhomie, notamment avec ses « backing vocals » caractéristiques, comme sur le très bon Toxic Waltz, ajoutant un relief et une décontraction évidente, et conférant aujourd’hui ces accents délicieusement rétros. Enfin, quelques colorations blues / rock apportent une identité et une originalité appréciables, depuis le fabuleux Cajun Hell et son intro à l’harmonica, jusqu’au sympathique Overdose, reprise d’AC/DC en bonus CD. Au final, seul Low Rider, reprise de War particulièrement mollassonne, s’avère purement dispensable.

Sous ses airs désinvoltes, Exodus revient ainsi avec un troisième album convaincant, réaffirmant du coup toute sa force et sa détermination, mais justifiant également sa place parmi les leaders de la scène thrash Bay Area de l’époque. Aujourd’hui encore, Fabulous Disaster s’inscrit indéniablement comme la réalisation la plus marquante de l’ère “Steve Souza” d’Exodus.

Fabien.

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October 30, 2007

Exodus : Pleasures Of The Flesh

En accouchant d’un chef-d’œuvre en guise de premier album, Exodus s’est sans doute mis une pression sur ses épaules difficile à gérer. Concrétisant son travail de pionnier et son aura générée dans l’underground californien, Bonded By Blood avait immédiatemment consacré Exodus comme une légende de ce thrash metal naissant. Il va sans dire que le second album du groupe de Gary Holt devient ainsi le centre de toutes les attentions, d’autant plus qu’en cette année 1987 le thrash metal a très largement agrandi sa longue litanie d’albums cultes via une concurrence nombreuse et talentueuse.

Désormais affublé d’un nouveau chanteur en la personne de Steve Souza, Pleasures Of The Flesh a le mérite de ne pas chercher à faire illusion en copiant son aîné.
C’est donc loin de la furie nerveuse et géniale de son illustre prédécesseur que le metal d’Exodus évolue en profondeur. Exit les riffs légendaires si percutants, les envolées enjouées, on a le droit ici à une création plus variée certes, allant explorer de nouveaux répertoires, mais surtout nettement moins inspirée.

Les morceaux les plus rapides sont le plus souvent bâtis sur des bases assez monolithiques, voire monotones, ce qui peut parfois rendre ces passages paradoxalement les plus thrashisants également les plus ennuyeux, comme sur Deranged ou Parasite, quand Faster se veut plus proche de l’héritage de Bonded By Blood, pour un résultat guère plus convaincant. Gary Holt en fait d’ailleurs parfois des tonnes niveau soliste pour faire décoller des rythmiques en panne d’inspiration, même les plus nerveuses (Seeds Of Hate, Choose Your Weapon). Bien évidemment, en toute objectivité, on parvient tout de même à headbanguer gentiment sur bon nombre de passages où la patte Exodus, même moins touchée par la grâce, reste tout de même reconnaissable entre mille.

Là où Exodus surprend plus en profondeur, c’est dans sa propension a ralentir le tempo en s’appuyant sur des rythmiques heavy/thrash carrées, qui mettent assez en valeur le répertoire plus complet de Steve Souza, et qui regroupent les meilleurs soli de l’album (un parfait exemple avec Brain Dead).
En alternant les différentes approches, Exodus parvient quand même à accoucher de solides morceaux, comme Pleasures Of The Flesh, qui alterne le correct et le très bon au travers d’une composition bien bâtie et accrocheuse. On peut également citer le très heavy Chemi-Kill, pour le coup un retour à l’inspiration des guitaristes et une nouvelle preuve du talent de Souza. Le résultat n’est pas pour autant de nature à rassasier les thrashers les plus exigeants et les plus avides de violence et de vitesse…
Déjà lourdement handicapé par le contexte du fameux piège du deuxième album, Pleasures Of The Flesh n’est définitivement pas mis en valeur par une production des plus faiblardes.

Alors certes, Exodus n’est pas passé du groupe de légende au dernier des cancres, en valeur intrinsèque Pleasures Of The Flesh n’est pas un mauvais album en soi, loin de là, mais son écoute suffit à comprendre pourquoi les Californiens, véritables chefs de meute du thrash metal en 1985, rentrent brutalement dans le rang en 1987. Rien de définif ni d’irrémédiable…c’est d’Exodus dont il s’agit, tout de même.

Eulmatt (www.spirit-of-metal.com)

Un second effort sympathique, mais tout de même guère convaincant après l’inoubliable Bonded By Blood. L’album est même poussif et peu inspiré sur plusieurs titres (Parasites), n’introduisant pas Steve Souza de la plus belle manière. Heureusement, Exodus redresse largement la barre deux ans plus tard, sur le très bon Fabulous Disaster, dans le même esprit, mais supérieur à tous niveaux. Fabien.

> Exodus, zz Guest Reviews — fabien @ 5:50 pm

October 29, 2007

Exodus : Bonded by Blood

Bonded by BloodFondé en 1980 à San Francisco par Tom Hunting & Kirk Hammet, Exodus prend véritablement son envol avec l’arrivée de Gary Holt, qui devient son compositeur principal, puis de Paul Baloff, son chanteur charismatique. Peu après le départ de Hammet chez Metallica, le groupe de la Bay Area complète son line up avec Rick Hunolt, fin prêt pour l’enregistrement de son premier album. Initialement prévu sous le nom de A Lesson in Violence en 1984, mais faute de trouver une illustration en rapport avec son titre, le disque est finalement intitulé Bonded by Blood, et sort en avril de l’année suivante.

A sa sortie, Bonded by Blood surprend le monde du métal par sa violence thrash encore inédite. La batterie de Tom Hunting n’est certes pas encore hyper carrée, mais balance des rythmiques d’une technique et d’une fluidité suffisantes pour soutenir les guitares du team H, le redoutable duo Holt / Hunolt, aux riffs incroyablement percutants, justifiant à eux seuls la véritable signification du verbe thrash (bastonner).

Ainsi, depuis les riffs rugueux de Bonded by Blood (le titre), jusqu’aux rythmiques assassines de Strike Of The Beast, en passant par le terrible refrain de There Were None, Exodus balance un thrash à s’en dévisser la tête. De plus, sur ces rythmes de folie et ces rafales de riffs meurtriers, Paul Baloff place sa voix renversante, pas hyper technique, mais alternant un chant terriblement âpre avec des cris déchirants, renforçant toute la rugosité et la haine de Bonded by Blood.

Manifeste d’agressivité, Bonded by Blood compte non seulement dans les sorties déterminantes de cette année 1985, aux côtés des indestructibles Hell Awaits et Seven Churches (Slayer, Possessed), mais s’inscrit plus généralement parmi les albums incontournables et authentiques du thrash metal. Mon long discours se résume à un simple extrait de ses paroles : « Get on your knees and bow, or learn a lesson in violence ».

Fabien.

> - Tous les groupes -, Exodus — admin @ 1:00 am

Paradise Lost

Quand 5 jeunes Anglais d’Halifax décident de se lancer dans l’aventure du metal à la fin des années 80, certaines voies semblent toutes tracées. Leur leader artistique, le grand Greg Mackintosh –encore imberbe à l’époque- est fan de ce death metal alors en pleine explosion, mouvement qui révolutionne le petit monde de la musique extrême et auquel l’Angleterre apporte une contribution non négligeable.

C’est donc sans réelle surprise que Lost Paradise, le premier méfait de…Paradise Lost, s’oriente vers le death metal, avec un Nick Holmes “growlant” avec vigueur. Pourtant, nos amis font déjà la première démonstration d’une réelle indépendance musicale : alors que le mouvement de fond du death metal s’engage vers la brutalité et la vitesse, surtout en Angleterre avec les terreurs Carcass et Napalm Death, Paradise Lost prend le contre-pied du mouvement et propose un style complètement novateur, où le rythme est franchement ralenti, la lourdeur et la noirceur de l’atmosphère prenant le pas sur l’agressivité et la virulence. Ce rapprochement révolutionnaire avec le doom, mouvement à la base antinomique avec la vitesse du thrash / death, fait de Paradise Lost un pionnier.

Cette audace stylistique est le principal intérêt de Lost Paradise. Pour le reste, l’album témoigne surtout du manque de maturité de ces jeunes musiciens, dont la technique et la maîtrise ne sont pas encore à la hauteur de leur évidente capacité créative. Leur death/doom souffre tout d’abord d’un manque de puissance assez handicapant. Les moyens n’étant sans doute pas encore à la hauteur, l’impression d’un enregistrement dans une cave limite largement la puissance de feu. On note également une carence dans la fluidité et la maîtrise des enchaînements, problème fréquent chez les jeunes formations, qui rend parfois les morceaux saccadés et besogneux.

L’autre aspect qui limite l’impact du disque concerne le lead mélodique et les soli de Mackintosh, encore trop timides et cherchant leur place entre approche mélodique et jeu dissonant. On connaît l’orientation future du jeu du guitariste, mais en l’occurrence celui-ci ne semble pas avoir tranché entre des influences doom/heavy classiques et le jeu déstructuré et agressif de quelques leaders du death old school. Ce flottement, sans doute accentué par des limites de technique individuelle, confère à l’ensemble un caractère hésitant et manquant globalement de percutant.

Cependant, Lost Paradise n’est pas sans comporter de nombreux passages intéressants. Certains morceaux préfigurent les futures orientations du groupe, avec notamment l’utilisation pertinente de la lead guitar en avant des riffs plus conventionnels, ou de subtiles touches (très limitées et discrètes) de claviers sur certains refrains, comme sur Paradise Lost, très doom, ou même l’adjonction de quelques chants féminins, sur Breeding Fear.

Pour le reste, ce death lent et sombre parvient partiellement à son but. L’atmosphère est pesante et particulièrement austère, mais ne parvient que trop ponctuellement à atteindre sa vitesse de croisière, comme sur l’intéressant Rotting Misery ou sur Internal Torment, seul morceau de pur death old school de la discographie de Paradise Lost. Quant à Breeding Fear, à défaut d’être homogène, il regroupe sans doute les riffs les plus accrocheurs et les parties mélodiques les mieux maîtrisées de l’album. Mais la plupart du temps, on reste dans l’expectative en percevant Lost Paradise comme un poids lourd ne parvenant pas à se lancer. Là encore, le manque de fluidité, le son souffreteux et une rythmique hésitante y sont pour beaucoup.

Ce bémol est toutefois contrebalancé par le fait que l’austérité et l’âpreté qui émanent de Lost Paradise contribuent largement à ce charme “old school” qui contente souvent les plus nostalgiques d’entre nous. Cette sorte de grandeur monolithique accompagnera d’ailleurs Paradise Lost avec bonheur jusqu’à Icon, et ce premier disque est déjà empreint de cette atmosphère très personnelle, déjà impressionnante de noirceur et de désespoir.

En conclusion, ce disque est en priorité destiné aux historiens du metal, collectionneurs et amateurs de ces disques de rupture, authentiques et fondamentaux dans l’évolution du mouvement, à défaut d’être des chefs d’œuvre. Le vrai fan de Paradise Lost se doit également d’y jeter une oreille, ne serait-ce que pour appréhender une composante essentielle de la musique des Anglais, qui reste fondamentale et toujours sous-jacente dans In Requiem, 17 ans après : une culture doom/death profonde que ne possède pas bon nombre de ses concurrents de Gothic metal…

Lost Paradise constitue la seule réalisation que Mackintosh et ses comparses n’apprécient pas, alors qu’il s’agit de l’album que j’aime dans leur discographie, trahissant du coup ma passion inaltérable pour le death, et mon désintérêt relatif pour le gothic doom. Au delà, je rejoins parfaitement les arguments avancés dans ta chronique. Lost Paradise, à défaut d’être un chef d’œuvre, est néanmoins un album clé dans l’histoire du métal, certes moins déterminant que Gothic, mais réussissant brillamment le premier mariage entre les scènes doom et death. Fabien.

> Paradise Lost, zz Guest Reviews — fabien @ 11:43 am

October 27, 2007

Malevolent Creation : Eternal

EternalAprès un Stillborn en demi-teinte, d’une bonne qualité, mais servi par une production trop confuse, Malevolent Creation revient en cette année 1996 avec son quatrième album, annonçant de nombreux changements. En effet, Eternal marque non seulement la séparation du groupe avec son label Roadrunner, et sa nouvelle signature chez Pavement, mais aussi le départ d’Alex Marquez et de Brett Hoffman, remplacés respectivement par Dave Culross derrières les fûts, et par Jason Blachowicz, qui s’empare du chant en plus de la basse.

Composé principalement par le leader Phil Fasciana, Eternal envoie des titres certes moins percutants que les brûlots des redoutables The Ten Commandments et Retribution, mais toujours terrassants et fidèles à la marque 38 tonnes de Malevolent Creation. Dave Culross millimètre ses rythmiques, dans un style différent du fameux Alex Marquez, mais empreint d’une complexité et d’une précision vraiment étonnantes, supportant brillamment les riffs acérés du duo Fasciana / Rubin, à l’image de l’écrasant No Salvation.

La production est également d’une qualité appréciable, apportant la clarté nécessaire qui manquait cruellement sur le précédent album. En revanche, les vocaux de Jason Blachowicz sont certes gutturaux, mais loin de l’agressivité et du caractère de ceux de Brett Hoffman, faisant du coup perdre un grand pan de la personnalité de Malevolent Creation.

En ces années 1995/96, relégué sur un label de seconde catégorie, privé du chant et du charisme de Brett Hoffman, Malevolent Creation affronte en plus la désaffection de nombreux métalleux pour le death metal, au profit des scènes black et progressives émergeantes. Mais la tête haute, sans se hisser toutefois au niveau de ses premières réalisations, le quatuor floridien balance imperturbablement un death metal d’une puissance et d’une authenticité toujours aussi remarquables.

Fabien.

> Uncategorized — admin @ 12:00 am

October 26, 2007

Malevolent Creation : The Fine Art of Murder

The Fine Art of MurderA l’instar de Chuck Schuldiner et Lee Harrisson (Death, Monstrosity), Phil Fasciana peine à aligner deux fois le même line up. La cuvée 1998 ne transige à pas la règle, marquant le retour de Brett Hoffmann, Rob Barrett et Dave Culross (rien que ça !), ainsi que l’arrivée de Gordon Simms à la basse. Grâce à l’apport de membres déjà rôdés, les compositions sont alors rapidement mises en boite, permettant à Malevolent Creation de rentrer dès 1998 aux Qualitone Studios de Brian Griffin (Broken Hope), pour les sessions de son sixième album. The Fine Art of Murder, sort ainsi en octobre pour le compte de Crash Music, muni d’une illustration assez fade.

Avec une formation classique, Malevolent Creation ne surprend donc pas, enchaînant les morceaux sur les rythmiques millimétrées de Dave Culross et les riffs massifs du tandem Fasciana / Barrett. Mais malgré un bon départ avec To Die At Hand & Manic Demise, la machine s’essouffle assez vite, laissant progressivement s’installer une grande monotonie, sur des rythmes poussifs et un manque de hargne indéniable. Même Brett Hoffmann, dont le retour était pourtant très attendu, ne parvient pas à insuffler l’agressivité nécessaire dans ses vocaux, pour relancer suffisamment l’ensemble.

Ne pouvant s’empêcher de trop en faire, Malevolent Creation aligne en outre 56 longues minutes réparties en 13 morceaux, dont certains hautement dispensables, à l’image de l’horrible ballade Day Of Lamentation, ou des atmosphères ennuyeuses de de Fine Art et Fracture, au lieu de se concentrer sur l’intensité de ses rythmiques, domaine où il excelle habituellement. Le mixage de Brian Griffin étouffe de surcroît le tout, privant notamment les guitares d’une partie de la puissance exigée.

Malgré le line up impressionnant rassemblé par Fasciana, The Fine Art of Murder reste ainsi l’album le plus décevant de Malevolent Creation à ce jour, montrant, comme Deicide ou Dismember, son mal d’inspiration durant cette fin des nineties. Heureusement, le groupe floridien redressera largement la barre sur le très bon Envenomed, renouant enfin avec ses rythmiques 38 tonnes et son agressivité si caractéristique.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Malevolent Creation — admin @ 12:00 am

The Black Dahlia Murder : Nocturnal

NocturnalAlors que certains groupes scandinaves développent des sonorités US évidentes, à l’instar des redoutables Anata et Aeon, le gang américain de The Black Dahlia Murder oriente inversement son death vers un côté suédois très marqué. Fidèle à son death croisé de touches thrash et même black, le groupe revient avec Nocturnal, son troisième album, ressuscitant cette fois l’atmosphère death metal des années 90’s, optant notamment pour une illustration sombre de Kristian Wahlin, et des paroles gores en référence à cette époque.

Le cru Black Dahlia 2007 est difficile à définir, mêlant des éléments death, thrash et mélodiques des scènes US et européenne, entre Anatomy Is Destiny, The Gallery et Slaughter Of The Soul (Exhumed, Dark Tranquillity, At The Gates). Mais pourtant, malgré la diversité de ses éléments, la recette de Nocturnal fonctionne, l’album bénéficiant d’un équilibre et d’une cohérence étonnantes.

Le tempo de Nocturnal est souvent rapide et tapageur, rappelant toute l’agressivité de Black Dahlia, mais contraste parallèlement avec les nombreux passages mélodiques et les solos vertueux de John Kempainen, à l’image des excellents Deathmask Divine et Warborn. Enfin, la voix de Trevor Strnad est écorchée, à la manière de celle de Matt Harvey (Exhumed) conférant cet accent thrash corrosif, s’opposant judicieusement à un chant guttural particulièrement brutal et écrasant.

Remarquablement mis en valeur par une production puissante, et mixant brillamment rapidité, brutalité et mélodie, Nocturnal possède ainsi une énergie débordante et une ambiance retro délicieuse. L’album confirme dès lors tout le potentiel de Black Dahlia, qui s’affirme au fil du temps au sein de la scène death métal.

Fabien.

> - Tous les groupes -, The Black Dahlia M. — admin @ 12:01 am

October 25, 2007

Cryptopsy : Blasphemy Made flesh

Blasphemy Made fleshFormé en 1988 à Montréal sous le nom de Necrosis, autour de Jon Levasseur et Lord Worm, Cryptopsy adopte son patronyme actuel en 1992. Sa démo Ungentle Exhumation de 1993 lui permet de décrocher un deal avec la petite structure Invasion Records, et de rentrer aux Piranha Studios, pour les sessions de son premier album. Le bien nommé Blasphemy Made flesh est alors commercialisé fin 1994, avec une illustration le mettant admirablement en valeur, loin de la pochette fade de sa réédition.

Balançant un death metal technique entre Suffocation et Cannibal Corpse, Blasphemy Made flesh impressionne par sa brutalité, mais aussi par sa qualité. Sur le jeu de batterie complexe de Flo Mounier, Martin Fergusson livre des parties de basse techniques, rappelant celles de Chris Richards sur Breeding The Spawn (Suffocation), permettant au couple Thibault / Levasseur d’asséner des riffs carrés et incisifs. Enfin, bien que le rythme soit tapageur, Cryptopsy sait judicieusement ralentir la cadence, se calant sur un double pédalage millimétré pour lâcher une rafale de riffs dévastateurs, à l’image des terrassants Defenestration et Abigor.

Lord Worm est également un atout indéniable de Cryptopsy, passant allégrement d’un guttural très pur à un chant très agressif, apportant un dynamisme accru aux compositions de Jon Levasseur. En revanche, bien que la production de Rod Shearer soit relativement claire et équilibre brillamment chaque instrument (notamment la basse), elle manque parallèlement d’un brin de puissance et dote la batterie d’un son assez creux, limitant l’impact du terrible Blasphemy.

Sans se hisser au niveau des maîtres du brutal death, Cryptosy fait ainsi une entrée remarquée sur la scène extrême, grâce à un Blasphemy Made flesh d’un niveau technique et d’une précision remarquables. Péchant certes au niveau de sa production, l’album reste toutefois très accrocheur, à commencer par le redoutable Serial Messiah et ses riffs alambiqués particulièrement tranchants.

Fabien.

> - Tous les groupes -, Cryptopsy — admin @ 12:01 am

Benighted (FRA) : Icon

Benighted (FRA) : IconFort du redoutable Identisick, lui ayant permis de se hisser au rang des leaders de la scène death grind hexagonale, Benighted décroche dès lors un précieux deal avec l’écurie Osmose. Capable de briser désormais les frontières françaises, le quinquet stéphanois n’entend pas arrêter en si bon chemin, réussissant avec son nouvel album baptisé Icon, à mener son death explosif à un niveau encore supérieur.

Grâce à sa créativité, mais aussi au travail impressionnant de Kevin, son nouveau frappeur, Benighted repousse en effet les limites du travail effectué jusqu’alors, aussi bien en terme de brutalité, de vitesse et même de mélodie. Icon est solide et diversifié, contenant des morceaux ayant chacun leur feeling et leur identité propre, depuis le furieux Slut et son refrain accrocheur, jusqu’au rapide et mélodique Saw It All. Passant aisément de structures thrash, death puis grind, en y mêlant adroitement quelques touches indus ou rap (Grind Wit), Icon possède un équilibre vraiment étonnant, divinement mis en valeur par la production lourde et puissante de Kohle, aux Kohlekeller Studios.

La force d’Icon réside également dans l’alternance de ses parties tapageuses et hachées, à des passages balancés déboîtant tout sur leur passage, à l’image de l’accélération mortelle du titre éponyme Icon. Enfin, sur les lignes complexes de basse et de guitares, la voix de Julien s’est encore améliorée, passant brillamment du guttural le plus profond à des hurlements encore plus agressifs.

Sans certes révolutionner le genre, Benighted progresse ainsi d’album en album et balance avec Icon un death grind encore plus racé & abouti, plaisant à coup sûr aux nombreux fans de Napalm Death, Dying Fetus ou Misery Index. Après l’écoute du death dévastateur des stéphanois, une seule question subsiste alors : mais où s’arrêteront-ils ?

Fabien.

> - Tous les groupes -, Benighted — admin @ 12:01 am

October 24, 2007