Altars of Fab' Death

Hetsheads : We Hail the Possessed…

Hetsheads : We Hail the Possessed...Alors que Merciless, Nihilist, Grave & Carnage définissent le son du death métal suédois à la fin des années 80, plusieurs formations leur emboîtent déjà le pas, à l’instar d’Unanimated, Necrophobic ou Hetsheads. Ce dernier se forme en 1988 autour de Stabel et Atte (Anders Strokirk), puis sous influence du death sombre de Left Hand Path et Dark Recollections (Entombed, Carnage), il rejoint Christian Highway aux Dalen Studios de Stockholm, en mai et novembre 1991, pour les sessions de deux démos, avant de changer de nom et d’orientation musicale.

Mais en 1994, impressionné par la qualité des titres injustement tombés aux oubliettes, Dave Rotten, boss de Repulse Records (ex-Drowned Productions), décide de les juxtaposer en un album, en concertation avec le groupe, munissant le tout d’une illustration inédite, et le baptisant We Hail The Possessed.

Débutant par un acoustique sombre fixant de suite l’atmosphère, We Hail The Possessed enchaîne sur Dissolution by Catatonia, aux rythmiques lourdes soutenant les vocaux d’outre tombe d’Atte, rappelant son travail sur le terrible The Nocturnal Silence de Necrophobic. Les guitares lancinantes de Remonstrating The Preserver confirment alors une approche typiquement suédoise, bâtie sur ces guitares sombrement mélodiques en support d’une assise rythmique écrasante, et juxtaposant parfaitement riffs tranchants & accélérations meurtrières.

S’agissant à l’origine de démos, We Hail The Possessed ne bénéficie certes pas d’une production terriblement puissante, mais possède en revanche un son gras et épais, qui renforcent brillamment la lourdeur de son climat. Au final, seule la différence de son perceptible entre ses deux enregistrements vient entacher quelque peu l’ensemble.

Dans la pure lignée de Dark Recollections & Left Hand Path, le côté suintant de Mental Funeral (Autopsy) & la noirceur The Nocturnal Silence en plus, We Hail The Possessed s’inscrit ainsi parmi les réalisations précieuses des débuts du death métal suédois. Ses touches fines aux claviers ou acoustiques se mêlent parfaitement à la profondeur de ses rythmiques, lui conférant cette ambiance sombre & pesante particulièrement réussie.

Fabien.

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31 janvier 2008

Malevolent Creation : In Cold Blood

Malevolent Creation : In Cold BloodDeux ans après le bon Eternal, passé toutefois relativement inaperçu, Malevolent Creation signe son retour, annonçant ses traditionnels turnover. Jon Rubin quitte en effet le gang floridien pour la seconde fois, remplacé au pied levé par le guitariste JP Soars, tandis que Derek Roddy succède au brillant Dave Culross derrières les fûts. La bande de Phil Fasciana rejoint alors Scott Burns aux Morrisound Studios en cette année 1997, pour les sessions d’In Cold Blood, son cinquième effort. Le disque sort tardivement l’année suivante chez Pavement / Crash, muni d’une pochette déplorable, ne facilitant pas son appréhension.

Majoritairement composé par Fasciana, In Cold Blood n’annonce aucune surprise, reprenant le death métal solide et massif d’Eternal. Sur les blasts et les roulements de Roddy, d’une puissance et d’une précision en tout point désarmantes, les riffs de Fasciana / Soars déchirent, soutenant Blachowicz et son guttural monocorde, malheureusement loin des growls incisifs de son prédécesseur, le charismatique Brett Hoffman.

Depuis le puissant Nocturnal Overlord jusqu’à l’écrasant Seizure, In Cold Blood balance ainsi un death rugueux, brutal et sans concession, mais défile en revanche dans une parfaite linéarité. Ses riffs certes tranchants sont en effet trop similaires, pour atteindre le relief et l’inspiration des premiers joyaux de la formation, les redoutables The Ten Commandments & Retribution.

Traversant les années fades du deathmetal de l’époque, Malevolent Creation continue imperturbablement son chemin, délivrant son death conventionnel qui, à défaut d’être original, dégage une pureté et une force toujours aussi remarquables. In Cold Blood s’adresse en particulier à tous les adeptes du groupe floridien et du death US, à l’image du message sans équivoque de Jason Blachowicz : “special thanks to all who follow true extreme brutal death metal”. Vous voilà prévenus !

Fabien.

30 janvier 2008

Malevolent Creation : In Cold Blood

Malevolent Creation : In Cold BloodDeux ans aprs le bon Eternal, pass toutefois relativement inaperu, Malevolent Creation signe son retour, annonant ses traditionnels turnover. Jon Rubin quitte en effet le gang floridien pour la seconde fois, remplac au pied lev par le guitariste JP Soars, tandis que Derek Roddy succde au brillant Dave Culross derrires les fts. La bande de Phil Fasciana rejoint alors Scott Burns aux Morrisound Studios en cette anne 1997, pour les sessions d’In Cold Blood, son cinquime effort. Le disque sort tardivement l’anne suivante chez Pavement / Crash, muni d’une pochette dplorable, ne facilitant pas son apprhension.

Majoritairement compos par Fasciana, In Cold Blood n’annonce aucune surprise, reprenant le death mtal solide et massif d’Eternal. Sur les blasts et les roulements de Roddy, d’une puissance et d’une prcision en tout point dsarmantes, les riffs de Fasciana / Soars dchirent, soutenant Blachowicz et son guttural monocorde, malheureusement loin des growls incisifs de son prdcesseur, le charismatique Brett Hoffman.

Depuis le puissant Nocturnal Overlord jusqu’ l’crasant Seizure, In Cold Blood balance ainsi un death rugueux, brutal et sans concession, mais dfile en revanche dans une parfaite linarit. Ses riffs certes tranchants sont en effet trop similaires, pour atteindre le relief et l’inspiration des premiers joyaux de la formation, les redoutables The Ten Commandments & Retribution.

Traversant les annes fades du deathmetal de l’poque, Malevolent Creation continue imperturbablement son chemin, dlivrant son death conventionnel qui, dfaut d’tre original, dgage une puret et une force toujours aussi remarquables. In Cold Blood s’adresse en particulier tous les adeptes du groupe floridien et du death US, l’image du message sans quivoque de Jason Blachowicz : “special thanks to all who follow true extreme brutal death metal”. Vous voil prvenus !

Fabien.

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Meathook Seed : Embedded

Meathook Seed : EmbeddedEn 1992, alors que Napalm Death sort un Utopia Banished certes teigneux, mais également prévisible, Mitch Harris accumule de son côté plusieurs idées qu’il n’arrive pas à placer dans un contexte purement death grind. A l’instar de Mick Harris parti pour Scorn, sans toutefois quitter Napalm pour sa part, il décide de créer son projet parallèle Meathook Seed, afin d’intégrer ses nombreuses expérimentations. Lors d’une tournée aux côtés d’Obituary, il convainc alors Donald Tardy et Trevor Peres de rejoindre l’équipe, respectivement en tant que batteur et chanteur. Emballé par le projet, Dig Pearson (boss d’Earache Records) signe un contrat discographique avec Mitch, se concluant par la sortie d’Embedded au printemps 1993, dans un boîtier CD cristal encore inédit à l’époque, muni d’une pochette visible sous papier calque.

Le concept novateur, associé à la marque Earache et aux noms prestigieux de membres de Napalm & Obituary, séduit ainsi une partie du public extrême, lassé des réalisations death stéréotypées du moment, et curieux d’analyser cette étrange météorite. Croisement entre la lourdeur death et l’incision thrash, Embedded contient une base assez traditionnelle, mais bénéficie parallèlement de nombreux samples et programmations, qui apportent des sonorités futuristes et industrielles, lui conférant ainsi son ambiance unique.

Embedded débute par Family Sector, sur une intro techno aux basses programmées et boites à rythmes, avant d’enchaîner sur la batterie percutante de Donald et les riffs serrés de Mitch, au jeu torturé et immédiatement reconnaissable. Vient alors la voix surprenante de Trevor, ni vraiment gutturale ou écorchée, mais tantôt hardcore, corrosive, synthétique ou étouffée, en fonction de l’atmosphère du morceau.

En effet, chaque titre d’Embedded possède sa propre ambiance, depuis l’énergique Day Of Conceiving et ses voix déchaînées, jusqu’à l’entraînant My Infinity et ses riffs catchy, en passant par l’imposant Wilted Remnant et ses claviers martiaux. L’ensemble demeure pourtant d’une cohérence remarquable, grâce aux riffs ingénieux de Mitch, tissant brillamment le fil conducteur. La onzième et dernière piste, Sea of Tranquility, change par contre du tout au tout, se résumant en 14 minutes de dark ambient, dominées par les samples, les claviers et les programmations intersidérales de Mitch, accompagné de Shane Embury (N.Death). Bref, 14 minutes interminables pour les mordus de batterie acoustique et de guitares tranchantes, présentant toutefois l’avantage d’être situées en fin d’album.

Sans figurer au rang des oeuvres incontournables de l’année 1993, Embedded se hisse en revanche parmi les albums les plus surprenants de la scène extrême de l’époque, aux côtés du mémorable The Cube de Supuration. A la croisée du death massif d’Obituary, du grind nerveux de Napalm Death, et de l’instrustriel avant-gardiste de Godflesh, l’effort de Meathook Seed se recommande ainsi à tous les fans de la marque Napalmienne, l’extrême brutalité en moins et le côté expérimental en plus. Parallèlement, ses touches industrielles témoignent de l’intérêt croissant de Mitch & Shane pour ce type de sonorités, laissant déjà entrevoir l’orientation du futur Fear Emptiness Despair de Napalm Death, qui rompt pour quelques temps avec son death grind sans concession.

Fabien.

> - Les chroniques -, Meathook Seed — admin @ 2:00

29 janvier 2008

Meathook Seed : Embedded

Meathook Seed : EmbeddedEn 1992, alors que Napalm Death sort un Utopia Banished certes teigneux, mais galement prvisible, Mitch Harris accumule de son ct plusieurs ides qu’il n’arrive pas placer dans un contexte purement death grind. A l’instar de Mick Harris parti pour Scorn, sans toutefois quitter Napalm pour sa part, il dcide de crer son projet parallle Meathook Seed, afin d’intgrer ses nombreuses exprimentations. Lors d’une tourne aux cts d’Obituary, il convainc alors Donald Tardy et Trevor Peres de rejoindre l’quipe, respectivement en tant que batteur et chanteur. Emball par le projet, Dig Pearson (boss d’Earache Records) signe un contrat discographique avec Mitch, se concluant par la sortie d’Embedded au printemps 1993, dans un botier CD cristal encore indit l’poque, muni d’une pochette visible sous papier calque.

Le concept novateur, associ la marque Earache et aux noms prestigieux de membres de Napalm & Obituary, sduit ainsi une partie du public extrme, lass des ralisations death strotypes du moment, et curieux d’analyser cette trange mtorite. Croisement entre la lourdeur death et l’incision thrash, Embedded contient une base assez traditionnelle, mais bnficie paralllement de nombreux samples et programmations, qui apportent des sonorits futuristes et industrielles, lui confrant ainsi son ambiance unique.

Embedded dbute par Family Sector, sur une intro techno aux basses programmes et boites rythmes, avant d’enchaner sur la batterie percutante de Donald et les riffs serrs de Mitch, au jeu tortur et immdiatement reconnaissable. Vient alors la voix surprenante de Trevor, ni vraiment gutturale ou corche, mais tantt hardcore, corrosive, synthtique ou touffe, en fonction de l’atmosphre du morceau.

En effet, chaque titre d’Embedded possde sa propre ambiance, depuis l’nergique Day Of Conceiving et ses voix dchanes, jusqu’ l’entranant My Infinity et ses riffs catchy, en passant par l’imposant Wilted Remnant et ses claviers martiaux. L’ensemble demeure pourtant d’une cohrence remarquable, grce aux riffs ingnieux de Mitch, tissant brillamment le fil conducteur. La onzime et dernire piste, Sea of Tranquility, change par contre du tout au tout, se rsumant en 14 minutes de dark ambient, domines par les samples, les claviers et les programmations intersidrales de Mitch, accompagn de Shane Embury (N.Death). Bref, 14 minutes interminables pour les mordus de batterie acoustique et de guitares tranchantes, prsentant toutefois l’avantage d’tre situes en fin d’album.

Sans figurer au rang des oeuvres incontournables de l’anne 1993, Embedded se hisse en revanche parmi les albums les plus surprenants de la scne extrme de l’poque, aux cts du mmorable The Cube de Supuration. A la croise du death massif d’Obituary, du grind nerveux de Napalm Death, et de l’instrustriel avant-gardiste de Godflesh, l’effort de Meathook Seed se recommande ainsi tous les fans de la marque Napalmienne, l’extrme brutalit en moins et le ct exprimental en plus. Paralllement, ses touches industrielles tmoignent de l’intrt croissant de Mitch & Shane pour ce type de sonorits, laissant dj entrevoir l’orientation du futur Fear Emptiness Despair de Napalm Death, qui rompt pour quelques temps avec son death grind sans concession.

Fabien.

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Terrorizer : Darker Days Ahead

Terrorizer : Darker Days Ahead1989. Véritable passerelle entre le hardcore grind britannique de Doom & Napalm Death et le deathmetal US de Master & Nausea, World Downfall se hisse immédiatement parmi les œuvres incontournables de la fin des eighties, propulsant directement Terrorizer parmi les formations death grind cultes, malgré l’enregistrement de son album à titre posthume.

2005. Pete Sandoval et Jesse Pintado décident de ressusciter le groupe légendaire, écrivant ensemble quelques nouveaux titres, et annonçant dans la foulée leur signature avec la puissante écurie Century Media, en tout début d’année suivante. Sans l’aide d’Oscar Garcia, Alfred Estrada et David Vincent, le duo s’épaule cette fois de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et d’Anthony Rezhawk, actif au sein de la scène grindcore dès la seconde partie des années 80, notamment au sein de son groupe Resistant Culture. La bande rejoint alors Juan Gonzales pour les sessions de Darker Days Ahead, son second album commercialisé en été 2006.

Sans compter son intro et son outro largement dispensables, Darker Days Ahead se compose de 10 titres, dont une moitié reprenant des vieux morceaux de 1987, réenregistrés pour l’occasion, à l’image de Crematorium, Fallout, Mayhem et Nightmare, ou encore de Dead Shall Rise, qui figure quant à lui sur le cultissime World Downfall. Enfin, les nouvelles compositions s’intègrent relativement bien à l’ancien répertoire, à l’instar des nerveux Darker Days Ahead & Blind Army.

Terrorizer conserve ainsi le ton de l’époque, bénéficiant d’une production rugueuse de Juan Gonzales et des terribles rythmiques de Pete, d’une technique et d’une dextérité toujours aussi désarmantes, soutenant le jeu précis & entraînant de Jesse & Tony. Les vocaux d’Anthony, sur des paroles doucement revendicatrices, restent quant à eux malheureusement bien fades, en regard des growls furieux du charismatique Oscar Garcia.

D’une qualité intrinsèque honorable, Darker Days Ahead présente surtout l’intérêt de la résurgence d’anciens titres, couplés à de nouvelles compositions, certes sympathiques mais également sans prétention. En effet, le retour de Terrorizer après 17 années d’inactivité se solde inévitablement par un death grind réchauffé, désormais daté et sans saveur, anéantissant cruellement le mythe Terrorizer, dénué de la fougue et de l’avant-gardisme de ses débuts. Tel un véritable coup du sort, l’album représente parallèlement le testament de Jesse Pintado, emporté par une crise diabétique le 27 août 2006, seulement quatre jours après la commercialisation du disque.

RIP Jesse.
Fabien.

> - Les chroniques -, Terrorizer — admin @ 2:00

28 janvier 2008

Terrorizer : Darker Days Ahead

Terrorizer : Darker Days Ahead1989. Vritable passerelle entre le hardcore grind britannique de Doom & Napalm Death et le deathmetal US de Master & Nausea, World Downfall se hisse immdiatement parmi les ?uvres incontournables de la fin des eighties, propulsant directement Terrorizer parmi les formations death grind cultes, malgr l’enregistrement de son album titre posthume.

2005. Pete Sandoval et Jesse Pintado dcident de ressusciter le groupe lgendaire, crivant ensemble quelques nouveaux titres, et annonant dans la foule leur signature avec la puissante curie Century Media, en tout dbut d’anne suivante. Sans l’aide d’Oscar Garcia, Alfred Estrada et David Vincent, le duo s’paule cette fois de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et d’Anthony Rezhawk, actif au sein de la scne grindcore ds la seconde partie des annes 80, notamment au sein de son groupe Resistant Culture. La bande rejoint alors Juan Gonzales pour les sessions de Darker Days Ahead, son second album commercialis en t 2006.

Sans compter son intro et son outro largement dispensables, Darker Days Ahead se compose de 10 titres, dont une moiti reprenant des vieux morceaux de 1987, renregistrs pour l’occasion, l’image de Crematorium, Fallout, Mayhem et Nightmare, ou encore de Dead Shall Rise, qui figure quant lui sur le cultissime World Downfall. Enfin, les nouvelles compositions s’intgrent relativement bien l’ancien rpertoire, l’instar des nerveux Darker Days Ahead & Blind Army.

Terrorizer conserve ainsi le ton de l’poque, bnficiant d’une production rugueuse de Juan Gonzales et des terribles rythmiques de Pete, d’une technique et d’une dextrit toujours aussi dsarmantes, soutenant le jeu prcis & entranant de Jesse & Tony. Les vocaux d’Anthony, sur des paroles doucement revendicatrices, restent quant eux malheureusement bien fades, en regard des growls furieux du charismatique Oscar Garcia.

D’une qualit intrinsque honorable, Darker Days Ahead prsente surtout l’intrt de la rsurgence d’anciens titres, coupls de nouvelles compositions, certes sympathiques mais galement sans prtention. En effet, le retour de Terrorizer aprs 17 annes d’inactivit se solde invitablement par un death grind rchauff, dsormais dat et sans saveur, anantissant cruellement le mythe Terrorizer, dnu de la fougue et de l’avant-gardisme de ses dbuts. Tel un vritable coup du sort, l’album reprsente paralllement le testament de Jesse Pintado, emport par une crise diabtique le 27 aot 2006, seulement quatre jours aprs la commercialisation du disque.

RIP Jesse.
Fabien.

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At The Gates : Terminal Spirit Disease

Terminal Spirit Disease constitue assurément un tournant décisif dans l’approche musicale d’At The Gates. Ses deux albums précédents étant tout à la fois des preuves évidentes d’un immense potentiel et des concepts ardus, complexes et difficiles d’accès, le death metal des Suédois avait l’impérieuse nécessité de gagner en efficacité et en impact pour s’émanciper pleinement.
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, et une fois n’est pas coutume, nous allons commencer par les choses qui fâchent.

Terminal Spirit Disease est dans un sens une véritable arnaque. Comment présenter ce disque comme un album full length, sauf à tromper l’acheteur ? La seconde partie du skeud n’est rien d’autre qu’un live, certes de qualité et intéressant pour se remémorer les morceaux les plus marquants des deux premiers albums d’At The Gates, mais l’évolution stylistique et le contraste avec les premiers morceaux est tel que c’est une terrible faute de goût. Je ne suis pas fan des albums live, de toute façon. Et quand bien même on fait fi de cela, sur les 6 inédits restant, on doit compter avec une instrumentale acoustique, certes joliment composée et pleine de mélancolie (And The World Returned), et d’un morceau passable, lent et besogneux qui devient dispensable au bout de deux écoutes (The Fevered Circle).

Si vous comptez bien, la substantifique moelle de Terminal Spirit Disease se compose en fait de 4 morceaux, pour un quart d’heure de musique qui vaut le détour.
A ce stade, vous pourriez vous poser la question de la pertinence du 16/20, vu le tableau… Oui mais voilà, ces 4 titres… comment le dire sans pondre une longue litanie de superlatifs… et bien si je devais proposer un top 10 des meilleurs morceaux de death mélodique, les 4 y figureraient. Quatre joyaux qui justifient sans l’ombre d’un doute l’achat les yeux fermés de TSD, quatre perles qui frisent la perfection.

De l’introduction poignante de The Swarm, violons et guitares vous filant la chair de poule, au refrain percutant et délicieusement riche en émotions de Terminal Spirit Disease, en passant par les riffs dévastateurs et pourtant si finement ciselés de Forever Blind ou de The Beautiful Wound, jamais le death mélodique à la sauce suédoise n’a connu un équilibre aussi parfait entre agressivité, vigueur, subtilité, élégance et richesse émotionnelle. Comme si le potentiel des premiers albums avait été soudainement synthétisé en un tout cohérent d’une fluidité désarmante, avec l’utilisation très complémentaire des deux guitares sur des riffs en plusieurs dimensions, conférant puissance et élégance, percussion et beauté sauvage. La simplification globale des tempos utilisés (le blast disparaît au profit d’un tempo typiquement thrash sur les parties rapides) n’empêche pas les constructions soignées, qui gagnent en compacité et en force de frappe.

Le génie est bien là, dans la capacité d’At The Gates à épurer sa musique sans en perdre l’extraordinaire richesse. Il en résulte dans ces quatre titres une atmosphère alternant avec beaucoup de justesse entre colère et mélancolie, d’une intensité à vous filer des frissons. Doté en outre d’un son plus puissant et d’une exécution plus rigoureuse que ses prédécesseurs, le death d’At The Gates atteint sans doute ici son sommet artistique, surpassant toute la concurrence en cette année 94.

Imaginez un peu ce qu’aurait donné un vrai album, bâti sur la longueur avec la même qualité intrinsèque… les regrets ne sont cependant pas de mise, puisque c’est (presque) ce que réalisera At The Gates avec Slaughter of the Soul l’année suivante, chef d’œuvre qui n’est plus à présenter. Presque ? Compact et furieusement efficace, celui-ci n’a pas tout à fait la petite étincelle émotionnelle du meilleur de Terminal Spirit Disease. Dois-je sincèrement en rajouter ?

Eulmatt (www.spirit-of-metal.com).

Effectivement Matt’, malgré sa courte durée et ses lives dispensables, Terminal Spirit Disease justifie pleinement son achat. C’est une très bonne transition entre les structures alambiquées des deux premiers albums et le côté direct & percutant de l’excellent Slaughter Of The Soul. Il marque de plus le retour des fines touches de violons, que j’avais particulièrement appréciés sur The Red In The Sky. At The Gates n’a encore une fois pas son pareil pour charger le death métal en émotion ! Fabien.

> - Les guests -, At The Gates — fabien @ 6:15

26 janvier 2008

Anthrax : Among the Living

Quelques mois après Slayer et Metallica, c’est donc au tour des New-Yorkais d’Anthrax d’offrir leur monument de thrash metal à cette époque bénie des années 86-87. Sans atteindre la violence de Reign in Blood ni la majesté de Master of Puppets, Among the Living incarne l’avènement d’une autre forme de thrash, énergique, pêchue et entraînante, flirtant bon le hardcore dans sa furieuse tendance à enchaîner les mosh parts et les accélérations fulgurantes.

Ne nous méprenons pas cependant : les premiers riffs d’Among the Living, avec un son copieux et une puissance toute métallique, annoncent bien une déferlante de thrash metal… qui arrive plein pot. Ce premier titre suffit à comprendre qu’Anthrax a franchi un cap depuis Spreading the Disease. Outre la puissance de la production, les riffs accrocheurs en diable et les changements de rythme implacables sont une invitation immédiate à un joyeux headbanging.

Et ce n’est pas fini, car le deuxième morceau n’est rien d’autre que le cultissime Caught in a Mosh, dont le titre est suffisamment évocateur. Véritable claque, ce morceau résume à lui seul la fusion du thrash furieux avec des relents jouissifs de hardcore qui signe la patte Anthrax. Puis survient à nouveau un classique, I Am the Law, groovy et mid-tempo pendant quelques minutes avant de s’emballer lui aussi. Les deux titres suivants préfigurent de l’avenir du thrash d’Anthrax, aux rythmiques simplistes et à l’ambiance globalement plus festive, s’éloignant de manière radicale de la frange obscure du metal extrême incarnée par Slayer & Co.

C’est d’ailleurs le chant de Joey Belladonna qui est pour partie responsable, chant si souvent discuté, aux aigus sentant bon le heavy metal, fleurant souvent avec une jovialité que l’on pourra lui reprocher plus tard. Le sérieux reste toutefois de mise avec Indians, merveille de metal teintée d’émotion et de maîtrise, l’un des plus beaux titres de la discographie d’Anthrax, qui rappelle d’ailleurs que comme bon nombre de leurs compères est-américains, Anthrax est un groupe engagé politiquement (là encore la mouvance hardcore n’est jamais très loin).

L’album se poursuit ainsi sur sa lancée, ne faiblissant pas et procurant une joie immense à tout aficionado du thrash metal, grâce à ses riffs percutants, son rythme endiablé et sa faculté à jouer avec les tempos. Il est également le tournant définitif qui écarte Anthrax de la mouvance la plus sombre du metal extrême d’alors, en faisant néanmoins un leader de la scène New-Yorkaise, si atypique dans le paysage du métal américain par sa culture hardcore, qui a tant donné au thrash metal. Among the Living est donc indiscutablement une pièce culte de ce mouvement, la pièce culte de ce qui fût un des “Big Four” du thrash metal.

Eulmatt (www.metal-blogs.com/eulmatt).

1986… l’année du thrash metal par excellence…
Among The Living reste certainement l’album le plus marquant des skaters new-yorkais (avec le fabuleux State Of Euphoria, me concernant). S’opposant fièrement à la domination californienne de Slayer, Metallica & Megadeth, Anthrax balance pour la première fois ses mosh parts, breaks entraînants provoquant des headbangs incontrôlés ! Possédant encore quelques traces de compositions de Dan Lilker, l’album lâche plein de classiques, à l’image des intemporels Caught In A Mosh, Efilnikufesin ou One World, définitvement incontournables. Fabien.

> - Les guests -, Anthrax — fabien @ 0:45

Behexen : My Soul For His Glory

La scène Black Metal Finlandaise est pour moi la meilleure actuelle, ne serait ce que par cette trilogie ultime: Horna, Sargeist, Behexen, chaque membre, notamment le remarquable Shatraug, copulant sans distinction dans ces trois entités. Behexen, à travers ses deux premiers albums, et particulièrement Rituale Satanum sorti en 2000, a fait preuve de sa capacité à nous vomir un Black haineux, brutal, pas toujours fin mais non dénué d’identité, en tout cas bien accrocheur.

Après un mémorable split avec Horna en 2005, on n’entend plus parler de Behexen, les membres s’éparpillant dans des projets annexes comme il est de coutume. Mais comme les meilleurs reviennent toujours, Behexen fait son come back en 2008 avec ce My Soul For His Glory, notablement transformé. Behexen a affiné sa musique, l’a diversifiée, élargissant sa palette Black Metal, sans en perdre sa sève destructrice, ce côté authentique.

On a affaire sur cet opus à des morceaux aux structures et influences indéniablement plus variées. J’en veux pour preuve ce vieux riff Thrash au groove plaisant sur le titre d’ouverture. Ou bien ces superbes trémolos sur Demonic Fleshtemple, avec cette intensité, cette conviction que bien peu de groupes sont à même de reproduire. On note aussi ces variations bien amenées accompagnés de sonorités guitaristiques bien trouvées sur Cathedral Of The Ultimate Void.

Behexen ne rechigne même pas à quelques petites parties atmosphériques, à la fin de Born In The Serpent In The Abyss, après un début de titre quasi Death, ou bien sur O.O.O., titre lent et monolithique sans batterie accompagné d’une voix lointaine. La voix d’ailleurs est une force de ce nouvel album, comprenant des variations allant du quasi grunt au criard strident classique au BM, et même au chant mystique, martial et clair sur le titre éponyme, un peu comme sur certains morceaux de Kampfar.

On a aussi droit à quelques parties de Black mélodique à la suédoise sur le très direct “And The Believers Shall Be Damned”. On finit avec le mid tempo gorgé de feeling “And The Stigmas Bleed Black” en belle conclusion d’un album bien trop court. Et même avec toutes ces influences, My Soul For His Glory est d’une redoutable cohérence. Ca passe d’une traite et ca fait énormément de bien. Le tout est servie par une prod’ audible à défaut d’être puissante, n’en déplaise aux “puristes purs” amateurs d’approximations, bien loin du son baveux de By The Blessing Of Satan déservant quelque peu le travail guitaristique.

Eclectisme, talent, conviction, et à défaut d’une originalité de toute facon caduque dans ce style si étroit, une patte évidente. Voilà les maîtres mots de ce cru 2008 de Behexen. Déjà, un très gros album de vrai et bon Black Metal pour 2008. La concurrence va devoir se bouger, la barre est haute.

Sargeist (www.spirit-of-metal.com).

A l’heure ou la scène black semble saturée et stéréotypée, quelques albums survolent inexorablement la masse, tel My Soul For His Glory, à la fois intense, prenant, sombre et profond. Behexen varie admirablement ses titres et maîtrise impeccablement ses atmosphères, pour restituer au final un album d’une richesse et d’une fluidité exemplaires, avec une authenticité & une sobriété plus que remarquables, loin du caricatural environnant. Une très bonne surprise me concernant. Fabien.

> - Les guests -, Behexen — fabien @ 11:03

25 janvier 2008