Altars of Fab’ Death

Malevolent Creation : In Cold Blood

Malevolent Creation : In Cold BloodDeux ans après le bon Eternal, passé toutefois relativement inaperçu, Malevolent Creation signe son retour, annonçant ses traditionnels turnover. Jon Rubin quitte en effet le gang floridien pour la seconde fois, remplacé au pied levé par le guitariste JP Soars, tandis que Derek Roddy succède au brillant Dave Culross derrières les fûts. La bande de Phil Fasciana rejoint alors Scott Burns aux Morrisound Studios en cette année 1997, pour les sessions d’In Cold Blood, son cinquième effort. Le disque sort tardivement l’année suivante chez Pavement / Crash, muni d’une pochette déplorable, ne facilitant pas son appréhension.

Majoritairement composé par Fasciana, In Cold Blood n’annonce aucune surprise, reprenant le death métal solide et massif d’Eternal. Sur les blasts et les roulements de Roddy, d’une puissance et d’une précision en tout point désarmantes, les riffs de Fasciana / Soars déchirent, soutenant Blachowicz et son guttural monocorde, malheureusement loin des growls incisifs de son prédécesseur, le charismatique Brett Hoffman.

Depuis le puissant Nocturnal Overlord jusqu’à l’écrasant Seizure, In Cold Blood balance ainsi un death rugueux, brutal et sans concession, mais défile en revanche dans une parfaite linéarité. Ses riffs certes tranchants sont en effet trop similaires, pour atteindre le relief et l’inspiration des premiers joyaux de la formation, les redoutables The Ten Commandments & Retribution.

Traversant les années fades du deathmetal de l’époque, Malevolent Creation continue imperturbablement son chemin, délivrant son death conventionnel qui, à défaut d’être original, dégage une pureté et une force toujours aussi remarquables. In Cold Blood s’adresse en particulier à tous les adeptes du groupe floridien et du death US, à l’image du message sans équivoque de Jason Blachowicz : “special thanks to all who follow true extreme brutal death metal”. Vous voilà prévenus !

Fabien.

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January 30, 2008

Meathook Seed : Embedded

Meathook Seed : EmbeddedEn 1992, alors que Napalm Death sort un Utopia Banished certes teigneux, mais également prévisible, Mitch Harris accumule de son côté plusieurs idées qu’il n’arrive pas à placer dans un contexte purement death grind. A l’instar de Mick Harris parti pour Scorn, sans toutefois quitter Napalm pour sa part, il décide de créer son projet parallèle Meathook Seed, afin d’intégrer ses nombreuses expérimentations. Lors d’une tournée aux côtés d’Obituary, il convainc alors Donald Tardy et Trevor Peres de rejoindre l’équipe, respectivement en tant que batteur et chanteur. Emballé par le projet, Dig Pearson (boss d’Earache Records) signe un contrat discographique avec Mitch, se concluant par la sortie d’Embedded au printemps 1993, dans un boîtier CD cristal encore inédit à l’époque, muni d’une pochette visible sous papier calque.

Le concept novateur, associé à la marque Earache et aux noms prestigieux de membres de Napalm & Obituary, séduit ainsi une partie du public extrême, lassé des réalisations death stéréotypées du moment, et curieux d’analyser cette étrange météorite. Croisement entre la lourdeur death et l’incision thrash, Embedded contient une base assez traditionnelle, mais bénéficie parallèlement de nombreux samples et programmations, qui apportent des sonorités futuristes et industrielles, lui conférant ainsi son ambiance unique.

Embedded débute par Family Sector, sur une intro techno aux basses programmées et boites à rythmes, avant d’enchaîner sur la batterie percutante de Donald et les riffs serrés de Mitch, au jeu torturé et immédiatement reconnaissable. Vient alors la voix surprenante de Trevor, ni vraiment gutturale ou écorchée, mais tantôt hardcore, corrosive, synthétique ou étouffée, en fonction de l’atmosphère du morceau.

En effet, chaque titre d’Embedded possède sa propre ambiance, depuis l’énergique Day Of Conceiving et ses voix déchaînées, jusqu’à l’entraînant My Infinity et ses riffs catchy, en passant par l’imposant Wilted Remnant et ses claviers martiaux. L’ensemble demeure pourtant d’une cohérence remarquable, grâce aux riffs ingénieux de Mitch, tissant brillamment le fil conducteur. La onzième et dernière piste, Sea of Tranquility, change par contre du tout au tout, se résumant en 14 minutes de dark ambient, dominées par les samples, les claviers et les programmations intersidérales de Mitch, accompagné de Shane Embury (N.Death). Bref, 14 minutes interminables pour les mordus de batterie acoustique et de guitares tranchantes, présentant toutefois l’avantage d’être situées en fin d’album.

Sans figurer au rang des oeuvres incontournables de l’année 1993, Embedded se hisse en revanche parmi les albums les plus surprenants de la scène extrême de l’époque, aux côtés du mémorable The Cube de Supuration. A la croisée du death massif d’Obituary, du grind nerveux de Napalm Death, et de l’instrustriel avant-gardiste de Godflesh, l’effort de Meathook Seed se recommande ainsi à tous les fans de la marque Napalmienne, l’extrême brutalité en moins et le côté expérimental en plus. Parallèlement, ses touches industrielles témoignent de l’intérêt croissant de Mitch & Shane pour ce type de sonorités, laissant déjà entrevoir l’orientation du futur Fear Emptiness Despair de Napalm Death, qui rompt pour quelques temps avec son death grind sans concession.

Fabien.

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January 29, 2008

Terrorizer : Darker Days Ahead

Terrorizer : Darker Days Ahead1989. Véritable passerelle entre le hardcore grind britannique de Doom & Napalm Death et le deathmetal US de Master & Nausea, World Downfall se hisse immédiatement parmi les ?uvres incontournables de la fin des eighties, propulsant directement Terrorizer parmi les formations death grind cultes, malgré l’enregistrement de son album à titre posthume.

2005. Pete Sandoval et Jesse Pintado décident de ressusciter le groupe légendaire, écrivant ensemble quelques nouveaux titres, et annonçant dans la foulée leur signature avec la puissante écurie Century Media, en tout début d’année suivante. Sans l’aide d’Oscar Garcia, Alfred Estrada et David Vincent, le duo s’épaule cette fois de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et d’Anthony Rezhawk, actif au sein de la scène grindcore dès la seconde partie des années 80, notamment au sein de son groupe Resistant Culture. La bande rejoint alors Juan Gonzales pour les sessions de Darker Days Ahead, son second album commercialisé en été 2006.

Sans compter son intro et son outro largement dispensables, Darker Days Ahead se compose de 10 titres, dont une moitié reprenant des vieux morceaux de 1987, réenregistrés pour l’occasion, à l’image de Crematorium, Fallout, Mayhem et Nightmare, ou encore de Dead Shall Rise, qui figure quant à lui sur le cultissime World Downfall. Enfin, les nouvelles compositions s’intègrent relativement bien à l’ancien répertoire, à l’instar des nerveux Darker Days Ahead & Blind Army.

Terrorizer conserve ainsi le ton de l’époque, bénéficiant d’une production rugueuse de Juan Gonzales et des terribles rythmiques de Pete, d’une technique et d’une dextérité toujours aussi désarmantes, soutenant le jeu précis & entraînant de Jesse & Tony. Les vocaux d’Anthony, sur des paroles doucement revendicatrices, restent quant à eux malheureusement bien fades, en regard des growls furieux du charismatique Oscar Garcia.

D’une qualité intrinsèque honorable, Darker Days Ahead présente surtout l’intérêt de la résurgence d’anciens titres, couplés à de nouvelles compositions, certes sympathiques mais également sans prétention. En effet, le retour de Terrorizer après 17 années d’inactivité se solde inévitablement par un death grind réchauffé, désormais daté et sans saveur, anéantissant cruellement le mythe Terrorizer, dénué de la fougue et de l’avant-gardisme de ses débuts. Tel un véritable coup du sort, l’album représente parallèlement le testament de Jesse Pintado, emporté par une crise diabétique le 27 août 2006, seulement quatre jours après la commercialisation du disque.

RIP Jesse.
Fabien.

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January 28, 2008

Abysmal Dawn : Programmed to Consume

Fort d’un premier album d’une étonnante maturité, Abysmal Dawn décroche directement un contrat avec le puissant label Relapse Records. Sans modifier l’alchimie de From Ashes, Le groupe californien emmené par Charles Elliot retourne ainsi aux studios Shiva Industries, pour les sessions du successeur Programmed to Consume, débouchant sur sa sortie en mai 2008, muni d’une nouvelle illustration du maître Par Olofsson.

Comme l’indique la réitération de l’ingénieur du son et du dessinateur, Programmed to Consume se situe dans l’exacte lignée de son prédécesseur. Les nouveaux titres d’Abysmal Dawn sont toujours aussi techniques, équilibrées & nuancées, bénéficiant de rythmiques bétons et d’un riffing d’une précision exemplaire. En outre, les jeux de guitares de Charles Elliot et Jamie Boulanger, souvent en décalage d’un ton, se complètent à la perfection, permettant de nuancer et d’enrichir considérablement les compositions.

Programmed to Consume s’entend cette fois sur une durée allongée à 37 minutes, permettant à Abysmal Dawn de varier davantage son style, tout en le peaufinant dans les moindres détails, depuis la puissance des riffs de Compulsory Resurrection & Cease to Comprehend, la beauté des soli de Modern Art, l’envoutement acoustique de l’interlude Aeon Aomegas, jusqu’aux atmosphères blackisantes de Path of Fire. Par ailleurs, le chant guttural pur de Charles Elliot complète admirablement le tableau, alliant une rage à une incroyable profondeur, n’ayant d’égal que les growls d’Akerfeldt au sein de Bloodbath. Les paroles se situent en outre dans un registre spirituel intelligent & posé, renforçant la sobriété du concept d’Abysmal Dawn.

Parfaitement enregistré, Programmed to Consume dégage ainsi un death metal d’une puissance et d’un équilibre étonnants, aux atmosphères d’une grande richesse. Tout en restant moderne dans son approche, l’album possède parallèlement une légère teinte old school qui confère beaucoup d’accroche à ses compositions, ainsi facilement mémorisables malgré la complexité de nombreux plans. Avec un tel talent et un tel potentiel créatif, Abysmal Dawn compte sans conteste parmi les valeurs sûres du death US, manquant seulement d’un brin de folie pour se hisser définitivement au premier plan.

Fabien
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> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — fabien @ 6:00 am

January 26, 2008

Arsis : We Are The Nightmare

Et voici le troisième album des redoutables américains de Arsis. Le groupe compte de plus en plus de fans dévoués à sa cause, il faut dire que son death métal hyper technique est impressionnant de maîtrise et que question dextérité, les musiciens n’ont de leçons à recevoir de personne…

Avec ses deux réalisations précédentes, Arsis a montré de quoi il était capable, plus question pour le groupe de prouver quoi que ce soit. Deux options s’ouvrent alors à lui, continuer sur la lancée d’un death qui frôle la démonstration ou revoir sa façon de composer pour proposer quelque chose d’un peu plus risqué et ambitieux. Point de grosse évolution, Arsis cimente son style avec un troisième album ébouriffant et au final assez peu surprenant, les fans y trouveront leur compte. Pas de réelle évolution, mais pas d’immobilisme non plus, car la composition est extrêmement habile et les soli mélodiques toujours aussi savoureux. Toutefois, même si les riffs et les breaks sont toujours aussi barrés, Arsis met quelque peu de l’eau dans son vin en proposant des compos plus sages qui ne foncent plus tête baissée comme par le passé. Ce petit côté adouci, côté renforcé par une production très claire, décevra peut-être ceux qui avaient été séduit par l’aspect “chien fou” des deux opus précédents (le premier surtout), mais l’ensemble reste de haute volée.

Nous voici donc en présence d’un album qui pilonne dans tous les sens (quel batteur !), à la fois bourrin et mélodique, et relevé parfois de touches heavy bien sympas. Les amateurs de technique et de soli décoiffants seront à la fête, d’autant que l’inspiration est bien présente, chaque titre fourmillant en effet d’idées originales. Et pourtant, au niveau des sensations que dégagent cet album, j’ai été un poil déçu, il manque un ingrédient final qui aurait élevé cette réalisation à un niveau supérieur. Curieusement, même s’il est agressif, cet album ne dégage pas d’atmosphère particulièrement prenante, je n’ai été réellement transporté qu’à de trop rares moments. Arsis ne possède pas l’aura malsaine et suffocante du récent Antithesis de Origin par exemple, et c’est bien dommage car ce We Are The Nightmare aurait été bien meilleur encore. Mais bon, faut pas non plus cracher dans la soupe, de très bons passages font régulièrement mouche, notamment lors des trois derniers titres, les meilleurs à mon goût (Failure’s Conquest est un vrai morceau de bravoure).

We Are The Nightmare  a de quoi vous mettre à genoux et se décortique écoutes après écoutes, preuve que le death technique a encore de beaux jours devant lui. Mettez la main à votre porte-monnaie, vous ne gaspillerez pas vos thunes, et ce même si je pense que le meilleur de Arsis est encore à venir. Vivement le prochain !

Tonio (www.metal-blogs.com/tonio).

Alors que le death à tendance mélodique paraît de plus en plus fade et aseptisé au fil des années, Arsis parvient à sortir des missiles authentiques et particulièrement inspirés. Ce groupe US réussit le pari incroyable de marier le métal brutalico-classieux de Necrophagist, avec la fibre mélodique & agressive des premiers Dark Tranquillty, époque culte The Gallery. Arsis possède de surcroît une personnalité fortement marquée, et une technique absolument renversante. Son album We Are The Nigthmare porte d’ailleurs bien son titre : un vrai cauchemar pour les musiciens, et guitaristes en particulier ! Fabien.

> - Les guests -, Arsis — fabien @ 4:15 am

Banishment : Cleansing the Infirm

Originaire de Los Angeles, Banishment s’ajoute à la myriade de formations de brutal death sévissant dans l’état californien, depuis l’essor de Deeds of Flesh dans les années 90. Une seule démo enregistrée en 2006 suffit au jeune groupe pour décrocher un contrat avec le label tchèque Lacerated Enemy, qui habitue depuis quelques temps le deathster à des productions de qualité, dans des emballages toujours très soignés. Cleansing The Infirm ne faillit donc pas à la règle, bénéficiant non seulement d’une bonne production, mais aussi d’un artwork somptueux du maître suédois Par Olofsson, particulièrement courtisé ces dernières années.

Si Cleansing The Infirm ne surprend pas de prime abord, reprenant fidèlement la recette de Suffocation ou de Beheaded maintes fois testée, il balance toutefois un brutal death parfaitement en place, prenant alors rapidement corps au fil des écoutes. Son assise rythmique solide, bâtie autour d’un double pédalage et de blast-beats carrés, sert impeccablement les guitares de Billy Clap, qui joue habillement sur la stéréo en superposant ses riffs, apportant une nuance très appréciable aux compositions. Imar Arnotovic ajoute enfin son guttural très rauque, un brin monocorde, mais suffisamment compréhensible pour ne pas verser dans la caricature, et dynamiser l’ensemble.

Bien que ses compositions restent encore interchangeables, Banishment multiplie toutefois les plans subtils & les contretemps, varie ses rythmes et équilibre adroitement ses morceaux, à l’image du break renversant d’Obscure Benevolence, des harmoniques du bon Detriment, des guitares fines de l’instrumental Inimical Figure, ou encore du calibrage impressionnant l’excellent Empyreal Treachery, symbolisant à lui seul tout le potentiel et la marge de progression du quatuor californien.

A l’instar des ses homonymes de Decaying Purity, Carnophage ou Kataplexia, Banishment figure ainsi parmi ces formations « Suffocation-like » certes conventionnelles, pêchant encore par leur manque de personnalité, mais lâchant en revanche un deathmetal particulièrement subtil & maitrisé, se plaçant bien au dessus de la meute brutaldeath actuelle. Technique, varié & équilibré, Cleansing The Infirm se décortique avec beaucoup de plaisir, ravissant sans conteste les amateurs du genre, qui devront alors multiplier les écoutes, pour tenter de maîtriser ses nombreuses facettes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Banishment — fabien @ 11:05 am

January 25, 2008

Behexen : My Soul For His Glory

La scène Black Metal Finlandaise est pour moi la meilleure actuelle, ne serait ce que par cette trilogie ultime: Horna, Sargeist, Behexen, chaque membre, notamment le remarquable Shatraug, copulant sans distinction dans ces trois entités. Behexen, à travers ses deux premiers albums, et particulièrement Rituale Satanum sorti en 2000, a fait preuve de sa capacité à nous vomir un Black haineux, brutal, pas toujours fin mais non dénué d’identité, en tout cas bien accrocheur.

Après un mémorable split avec Horna en 2005, on n’entend plus parler de Behexen, les membres s’éparpillant dans des projets annexes comme il est de coutume. Mais comme les meilleurs reviennent toujours, Behexen fait son come back en 2008 avec ce My Soul For His Glory, notablement transformé. Behexen a affiné sa musique, l’a diversifiée, élargissant sa palette Black Metal, sans en perdre sa sève destructrice, ce côté authentique.

On a affaire sur cet opus à des morceaux aux structures et influences indéniablement plus variées. J’en veux pour preuve ce vieux riff Thrash au groove plaisant sur le titre d’ouverture. Ou bien ces superbes trémolos sur Demonic Fleshtemple, avec cette intensité, cette conviction que bien peu de groupes sont à même de reproduire. On note aussi ces variations bien amenées accompagnés de sonorités guitaristiques bien trouvées sur Cathedral Of The Ultimate Void.

Behexen ne rechigne même pas à quelques petites parties atmosphériques, à la fin de Born In The Serpent In The Abyss, après un début de titre quasi Death, ou bien sur O.O.O., titre lent et monolithique sans batterie accompagné d’une voix lointaine. La voix d’ailleurs est une force de ce nouvel album, comprenant des variations allant du quasi grunt au criard strident classique au BM, et même au chant mystique, martial et clair sur le titre éponyme, un peu comme sur certains morceaux de Kampfar.

On a aussi droit à quelques parties de Black mélodique à la suédoise sur le très direct “And The Believers Shall Be Damned”. On finit avec le mid tempo gorgé de feeling “And The Stigmas Bleed Black” en belle conclusion d’un album bien trop court. Et même avec toutes ces influences, My Soul For His Glory est d’une redoutable cohérence. Ca passe d’une traite et ca fait énormément de bien. Le tout est servie par une prod’ audible à défaut d’être puissante, n’en déplaise aux “puristes purs” amateurs d’approximations, bien loin du son baveux de By The Blessing Of Satan déservant quelque peu le travail guitaristique.

Eclectisme, talent, conviction, et à défaut d’une originalité de toute facon caduque dans ce style si étroit, une patte évidente. Voilà les maîtres mots de ce cru 2008 de Behexen. Déjà, un très gros album de vrai et bon Black Metal pour 2008. La concurrence va devoir se bouger, la barre est haute.

Sargeist (www.spirit-of-metal.com).

A l’heure ou la scène black semble saturée et stéréotypée, quelques albums survolent inexorablement la masse, tel My Soul For His Glory, à la fois intense, prenant, sombre et profond. Behexen varie admirablement ses titres et maîtrise impeccablement ses atmosphères, pour restituer au final un album d’une richesse et d’une fluidité exemplaires, avec une authenticité & une sobriété plus que remarquables, loin du caricatural environnant. Une très bonne surprise me concernant. Fabien.

> - Les guests -, Behexen — fabien @ 11:03 am

Beneath The Massacre : Dystopia

DystopiaAprès un Mechanics Of Dysfunction désarmant par sa technique, mais parallèlement trop synthétique, Beneath the Massacre revient en ce mois d’octobre 2008 avec son redoutable successeur Dystopia, bénéficiant d’un trio explosif à l’enregistrement, au mixage et au mastering, respectivement signés par Yannick St Amand, Jason Suecof & Alan Douches. Sans aucun changement de line up, le groupe canadien emmené par les frères Bradley se consacre ainsi à 100% sur son nouvel effort, bien décidé à confirmer sa place parmi les nouvelles locomotives de la scène brutal death actuelle.

D’entrée, Condemned & Reign of Terror déboitent tout sur leur passage, juxtaposant vicieusement pM écrasants (lignes de guitares jouées avec la paume de la main), rythmiques saccadées, et envolées techniques que Necrophagist n’aurait pas reniées sur son monumental Epitaph, apportant ainsi une dynamique phénoménale, renforcée par le guttural très brutal d’Elliot Desgagnes. Jouant sur la stéréophonie, Chris Bradley impressionne, le guitariste superposant ses plans des guitares, sur la basse ronflante de son frère, avec une dextérité et une rapidité déconcertantes, apportant une multitude de lectures aux compositions.

Toutefois, à vouloir trop en faire, Beneath the Massacre perd par moment l’auditeur dans ses plans architecturaux, assénant parallèlement des titres trop compacts, qui peinent alors à se détacher les uns des autres. A l’exception de Wasteland ou de l’incontournable No Future, l’ensemble manque également de soli, qui auraient permis l’apport de repères au deathster, déboussolé par cette avalanche de notes et cette polyrythmie omniprésentes. L’équilibre du redoutable morceau final Procreating the Infection montre toutefois la capacité de Beneath the Massacre à canaliser son incroyable potentiel, possédant cette puissance et cette maîtrise pouvant les hisser à tout moment au sommet du brutal death actuel.

Véritable cauchemar pour les guitaristes, à l’image des derniers missiles d’Origin, BrainDrill, Arsis et Necrophagist, Dystopia effraye par sa technique, son côté novateur et l’excellence de ses interprètes, mais offre également une écoute plus fluide que son prédécesseur, bénéficiant parallèlement d’une production plus ronde, quoiqu’encore un peu trop lisse, lui ôtant en partie le côté mécanique de ses compositions. Toutefois, malgré un gain en personnalité, une maîtrise instrumentale sans faille et une brutalité manifeste, Beneath the Massacre manque encore du zeste nécessaire, qui lui permettrait de donner tout le corps exigé à chacun de ses morceaux, pour dégager un côté plus organique, plus vivant, à l’image de la dernière ogive d’Hate Eternal, et de se hisser enfin et définitivement aux côtés de l’élite du brutal death … Purée, quel potentiel !

Fabien.

> - Les chroniques -, Beneath The Massacre — admin @ 11:00 am

Bloodbath : Unblessing The Purity

Bloodbath (SWE) : Unblessing The PurityBien décidés à poursuivre l’aventure avec l’entité deathmetal Bloodbath, Jonas Renske & Anders Nyström (Katatonia) composent quatre nouveaux morceaux, puis rejoignent le studio Fascination Street en juillet 2007, accompagnés du batteur Martin Axenrot (Witchery) et du guitariste Per Eriksson, qui remplace désormais Dan Swanö. Le groupe retrouve cette fois le growleur Mikael Akerfeldt (Opeth), prêtant sa voix le temps des sessions d’enregistrement, en lieu et place de Peter Tägtgren (Hypocrisy). Unblessing The Purity sort ainsi en mars 2008 sous forme de mini CD, uniquement disponible sur le site internet de Peaceville Records, du moins pour le premier pressage (avis aux collectionneurs).

Entouré d’un concept sombre, tant au niveau de ses paroles que de la superbe illustration de Dusty Peterson, Unblessing The Purity durcit également le ton, débutant sur les blast beats très percutants d’Axenrot. Mais très vite, son atmosphère s’épaissit, avec l’arrivée de la guitare lancinante de Nyström, aux phrases musicales toujours aussi torturées et si particulières, qui confèrent cette forte coloration à chacun des morceaux. En outre, le retour de Mikael Akerfelt, avec son grain unique et son guttural d’une profondeur sans égal, permet au groupe de confirmer son incroyable personnalité, et de retrouver les ambiances chères au redoutable Resurrection Through Carnage.

Depuis la puissance des rythmiques de Virginborn jusqu’à l’excellence des harmonies de Empty Praise, en passant par les riffs intraitables de Sick Salvation et le climat glauque de l’impitoyable Weak Aside, Unblessing The Purity est ainsi un pur concentré de deathmetal, trouvant un équilibre remarquable durant ses quinze petites minutes. La production de David Castillo est enfin claire et puissante, dotant les guitares d’un grain pur et légèrement rugueux, qui renforce le côté old school qui se dégage des compositions.

Brutal, fin et délicieusement sombre, parfait croisement entre influences old school et deathmetal moderne, Unblessing The Purity frappe une nouvelle fois juste, allant droit à l’essentiel. Malgré sa courte durée, la qualité de ses titres et le soin apporté à son emballage justifient pleinement son achat, ravissant le deathster impatient de retrouver Bloodbath, l’un des groupes les plus racés de la scène death actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bloodbath — admin @ 10:05 am

Bloodbath : The Fathomless Mastery

Bloodbath est toujours un groupe composé de stars, Dan Swanö et Peter Tägtgren s’en sont allé vers d’autres cieux mais Michael Âkerfeldt est de retour au chant et Per Eriksson suppléé l’ex leader de Edge Of Sanity à la guitare depuis l’EP Unblessing The Purity.

The Fathomless Mastery (2008) est donc le troisième album du all star band suédois et Bloodbath représente toujours un exutoire pour des musiciens généralement impliqués dans des projets plus mélodiques ou plus Black Metal. Une belle façon de se retrouver entre potes et de jouer du Death Metal pour se faire plaisir, mais vu que ces messieurs s’appellent Axenrot, Nyström ou Akerfeldt ce n’est pas simplement pour faire péter trois riffs dans une cave, mais bien pour être la tête de proue Death Metal de Peaceville Records.

Dans tous les cas comme sur les deux opus précédents, nos gaillards pratiquent un Death Metal old-school (difficile de se tromper avec une pochette pareille) et puissant mais emprunt d’une modernité certaine. Jonas Renkse a composé une bonne moitié de l’album laissant le reste du travail à Nyström et Eriksson, mais l’ensemble sonne de façon homogène, même si les trois titres de « Blakkheim » ont peut-être un petit poil d’impact en plus : At The Behest Of Their Death par exemple, ouvrant le CD sur des rythmes scotchant d’efficacité.

On trouve tout au long du CD des chansons solides, variées et inspirées, tel des vieux Into The Grave et Osculum Obscenum dépoussiérés et boostés, comme Slaughtering The Will To Live ou Treasonous sonnant typiquement comme du vieux Death suédois mais avec en plus la puissance d’Axenrot à la batterie et l’énorme son que leur à concocté David Castillo.

Bloodbath alterne judicieusement entre riff lourds et passages plus rapides tout au long du disque (Iesus est un bon exemple), rendant l’écoute du skeud dynamique, chaque changement de rythme ou accélération étant ainsi un pur régale.

De plus Bloodbath sait se renouveler et varier un peu les plaisirs, Earthrot propose un Death mélodique vieille école qui rappellera quelques souvenirs aux fans de Edge Of Sanity alors que Drink From The Cup Of Heresy propose un Death brutal dont certains riffs alambiqués sont éminemment techniques. Si on rajoute à cela la profondeur du chant de Michaël Âkerfeldt et les soli impeccables qui jalonnent l’album, The Fathomless Mastery est un disque irréprochable un cran au dessus de Nightmares Made Flesh.

Comme à chaque fois les musiciens de Bloodbath ont bien fait le travail et avec la passion de Metalheads invétérés qui les animent : il y a des choses qui ne trompent pas et la qualité des compositions de The Fathomless Mastery en est une. 41 minutes d’un Death Metal implacable à rajouter à la pile (qui touche désormais le plafond) des bonnes sorties 2008 de Death Metal.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Au delà d’un death parfaitement maîtrisé, The Fathomless Mastery dégage une ambiance sombre savamment entretenue, renforcée par le retour d’Akerfeldt, avec son timbre guttural si profond. Bloodbath est l’éxécutoire parfait de ses membres, perdus dans des formations de plus en plus molassones. Toutefois, je suis un poil déçu de ne pas retrouver une intensité comparable au EP Unblessing the Purity qui, avec un titre aussi meurtrier que Weak Aside, laissait entrevoir une suite encore plus déboulonnante. J’ai également toujours cette fâcheuse préférence pour les titres de Nyström, jamais assez nombreux à mon sens, comportant toujours ces harmonies dissonantes si atypiques et si subtiles. Fabien.

> - Les guests -, Bloodbath — fabien @ 10:00 am