Altars of Fab’ Death

Fueled By Fire : Spread The Fire

Fueled By Fire se forme en 2002 en Californie, dans l’unique intention de ressusciter l’esprit thrash des eighties, à l’instar de ses homonymes de Municipal Waste ou Merciless Death. Quatre ans après sa formation, le quatuor rentre alors aux Love Juice Labs, sous la coupe de Jason Decal, pour les sessions de Spread the Fire, son premier album sorti chez Annialation Records en septembre 2006. Le disque connaît toutefois un succès limité dû à la petite structure du label, mais suffisant pour attirer l’attention de Metal Blade, qui le réédite dès l’année suivante, muni une nouvelle couverture.

A l’image de sa pochette redessinée montrant un metalhead donnant une leçon de thrash à de jeunes newbies visiblement en mal de sensation, Spread the Fire balance un thrash / speed allant droit au but, se situant entre la rugosité teutonne de Destruction et les mélodies californiennes de Death Angel, saupoudrant délicieusement le tout avec le crossover new yorkais de SOD. Ses interprètes arborent en outre leurs bons vieux patchs, jeans, tee-shirt & baskets, revendiquant clairement et fièrement l’influence des années 80’s.

Dès l’intro instrumentale déboulonnante, dominée par le couple basse batterie entraînants d’Anthony & Carlos et les riffs speed de Rick & Jovanny (Gio), Fueled By Fire donne le ton de son thrash agressif, coloré par ses soli à la sauce Bay Area très percutants. A partir de Thrash Is Back, en passant par le très bon Betrayal, Gio rentre alors en course, avec ses vocaux oscillant entre le chant râpeux de Steve Souza (Exodus) et les cris de hyène de Stace McLaren (Razor), supporté par les voix en backing de ses acolytes, qui renforcent ces accents old school si délicieux.

A la fois mélodique et agressif, truffé d’accélérations ou de mosh parts entrainantes, que DRI ou Anthrax n’auraient pas refusées sur leur précieux Crossover et Among The Living, Spread the Fire remplit ainsi son contrat, délivrant un thrash old school, d’une fougue considérable, avec toutes ces petites imperfections qui lui confèrent parallèlement beaucoup de charme. Ne masquant pas leurs influences, les gringos de Fueled By Fire ne bouleversent donc pas le style avec leur premier effort, mais jouent en revanche leur thrash speed avec une sincérité remarquable, diluant une recette idéale pour tout thrasheur nostalgique en manque de headbang.

Fabien.

> - Les chroniques -, Fueled By Fire — fabien @ 1:00 am

April 30, 2008

Death Breath : Stinking up the Night

Stinking up the NightAyant délaissé Entombed et la scène death métal durant plusieurs années, pour se consacrer à son groupe rock The Hellacopters, très populaire en Suède, Nicke Andersson revient à ses premières amours en cette année 2005, formant le groupe Death Breath avec son ami Robert Pehrsson. A l’instar de Bloodbath, le but des deux acolytes réside dans la résurgence du death métal old school, mais avec une approche délibérément rugueuse et sans artifice, que Repulsion pratiquait dans les années 80. Epaulé par le bassiste Magnus Hedquist, le groupe rentre alors aux Acetone Studios sous la coupe de Michael Borg, ressortant avec Stinking up the Night, commercialisé par Black Lodge à l’automne 2006.

Sans être trop simpliste et rapidement ennuyeux, Death Breath ne s’embarrasse en revanche d’aucune fioriture, privilégiant l’efficacité des riffs et la nervosité des soli avant tout. Les rythmiques de Nicke & Magnus sont directes, tantôt tapageuses ou entrainantes, supportant les riffs suintants de Robert, aux relents punk délicieux. En outre, sans le moindre effet utilisé en studio, la musique obtient délibérément un son crasseux, à l’image des paroles, traitant avec désinvolture de sujets gores et morbides.

Mais, outre son atmosphère puante parfaitement retranscrite, le point fort de Stinking up the Night réside dans l’intégration de Scott Carlsson (Repulsion) & Jorgen Sandstrom (Ex-Grave) durant les sessions d’enregistrement, se partageant les voix entre les différents morceaux, avec Robert Pehrsson. Les trois growleurs éructent un chant suffisamment proche pour la restitution d’un ensemble homogène, mais possèdent en revanche chacun leur grain guttural particulier, apportant une coloration judicieuse à chaque titre. Ainsi, réentendre le chant crasseux de Scott sur les très bons Chopping Spree, Unembalmed Dead et Christ All Fucking, reste un vrai régal pour les fans du redoutable Repulsion.

Mélange explosif de Wolverine Blues, Horrified et Mental Funeral (Entombed, Repulsion, Autopsy), s’inspirant respectivement de leur ambiances rock, crades et suintantes, Stinking up the Night est assurément l’album de death métal le plus retro et décalé de cette année 2006, aux côtés du terrible Freakery des nord américains de Cretin. Death Breath se conseille en premier lieu aux nostalgiques du death rugueux et imparfait des années 80/90, mais également à tous les métalleux en mal de headbang et de métal pur, submergés par une pléthore de réalisations identiques et aseptisées.

Fabien.

> - Les chroniques -, Death Breath — admin @ 12:00 am

April 29, 2008

Supuration : The Cube

The CubePratiquement voisin de Loudblast, Supuration se forme dès 1989 dans le nord de la France, autour des frères Loez (Fabrice & Ludovic) et du batteur Thierry Berger, influencé dans ses toutes premières années par les pionniers de la scène death métal. Toutefois, le groupe cultive rapidement une forte identité, se taillant notamment une solide réputation sur l’hexagone grâce à son MCD Sultry Obsession. Complétant son line up avec le bassiste Laurent Bessault, la bande se dirige alors en studios sous la houlette de Bruno Objoie, le Colin Richarson français de l’époque, pour les sessions de son premier album.

The Cube sort ainsi en avril 1993, sur le petit label Reincarnate Records qui, malgré de faibles moyens, livre le CD dans un splendide digipack, une première dans le monde du métal. Cette présentation surprenante souligne parfaitement l’avant garde des thèmes abordés par Supuration qui, à mille lieux des stéréotypes gores ou sataniques l’époque, imagine un concept album sur les pérégrinations de l’âme, libérée de son enveloppe charnelle après la mort.

Débutant par une guitare acoustique apaisante, l’album enchaine avec The Elevation, sur le couple rythmique lourd & middle tempo du tandem Thierry / Laurent, supportant les riffs massifs & techniques des deux frères. Ludovic délivre un guttural très profond à ce moment, mais alterne rapidement avec un chant clair parfaitement maîtrisé, tandis que les guitares deviennent parallèlement plus mélodiques & aérées, offrant notamment une succession de soli somptueux en milieu de morceau.

Ce premier titre donne ainsi la couleur globale de The Cube, qui jongle brillamment entre lourdeur death métallique, atmosphères éthérées, sonorités futuristes et harmonies soignées, à l’image de l’excellent de Dim Light. 1308.JP.08 & 4TX.31B restent certainement les deux titres les plus ambitieux de l’album, dégageant leurs ambiances subtiles & mélancoliques, sur des paroles en chant clair de bout en bout.

En cette année 1993, Supuration explose ainsi les limites du death métal, fort d’un concept original et d’un chant clair encore inédit dans le genre, imposant un climat tantôt dur, sombre ou chaleureux. Toutefois, malgré un succès notoire sur le territoire français, The Cube peine à s’exporter, faute à la faible structure de son label, mais aussi à son death intimiste certainement trop high-tech pour son époque.

Fabien.

> - Les chroniques -, Supuration — admin @ 12:01 am

April 28, 2008

Morbid Angel : Domination

DominationEnregistré fin 1994 aux Morrisound Studios et sorti en mai de l’année suivante, Domination est le quatrième full lenght de Morbid Angel (sans compter Abominations), désormais distribué par une major sur le territoire états-unien. Il constitue une étape importante dans la carrière des floridiens, représentant non seulement le premier album sans titre repris d’Abominations of Desolation, mais intégrant aussi Erik Rutan en tant que guitariste et compositeur, aux côtés de Trey Azagthoth, habitué à faire souvent cavalier seul dans l’art de l’écriture musicale.

Grâce à l’apport d’Erik, ayant composé pas moins de cinq morceaux d’une étonnante qualité, Domination possède beaucoup de relief, alternant brillamment les titres accrocheurs aux accents Covenant, à l’image des redoutables Eyes To See & Dawn Of The Angry, à d’autres beaucoup plus lourds & écrasants, comme les intenses Caesar’s Palace & Inquisition, pointant en direction du culte Blessed are the Sick. Au delà des parties purement métal, Domination contient parallèlement une coloration très sombre grâce aux interludes Melting & Dreaming, et à son final Hatework, transpirant une magie noire indescriptible.

Enfin, sur le jeu phénoménal de Pete Sandoval et les riffs inimitables d’Azagthoth / Rutan, David Vincent éructe avec son charisme habituel des vocaux d’une épaisseur sans égale, renforçant l’immense caractère de l’album. Bill Kennedy livre également une production admirable, dotant Domination d’un son massif et particulièrement profond, tout en respectant l’essence même et l’extrême pureté de ses compositions.

D’une technique et d’une brutalité sombre incomparables, Domination confirme une nouvelle fois la suprématie de Morbid Angel au sein de la scène death métal. Mais paradoxalement, nombre de métalleux lâchent le groupe à cette période, au profit d’une scène black renaissante, ignorant ou survolant dès lors et désespérément, la richesse et les subtilités du grand Domination.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — admin @ 12:01 am

Morbid Angel : Covenant

CovenantDésemparé par le travail pharaonique de Trey Azagthoth, Richard Brunelle jette l’éponge peu après la sortie de Blessed are the Sick, laissant Morbid Angel sous forme de trio, et son infatigable leader désormais seuls aux guitares. Le groupe floridien s’associe par ailleurs avec le manager Gunter Ford, qui parvient à décrocher une signature nord américaine avec la major Giant Records (une première dans l’histoire du death métal), tout en précisant clairement l’intransigeance de son protégé, bien décidé à conserver son entière liberté de création.

Début 1993, Morbid Angel entre alors au Morrisound Studios, associant cette fois l’ingénieur du son Tom Morris avec Flemming Rasmussen, connu pour l’enregistrement d’And Justice For All de Metallica. Les quelques craintes quant au choix atypique du technicien sont toutefois largement dissipées dès la sortie de Covenant au mois juin, le groupe ayant parfaitement préservé l’essence même de son style.

Dès les titres d’ouverture Rapture et Pain Divine, Covenant impose en effet les blast beats, les contretemps et le double pédalage meurtrier de Pete Sandoval, soutenant les rafales de riffs incisifs de Trey et le guttural profond de David Vincent. Il faut ainsi attendre les joyaux tels que World Of Shit ou The Lion’s Den (le seul titre composé par David) pour que Morbid Angel ralentisse le tempo, conservant toutefois ce côté massif et destructeur dans ses compositions.

A l’exception de l’interlude ambiant Nar Mattaru, Covenant délaisse parallèlement les instrumentaux présents sur Blessed are the Sick, délivrant un death volontairement radical. En outre, l’ombre d’Abominations of Desolation s’éloigne désormais, Morbid Angel ne reprenant cette fois qu’un titre de l’enregistrement culte, l’excellent Angel of Disease, au ton plus léger et aux rythmes plus entrainants, sur lequel David retrouve d’ailleurs son timbre rocailleux de la période Altars of Madness.

Depuis les riffs tranchants de Blood Of My Hands jusqu’aux rythmes écrasants de God Of Emptiness, Covenant se veut résolument plus compact et heavy que ses prédécesseurs, sublimé une fois encore par la technique désarmante de Pete & Trey, et l’incroyable charisme de David. En quarante minutes, Morbid Angel donne ainsi une nouvelle une leçon de pureté death métallique, qui le maintient invariablement au dessus du lot, aux côtés de son homonyme Death, impressionnant également en cette année 1993, avec la finesse & la complexité de son dernier Individual Thought Patterns.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — admin @ 12:01 am

April 27, 2008

Master (USA) : On the seventh day God Created

Master (USA) : On the seventh day God CreatedMalgré quelques désaccords l’opposant à l’ingénieur du son Scott Burns sur le précédent enregistrement, Paul Speckmann décide tout de même de retourner aux Morrisound Studios en août 1991, pour les sessions de son second effort, modestement baptisé On the seventh day God CreatedMaster. Seul aux commandes depuis le départ de Bill Schmidt & Chris Mittlebrun, Speckmann recrute alors le batteur Aaron Nickeas, déjà présent sur ses projets parallèles Abomination & Speckmann Project, le guitariste Paul Masvidal (le temps des sessions), évoluant au sein de Death & Cynic (deux des groupes les plus techniques de l’époque), et invite enfin John Tardy d’Obituary, pour quelques growls sur deux morceaux.

Dès le largage de What Kind Of God et Latitudinarian, le son rugueux et les structures crues de Master sont immédiatement reconnaissables, massacrant à coups de riffs death thrash basiques. La recrue de Paul Masvidal laissait pourtant supposer une direction plus moderne et plus technique, mais invariablement, malgré un son plus death métal grâce à l’apport de guitares plus lourdes et de vocaux plus gutturaux, Speckmann reprend l’essence qui animait le groupe au milieu des eighties, bien décidé à conserver cet esprit punk sans artifice, commun à Master et son ancien groupe Deathstrike, deux influences majeures du métal extrême des années 80’s.

Toutefois, le manque de technique, notamment dans ses rythmes de batterie d’une simplicité enfantine, rend l’album assez obsolète, délogeant Master de son statut de maître dans les eighties, pour celui d’un groupe désormais dépassé par la puissance de feu de ses élèves, à l’instar d’Immolation ou Suffocation, qui sortent en cette année 1991 des Dawn Of Possession ou Effigy Of The Forgotten d’une brutalité et d’une complexité désarmantes.

Très proche du premier album éponyme, On the seventh day God Created lâche ainsi un death métal cru et sans fioriture, privilégiant l’efficacité avant tout. Direct dans ses riffs et ses structures, aux relents punk délicieux, l’album constitue ainsi un bon point dans la discographie de Master, qui doit en revanche nécessairement évoluer, pour ne pas définitivement être balayé par la concurrence impitoyable d’une scène death métal en pleine effervescence, en cette année 1991.

Fabien.

> - Les chroniques -, Master — admin @ 12:00 am

April 26, 2008

Death : Human

En 1990, la sortie de Spiritual Healing est rapidement suivie de désordres au sein de Death, dû au caractère entier de Chuck Schuldiner. James Murphy est le premier à partir, remplacé par Walter Trachsler sur la tournée nord américaine. Jugeant ensuite les conditions du tour européen insuffisantes, Chuck refuse la traversée, laissant ses collègues dans l’embarras, qui recrutent en urgence Louie Carrisalez pour les concerts sur le vieux continent. De retour en Floride, l’équipe explose fatalement, Bill Andrews & Terry Butler rejoignant Rick Rozz et Kam Lee du groupe rival Massacre, laissant Chuck seul à ses méditations.

Le jeune leader ne tarde pas à remettre un line up sur pied, que d’aucuns considèrent comme le plus prestigieux de la carrière de Death, alignant le batteur Sean Reinert et le guitariste Paul Masvidal de Cynic, ainsi que le bassiste Steve Digiorgio de Sadus. Chuck retrouve alors Scott Burns aux Morrisound Studios, pour les sessions de Human, son quatrième effort. L’album sort en octobre 1991 chez Relativity / Roadrunner, succédant de peu au From Beyond de Massacre, avec lequel Death est désormais rentré dans une féroce compétition.

Présentant son logo épuré et une illustration de René Miville qui s’oppose aux traditionnels dessins d’Edouard Repka, Death rentre dans une nouvelle ère, confirmant son détachement au death gore de ses débuts, déjà amorcé sur Spiritual Healing. Les paroles de Chuck sont encore plus intimes, abordant des sujets délicats comme le divorce sur Lack Of Comprehension. Musicalement, Human marque par ailleurs une césure nette avec la première trilogie de Chuck, distillant désormais un death complexe et progressif.

La perfection technique du couple basse batterie de Reinert & Digiorgio (parmi les meilleurs musiciens de la scène extrême du moment), permet en outre la mise en place d’une rythmique architecturée, servant de véritable tremplin aux riffs nuancés de l’excellent tandem Masvidal / Schuldiner, et à ses soli éclatants, à l’instar des duels de Flattening Of Emotions & Vacant Planets. Chaque titre possède ainsi sa propre coloration, depuis l’agressivité de Together As One, jusqu’à la finesse de Secret Faces et Suicide Machine, en passant par l’apaisement instrumental de Cosmic Sea, apportant à lui seul une lumière formidable.

En cette année 1991, tandis que ses anciens acolytes assurent un death direct et sans fioriture au sein de Massacre, Chuck sort quant à lui son album le plus complexe et parmi les plus raffinés à ce jour. A l’instar de Morbid Angel, Carcass, Atheist ou Pestilence, Death possède en effet une pureté, une justesse, une technique et une vision incroyables, lui permettant de repousser sans cesse les limites du genre, et de conserver ainsi sa place parmi les formations death métal les plus influentes et les plus respectées.

Fabien.

> - Les chroniques -, Death — fabien @ 12:01 am

April 18, 2008

Morbid Angel : Blessed Are The Sick

De retour aux Morrisound Studios dès janvier 1991, sous la coupe de Tom Morris, Morbid Angel a la lourde tâche d’enregistrer la suite d’Altars of Madness, s’étant immédiatement hissé parmi les références du death métal. Le successeur se nomme Blessed are the Sick, commercialisé en mai par la célèbre écurie Earache, le dotant d’une reproduction somptueuse du peintre Jean Delville (Les trésors de Satan - 1895), rompant judicieusement avec les pochettes stéréotypées de l’époque, tout en conservant l’aura mystérieuse qui entoure le groupe floridien.

Passé l’intro, Blessed are the Sick impressionne avec le riff d’ouverture du mémorable Fall From Grace, puis s’enchaine sur les rythmiques parfaites de Pete Sandoval et les guitares nuancées de Trey Azagthoth & Richard Brunelle. La première partie de l’album, jusqu’à son titre éponyme inclus, montre les nombreux signes d’évolution de Morbid Angel, qui privilégie cette fois la lourdeur et l’épaisseur de son style, notamment dans le chant de David Vincent, désormais plus guttural et plus profond. L’interlude Doomsday Celebration et ses claviers sombres & triomphants, ainsi que l’outro Leading The Rats et sa flûte ensorcelante, confèrent en outre une atmosphère mystique particulièrement réussie, renforçant la profondeur de l’ensemble, sans dégrader une once de sa pureté.

A partir du titre Thy Kingdom Come, Morbid Angel retrouve un côté plus léger et ses rythmiques entrainantes, se rapprochant du death de ses premières années, où David reprend son timbre de voix plus rocailleux. La présence d’Unholy Blasphemies, Abominations & The Ancients Ones, morceaux d’Abominations of Desolation réenregistrés pour l’occasion, contribuent largement à ce changement de ton. Cette seconde partie reste toutefois touchée par la grâce, dégageant des ambiances subtiles, grâce à son interlude et son outro magnifiques, respectivement joués à la guitare sèche et au piano, apportant une dimension dramatique formidable, tout en préservant l’essence même du death métal de la formation.

Malgré plusieurs titres repris de son ancien répertoire, Morbid Angel parvient ainsi à livrer une suite remarquable après l’intemporel Altars of Madness, évoluant brillamment, mais conservant son incroyable personnalité et la pureté de son style. Différent mais complémentaire avec son prédécesseur, Blessed are the Sick se savoure ainsi non seulement grâce au talent et à la technique de ses interprètes, mais aussi grâce à un équilibre parfait entre puissance et côté sombre. Tandis que nombre de formations extrêmes se cherchent encore en cette année 1991, Morbid Angel confirme quant à lui son insolente suprématie.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — fabien @ 12:00 am

April 17, 2008

Deicide : The Stench Of Redemption

The Stench Of RedemptionGros changement au sein de Deicide, puisque après son départ de Roadrunner au profit d’Earache, la bande se divise en deux, avec d’un côté les frères Hoffmann, et de l’autre Glenn Benton et Steve Asheim. Après un procès opposant les deux clans, et permettant finalement à Benton & Asheim de conserver le nom de Deicide, les deux rescapés recrutent Ralph Santola, de formation heavy metal, ainsi que Jack Owen, qui avait pourtant quitté Cannibal Corpse pour une carrière éloignée du death metal !

Avec l’apport de deux nouveaux gratteux, la musique du groupe, invariablement la même depuis 16 ans, se trouve du coup transformée, tout en conservant son identité très forte. On découvre tout d’abord que le compositeur principal de Deicide n’est autre que Steve Asheim, alors que l’on imaginait ce dernier dans l’ombre du quatuor ; ainsi, cette continuité dans la composition des morceaux, ajoutée aux beuglements caractéristiques du très charismatique Glen Benton, permettent au gang de garder sa personnalité intacte.

Par contre, que de changements dans l’exécution des morceaux ! Les rythmiques d’Asheim, d’une précision époustouflante, permettent aux guitares d’Owen et de Santola d’asséner des riffs particulièrement incisifs, sur un jeu très différent de celui des frères Hoffman. De plus, à la manière du très bon Afterburner de Sinister, Deicide évite le déballage habituel de riffs joués à toute vitesse durant 30 minutes, et propose cette fois des morceaux plus longs et plus progressifs, comme le superbe The Lord’s Sedition et son intro acoustique renversante, alternant brillamment passages tapageurs et mid tempo, conférant ainsi à l’ensemble un relief et une puissance accrus.

Mais le véritable tour de force de Deicide réside dans le choix du guitariste Ralph Santola, de formation extra death métallique, qui offre au groupe une approche inédite et des soli heavy prodigieux, apportant une mélodie en opposition au jeu très agressif de Jack Owen. Attention, le quatuor floridien n’a pas mis de l’eau dans son vin pour autant, sa musique reste d’une brutalité exemplaire, mais possède désormais une richesse incroyable, décuplant l’intensité que le groupe avait perdue au fil des années.

2006 marque donc le retour d’un Deicide surprenant, lui que l’on croyait pourtant condamné à proposer mille fois la même galette, à l’instar de ses confrères de Grave, d’Obituary ou de Dismember. Stench Of Redemption propose en effet des compositions d’une puissance et d’une technique impressionnantes, sur un concept fort et une production béton, laissant ainsi présager le meilleur pour le quatuor floridien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deicide — admin @ 12:00 am

April 16, 2008

Morbid Angel : Altars Of Madness

Dès la mise en boite d’Abominations of Desolation, produit par David Vincent, le perfectionniste Trey Azagthoth se montre très réticent quant à la qualité de l’enregistrement, le reniant aussitôt. Il se sépare alors de Sterling Scarborough et de Mike Browning, et relate la situation à Vincent. Ce dernier l’invite à le rejoindre en Caroline du sud avec Richard Brunelle, la toute dernière recrue, lui précisant qu’il connaît un batteur en la personne de Wayne Hartsell, apte à remplir le nouveau rôle derrière les fûts, et se proposant parallèlement au poste de bassiste chanteur. La nouvelle mouture de Morbid Angel est née.

Azagthoth et Vincent travaillent alors d’arrache pied pour accroître le formidable potentiel de la formation, mettant en place la redoutable démo Thy Kingdom Come en 1987, tout en digérant l’influence du Scum de Napalm Death, subjugués par les blast-beats effrénés de Mick Harris. Puis en 1988, Morbid Angel retourne en Floride, affrontant le départ de Wayne, qui accélère fortuitement les choses. Vincent se rappelle en effet de la prestation de Pete Sandoval sur les démos de Terrorizer, et contacte ainsi Jesse Pintado, qui lui explique l’inaction actuelle de son groupe. En deux temps trois mouvements, Vincent & Azagthoth convainquent Sandoval de quitter sa Californie pour rejoindre les rangs de Morbid Angel. L’étonnant talent du batteur, couplé à son travail acharné, permet alors au groupe de pousser sa vitesse et sa technique dans ses ultimes retranchements, grâce à des blasts incroyablement maîtrisés.

En 1989, rentrant d’un voyage en Floride, Mick Harris n’a alors aucun mal à persuader Dig Pearson, boss du label Earache, de signer Morbid Angel, qui s’est déjà forgé un nom culte dans l’underground, grâce à l’avant-garde de sa cassette LP et de sa dernière démo. Dig finance la même année l’enregistrement d’Altars of Madness, enregistré aux Morrisound Studios sous la coupe de Tom Morris, et introduit le dessinateur Dan Seagrave, remarqué pour son illustration du split de Lawnmower Deth et Metal Duck, rompant avec les conceptions graphiques de l’époque, avec ses dessins glauques et fouillés, devenant le sceau d’Earache pendant plusieurs années.

Légendaire bien avant la sortie d’Altars of Madness, et grâce au soutien sans faille d’Earache, Morbid Angel répand ainsi son death malsain à la vitesse de l’éclair, subjuguant des hordes de métalleux, définitivement acquis à la cause du death et du grind depuis FETO, Leprosy et Slowly We Rot. Le quatuor floridien pousse toutefois le concept encore plus loin, bénéficiant d’une aura mystique supplémentaire, et imposant le jeu superbement millimétré de Sandoval.

La seule écoute de Chapels Of Ghouls, Lord Of All Fevers & Evil Spell, déjà présents sur Abominations of Desolation, permet effectivement de comprendre l’apport considérable du batteur, qui transcende littéralement la puissance de chaque morceau. Les vociférations gutturales de Vincent sont profondes, soutenues par les riffs lacérants de Brunelle & Azagthoth, et les soli uniques & torturés de ce dernier. Les nouvelles compositions contiennent parallèlement ce tourbillon de haine et d’énergie parfaitement canalisé, désarmant par leur mise en place diabolique et leur incroyable précision, à l’image des invincibles Immortal Rites, Blasphemy ou Maze Of Torment, figurant parmi les pièces les plus intenses jamais enregistrées en death métal.

Divinement mis en valeur par la production agressive et cristalline de Tom Morris, Altars of Madness prend ainsi toute son ampleur, imposant sa perfection technique et son essence purement diabolique. Intense, brutal et hypnotique de sa première à sa dernière note, l’album confirme ainsi la suprématie éclatante du death métal, hissant directement Morbid Angel au rang des dieux du genre, aux côtés de Death et de son intemporel Leprosy.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — fabien @ 7:00 am

April 15, 2008