Altars of Fab’ Death

Aborted : Slaughter and Apparatus

A Methodical OvertureFort d’un Goremageddon aussi subtil qu’écrasant, et d’un The Archaic Abattoir aux rythmiques tout aussi brutales et aux atmosphères tout aussi fines, Aborted décroche un contrat avec la puissante écurie Century Media. Malheureusement, hormis le growleur Sven, l’intégralité de la formation a disparu entre temps, et notamment la paire de guitaristes Thijs & Bart qui avait composé l’intégralité des deux précédents albums, laissant planer le doute quant à la qualité des futures réalisations du combo belge.

Après quelques essais infructueux, Sven réussit toutefois à stabiliser un line up autour de Seb Tuvi, leader de Balrog. Le chanteur met ainsi la main à la pâte avec son nouveau guitariste, qui intègre rapidement l’esprit d’Aborted et participe activement à l’écriture des compositions. Enregistré aux Antfarm Studios par Tue Madsen, à l’exception des pistes de batterie exécuté par David Haley (Psycroptic) en Tasmamie, Slaughter & Apparatus sort ainsi en ce début d’année 2007.

Le nouvel album poursuit dans la veine de ses prédécesseurs, tant au niveau musical que conceptuel. L’auditeur retrouve en effet les growls furieux de Sven (et de quelques invités prestigieux comme Jeff Walker ou Jacob Bredahl), ainsi que le climat propre à la formation belge, à la fois lourd, brutal et soigné, parfaitement restitué sur les titres And Carnage Basked & The Foul Nucleus, aux intros et ambiances fines et réussies. La production de Tue Madsen est une nouvelle fois impeccable, en puissance et en profondeur, accordant une place importante aux guitares de Seb Tuvi & Matti Dupont. L’album bénéficie enfin d’artworks complets & soignés, collant relativement bien avec l’imagerie gore d’Aborted.

Malgré d’importants changements de line-up, Aborted conserve remarquablement sa personnalité, et délivre un Slaughter & Apparatus de bonne qualité, mais également sans réelle surprise, reprenant les codes de ses précédents efforts sans toutefois les transcender. Dans la continuité de The Archaic Abattoir, ce nouvel album ne décevra donc pas les fans irréductibles de la formation, mais laissera certainement plusieurs inconditionnels de Goremageddon sur leur faim, n’injectant ni la même force du riff, ni la même dose d’énergie pure.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aborted — admin @ 1:45 am

January 1, 2007

Aborted : The Archaic Abattoir

The Archaic AbattoirPour son quatrième effort, Aborted a la lourde la tâche d’écrire la suite de l’impitoyable Goremageddon qui, par son mélange explosif entre finesse et brutalité, s’est très vite imposé parmi les albums de death incontournables de ces dernières années. Délaissant Jacob Hansen, le groupe choisit l’ingénieur du son Tue Madsen pour les sessions de The Archaic Abattoir, restant fidèle à son écurie Listenable, qui commercialise l’album au printemps 2005.

Sans surprise, The Archaic Abattoir contient tous les ingrédients ayant contribué au succès des précédents albums, conservant un niveau de brutalité notoire et une subtililé caractéristique. Dirk Verbeuren est remplacé au pied levé par Gilles Delacroix qui, malgré un jeu de batterie moins fouillé, apporte une assisse rythmique tout aussi dévastatrice, soutenant les riffs carrés et ravageurs de l’impitoyable tandem Thijs / Bart, à l’image des redoutables Gestated Rabidity & Gangrenous Epitaph. Sven apporte enfin une dynamique et une personnalité habituelles à l’ensemble, grâce l’étonnante variété de ses vocaux gutturaux.

Malgré un concept sans changement notoire, Aborted évolue pourtant entre deux réalisations, soignant davantage les ambiances sur son nouvel album, qui dégage une atmosphère plus putride, brillamment retranscrite par l’artwork complet des studios Killustrations. The Archaic Abattoir se veut ainsi moins compact que son prédécesseur, comme en témoigne le très bon Threading On Vermillion Deception, aux rythmiques tout d’abord massives, puis calmant le jeu avec un break acoustique du meilleur effet.

Bénéficiant d’un enregistrement puissant et équilibré de la part de Tue Madsen, The Archaic Abattoir reste certes moins impressionnant que son terrible prédécesseur, mais dégage en revanche des atmosphères plus épaisses, tout en gardant ce savant dosage entre raffinement et brutalité excessive. Aborted confirme ainsi sa place parmi les leaders de la scène death metal européenne du moment, gagnant notamment une place précieuse au sein de l’écurie allemande Century Media.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aborted — admin @ 3:15 am

January 1, 2005

Aborted : Goremageddon

GoremageddonGoremageddon est le troisième effort des belges d’Aborted, qui sont soutenus cette fois à 100% par leur label Listenable ; en effet, si Engineering The Dead laissait présager le meilleur, ce nouvel album enfonce littéralement le clou.

Reprenant la recette du précédent album, Goremageddon est incontestablement meilleur, à tous les niveaux. Aborted affiche désormais une identité & un concept très marqués, et possède désormais sa marque de fabrique, si recherchée de nos jours dans un style de métal maintes fois exploré.

Les compositions, écrites cette fois par le tandem Thijs / Bart, sont plus abouties, à la fois hyper brutales et rapides, mais aussi d’une finesse remarquable, notamment lors des breaks ou des solos, particulièrement soignés, à l’image du superbe Meticulous Invagination. L’ensemble est vraiment d’une précision et d’une homogénéité exemplaire, alors que les rythmiques, souvent blastées, défilent pourtant à une vitesse déconcertante.

Ce qui fait également la force de Goremageddon, c’est la production énorme signée Jacob Hansen, qui donne un son époustouflant aux guitares, et apporte beaucoup profondeur et de relief à l’ensemble des compositions. La rythmique est également surpuissante, grâce au jeu de batterie sans faille du grand Dirk Verbeuren, rapide, technique, et incroyablement intense.

Goremageddon réprésente à ce jour l’album le plus puissant et le plus marquant de la carrière d’Aborted, et se place, sans l’ombre d’un doute, parmi les meilleurs albums death metal sortis ces dernières années. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aborted — admin @ 3:00 am

January 1, 2003

Aborted : Engineering The Dead

Engineering The DeadOeuvrant dans un registre death gore, aux relents carcassiens délicieux, Aborted se forme en belgique en 1995 autour du growleur Sven de Caluwe. Le groupe réussit à se forger une réputation suffisante dès son premier album, The Puriry of Perversion, pour rejoindre ainsi Laurent Merle, boss de Listenable Records. Fort d’un nouveau contrat, le quinquet s’embarque alors aux studios CCR durant l’hiver 2001, pour les sessions d’Engineering The Dead, bien décidé à conserver sa brutalité death métallique et son imagerie gore outrancière.

Equitablement composé par la paire de guitaristes Niek et Thijs, Engineering The Dead balance huit titres calibrés, bénéficiant chacun d’une mise en place soignée, de rythmiques percutantes et de riffs assassins, à l’image de l’excellent Nailed Through Her Cunt ou du bon titre éponyme. En outre, bien qu’Aborted évolue dans un registre death gore désormais exploré en long, en large et en travers, il réussit néanmoins à se distinguer de ses homonymes, possédant non seulement un son de guitare personnel, mais aussi un growler au timbre guttural très particulier, permettant son identification immédiate.

Le chanteur Sven signe parallèlement l’ensemble des paroles, dans un style gore au langage médicinal, trahissant un peu plus la passion du groupe envers le quatuor britannique Carcass. L’enregistrement d’Engineering The Dead est quant à lui massif et relativement clair, capturant brillamment la force et l’énergie déployée par Aborted. Enfin, quelques samples, distribués avec parcimonie, ajoutent une coloration judicieuse à l’ensemble, permettant d’épaissir l’atmosphère générale de l’album.

Sans toutefois transcender le style, Engineering The Dead est une réalisation de qualité, lâchant un death gore à la fois brutal, méticuleux et équilibré, et possédant en outre un son et une identité déjà bien définis. Travaillant son image, Aborted réussit ainsi à se tailler un nom sur la scène death metal européeene, ayant tout le potentiel et la personnalité nécessaires pour une pleine affirmation, laissant ainsi déjà présager le succès de son futur et impitoyable Goremageddon.

Fabien.

> - Les chroniques -, Aborted — admin @ 3:00 am

January 1, 2001