Altars of Fab' Death

Abysmal Dawn : Leveling the Plane of Existence

Abysmal Dawn : Leveling the Plane of ExistenceDéjà impressionnant sur From Ashes et impérial sur Programmed to Consume, Abysmal Dawn avait pleinement réussi le pari de proposer un deathmetal à la fois moderne et classique dans le fond, renfermant ce respect avoué pour le deathmetal des premières années tout en cultivant une vraie personnalité. Valeur quasiment sûre de l’écurie Relapse, le groupe connaît toutefois de nombreuses turbulences dès 2008, le guitariste / chanteur Charles Elliot affrontant le départ de Jamie Boulanger et Terry Barajas, se retrouvant désormais seul aux guitares, soutenu par le bassiste Mike Cosio et le batteur Scott Fuller, la toute nouvelle recrue.

Abysmal Dawn revient ainsi trois années plus tard avec son nouvel effort, enregistré en grande partie par l’ingénieur habituel Mike Bear et mixé par le désormais expérimenté Erik Rutan (leader d’Hate Eternal). Comme pour rassurer les fans et assurer une continuité avec les précédents efforts, le groupe reitère le choix de l’illustrateur Par Olofsson pour la mise en image de Leveling the Plane of Existence, où l’on retrouve notamment cette sphère noire commune à tous les albums de la formation californienne.

Leveling the Plane of Existence débute sur une introduction au piano d’une mélancolie inhabituelle, avant d’attaquer sur un Pixilated Ignorance dans la droite lignée des précédentes oeuvres du groupe, articulé sur un couple basse batterie solide, des guitares rondes & massives, et magnifié par le chant guttural de Charles Elliot toujours aussi reconnaissable, pur et profond. En passant ensuite par le bon In Service of Time ou le plus nerveux Rapture Renowned, Abysmal Dawn équilibre idéalement moments intenses, passages aérés et blast-beats plus furieux, sans toutefois parvenir réellement à se lâcher.

Bien que guidé par des lignes de guitares tout en finesse, techniques sans être démonstratives et éclatantes lorsque Charles Elliot entame ses soli, Leveling the Plane of Existence reste en effet finalement assez scolaire, Abysmal Dawn peinant à se renouveler et à se débrider. Les quelques tentatives pour sortir du cadre restent de surcroit en demi-teinte, à l’image du court interlude Our Primitive Nature aux percussions purement anecdotiques, ou du morceau final qui, malgré un départ original sur une pointe mélancolique à la manière du mémorable morceau Fallen de Reciprocal, monte laborieusement en puissance.

Si Leveling the Plane of Existence bénéficie d’une mise en place et d’une interprétation irréprochables, notamment grâce au talent indéniable de Charles Elliot, nous gratifiant de soli de toute beauté, il n’en reste pas moins un album assez académique dans la forme. En pilote automatique cette fois-ci, Abysmal Dawn joue ainsi globalement la carte de la sécurité et livre une oeuvre certes solide, parfois sensible, sans toutefois dégager la force ni retrouver pleinement le caractère de ses précédentes réalisations.

Fabien.

> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — admin @ 19:11

4 mars 2011

Abysmal Dawn : Programmed to Consume

Abysmal Dawn : Programmed to ConsumeFort d’un premier album d’une étonnante maturité, Abysmal Dawn décroche directement un contrat avec le puissant label Relapse Records. Sans modifier l’alchimie de From Ashes, Le groupe californien emmené par Charles Elliot retourne ainsi aux studios Shiva Industries, pour les sessions du successeur Programmed to Consume, débouchant sur sa sortie en mai 2008, muni d’une nouvelle illustration du maître Par Olofsson.

Comme l’indique la réitération de l’ingénieur du son et du dessinateur, Programmed to Consume se situe dans la lignée de son prédécesseur. Les nouveaux titres d’Abysmal Dawn sont toujours aussi techniques, équilibrées & nuancées, bénéficiant de rythmiques bétons et d’un riffing d’une précision exemplaire. En outre, les jeux de guitares de Charles Elliot et Jamie Boulanger, souvent en décalage d’un ton, se complètent à la perfection, permettant de nuancer et d’enrichir considérablement les compositions.

Programmed to Consume s’étend cette fois sur une durée allongée à 37 minutes, permettant à Abysmal Dawn de varier davantage son style, tout en le peaufinant dans les moindres détails, depuis la puissance des riffs de Compulsory Resurrection & Cease to Comprehend, la beauté des soli de Modern Art, l’envoutement acoustique de l’interlude Aeon Aomegas, jusqu’aux atmosphères blackisantes de Path of Fire. Par ailleurs, le chant guttural pur de Charles Elliot complète admirablement le tableau, alliant une rage à une incroyable profondeur, n’ayant d’égal que les growls d’Akerfeldt au sein de Bloodbath. Les paroles se situent en outre dans un registre spirituel intelligent & posé, renforçant la sobriété du concept d’Abysmal Dawn.

Parfaitement enregistré, Programmed to Consume dégage ainsi un deathmetal d’une puissance et d’un équilibre étonnants, aux atmosphères d’une grande richesse. Tout en restant moderne dans son approche, l’album possède parallèlement une légère teinte old school qui confère beaucoup d’accroche à ses compositions, ainsi facilement mémorisables malgré la complexité de nombreux plans. Avec un tel talent et un tel potentiel créatif, Abysmal Dawn compte sans conteste parmi les valeurs sûres du deathmetal US, manquant seulement d’un soupçon de folie pour se hisser définitivement au tout premier plan.

Fabien.

> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — admin @ 2:00

19 septembre 2008

Abysmal Dawn : From Ashes

Abysmal Dawn : From AshesJeune groupe nord américain, Abysmal Dawn se forme fin 2003 à Los Angeles, autour du guitariste chanteur Charles Elliot, pratiquant un death moderne & posé, agrémenté de soupçons black & thrash agressifs particulièrement bien sentis. Une seule démo suffit à convaincre le label US Crash Music, invitant la bande à rejoindre ses rangs, aux côtés de combos talentueux tels qu’Illogicist ou Disgorge (US). Impeccablement mis en boite au Shiva Studios, son premier album From Ashes bénéficie d’une production puissante, profonde & cristalline, et sort finalement en avril 2006, muni d’une superbe pochette du maître suédois Par Olofsson (Dominion (SWE), Inherit Disease).

Dès l’excellent instrumental Impending Doom, le death carré d’Abysmal Dawn se met en place, imposant une perfection rythmique, grâce aux roulements millimétrés de Terry Barajas, qui supportent les guitares de Charles Elliot & Jamie Boulanger, aux jeux complémentaires, apportant une nuance très appréciable aux morceaux. En outre, l’alternance des vocaux de Charles, passant d’une voix éraillée à un timbre guttural d’une profondeur & d’une pureté proches de Mikael Akerfeldt (Opeth), permet d’aérer judicieusement l’ensemble, tout en conférant une agressivité et une variété accrues.

Abysmal Dawn possède parallèlement une maîtrise et un niveau technique impressionnants, lui permettant d’enrichir aisément la structure de ses morceaux, sans toutefois tourner à la démonstration technique de Psycroptic ou Spawn of Possession. Puissant & équilibré, From Ashes défile ainsi dans une grande homogénéité, montant en intensité aux moments clés, grâce à des riffs mordants, couplés à des soli poignants, à l’image des superbes Blacken The Sky & Crown Desire.

Combinant riffs mémorables et structures middle tempo propres à la scène US des nineties, avec des atmosphères, des mélodies et une brutalité toutes contemporaines, Abysmal Dawn joue ainsi la carte d’un deathmetal posé, loin d’un décharnement rythmique ou d’une brutalité incontrôlée. Bien que From Ashes puisse ainsi paraître conventionnel dans son approche, la maîtrise et le talent de ses interprètes font la différence, permettant au groupe d’afficher une personnalité entière et de montrer un potentiel impressionnant, ayant rapidement conquis la puissante écurie Relapse Records.

Fabien.

> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — admin @ 2:00

18 septembre 2008