Abysmal Dawn : Programmed to Consume
Fort d’un premier album d’une étonnante maturité, Abysmal Dawn décroche directement un contrat avec le puissant label Relapse Records. Sans modifier l’alchimie de From Ashes, Le groupe californien emmené par Charles Elliot retourne ainsi aux studios Shiva Industries, pour les sessions du successeur Programmed to Consume, débouchant sur sa sortie en mai 2008, muni d’une nouvelle illustration du maître Par Olofsson.
Comme l’indique la réitération de l’ingénieur du son et du dessinateur, Programmed to Consume se situe dans l’exacte lignée de son prédécesseur. Les nouveaux titres d’Abysmal Dawn sont toujours aussi techniques, équilibrées & nuancées, bénéficiant de rythmiques bétons et d’un riffing d’une précision exemplaire. En outre, les jeux de guitares de Charles Elliot et Jamie Boulanger, souvent en décalage d’un ton, se complètent à la perfection, permettant de nuancer et d’enrichir considérablement les compositions.
Programmed to Consume s’entend cette fois sur une durée allongée à 37 minutes, permettant à Abysmal Dawn de varier davantage son style, tout en le peaufinant dans les moindres détails, depuis la puissance des riffs de Compulsory Resurrection & Cease to Comprehend, la beauté des soli de Modern Art, l’envoutement acoustique de l’interlude Aeon Aomegas, jusqu’aux atmosphères blackisantes de Path of Fire. Par ailleurs, le chant guttural pur de Charles Elliot complète admirablement le tableau, alliant une rage à une incroyable profondeur, n’ayant d’égal que les growls d’Akerfeldt au sein de Bloodbath. Les paroles se situent en outre dans un registre spirituel intelligent & posé, renforçant la sobriété du concept d’Abysmal Dawn.
Parfaitement enregistré, Programmed to Consume dégage ainsi un death metal d’une puissance et d’un équilibre étonnants, tout en développant des atmosphères d’une grande richesse. En revanche, manquant peut-être d’un brin de folie, et se situant dans la même veine que son prédécesseur, l’album ne surprend pas, confirmant certes le tout talent & le potentiel d’Abysmal Dawn, le plaçant dans les valeurs sûres du death US, sans toutefois l’exposer en premier plan.
Fabien.
Jeune groupe nord américain, Abysmal Dawn se forme fin 2003 à Los Angeles, autour du guitariste chanteur Charles Elliot, pratiquant un death moderne & posé, agrémenté de soupçons black & thrash agressifs particulièrement bien sentis. Une seule démo suffit à convaincre le label US Crash Music, invitant la bande à rejoindre ses rangs, aux côtés de combos talentueux tels qu’Illogicist ou Disgorge (US). Impeccablement mis en boite au Shiva Studios, son premier album