Altars of Fab' Death

Accidental Suicide : Deceased

Accidental Suicide : Deceased

Dans la course au deathmetal, lancé par quelques écuries fers de lance telles Earache ou Roadrunner, nombreux sont les labels ayant voulu emboîter le pas au début des années 90. C’est notamment le cas de Peaceville Records, auteur des atemporels Severed Survival & Soulside Journey (Autopsy, Darkthrone), créant de toute pièce la division Deaf Records, entièrement dédiée à ce nouveau style qui monopolisait alors toutes les attentions.

Ayant largué quelques réalisations comme Ackowledge the Confusion Master, Of Darkness ou Charnel Deity (Prophecy of Doom, Therion, Impaler), le sous-label britannique enchaîne les signatures à tour de bras, proposant pour sa huitième production le premier album d’Accidental Suicide. Ce groupe nord américain voit le jour en 1989 dans l’état du Wisconsin, sous influence directe de Possessed, Death ou Morbid Angel. Deux démos plus tard, la bande enregistre ainsi Deceased en 1993 aux Mauer Studios, ayant comme manager le célèbre Eric Grief, qui travaille notamment à l’époque avec le groupe mythique de Chuck Schuldiner.

Flanqué d’une couverture sans aucun attrait, dessinée par le guitariste Chris Drew d’Impaler (à qui l’ont doit notamment la pochette du Dead Shall Inherit de Baphomet), Deceased ne part d’entrée pas sous les meilleurs auspices. Son deathmetal s’attache également à des structures conventionnelles, ayant été maintes fois rabâchées en cette année 1993, période où le mot saturation commence à prendre une certaine ampleur.

Dans la masse, sans technique ni identité particulière, Accidental Suicide lâche toutefois des compositions fort bien articulées, à l’image de Misery Hunt, The Life I Hate, ou Morbid Indulgence, dominées par un middle tempo chargé en double pédale, et un riffing accrocheur. En outre, le rythme parfois tapageur, alterné à des passages doomesques, l’ambiance sombre, et enfin le guttural caverneux d’Ed Jackson, complètent parfaitement la donne, permettant l’écoute de Deceased sans anicroche.

Sans révolutionner le style, le saturant d’ailleurs plus qu’autre chose, Accidental Suicide reste, comme nombre de ses homonymes de l’époque, le groupe d’un seul et unique album. Destiné aux nostalgiques du deathmetal monolithique du début des nineties, Deceased reste néanmoins un album emblématique du label Deaf Records, qui lançait sur orbite des formations telles Impaler ou Morta Skuld qui, sans prétention particulière, lâchaient des albums directs et caverneux, idéaux pour des écoutes agréables sans prise de tête.

Fabien.

21 septembre 2009