Altars of Fab' Death

Acheron (USA) : Those Who Have Risen

Acheron (USA) : Those Who Have RisenC’est en 1998 qu’Acheron immortalise son cinquième effort Those Who Have Risen aux habituels Audio Lab Studios de Tampa, dernière collaboration avec l’ingénieur du son Greg Marchark. Initialement prévu sur Moribound Records tout comme son prédécesseur, le disque sort au dernier moment chez Fullmoon Productions, faute aux problèmes de délais rencontrés par l’écurie d’Odin Thompson. Vincent Crowley revient avec un line-up quelque peu remanié, laissant tout d’abord les guitares rythmiques aux bons soins de Ben Meyer, nouvelle recrue au sein du groupe et ancien membre du mythique Nasty Savage (l’un des tout premiers groupes extrêmes de Floride), accompagné à ses côtés du fabuleux soliste Michael Estes, tandis que John Scott toujours présent aux claviers, n’est cette fois crédité qu’en simple musicien de session. Le plus gros changement se situe derrière les fûts, puisque Richard Christy (Death, Iced Earth) cède la place au redoutable Tony Laureano, assurément l’un des frappeurs les plus puissants du circuit.

Bien qu’encore révérend à l’Eglise de Satan, qui affronte le décès de son fondateur Anton LaVey en 1997, Vincent Crowley sort cette fois-ci un concept album basé sur les mythes & enseignements du Temple du Vampire, autre corps occulte fondé en 1988 s’attachant plus précisément à l’élévation individuelle de l’homme au stade ultime & spirituel de vampire, possédant aussi sa bible et ayant comme bel adage “Test Everything, Believe Nothing“. Pour le reste, se reporter aux paroles de Those Who Have Risen abordant en détail quelques principes de cette organisation. Enfin, sans que Vincent Crowley abandonne totalement sa collaboration de longue date avec Peter Gilmore (élevé au rang de haut prêtre à l’Eglise de Satan), l’album ne comporte qu’une (trop) longue introduction aux claviers composée par ce dernier, les neuf autres pistes étant purement deathmetal. En effet, notre révérend désire désormais accorder une plus grande place à la musique, pour le plus grand bonheur des détracteurs qui trouvaient les interludes systématiques un peu trop envahissants.

Musicalement, Those Who Have Risen suit la voie tracée par son prédécesseur, à savoir celle d’un deathmetal plus posé et basé sur des rythmes en low/middle tempo, sans passage vraiment énergique et davantage atmosphériques, où planent régulièrement les claviers de John Scott, souvent présents sans être envahissants. On ressent ainsi un sentiment de plénitude à l’écoute des morceaux, comme si Vincent Crowley avait franchi avec son groupe une étape supérieure vers la connaissance et la spiritualité. Acheron se dépasse ainsi sur le superbe Lifeforce (The Blood), l’une des pièces les plus remarquables de sa discographie aux côtés du mémorable Out of Body présent sur ce même album, ou aligne encore quelques Necromanteion Communion, Hekal Tiamat et Undead Celebration tout aussi équilibrés, impeccablement mis en valeur par les soli mélodiques & aériens de Michael Estes et les claviers planants de John Scott.

Si on peut en revanche regretter le manque de présence et d’agressivité des guitares rythmiques dans le mixage, bien que ce point ne soit pas forcément une faiblesse dans le contexte de Those Who Have Risen, sachons aussi nous delecter devant la prestation du batteur Tony Laureano, désarmant même en mid-tempo grâce à la puissance de son jeu et à la maîtrise de sa double pédale. Le growl pur & articulé de Vincent Crowley est également un atout, servant idéalement le discours de notre révérend, épaulé à l’occasion par David Vincent et Georges Fisher (Morbid Angel, Cannibal Corpse), invités de marque durant les sessions.

Si Those Who Have Risen risque de déplaire aux deathsters recherchant vitesse et brutalité à tout prix, rebutés par son côté atmosphérique, cette cinquième célébration reviendra à coup sûr hanter les disciples ayant pénétré au coeur du temple, tant chaque morceau prend davantage corps au fil des écoutes. Acceptons une métamorphose en vampire ou bien le don de notre âme au diable pour assister encore à un tel rituel de la part d’Acheron qui, en cette noire année 1998, aligne de sacrés interprètes et offre le meilleur de lui-même. Un véritable baroud d’honneur avant sa première séparation.

Fabien.

> - Les chroniques -, Acheron — admin @ 20:00

21 août 2012