Altars of Fab' Death

Acid Reign : Moshkinstein

Acid Reign : MoshkinsteinSous-division speed/thrash de l’écurie britannique Music For Nations, Under one Flag est avant tout spécialisée durant ses premières années dans les licences européennes, distribuant notamment sur le vieux continent une bonne partie du catalogue du label nord américain Combat Records (USA), comme Dark Angel, Nuclear Assault, Forbidden, Death ou Possessed. L’une de ses premières pleines signatures est le groupe de fun-thrash britannique Acid Reign, aux côtés de Re-Animator, qui rejoindra d’ailleurs le label une petite année plus tard à l’occasion du mini-LP Deny Reality. Moshkinstein est donc la première réalisation du quintet, parue au printemps 1988 et faisant suite à la demo-tape du même nom et à la même illustration, sur laquelle on trouvait déjà les morceaux, Goddess, Suspended Sentence et Motherly Love.

Moshkinstein s’inscrit dans la droite lignée de l’album The Fear qui sortira l’année suivante, avec une pochette du même calibre et un enregistrement d’une qualité tout aussi modeste, bien que le son soit suffisamment clair et agressif pour restituer l’agressivité et le mordant des compositions. Tout au long des six morceaux, on retrouve ainsi cette bonhomie propre au groupe anglais, l’art du rythme entrainant et du riff percutant, sans occulter le chant si singulier et merveilleusement faux d’Howard Smith. A recommander aux fans d’Anthrax, Lawnmower Deth ou Re-Animator, ce premier jet paru initialement sous forme de mini-LP vinyle compte 6 titres pour 32 minutes de thrashmetal vitaminé, aux accents légèrement punk-british, un menu plus que conséquent pour un simple mini-album, sans titre à jeter. Cinq morceaux sont inclus sur l’édition CD de The Fear (1989), à l’exception du bon instrumental Freedom of Speech, mis à l’écart faute au dépassement de la capacité d’un simple CD.

Fabien.

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1 avril 2013

Acid Reign : The Fear

Acid Reign : The FearAprès son mini LP Moshkinstein, d’une durée conséquente de 32 minutes, Acid Reign retourne envahir les studios Blue Strike en septembre 1988, pour les sessions de The Fear, son premier full lenght et nouvel effort sous les couleurs d’Under One Flag, qui distribue notamment sur le territoire européen les derniers missiles de Death, Bathory, Dark Angel, Possessed, Exodus ou Nuclear Assault. Le groupe de fun thrash britannique se sépare entre temps de Gary Jennings (Gaz), qui fondera étonnamment le groupe de doom metal Cathedral avec Lee Dorrian (ex-Napalm Death).

Farci de photos souvenirs amusantes à l’intérieur de sa pochette, et débutant sur 25 secondes délires, The Fear confirme l’humour intarissable d’Acid Reign, bien décidé à ne pas se prendre la tête une seule seconde, à l’instar de ses homonymes de Lawnmower Deth et Re-Animator. Le thrash metal de la formation reste toutefois à prendre au sérieux, proposant des titres qui, sans être un summum de technique, sont percutants et remarquablement ficelés. Le chant de H apporte en outre une forte personnalité au groupe, justement grâce à ses nombreuses imperfections qui le rendent au final unique et très séduisant.

Mais l’atout imparable d’Acid Reign demeure dans l’art de larguer des rafales de riffs entêtants et des breaks vicieux, se bousculant tout au long de l’album. Les mosh parts entrainantes de Reflections & Blind Aggression se succèdent ainsi aux accélérations d’Insane Ecstasy et aux riffs alambiqués de l’excellent Humanoïa, pour le plus grand plaisir du thrasher. Le ton devient parallèlement beaucoup plus lourd & sérieux sur All I See, Lost In Solitude et son titre éponyme, pour trouver son apogée sur l’inoubliable Life In Forms et ses ambiances épaisses, certainement le meilleur titre d’Acid Reign, mais aussi l’une des plus belles ogives du thrash metal, avec son intro acoustique, ses soli exquis, et sa cascade de riffs mémorables.

Muni d’une pochette sans prétention, et pêchant par son enregistrement et son mixage approximatifs, The Fear n’est certainement pas le disque le plus professionnel de l’année 1989, ne rivalisant pas avec le thrash des nord américains d’Anthrax & Exodus du moment. Acid Reign dégage en revanche une fraicheur et une bonhomie remarquables, et possède enfin cette aisance à trouver des riffs aussi excellents qu’entêtants, invitant à multiplier indéfiniment l’écoute de ses morceaux.

Fabien.

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6 juin 2008

Acid Reign : Obnoxious

Obnoxious

Acid Reign, muni au compteur de deux productions antérieures Moshkinstein et The Fear, avait donné à la scène anglaise encore trop récemment secouée par la vague punk à l’époque, un de ses meilleurs protagonistes Thrash dans une scène qui tardait à décoller par rapport aux USA ou encore à l’Allemagne. On pourra bien entendu citer les excellents Onslaught ou les plus anecdotiques Virus ou encore les virulents Lawnmower Deth mais comparé aux déferlantes Bay Area, NYTM ou aux attaques germaniques, le Royaume Uni, comme une bonne partie du reste de l’Europe, faisait figure sinon de Petit Poucet de cette scène tout au moins d’outsider lointain.
 
Je ne m’étendrai que partiellement sur le reste de la discographie d’Acid Reign, car je ne peux que m’incliner devant le travail fourni par Fabien et vous y renvoyer pour référence.
 
Obnoxious, dernier album en date avant le split, reste à ce jour le meilleur disque sorti par les Anglais. Alors que les deux précédents opus évoluaient dans une sphère impersonnelle réadaptant avec plus ou moins de réussite les fondements d’un Thrash Metal sauce new-yorkaise avec quelques pointes de crossover ici et là, Obnoxious revêt des couleurs bien plus personnelles et permet à Acid Reign de trouver enfin mais éphémèrement son style. Un style volontairement introspectif et qui abandonne le côté un peu festif à la Anthrax précédemment développé pour aborder des thèmes aussi variés que les thèmes de société sur Codes Of Conformity ou bien même des problèmes personnels comme sur Thoughtful Sleep.
 
La musique suit le même parallèle que les textes et gagne en sérieux. Ce qui, d’un premier abord, a pu rebuter une grande partie des Thrashers de l’époque plus habitués à une musique qui les attirait pour le côté fun et/ou dévastateur. Plus facile de faire la fête ou d’headbanguer entre potes sur  Among The Living ou Endless Pain que sur Obnoxious qui demande pour l’apprécier plusieurs écoutes et un minimum d’attention. Cet aspect musical n’est d’ailleurs pas sans rappeler les « pre-requisites » propres au Doom et cela n’étonnera donc personne que le split d’Acid Reign ait finalement donné naissance à un des groupes (au groupe ?) qui incarne le mieux ce fameux Doom  : Cathedral. Pas moins de trois ex-membres d’Acid Reign, la paire de guitaristes et le batteur, rejoindront Dorrian et Griffiths pour fonder Cathedral et accoucher d’un Forest Of Equilibrium où l’on peut percevoir ce son de guitare déjà présent sur Obnoxious.
 
Néanmoins qu’on ne s’y trompe pas. Obnoxious, bien que moins facile d’accès, reste une galette de Thrash Metal et la virtuosité des musiciens, les plans audacieux, les multiples revirements, breaks, et autres accélérations le confirment pour ceux qui en auraient douté. Autre cerise sur le gâteau, le timbre particulier de ‘H’ qui colle tellement bien à cette musique. Sa voix évite les récifs et les écueils de l’époque, nommément ces chanteurs dont la voix stridente et aigue peut porter sur les nerfs ou justement ces chanteurs qui ne savent pas chanter et qui éructent sans aucune maitrise de leur organe. ‘H” lui propose une voix faite pour le Thrash Metal, soyeuse par moments, plus hargneuse par d’autres et qui rappellera d’ailleurs par moments les qualités d’un Osegueda (Death Angel) ou d’un Coons (Laaz Rockit).
 
La pochette rose fluo, pas très ‘Metal’ pour le coup, a du déplaire à l’époque aux plus ‘True’ des Thrashers et nul doute qu’elle ne contribua pas à élargir le public d’Acid Reign. Faute de marketing (c’est bien connu le rose c’est pour les filles ou les gays) ou volonté assumée de vouloir se démarquer ? Quoi qu’il en soit, elle sonna le glas pour le groupe et malgré tous ses atouts, Obnoxious restera comme l’ultime témoignage du groupe.
 
L’histoire ne dit pas si la pochette fut la dernière pierre ajoutée à l’édifice de leur démantèlement, si ‘H’ (qui ne réapparut jamais sur la scène) quittait la barque pour raisons personnelles, si Gaz, Lehan ou Wharton avaient déjà entériné leur départ pour créer Cathedral, si.. Vous connaissez l’expression : avec des si… Aujourd’hui, il semble que les vrais amateurs de Thrash aient (re)découvert les vertus de ce formidable disque si l’on considère les sommes indécentes qu’il peut atteindre sur un site d’enchères bien connu. Bien que cet argument ne soit pas un gage de qualité, je ne peux que vous inviter à tenter de découvrir cet ultime album des Anglais qui mérite mieux que ce qu’il récolta il y a 20 ans de cela. Assurément dans mon top 15 des meilleurs albums Thrash Metal, j’espère que cette chronique réparera donc une injustice imméritée.

GandhiEgo
(www.spirit-of-metal.com).

L’entrainant Creative Restraint, le rapide Your Enemy, le mélancolique Throughtful Sleep, l’ambitieux Phantasm et ses arrangements classiques, l’intro de basse de My Open Mind, le délire jazz final de Code of Conformity, sont autant d’éléments qui font d’Obnoxious un bon album de thrash, mais aussi une oeuvre d’avant-garde, brillamment enregistrée par Stilly Harris. Les années écoulées m’ont permis de me réconcilier avec Obnoxious, sur lequel j’avais à l’époque de fâcheux à priori de jeune thrasher. Je reste toutefois un adepte de la période The Fear qui, bien que moins professionnelle, représentera toujours la bonhomie d’Acid Reign à mes yeux. Nostalgie, quand tu nous tiens… Fabien.

> - Les guests -, Acid Reign — fabien @ 12:01

26 janvier 1990