Acrostichon : Engraved In Black
Figurant parmi les pionniers de la scène death metal néerlandaise, Acrostichon se forme en 1989 à Tilburg. Après plusieurs démos et le fameux Lost Remembrance de 1991 sorti en 45T chez Seraphic Decay, le groupe se fait dès lors remarquer par la petite écurie française Modern Primitive, se concluant par l’enregistrement d’Engraved In Black, et sa commercialisation au printemps 1993.
Engraved balance un death metal honnête sans être toutefois transcendantal. Les morceaux dégagent néanmoins beaucoup de fraicheur et d’authenticité, agrémentés de quelques passages acoustiques à l’image du sympathique Dehumanized, ou de solis de bonne volée comme celui du remarquable Mentally Deficient. Mais, la grande originalité d’Acrostichon réside au niveau de sa chanteuse, Corinne Van Der Brand, l’une des toutes premières hurleuses au guttural particulièrement renversant, conférant dès lors un certain attrait pour le groupe.
De plus, malgré les faibles moyens alloués au budget d’enregistrement, Acrostichon réussit à s’entourer du grand et célèbre Colin Richardson, réputé pour les productions de Carcass ou Bolt Thrower, qui dote les guitares et le couple basse/batterie d’un son relativement clair et puissant.
Mais, malgré la présence atypique de Corinne avec sa voix terriblement caverneuse, et servi par une production signée par l’un des maîtres en la matière, Engraved In Black ne rencontre pas un succès important. En effet, la petite structure du label ne lui permet pas une promotion conséquente, mais son côté trop conventionnel ne le distingue pas non plus des autres réalisations du moment, de surcroît en cette année 1993 où les formations death metal commencent à se multiplier dangereusement.
Fabien.