Altars of Fab' Death

Outburst (NL) : Engraved In Black

Engraved In BlackAcrostichon se forme à Tilburg en 1989 autour des guitaristes Richard Schouten & Jos van der Brand, et de la chanteuse & bassiste Corinne van den Brand. Tout comme Gorefest ou Sinister, le groupe emboite tout juste le pas aux pionniers de la scène deathmetal batave tels que Thanatos, Pestilence, Asphyx, Sempiternal Deathreign ou Delirium. Après plusieurs démos et le fameux Lost Remembrance de 1991 sorti en 45T chez le label culte Seraphic Decay, le quatuor se fait remarquer par la petite écurie française Modern Primitive, qui ne sortira en tout que trois albums, celui de nos protagonistes ainsi que le premier LP des finlandais de Disgrace et des suédois de Ceremonial Oath. L’affaire se conclut ainsi par l’enregistrement d’Engraved In Black et sa commercialisation au printemps 1993.

Engraved In Black lâche un deathmetal de bonne facture. Ses morceaux dégagent beaucoup de fraicheur et d’authenticité, agrémentés de quelques passages acoustiques à l’image du bon Dehumanized, ou de soli inspirés pour citer la superbe lead au coeur du remarquable Mentally Deficient. La grande originalité d’Acrostichon, c’est bien sûr le growl terrifiant de Corinne Van Der Brand, l’un des tout premier growl féminin du circuit aux côtés de celui de Sharon Bascovsky (Derkerta) et de Dana Duffey (Mythic), renvoyant au passage un sacré paquet de growlers de l’époque au placard.

Fi des faibles moyens alloués par son label, Acrostichon parvient tout comme Gorefest sur Mindloss à s’entourer du maître Colin Richardson, célèbre pour être parvenu à dompter le son de Carcass et Bolt Thrower sur les invincibles Symphonies of Sickness et Realms of Chaos. L’ingénieur dote notamment les guitares et le couple basse / batterie d’un son clair et puissant, au détriment du côté gras des précédentes démo-tapes de la formation.

Malgré la présence singulière de Corinne van den Brand au timbre terriblement caverneux et un enregistrement signé par l’un des maîtres en la matière, Engraved In Black ne rencontre qu’un succès d’estime. Si la petite structure du label Mordern Primitive limite bien sûr la promotion et la diffusion du disque, le death d’Acrostichon aux teintes Celtic-frostiennes (tout comme celui de Delirium) ne le distingue d’autre part pas suffisamment des autres formations du moment, de surcroît en cette année 1993 où le deathmetal déboule des quatre coins de la planète, à l’heure où il faut commencer à faire des choix parmi une pléthore de nouveaux albums.

Fabien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Acrostichon — admin @ 14:45

25 mars 2007