Altars of Fab' Death

Anthrax : Among the Living

Quelques mois après Slayer et Metallica, c’est donc au tour des New-Yorkais d’Anthrax d’offrir leur monument de thrash metal à cette époque bénie des années 86-87. Sans atteindre la violence de Reign in Blood ni la majesté de Master of Puppets, Among the Living incarne l’avènement d’une autre forme de thrash, énergique, pêchue et entraînante, flirtant bon le hardcore dans sa furieuse tendance à enchaîner les mosh parts et les accélérations fulgurantes.

Ne nous méprenons pas cependant : les premiers riffs d’Among the Living, avec un son copieux et une puissance toute métallique, annoncent bien une déferlante de thrash metal… qui arrive plein pot. Ce premier titre suffit à comprendre qu’Anthrax a franchi un cap depuis Spreading the Disease. Outre la puissance de la production, les riffs accrocheurs en diable et les changements de rythme implacables sont une invitation immédiate à un joyeux headbanging.

Et ce n’est pas fini, car le deuxième morceau n’est rien d’autre que le cultissime Caught in a Mosh, dont le titre est suffisamment évocateur. Véritable claque, ce morceau résume à lui seul la fusion du thrash furieux avec des relents jouissifs de hardcore qui signe la patte Anthrax. Puis survient à nouveau un classique, I Am the Law, groovy et mid-tempo pendant quelques minutes avant de s’emballer lui aussi. Les deux titres suivants préfigurent de l’avenir du thrash d’Anthrax, aux rythmiques simplistes et à l’ambiance globalement plus festive, s’éloignant de manière radicale de la frange obscure du metal extrême incarnée par Slayer & Co.

C’est d’ailleurs le chant de Joey Belladonna qui est pour partie responsable, chant si souvent discuté, aux aigus sentant bon le heavy metal, fleurant souvent avec une jovialité que l’on pourra lui reprocher plus tard. Le sérieux reste toutefois de mise avec Indians, merveille de metal teintée d’émotion et de maîtrise, l’un des plus beaux titres de la discographie d’Anthrax, qui rappelle d’ailleurs que comme bon nombre de leurs compères est-américains, Anthrax est un groupe engagé politiquement (là encore la mouvance hardcore n’est jamais très loin).

L’album se poursuit ainsi sur sa lancée, ne faiblissant pas et procurant une joie immense à tout aficionado du thrash metal, grâce à ses riffs percutants, son rythme endiablé et sa faculté à jouer avec les tempos. Il est également le tournant définitif qui écarte Anthrax de la mouvance la plus sombre du metal extrême d’alors, en faisant néanmoins un leader de la scène New-Yorkaise, si atypique dans le paysage du métal américain par sa culture hardcore, qui a tant donné au thrash metal. Among the Living est donc indiscutablement une pièce culte de ce mouvement, la pièce culte de ce qui fût un des “Big Four” du thrash metal.

Eulmatt (www.metal-blogs.com/eulmatt).

1986… l’année du thrash metal par excellence…
Among The Living reste certainement l’album le plus marquant des skaters new-yorkais (avec le fabuleux State Of Euphoria, me concernant). S’opposant fièrement à la domination californienne de Slayer, Metallica & Megadeth, Anthrax balance pour la première fois ses mosh parts, breaks entraînants provoquant des headbangs incontrôlés ! Possédant encore quelques traces de compositions de Dan Lilker, l’album lâche plein de classiques, à l’image des intemporels Caught In A Mosh, Efilnikufesin ou One World, définitvement incontournables. Fabien.

> - Les guests -, Anthrax — fabien @ 0:45

26 janvier 2008

Anthrax : Spreading the Disease

1985. Alors que Slayer vient de sortir son diabolique Hell Awaits, Megadeth son Killing is My Business encore très influencé par le punk et Metallica, décidément toujours en avance à cette époque, a purement et simplement définit le Thrash un an plus tôt avec son imposant Ride The Lightning, Anthrax pond Spreading The Disease, opus mi figue Thrash mi raisin Heavy chez leur nouveau label, Island Records.

Suite aux fortes tensions qui règnent au sein du groupe, Anthrax remanie ses rangs en engageant un nouveau bassiste, Frank Bello, en remplacement de Dan Lilker parti former le brutal Nuclear Assault avec John Connelly et surtout, un nouveau chanteur ; Joey Belladonna. Son chant tranche avec son prédécesseur, bien plus criard. Les capacités vocales de Belladonna sont impressionnantes. Une voix puissante et haut perchée, apportant ainsi une touche de mélodie supplémentaire au groupe.

A.I.R. entame le disque sur une intro lourde et martiale de guitares tranchantes et de batterie écrasante, avant d’être propulsé par Benante de ses mitraillages secs de caisse claire et pilonnages de double, suivi des incisions guitaristiques de Spitz. Les New-yorkais ont gagné en maturité et peaufinent leur morceaux, notamment au niveau des intro, à l’image de Lone Justice, morceau en mid tempo débutant sur une ligne de basse groovy de Bello et solo de guitares tournoyant ou encore, mais dans un style tout autre, Madhouse et son intro complètement délirante, ambiance “bienvenue chez les dingues” qui fera l’objet d’un clip tout aussi drôle. Anthrax a la science du riff qui tue et du refrain qui accroche, qui fédère, comme par exemple S.S.C./Stand or Fall et son intro indo-arabisante déchirée par un solo rageur ou Aftershock avec ses gros chœurs virils (merci Gui-)) “made in” N.Y. et bien sûr, Madhouse, titre taillé pour la scène qui fait chanter tout un stade en un coup de mediator.

Cependant, le Thrash des New-yorkais est encore fortement teinté d’influences Heavy Metal, comme par exemple l’épique Medusa et son riff lourd et entrainant, lancé sur un middle tempo ou The Enemy, purement heavy, elle aussi, avec sa basse hypnotique,s’enflammant carrément sur les envolées de Joey,accompagné de paroles pertinentes qui dénoncent la mise au rebut des juifs d’Allemagne dans les années noires.

Le point culminant étant probablement la somptueuse Armed And Dangerous, sortie juste avant Spreading The Disease sous format ep (avec une reprise de God Save The Queen des Sex Pistols). La trax débute sur une guitare acoustique cristalline et une ligne de basse discrète bientôt rejoints par Joey… Alors la machine s’emballe dans une cavalcade infernale ; Belladonna ne s’arrête plus de monter dans les octaves, le raid aérien de Benante bombarde ses breaks atomiques, les guitares hurlent de toutes parts crachant leur décibels et lançant définitivement le morceau dans un thrash/speed galopant. Le morceau le plus garni et complet de la galette. Gung-Ho clot l’album de son riff tronçonnant. Ça part furieusement dans tous les sens ; vitesse supersonique, solos qui fendent le crâne, suraiguës stridents, chœurs, rafales de double caisse. L’auditeur est déchiqueté sous cette avalanche sonore. L’album se termine finalement sur un délire dont seuls les New-yorkais ont le secret.

Sur ce dernier point, Anthrax se démarquera bientôt de ses congénères métalliques. Alors qu’on headbanguera furieusement aux concerts des frères ennemis du Thrash, qu’on fera le signe de la bête aux concerts satanistes de Slayer, Anthrax s’affichera avec une attitude et un style très “cool” , short baggy T-shirt et pompes de skateurs tranchant avec la sobriété vestimentaire et le noir de rigueur imposé par les Four Horsemen. Metallica les prendront d’ailleurs dans leurs bagages pour une tournée européenne.

Un album avec un fort cachet 80’s, estampillé N.Y., sur lequel Anthrax se cherche encore, naviguant entre Thrash burné et Heavy moule burne qui malgré le bon travail de Jon Zazula à la production, a moins bien vieilli que son successeur. Quoi qu’il en soit, on prend toujours autant de plaisir à l’écouter vingt ans plus tard. Spreading The Disease consolidera fortement la position d’Anthrax sur la scène américaine à l’aube de leur pépite ultime, Among The Living, qui mettra alors en place une équation imparable : Sens de la mélodie + riffs qui tuent + mosh part + délire + Belladonna = Anthrax.

Barback (www.spirit-of-metal.com).

Le style des new-yorkais se peaufine effectivement avec l’arrivée de Speading the Disease. Fini le cuir bidon de Fistful of Metal et d’Armed & Dangerous, et entrée d’un look désinvolte, à coup de skates, shorts, et casquettes de Suicidal. Son thrash prend lui aussi un sacré virage avec l’arrivée de Belladonna et l’expérience parallèle S.O.D de Ian & Benante, même si les traces heavy n’ont pas totalement disparues. A ce titre, autant j’apprécie un déboulonnant A.I.R ou un Stand or Fall, autant les titres aux colorations plus heavy comme Medusa, voire l’intro d’Armed and Dangerous, me laissent déjà plus indifférent. Fabien.

> - Les guests -, Anthrax — fabien @ 4:00

25 janvier 2008

Anthrax : Fistful of Metal

Anthrax : Fistful of MetalAnthrax se forme en 1981 à New York autour de Scott Ian et Dan Lilker, influencé dans ses toutes premières années par la NWOBHM de Maiden & Priest. Le groupe stabilise alors son line up en 1983 avec l’arrivée de Dan Spitz et de Charlie Benante, et décroche un contrat avec Jon Zazula de l’écurie Megaforce, débouchant sur l’enregistrement de Fistful of Metal à la fin de l’année, et à sa commercialisation en janvier de l’année suivante.

Bien que ses influences heavy soit encore très perceptibles, Fistful of Metal balance une musique incroyablement rapide et agressive pour l’époque, très vite cataloguée de speed metal, à l’instar du Kill‘ Em All de Metallica, sorti six mois auparavant sur le même label. Sur les rythmiques entraînantes de Benante / Lilker, Ian & Spitz placent en effet des riffs directs et terriblement incisifs, soutenant la voix furieuse de Neil Turbin, qui varie ses vocalises d’un chant heavy jusqu’à des cris particulièrement haineux.

Toute l’ambiguïté de Fistful of Metal réside justement dans son metal encore flou, naviguant maladroitement entre deux genres. Tandis qu’Anthrax assomme l’auditeur avec la violence thrash de Deathrider et Metal Thrashing Mad, à coup de riffs tranchants et de vocaux teigneux, il revient alors à des colorations heavy, à l’image d’Howling Furies ou de la reprise I’m Eighteen d’Alice Cooper, sur lesquels le tempo ralentit, et le chant de Turbin devient beaucoup plus mélodique.

Surprenant par sa violence et sa vitesse d’exécution en cette fin 1983, Fistful of Metal est un album clé dans la genèse du speed / thrash des années 80, au même titre que les incontournables Kill ‘Em All & Show No Mercy. En revanche Anthrax n’obtient pas de suite la même reconnaissance que les redoutables Metallica et Slayer de l’époque, faute à son identité encore mal définie. Il lui faut alors attendre l’arrivée de Joey Belladonna et l’enregistrement de Spreading the Disease, pour acquérir sa véritable personnalité et imposer définitivement son style.

Fabien.

> - Les chroniques -, Anthrax — admin @ 2:00

28 novembre 2007