Altars of Fab' Death

Asphyx : Death… The Brutal Way

Last One on Earth

Cela faisait un bail qu’on attendait le retour de Asphyx muet depuis In the Wings of Inferno en 1999, encore plus longtemps qu’on espérait réentendre à nouveau Martin Van Drunen reprendre le micro. Splitté depuis un temps assez considérable, leur reformation récente a ravi les fans de l’époque glorieuse du début des 90’s et après avoir assurés pas mal de concerts, le batteur Bob Bagchus et ses hommes ont remis la machine à composer en route pour proposer le bien nommé 8ième album (on peut considérer que le disque de Soulburn est un album de Asphyx) Death… The Brutal Way (2009).

Inévitablement en mettant la main sur ce nouvel opus, la première question qui est aussi une espérance (sans trop y croire par souci de rationalisme) qui vient à l’esprit est « Ont-il réussi à faire aussi bien que le légendaire Last One on Earth ? », la deuxième question qui est aussi une crainte est « Ne vont-il pas nous pondre un sous album de Hail of Bullets qui ne serait que des chutes de Of Frost and War ». A la première question ce n’est pas une surprise nous sommes obligés de répondre non, mais malgré cela ce disque est d’une grande qualité, le Death sombre et lourd développé ici fait mouche et renvoie dans les cordes tous les groupes de « retro Death Metal » qui ne peuvent que s’incliner devant les maîtres. Ce qui nous amène à répondre non à la deuxième question, l’identité Asphyx est on ne peut plus présente et la volonté de tout enfoncer est aussi vivace qu’il y a 17 ans, les vieux briscards ont encore de l’énergie et de l’inspiration à revendre.

Scorbutics pose le décor clairement avec les rythmiques acérées et pesantes de Paul Baayens, le jeu de batterie simple mais efficace de Bob Bagchus, la sous-jacente mais omniprésente basse de Wannes Gubbels et bien sûr la voix, la terrible voix de Martin Van Drunen, l’une des plus reconnaissables dans le Death Metal et qui lui non plus n’a rien perdu de sa fougue, l’équivalent d’un Rob Halford ou d’un Bruce Dickinson dans le Heavy. Le bonhomme fait étalage de tout son savoir faire ici, notamment sur le long et épique Cape Horn rendant hommage au courage des marins d’antan.
Enregistré au sonic assault studio par Frank Klein Douwel, mixé et masterisé au fameux Unisound de Dan Swanö (qu’on ne présente plus), Death… The Brutal Way bénéficie d’une production massive mettant en valeur les riffs puissants qui tapissent l’album, heureusement les hollandais n’ont pas cédé à la tentation de l’ « uber-production » tant en vogue actuellement, ainsi le côté crasseux et noir de la musique loin d’être atténué est au contraire sublimé.

Le direct Scorbutics, l’imparable Death The Brutal Way véritable hymne au headbanging, le surpuissant Riflegun Redeemer ou encore le plus Doom, Black Hole Storm sont tous des titres à haut potentiel nous replongeant dans l’esprit de 1992 et de l’incroyable force et inventivité des combos extrêmes de l’époque. Le titre Asphyx II (le I se trouve sur Last One on Earth) est le zénith de l’opus, après une intro glauque au piano les riffs Dark / Death décharnés et pesants s’insinuent indubitablement dans la tête et y reste définitivement, un superbe morceau qui n’a rien à envier à la version I, c’est dire si c’est un gage de vertu. Pour couronner le tout le livret et l’artwork noir et « boueux » de Mick Koopman est idéal pour illustrer la musique de Asphyx.

Puissant, homogène et prenant parfaitement sa place dans une époque qui n’est pourtant pas la sienne, Asphyx effectue un come-back des plus réussis, davantage à mon sens que celui de Pestilence pourtant plus médiatisé. Parmi tous ces groupes (dont certains très bons) tentant de faire revivre l’esprit du Death d’autrefois, choisissez plutôt l’original à la copie, même s’il n’atteint pas la perfection de Last One on Earth ce Death… The Brutal Way vaut largement le détour et vient s’ajouter aux disques Death au dessus du lot de cette année 2009.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Le retour de Martin Van Drunen a véritablement permis de relancer la carrière d’Asphyx. Il reste à mon sens le chanteur le plus emblématique de la formation batave, bien plus que le regretté chanteur originel Theo Loomans. Asphyx retrouve donc un pan non négligeable de sa personnalité grâce au guttural si particulier de Van Drunen. De plus, Paul Baayens s’est bien intégré dans la formation. Ses compositions, quoique très proches de son travail sur Hails of Bullets, s’ajustent fort bien à l’esprit du groupe. On retrouve ces passages doomesques & suintants, qui ont forgé la personnalité d’Asphyx sur ses premiers albums & l’injustement oublié On the Wings of Inferno. Fabien.

> - Les guests -, Asphyx — fabien @ 19:43

5 décembre 2009

Asphyx : On the Wings of Inferno

Last One on Earth

Après une parenthèse (de bonne facture) sous le nom Soulburn, le trio Daniels / Bagchus / Gubbels reprend le nom de Asphyx pour mettre en boite On the Wings of Inferno (2000). Depuis l’immortel Last One on Earth et le départ du charismatique chanteur Martin Van Drunen, les hollandais ont connu une carrière chaotique et d’incessants changements de line-up, enchaînant cahin-caha des disques de qualité moyenne, voire médiocre (God Cries). Cette fois les musiciens restent les mêmes, et telle une équipe de football ils ont trouvé leurs automatismes et se servent de l’expérience acquise sur Soulburn pour passer un cap.

Il est amusant de constater que la pochette de On the Wings of Inferno avec ce démon menaçant et visqueux ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Soulburn, mais cette fois Axel Hermann lui a donné une texture informe et éthérée ainsi que des teintes gris / noir sombres à souhait collant au mieux à la musique. Summoning the Storm donne d’ailleurs le ton rapidement : rythmiques et batterie pesantes, tempo à 120-130 bpm, chant poisseux, interludes Doom, tout ce qui a fait la force de Asphyx par le passé. Le groupe hollandais semble ici renaître d’un long sommeil, les compositions suintent à nouveau, la boue, les abysses et la mort, notamment dans le chant de Wannes qui livre une prestation digne du grand Van Drunen.

La production du Harrow Production Studio est qui plus est parfaite, donnant la sensation que Eric Daniels a trempé ses cordes de guitares dans du goudron : lorsque puissance et rugosité ne font qu’un… D’ailleurs les riffs de For They Ascend… d’influence Heavy au demeurant, suintent la crasse par tous les pores. Comme sur toutes les réalisations de Asphyx, on trouve aussi des titres largement Doom, c’est le cas du pesant éponyme et de son refrain digne d’un Black Sabbath de l’extrême. Un interlude acoustique centrale de toute beauté fait judicieusement le lien entre les deux parties du disque, d’ailleurs aucune faiblesse n’est à déplorer tout au long : Indulge in Freezy ou Chaos in the Flesh et ses linéaires appuyés font également honneur au disque. Le seul élément à redire ici est finalement la durée trop courte, les 29 minutes de l’opus passant beaucoup trop vite.

Alors que la nouvelle vague du Death explose et que Gateways to Annihilation (Morbid Angel), And Then You’ll Beg (Cryptopsy) ou Black Seeds of Vengeance (Nile) s’imposent auprès des deathsters comme la référence de ce début de millénaire, les bataves continuent imperturbablement leur bonhomme de chemin, délaissant volontairement la technique et la vitesse au profit d’un Death Metal sombre et lourd sans lequel Asphyx n’aurait pas lieu d’être. Du coup On the Wings of Inferno sort dans un relatif anonymat, boudé par les jeunes metalheads avides d’un Death de plus en plus rapide et brutal. Dommage car ce sixième album est assurément le meilleur depuis les deux premiers, introuvable depuis fort longtemps, une réédition très prochaine est annoncée bande de petits veinards !

BG (www.spirit-of-metal.com).

On the Wings of Inferno, malgré ses 29 courtes minutes, représente également le meilleur album d’Asphyx à mes yeux depuis le dyptique culte “Van Drunen” (situons nous en 2000). Son premier titre Summoning the Storm me plaque à chaque écoute, entre son riffing d’entrée particulièrement percutant, son break doom aux ambiances glauques si chères à Asphyx, et le guttural très agressif de Wannes Gubbels. Dommage d’Eric Daniels ait perdu la flamme, entrainant la mise en sommeil du groupe batave pendant plusieurs années. Pour l’anecdote, les Harrows Studios avaient brulés juste avant l’enregistrement, qui a donc eu lieu dans de nouveaux locaux, baptisés du même nom. Fabien.

> - Les guests -, Asphyx — fabien @ 19:36

4 décembre 2009

Asphyx (Soulburn) : Feeding on Angels

Feeding on Angels

Suite à un God Cries donnant l’impression d’un combo à bout de souffle, le batteur Bob Bagchus décide de faire table rase du passé en rappelant le guitariste Eric Daniels absent depuis l’album éponyme et en recrutant le bassiste chanteur de Pentacle Wannes Gubbels. Afin de repartir sur de nouvelles bases les bataves changent ainsi carrément de nom, abandonnant Asphyx pour Soulburn. Le fruit de leur travail se nomme Feeding on Angels (1998) et sort toujours par l’intermédiaire de Century Media.

La musique de Soulburn n’est pas fondamentalement différente de celle d’Asphyx, d’autant que le chant de Gubbels ressemble beaucoup à celui de Martin Van Drunen (sans pour autant en être la copie conforme). On retrouve avec plaisir les rythmiques appuyées et poisseuses de Daniels qui manquaient tant sur God Cries, notamment sur Storming Hordes et son Death / Doom d’une puissance et d’une lourdeur remarquable.

Asphyx n’est plus (provisoirement) mais ses musiciens semblent avoir retrouvé la flamme sacré, dès le prenant Hellish Entrapment, on est happé par les guitares entraînantes et la double-pédale lente et lourde de Bob Bagchus. L’apport au chant de Wannes Gubbels est indéniable, depuis le départ de Van Drunen, Asphyx (oui je sais Soulburn, mais c’est pareil…) était orphelin d’un chanteur charismatique, avec lui l’erreur est réparée, ses vocalises profondes et arrachées donnent une réelle ampleur aux morceaux.

On regrettera peut-être un léger manque d’homogénéité avec quelques titres plus faibles, comme Crypts of the Black trop linéaire et convenu. A côté de ça le long morceau éponyme propose un Death Metal de très bonne facture, basé sur les ambiances et les rythmiques répétitives, terme loin d’être péjoratif ici car il provoque une sorte d’hypnose et un headbanging incontrôlé. Parmi les chansons au dessus du lot on cochera Behold the Funeral Candle édifiée dans un double crescendo d’abord Doom, puis virant progressivement au Death Metal hargneux dans lequel les riffs de Daniels font une fois de plus mouche.

Même si on est encore loin de l’intouchable Last One on Earth, « Asphyx-Soulburn » redresse la barre de belle façon en proposant de nouveau un Death Metal sombre et lourd comme ils savent le faire, ne se préoccupant nullement de ces nouveaux groupes repoussant les limites de la vitesse et de la brutalité comme Deeds Of Flesh et Cryptopsy. Du coup ce disque anachronique passera hélas inaperçu, comme tant d’autres…

BG (www.spirit-of-metal.com).

Feeding on Angels reste le dernier album d’Asphyx que j’ai découvert, étant passé complètement inaperçu à mes yeux, la faute au changement de patronyme de la formation en Soulburn. Je ne comprends d’ailleurs franchement pas ce changement de nom, puisqu’au contraire le groupe récupérait Eric Daniels et se rapprochait de l’aura de ses premières oeuvres. Enfin comme toi, j’apprécie beaucoup le chant de Wannes Gubbels, se rapprochant du guttural de Martin Van Drunen. Les compositions restent toutefois moyennement inspirées, me conduisant au final à dresser une notation similaire à la tienne. Fabien.

> - Les guests -, Asphyx — fabien @ 23:58

3 décembre 2009

Asphyx : God Cries

God Cries

Dans ce monde infesté par le Black norvégien où le Death Metal a du plus en plus de mal à exister, Asphyx tente de survivre tant bien que mal, mais un album éponyme bon mais ne pouvant rivaliser avec l’immortel Last One on Earth et les jeunes metalheads versatiles sont déjà passé à autre chose. Bob Bagchus et ses acolytes n’ont donc plus le droit à l’erreur pour ce quatrième album God Cries (1996).

Si l’artwork n’étant pas vraiment transcendant (sorte de version du pauvre du superbe Choir of Horrors de Messiah) on rentrera tout de suite dans la musique des bataves. A première vue pas de grand bouleversement, le Death Metal de Asphyx est toujours aussi basique et épuré, proposant des titres majoritairement mid tempo et lourds. Le disque débute sur un God Cries de bon aloi qui applique à la lettre les recettes habituelles : voix écorchée, rythmiques baveuses, jeu de batterie classique mais collant parfaitement au style déployé.

Malheureusement la relative bonne impression de départ ne dure pas et très vite l’ennui s’installe, les parties pourtant pesantes de It Awaits ne parviennent pas à secouer son homme comme sur les premiers albums, on sent que le trio met tout en œuvre pour pondre des riffs inoubliables mais hélas sans y parvenir et des My Beloved Enemy il faut se forcer pour ne pas décrocher et penser au planning de la journée du lendemain…
Les compositions ne sont pas exécrables pour autant, seulement l’ambiance de cimetières ou de marécages putrides des précédentes réalisations s’est envolée, les titres sonnent comme des successions de riffs sans âme ni liant. Pire encore : la production est un peu brouillonne, faisant sonner Died Yesterday comme un titre Punk…

Tout juste si on arrive à vibrer un peu sur l’énergique Slaughtered in Sodom mais putain où sont passés les gros passages Dark / Doom abyssaux d’antan ? On nous sert des petits soli manquant de consistance par ci (The Blood I Spilled), des accélérations timorées par là, on sent bien qu’ils ne sont pas dans le match comme dirait Jean-Michel Larqué, ce qui fait que finalement les 31 petites minutes du disque paraissent déjà trop longues…

Pas un mauvais disque, mais fait comme ça tranquille, sans véritable motivation, du Death Metal fast food en somme. Cet échec incitera le groupe à changer un temps de nom pour repartir de zéro, ça aura au moins servi à ça.

BG (www.spirit-of-metal.com).

L’album « Asphyx » et God Cries n’ont aucun membre en commun. D’un côté Eric Daniels et ses deux subalternes quittent le groupe, et de l’autre côté, c’est le retour de Bob Bagchus et du chanteur originel Theo Loomans, dont le guttural manque à mon sens de profondeur. La perte d’Eric Daniels est à mon sens préjudiciable, Asphyx perdant une grande partie de son identité, bien plus que lors du précédent départ de Drunen. Mais diable, ou sont passés ces passages doomesques, ces riffs acérés, ces déchirements vocaux, ces ambiances glauques, qui conféraient toute la personnalité de la formation batave ?  Fabien.

> - Les guests -, Asphyx — fabien @ 12:42

2 décembre 2009

Asphyx : Asphyx

Asphyx

Pour ce troisième album, les hollandais de Asphyx étaient confrontés à deux problèmes de taille. Le premier consistait à donner un digne successeur au terrible Last One on Earth, considéré comme un joyau du Death Metal, le second était de remplacer le légendaire chanteur Martin van Drunen (ex Pestilence) ayant quitté le navire après le deuxième album.

Le guitariste Eric Daniels et ses acolytes investissent donc le Stage One Studio chez un ingénieur du son faisant encore ses classes dans ce métier : Andy Classen du groupe Holy Moses qui s’occupera plus tard d’albums de Legion of the Damned, Krisiun ou Tankard… Le résultat d’ensemble est peut-être un chouia moins baveux que sur Last One on Earth mais l’aspect naturel des instruments et la guitare âcre et incisive préservent fort heureusement l’esprit noir de la musique et l’ambiance « catacombe » de cet album éponyme (1994).

La lente et longue intro du disque plonge d’ailleurs immédiatement dans l’univers froid et abyssal de Asphyx, un titre bien plus Doom que Death d’ailleurs. Dephts of Eternity entre ensuite dans le vif du sujet avec un Death Metal lourd ne s’aventurant que très rarement au delà des mid-tempo et favorisant les parties lentes et plombées. Comme sur les disques précédents, Asphyx privilégie la simplicité des riffs, la lourdeur et les atmosphères à l’empilement d’un maximum de notes.

Ron van Pol, ayant la lourde tache de succéder à Martin van Drunen s’en tire très honnêtement, même si sa voix n’est pas aussi particulière et profonde que son prédécesseur, son growl à moitié hurlé est de bon aloi et se calque parfaitement sur la musique torturée du combo, à ce titre les soli lents et entêtants de Eric Daniels sur Emperors of Salvation sont un modèle du genre, de même que les accélérations ponctuelles brisant par moment les rythmes monolithiques de sénateur… Mention spéciale à ce titre à Incarcerated Chimaeras.

Les titres sont assez longs dans l’ensemble, surtout Initiation into the Ossuary, titre à tiroir de près de 10 minutes utilisant des touches de clavier apportant un effet encore plus inquiétant à la musique des hollandais, ce morceau est au final un lent crescendo nous rapprochant de plus en plus près de l’abîme : la pierre angulaire du disque. En revanche même si les morceaux suivants sont loin d’être mauvais (notamment l’inspiré Back into Eternity), le disque traîne en longueur et on trouve les 60 minutes de Asphyx un peu longue.

Sans parvenir à toucher du doigt le très haut niveau de Last One on Earth, Asphyx propose un troisième album plutôt bon mais qui aura le désavantage de sortir à une période ou le Death commence à être en déclin. Les adeptes d’un Death / Doom sombre et authentique peuvent sans problème se procurer ce disque, qui sans les égaler, s’avère être un complément intéressant à The Rack et Last One on Earth.

BG (www.spirit-of-metal.com).

C’est un Coup dur pour Eric Daniels qui perd coup sur coup Bob Bagchus et Martin Van Drunen. Ainsi, même si son jeu de guitare reste facilement reconnaissable, il manque beaucoup d’ingrédients à son groupe pour la préservation intacte de son identité. Je n’ai par exemple rien contre Ron Von Pol, mais le timbre guttural de Drunen était tellement unique… En outre, j’ai toujours trouvé « Asphyx » trop longuet sur la durée, souvent poussif, ayant du mal à vraiment décoller, bien que paradoxalement, mon titre préféré (le bon Initiation to the Ossuary) soit le plus long. Fabien.

> - Les guests -, Asphyx — fabien @ 12:18

1 décembre 2009

Asphyx : Embrace the Death

Asphyx : Embrace the Death

Formé en 1987 autour du batteur Bog Bagchus et du guitariste Tonny Brookhuis, Asphyx figure parmi les pionniers du deathmetal néerlandais, aux côtés de ses confrères Pestilence ou Thanatos. Le groupe stabilise son line-up en 1989 avec l’arrivée d’Eric Daniels à la guitare et Theo Loomans à la basse & au chant, tous deux intégrés peu avant le départ de Tonny. A partir de cette date, le groupe fonctionne alors en trio pour de longues années à venir.

Suite à la sortie de son EP Mutilating Process en 1989, pour le compte de Gore Records (Macabre, Incubus (FL)), le trio attire l’attention du label CMFT Productions, qui vient parallèlement de signer le groupe darkdeath Tiamat. Tandis que son homonyme suédois met en boite son premier album Sumerian Cry, Asphyx s’embarque également en studios en 1990 pour les sessions d’Embrace the Death, avec le soutien de sa nouvelle écurie britannique.

Mais, planté par CMFT en plein milieu de l’enregistrement, Asphyx est contraint d’annuler la fin des sessions, alors que la capture des instruments et des voix était pourtant terminée. La mort dans l’âme, le groupe repart avec une unique master-tape non mixée, sans contrat discographique à la clé. Ainsi devait s’arrêter l’histoire d’Embrace the Death, premier véritable album d’Asphyx. La signature du trio chez Century Media et le succès notoire de ses réalisations suivantes permettent pourtant la résurrection de l’album, enfin édité par le label allemand en 1996, six années après son enregistrement, dans sa version brute de décoffrage.

Toutefois, Asphyx a entre temps réenregistré la majorité des morceaux sur ses albums suivants, à raison de cinq sur The Rack, un sur le EP Crush the Cenotaph, un sur Last One on Earth, rebaptisant majoritairement les titres et revisitant les paroles. Embrace the Death ne contient ainsi que trois purs inédits, les bons Thoughts of an Atheist, Vault of the Vailing Souls et Eternity’s Dephts, sans compter son instrumental inquiétant aux claviers, ouvrant et clôturant l’oeuvre.

S’arrêter en revanche sur cette simple considération prive de l’écoute d’un album fondateur du death hollandais. Embrace the Death lâche en effet un deathmetal sans artifice, particulièrement rugueux et incisif. L’identité d’Asphyx transpire déjà de façon formidable, grâce au jeu de guitare si tranchant d’Eric Daniels, mais aussi à ce mélange imparable entre une puissance deathmetal sans concession et de nombreux passages doom, qui assombrissent terriblement l’atmosphère.

Le guttural à la fois hargneux et caverneux de Theo Loomans, certes en deçà du timbre de son redoutable successeur Martin Van Drunen, offre parallèlement un angle différent aux compositions de Bob Bagchus, renforçant leur rugosité, à l’image de la brutalité sombre de morceaux tels The Sickened Dwell ou To Succubus A Whore. En outre, l’absence de mixage ne traduit pas un son confus, mais au contraire un côté brut qui sied idéalement à l’authenticité et à la noirceur d’Embrace the Death.

Peut-être sans intérêt notable pour le commun des deathsters, dû à ses nombreux titres réenregistrés ou à sa sortie plus que tardive, Embrace the Death reste un témoignage sincère et sans artifice des premières années du deathmetal européen, s’imposant notamment pour tous les fans d’Asphyx, happés par les atmosphères sombres et les relents death doom de ses premières réalisations. Son côté perfectible dans son approche et son enregistrement lui donnent justement toute sa valeur.

Fabien.

> - Les chroniques -, Asphyx — admin @ 1:58

28 novembre 2009

Asphyx : Last One on Earth

Asphyx : Last One on Earth

Lâchant un deathmetal d’une identité fortement marquée, grâce à ses guitares d’un son corrosif si particulier, supportées par le chant arraché et unique du charismatique Martin Van Drunen, Asphyx s’est imposé directement parmi les outsiders de choix du deathmetal européen dès la sortie de son premier album The Rack. Fort d’un line up inchangé en apparence, les tensions internes entre Bob Bagchus et Van Drunen à peine voilées, la bande d’Eric Daniels réinvestit les Harrow Studios sous la houlette d’Harry Wijering, revenant dès le mois d’octobre 1992 avec Last One on Earth, sa seconde offrande sous l’égide de Century Media, label montant sur la scène deathmetal depuis la signature de Tiamat, Grave & Unleashed.

Si Last One on Earth pioche encore dans le repertoire des anciennes démos (Streams of the Ancient Wisdom), il propose toutefois des titres moins bruts et plus aérés que son remarquable prédécesseur. Le nouvel album possède en effet un côté très accrocheur, à l’image des excellents MS Bismarck et Serenade in Lead, aux structures solides servant de base à des riffs tranchants et particulièrement entrainants. En outre, Asphyx singularise judicieusement chacun de ses morceaux, comme le break écrasant d’Incarnation of Lust, le superbe solo de Streams of the Ancient Wisdom, les nappes subtiles de claviers de l’imparable titre éponyme, ou encore l’intro poignante de Forgotten War.

Délaissant quelque peu le côté brut et les ambiances sombres de The Rack, Asphyx apporte ainsi brillamment une coloration forte à ses morceaux, grâce à cet équilibre parfait entre agressivité et harmonie. Bénéficiant parallèlement d’une illustration d’Axel Hermann aussi réussie que provocante, et fort d’une production d’Harry Wijering claire et incisive, Last One on Earth lâche au final un deathmetal à la fois percutant et somptueux, aux relents doom toujours aussi exquis, sans compter les growls de Martin van Drunen forçant une fois de plus le respect devant leur rage et leur authenticité.

Après un The Rack racé, au climat particulièrement sombre & prenant, Asphyx confirme donc son statut de groupe désormais incontournable de la scène extrême de son époque, avec ce nouvel album intense, inspiré et abouti. Assemblé dans des conditions pourtant difficiles, avec Martin Van Drunen sur le départ, Last One on Earth est un classique du deathmetal et représente certainement la réalisation la plus marquante de la carrière du trio batave, clôturant le dyptique culte autour de Van Drunen de la plus belle manière.

Fabien.

> - Les chroniques -, Asphyx — admin @ 2:00

26 mars 2007

Asphyx : The Rack

Asphyx : The RackLâché par son label CFMT en plein milieu de l’enregistrement de son album Embrace the Death en 1990, Asphyx rentre bredouille dans ses quartiers, en emportant avec lui la cassette des pistes non mixées. Sans se décourager, Bob Bagchus & Eric Daniels poursuivent l’aventure, mais perdent en revanche leur chanteur bassiste Theo Loomans, jetant l’éponge peu après les sessions de leur album tombé aux oubliettes.

La séparation avec leur growler coïncide heureusement avec le départ de Martin Van Drunen au sein de Pestilence, groupe s’étant hissé parmi les leaders du deathmetal européen suite à la parution de son album culte Consuming Impulse en 1989. Asphyx récupère ainsi un atout imparable dans son line up, depuis le charisme et le chant unique du nouveau frontman, jusqu’à la forte notoriété de son ancienne formation.

Parallèlement à sa participation au split-album In The Eyes of Death de Century Media, aux côtés d’Unleashed, Grave, Tiamat et Loudblast, le trio décroche un contrat flambant neuf avec le même label, mené par Robert Kampf (Despair). Asphyx rejoint ainsi Harry Wijering aux Harrow Studio, qui deviendra dès cet instant le lieu de prédilection du groupe, pour la majorité de ses enregistrements futurs. Baptisé The Rack, et bénéficiant d’une illustration du jeune Axel Hermann (Morgoth, Demolition Hammer), le premier album enfin finalisé d’Asphyx sort en ce printemps 1991.

Débutant par une intro aux claviers fixant déjà une atmosphère sombre, The Rack enchaine sur le morceau Vermin aux rythmes rapides et au riffing très incisif. Le deathmetal d’Asphyx devient alors plus pesant au fil de son avancée, alternant brillamment parties rageuses et passages doom prenants, depuis l’excellent Evocation aux rythmes de Bob Bagchus écrasants, en passant par le dyptique Ode to A Nameless Grave / Pages in Blood d’une intensité incroyable (notamment lors des soli lancinants d’Eric Daniels), jusqu’au titre éponyme final sombre et particulièrement poignant.

The Rack tire également sa force dans le guttural à la fois profond et arraché de Martin Van Drunen, qui transcende littéralement les compositions de la paire Daniels / Bagchus, mais aussi dans la production d’Harry Wijering, qui parvient à capter l’essence même du groupe et à lui restituer un son de guitare unique et si tranchant. Les nombreux titres déjà présents sur Embrace the Death (cinq titres au total, majoritairement rebaptisés) gagnent ainsi conidérablement en épaisseur, sans perdre une once de leur côté sombre.

Nouvel album déterminant au sein de la scène death néerlandaise, The Rack permet ainsi au trio hollandais de confirmer son statut dans l’underground deathmetal, et de lancer définitivement son label sur orbite. Son côté doom et ses ambiances sombres, s’ajoutant à un son de guitare si incisif & si particulier, et au charisme incroyable de Martin Van Drunen, confèrent à Asphyx une très forte identité.

Fabien.

> - Les chroniques -, Asphyx — admin @ 2:00