Altars of Fab’ Death

Atheist : Elements

ElementsSorti en septembre 1993 chez Music For Nations, Elements annonce quelques remaniements de line-up, puisque le batteur Steve Flynn quitte Atheist, et que le guitariste Randy Burkey, suite à un aller retour, réintègre finalement le groupe, qui comporte désormais trois guitaristes. La musique ne change pas pour autant, étant composée en grande partie par le guitariste/chanteur Kelly Schaeffer, cerveau de la bande.

Elements (symbolisant l’eau, la terre, l’air et le feu) reprend en effet la musique développée sur Piece Of Time et Unquestionnable Presence, dans un registre mixant un death technique, avec des structures empreintes au free jazz. L’album est une fois encore d’un très haut niveau, composé et joué par des musiciens dont le talent n’est plus à démontrer ; chaque titre est un modèle de finesse et de virtuosité, à l’image de Water et de son fabuleux break jazzy.

Mention spéciale également aux parties de basse de Tony Choy d’une qualité et d’une richesse exemplaire. Ce dernier compose d’ailleurs un morceau de samba de grande technique qui, même s’il peut paraître un peu décalé dans un album métal, s’intègre parfaitement à l’ensemble.

Malgré tout, Elements est moins accrocheur que ses deux prédécesseurs, délivrant des morceaux ne possèdant pas tous le petit plus, qui change un très bon album en une pièce quasiment culte. A mon sens, ceci est dû en partie à la 3ème guitare qui rend parfois le tout un peu brouillon, mais aussi au choix de l’ingénieur du son Mark Pinske, qui effectue un enregistrement manquant de relief et d’une certaine clarté. Enfin, bien que l’effort soit un brin en dessous, il reste néanmoins d’un niveau exceptionnel, formant ainsi avec les deux premières réalisations, la trilogie culte d’Atheist, groupe décidément hors pair et inclassable.

Fabien.

> - Les chroniques -, Atheist — admin @ 1:30 pm

January 1, 1993

Atheist : Unquestionable Presence

En 1991, après la mort tragique du bassiste Roger Patterson dans un accident de bus lors d’une tournée, décès qui a beaucoup affecté le milieu metal, Atheist doit donc se surpasser, mais aussi recruter un bassiste très talentueux, pour rendre un dernier hommage à leur ami, musicien d’exception. Les deux paris ont été largement réussis.

En effet, sur Unquestionable Presence, tout en restant dans un registre death résolument à part, Atheist pousse cette fois l’expérimental et la technique jusqu’à leurs ultimes retranchements. A l’instar de son premier album, le groupe n’hésite pas à exploser les barrières du death metal, avec ses plans incontestablement empreints au free jazz, sans toutefois ne jamais s’égarer, proposant une musique restant un modèle de pureté & d’homogénéité.

La technique délivrée pendant les 32 minutes d’Unquestionable Presence est proprement indescriptible, la déferlante de rythmiques du couple basse batterie du tandem Choy / Flynn est ultra complexe, appuyée par le jeu de guitare & les soli hallucinants de Shaeffer & Burkey, à l’image des intemporels Mother Man & Psychic Saw. Tony Choy, bassiste de Cynic, livre de surcroît des partitions magnifiques, renforçant considérablament la richesse et la profondeur de l’album.

Scott Burns signe de surcroît une production particulièrement soignée, conférant au tout son côté très limpide, presque cristallin. Enfin, les paroles sont intelligentes, posant des questions existentielles, en opposition aux nombreux clichés gores et stéréotypés, délivrés par la majorité des groupes death de l’époque.

Encore plus abouti que son prédécesseur, Unquestionable Presence est aussitôt décrit comme l’album death metal le plus technique de tous les temps, aux côtés de Human de Death ou Testimony de Pestilence, sortis cette même année. Tout y est minutieusement millimétré, orchestré, servi par des intros subtiles, à l’image d’Incarnation’s Dream, renforçant toute la magnificence de l’ensemble. Roger Patterson aurait adoré cet album !

Fabien.

> - Les chroniques -, Atheist — admin @ 12:00 pm

January 1, 1991

Atheist : Piece Of Time

Piece Of TimeFormé en 1984 autour de Kelly Shaeffer sous le premier nom de Ravage, Atheist marque le début du death métal floridien, à l’instar de ses voisins Death, Morbid Angel, Xecutionner et Amon. Mais, alors que les quatre groupes précités évoluent dans un registre evil ou gore, Atheist aborde quant à lui des sujets de société plus personnels, et développe parallèlement une musique très complexe & alambiquée, sur un couple basse / batterie atypique, puisant de surcroît ses influences dans des horizons très étendus : l’étiquette death metal technique est née.

Suite à sa démo Beyond sortie en avril 1988, et grâce au soutien financier de l’incontournable Borivoj Krgin, Atheist rentre dès lors aux Morrisound Studios de Tampa pour les sessions de son premier album, sous la houlette du jeune Scott Burns, en novembre de cette même année. Piece Of Time n’est par contre disponible que bien des mois plus tard chez Active records, branche de Music for Nations, accompagné au passage d’une superbe pochette d’Ed Repka, célèbre pour ses illustrations de Death et Megadeth.

L’album débute par le titre éponyme Piece Of Time, avec son intro fine aux claviers, s’enchaînant sur des parties rapides et techniques, à l’approche pour le moins inédite. La section rythmique du duo Flynn / Patterson est inhabituelle mais particulièrement riche, à l’image des lignes de basses d’I Deny, créant dès lors une assise très solide. S’appuyant sur ce couple carré, les guitaristes Schaeffer & Burkey multiplient les riffs entremêlés mais diablement accrocheurs, comme ceux de l’excellent Room With A View, ou de l’intense No Truth précédé de son intro acoustique apaisante. Enfin, loin des profils gutturaux, sur des paroles de surcroît intelligentes, la voix de Kelly Schaeffer est écorchée, renforçant brillamment l’agressivité de l’opus.

A la sortie du disque, Atheist suscite dès lors beaucoup de controverses, entre les métalleux criant au génie et ceux n’assimilant pas son avant-garde. Mais, avec son originalité, son caractère et sa richesse remarquables, Piece Of Time s’impose inéluctablement parmi les albums cultes du death metal, donnant raison à ceux qui l’ont compris et encensé dès sa sortie.

Fabien.

> - Les chroniques -, Atheist — admin @ 11:15 am

January 1, 1989