Altars of Fab' Death

Autopsy : Fiend for Blood

Autopsy : Fiend for BloodDix mois après les sessions d’enregistrement de l’atemporel Mental Funeral, Autopsy reprend le chemin des studios durant deux journées de septembre 1991, pour la mise en boite de 6 titres formant le nouvel EP Fiend for Blood. Le trio articulé autour de Chris Reifert, Eric Cutler et Danny Coralles opte pour le Starlight Sound Studio, lieu où il avait immortalisé le tout aussi culte Severed Survival en 1989. Sans bassiste attitré, nos trois interprètes refont appel à leur ami Steve DiGiorgio les ayant déjà dépanné sur leur début-album, ce dernier se déplaçant cette fois avec sa basse fretless utilisée également durant les sessions de A Vision of Misery, le troisième disque de son groupe Sadus.

Si Autopsy vient de traverser musicalement la période la plus doom de sa carrière sur l’EP Retribution for the Dead et Mental Funeral, deux enregistrements d’un deathmetal poisseux et totalement immersif, le groupe californien décide cette fois d’opter pour des titres plus directs et rapidement expédiés en un peu plus de 12 minutes, à l’image du premier morceau éponyme, 24 secondes d’un deathmetal crade & véloce, et tout aussi dépouillé que la pochette de l’EP. Bien que plus sale au fil de ses réalisations, et d’apparence plus désinvolte cette fois-ci, le groupe conserve toute sa personnalité, reconnaissable entre mille dès les premières notes des guitares et les beuglements de Chris Reifert.

Chaque morceau reste par ailleurs fort bien ficelé, nous réservant de sacrées oppositions entre parties rapides ou tapageuses et passages plombés si chers à Autopsy, pour citer les bonnes pièces Keeper of Decay et Dead Hole. Tandis qu’A Different Kind of Mindfuck nous plonge plus précisément durant sa petite minute dans l’univers glauque de Mental Funeral, Squeal Like a Pig nous promet quand à lui de belles montées en puissance, sans occulter le chant totalement décharné de Chris sur ce titre, se glissant durant cet instant dans la peau d’un psychopathe. A cet effet, sachons prendre l’ensemble des paroles de Fiend for Blood au second degré afin d’éviter tout traumatisme incurable.

Plus épuré que ses prédécesseurs, manifestement plus sale également, Fiend for Blood confirme l’image d’un groupe unique qui n’en fait décidément qu’à sa tête, n’hésitant pas à prendre le chemin inverse de ses homonymes, tout en conservant pleinement son identité et sa singularité. Ce nouveau cru d’Autopsy assurant la transition entre Mental Funeral et Acts of the Unspeakable, c’est ainsi un petit quart d’heure d’un deathmetal dégoulinant, vomi en pleine face sans artifice ni ménagement.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 21:06

21 septembre 2012

Autopsy : Macabre Eternal

Autopsy : Macabre EternalGroupe culte du deathmetal nord américain, Autopsy revoit enfin le jour après une longue séparation, concrétisant sa réunion avec le bon mini-album The Tomb Within en septembre 2010. Des idées plein la tête, nos vieux briscards Chris Reifert, Danny Corralles et Eric Cutler désormais soutenus par le bassiste Joe Trevisano ne tardent ainsi pas à mettre sur pied douze nouveaux titres, chaque membre ayant pris part à l’écriture. Le quatuor se dirige dès le mois de février en studio pour la capture de Macabre Eternal, son cinquième full-lenght magnifiquement mis en image par Wes Benscoter, auteur des illustrations inoubliables des albums Diabolical Summoning et Obsculum Obscenum de Sinister et Hypocrisy, nous renvoyant directement en 1993.

Autopsy n’a effectivement pas vraiment changé depuis tant d’années, s’attachant globalement à retrouver l’ambiance glauque qui régnait sur Mental Funeral, album mètre-étalon d’un deathmetal gras et suintant. Macabre Eternal s’ouvre d’ailleurs sur le titre Hand of Darkness dans la parfaite tradition du groupe, une composition nerveuse de Reifert dominée par des rythmes tapageurs, des guitares grasses, un break vicieux, et ce chant guttural du bonhomme toujours aussi décharné. Les nombreux morceaux sentent ainsi l’Autopsy pur jus idéalement calé en death et doom, à l’image du titre éponyme et du bon Sewn Into One respectivement signés par Corralles et Trevisano, farcis de riffs gras et de soli torturés, qui maintiennent une ambiance macabre saisissante.

Si l’on peut parfois reprocher inconsciemment quelques longueurs, pour un Macabre Eternal d’une durée totale de 65 minutes, c’est paradoxalement le long Sadistic Gratification de Cutler qui nous tient le plus méchamment en halène durant ses onze minutes, dégageant une atmosphère inquiétante à l’intensité grandissante au fil de son avancée, sur fond de cris désepérés d’une victime condamnée. Bridge of Bones est aussi une sacrée surprise de Reifert, débutant à la manière du culte morceau Dead pour lâcher en son centre un plan acoustique surprenant mais tellement bien intégré. Et que dire du terrifiant Dirty Gore Whore composé et hurlé par Cutler, un morceau aux riffs assassins nous plaçant au coeur d’un climat de démence, dans la peau d’un psychopathe idéalement interprété par Cutler, moment où Autopsy donne le meilleur de lui-même et retrouve tout son génie.

Si le bon mini-album The Tomb Within nous présentait le retour d’un Autopsy en grande forme mais encore relativement sage, le quatuor nous revient en ce mois de mai 2011 avec un Macabre Eternal aux atmosphères plus variées et plus épaisses, sans aucun titre à jeter, à deux doigts de ses meilleures années. Le gang californien manque peut-être juste d’un brin de concision sur ce nouveau cru, mais distille en revanche un deathmetal d’une authenticité, d’une singularité et d’une crasse sans équivalent, et aussi bien plus subtil qu’il n’y parait.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 0:35

6 juin 2011

Autopsy : The Tomb Within

Autopsy : The Tomb Within

Il aura fallu attendre quinze longues années pour assister à la résurrection d’Autopsy, afin que Chris Reifert et Danny Coralles concrétisent enfin leur réunion avec Eric Cutler (épaulés par le bassiste Joe Trevisano), durant quatre jours d’été 2010 sous la bienveillance de l’ingénieur du son Adam Munoz. Le groupe ressort ainsi avec un mini-album de 5 nouveaux titres pour 20 minutes d’un deathmetal dont seul Autopsy possède le secret. Muni d’une superbe illustration de Matt Cavotta en total adéquation avec le style du quatuor californien, The Tomb Within marque également le retour de l’ancien logo abandonné depuis le culte Mental Funeral en 1992.

Ce détail ne tient pas au hasard, puisqu’Autopsy montre la volonté manifeste d’un retour au coeur de sa période d’or, celle de ses premiers albums. La multiplication des titres des dernières oeuvres, leur simplicité et leur côté second dégré cèdent ainsi la place à des morceaux plus longs et plus aboutis, durant lesquels le groupe retrouve enfin le temps d’installer une véritable atmosphère.

Le titre éponyme débute tout d’abord sur un Autopsy en folie, où l’on retrouve le guttural décharné de Reifert et les duels de soli furieux de la paire Cutler / Coralles, s’enchainant alors sur des passages doomesques si emblématiques de la formation, le tout bénéficiant d’un enregistrement d’une idéale rugosité. Tout aussi fou, My Corpse Shall Rise enfonce le clou, tandis que Seven Skulls fracasse à coups de riffs particulièrement redoutables.

Si le rapide Human Genocide reste certainement le morceau le plus classique de The Tomb Within, donc sans surprise notable pour les vieux deathsters mais tellement entêtant, Autopsy finit en beauté sur le bon Mutant Village, six minutes durant lequelles les riffs trainent lentement dans la crasse, laissant se repandre une atmosphère putride si bien entretenue au fil de ce dernier morceau.

Sans toutefois retrouver le riffing mortel de Severed Survival ou la densité des ambiances de Mental Funeral, somme tout assez proche de sa période Fiend for Blood, Autopsy marque ainsi un retour réussi sur le devant de la scène, récréant en partie l’aura si glauque qui entourait son début de carrière, et rangeant au placard l’image désinvolte et d’auto-dérision (d’auto-destruction ?) de l’époque Shitfun. Vingt-trois ans après sa formation, le groupe lâche de nouveau pour le plus grand plaisir des deathsters ce deathdoom unique en son genre, à la marque de fabrique inimitable.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 2:00

18 septembre 2010

Autopsy : Shitfun

Autopsy : Shitfun

Octobre 1995. Trois ans exactement après la sortie d’Acts of the Unspeakable, Chris Reifert et ses acolytes reviennent avec un quatrième posthume enregistré une année auparavant, constituant donc la dernière déjection lâchée sous le nom d’Autopsy. A la place vacante durant les sessions d’enregistrement, la basse est d’ailleurs tenue à tour de rôle par Cutler, Reifert & Coralles, ainsi que par Clint Bower, transfuge d’Hexx, la formation furieuse thrashdeath californienne.

Entre son titre, sa pochette et ses paroles second degré, pour citer les scatophiles Shit Eater ou Excremental Ecstasy, Shitfun décroche sans conteste la palme de l’album metal le plus crade, leurs membres affichant une telle désinvolture, qu’ils n’invitent plus à prendre tellement leur musique au sérieux.

D’une durée record de 50 minutes, trop longue en considérant quelques morceaux comme No More Hate ou Excremental Ecstasy relativement dispensables, Shitfun lâche vingt titres partagés entre le deathmetal emblématique du groupe (Deathmask) et un metal à la sauce bien plus punky (Burnt to A Fuck), qui préfigure le style plus particulièrement emprunté par Reifert, Coralles et Bower au sein d’Abscess.

L’ensemble reste globalement articulé sur des structures toujours plus dépouillées, plus encore que sur l’album prédécesseur Acts of the Unspeakable. Ainsi, bien que quelques titres soient assez marquants (I Sodomize your Corpse), Shitfun ressasse inévitablement des passages de même teneur, plus un résultat franchement trop linéaire. Par ailleurs, si les riffs de Danny Coralles et d’Eric Cutler restent percutants, ils sont atténués par une production décidément trop cradingue pour leur apporter tout le relief et l’épaisseur nécessaires.

Délaissant pratiquement une fois pour toutes les atmosphères glauques et prenantes dégagées sur les cultes Severed Survival et Mental Funeral, Shitfun est un album basique, ne contenant à ce titre rien de franchement exceptionnel. On sent dans ce dernier cru cette désinvolture qui prend le dessus et cette osmose quasiment disparue, cette volonté d’Autopsy d’en finir et tourner définitivement la page. Dans de nombreux morceaux bien punky, on hume d’ailleurs ces forts relents d’Abscess, le nouveau groupe de Reifert & Coralles, qui a déjà partiellement pris l’ascendant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 2:00

26 mai 2007

Autopsy : Acts of the Unspeakable

Autopsy : Acts of the UnspeakableComme le laissait entendre le EP Fiend for Blood, Acts of the Unspeakable montre Autopsy déterminé à devenir plus crade d’album en album, à l’inverse de la grande majorité des groupes, qui s’assagissent avec le temps.

Tout d’abord, le groupe choisit une pochette dépliante particulièrement abjecte et censurée dans de nombreuses versions, avec un dessin dévoilant des scènes de démembrements, tortures et sodomies en tout genre, dont la couverture principale est un agrandissement. Les paroles sont également pour le moins malsaines, contant déviances et pourrissements divers, à l’image des titres Necrocannibalistic Vomitorium ou Orgy In Excrements sans équivoque.

Musicalement, Le death/doom du groupe est toujours de mise, opposant des parties rapides & sauvages à des passages lents et prenants. Certains morceaux comme Meat ou Your Rotting Face sont remarquablement ficelés et possèdent un côté très accrocheur, tandis que d’autres comme le lent Funereality dégagent une atmosphère vraiment lugubre. Pourtant, la multiplication des titres (18 au total), plus courts et plus dépouillés, donne à l’arrivée un Acts of the Unspeakable s’écoutant d’une traite, mais qui ne parvient pas à obtenir la densité des cultes Severed Survival et Mental Funeral.

La production ne brille pas non plus par sa précision ni son relief, avec un son volontairement cradingue, mettant par exemple difficilement le jeu de basse de Josh Barohn (ex-Suffocation et nouvelle recrue des californiens) en valeur. En revanche, elle renforce indéniablement cette ambiance malsaine qui colle à l’album.

Acts of the Unspeakable reste ainsi un bon disque dans la carrière du groupe, sans atteindre le niveau d’intensité de ses prédécesseurs. Autopsy lâche toutefois ce deathmetal authentique qui, à l’inverse de beaucoup d’autres formations plates et sans personnalité, dégage une véritable odeur. Tandis que le detracteur s’exclamera “mais cet album est une infection !”, l’adorateur rétorquera “oui, mais c’est pour celà qu’on l’aime !”

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 2:00

10 mai 2007

Autopsy : Mental Funeral

Autopsy : Mental FuneralAprès son culte Severed Survival, se montrant résolument plus rugueux que ses homologues de la scène death métal, Autopsy s’apprête à enregistrer son second album en ce mois de novembre 1990. Insensible à la ruée vers les Morrisound Studios, Chris Reifert et sa bande privilégient l’ingénieur du son Ron Rigler, d’un petit studio local californien, avec la volonté manifeste d’obtenir un son imparfait, authentique et personnel. Les sessions débouchent ainsi sur la sortie de Mental Funeral en avril de l’année suivante, chez l’écurie Peaceville de Hammy, qui reste fidèle à la formation.

Alors que la majorité des groupes peaufinent leur son au fil des réalisations, Autopsy prend ainsi un malin plaisir à effectuer le chemin inverse, débarquant avec un Mental Funeral encore plus malsain et glauque que son précédent album. Le quatuor californien met effectivement l’accent sur une atmosphère particulièrement lugubre, renforcée par les riffs lourds du tandem Cutler / Coralles et par le guttural gras de Reifert, à l’image des terribles Destined To Fester & Dead.

En outre, depuis les passages rapides et entraînants de Grip Of Winter & Robbing The Grave, jusqu’aux rythmes lents et sombres de Torn From The Womb & Slaughterday, Autopsy équilibre parfaitement son death doom, créant un relief exemplaire et dégageant ces ambiances suintantes, quasiment inégalées dans le style. Durant ses 38 minutes, Mental Funeral subjugue ainsi l’auditeur, qui parvient à s’immerger dans son antre sinistre et putride.

Privilégiant largement la lourdeur d’un climat, à une production parfaite ou un déballage technique & démonstratif, Autopsy reste manifestement un groupe à part sur la scène death US. En cette année 1991, il parvient ainsi à modeler son death doom avec une alchimie et une intensité fantastiques, hissant Mental Funeral parmi les oeuvres les plus marquantes du genre, aux côtés de l’intemporel Severed Survival. Matti Karki de Dismember le cite d’ailleurs comme le meilleur album death de tous les temps : c’est dire !

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 2:00

9 mai 2007

Autopsy : Severed Survival

Autopsy : Severed SurvivalAprès la sortie de Scream Bloody Gore, Chuck Schuldiner décide de poursuivre l’activité de Death dans sa Floride natale, demandant à son batteur Chris Reifert de le suivre. Ce dernier préférant rester sur ses terres fonde de suite Autopsy avec Eric Cutler et Danny Coralles, en choisissant une orientation plus crade que Death. Sur les conseils de son ami Jeff Walker de Carcass, Hammy du jeune label anglais Peaceville décide alors d’offrir un contrat aux trois californiens, qui enregistrent dès lors leur premier méfait, aidés à la basse par leur ami Steve DiGiorgio de Sadus.

Severed Survival sort en format Vinyl et CD en mai 1989, avec une pochette gore devenue culte, décrivant une scène de lacération aux crochets peu enviable pour sa victime. Mais, à la vue du succès du groupe et de l’essor du deathmetal d’une manière générale, Peaceville commande rapidement une illustration plus soft et plus travaillée à Ken Walker, et reédite finalement l’album au printemps 1990 en quantités plus importantes.

Côté textes, Severed Survival baigne dans un registre gore et putride, à l’image de son morceau éponyme décrivant un naufragé dans l’obligation de dévorer ses propres membres pour survivre ! Côté musical, l’album colle une claque phénoménale, distillant un deathmetal d’une rugosité considérable, loin des productions propres et soignées, instaurant immédiatement la marque de fabrique propre à Autopsy.

Sur les martèlement de Chris, les lignes de basses admirables de Steve, les riffs tranchants de Danny & d’Eric, et les vocaux gras de Chris, Severed Survival est tranchant à souhait, juxtaposant judicieusement parties doom et accélérations assassines, à l’image des terribles Disembowel et Pagan Saviour, ou des implaccables Vacant Coffin & Ridden with Disease, au riffing percutant à s’en dévisser la tête.

Ainsi, malgré certains détracteurs jugeant la musique trop crade, Severed Survival impose directement Autopsy parmi les formations les plus influentes de la scène deathmetal. Son intensité, ses atmosphères et ses relents uniques quasi indescriptibles le hissent en effet parmi les classiques du deathmetal de la fin des années 80.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 2:00

26 mars 2007