Altars of Fab’ Death

Autopsy : Shitfun

ShitfunOctobre 1995. Trois ans exactement après la sortie d’Acts of the Unspeakable, Chris Reifert et ses acolytes reviennent avec leur quatrième et dernière défécation sous le nom d’Autopsy, remplaçant au passage Josh Barohn à la basse par Clint Bower, transfuge d’Hexx, furieuse formation thrash death californienne.

Entre son nom, sa pochette et ses paroles ridicules, Shitfun décroche sans conteste la palme de l’album métal le plus crade, répandant une puanteur et affichant une désinvolture, qui n’invitent pas à prendre sa musique très au sérieux.

D’une durée record de 50 minutes, Shitfun lâche une vingtaine de titres death doom très caractéristiques au groupe, mais développés sur des structures relativement dépouillées. Bien que ses premiers titres soient assez marquants, à l’image du bon Deathmask, l’album se perd alors inévitablement dans des passages similaires, lui conférant sa grande linéarité. Les riffs de Danny Corralles et d’Eric Cutler sont certes percutants, mais atténués par une production décidément trop cradingue pour apporter le relief et l’épaisseur nécessaires.

Loin des atmosphères glauques et intenses dégagées sur les cultes Severed Survival et Mental Funeral, Shitfun est un album basique, ne contenant à ce titre rien de transcendantal. Autopsy conserve toutefois une identité très forte, délivrant un death doom parfaitement rôdé et reconnaissable entre 1000, plaisant à coup sûr aux fans du style gras et authentique du quatuor californien. Enfin, pour les inconditionnels, Autopsy continue son aventure sous le nom d’Abscess, sans Eric Cutler toutefois, mais dans la parfaite continuité du style nauséabond et désinvolte de Shitfun.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 9:30 am

January 1, 1995

Autopsy : Acts of the Unspeakable

Acts of the UnspeakableComme le laissait entendre le EP Fiend for Blood, Acts of the Unspeakable montre Autopsy déterminé à devenir plus crade d’album en album, à l’inverse de la grande majorité des groupes, qui s’assagissent avec le temps. Tout d’abord, le groupe choisit une pochette dépliante particulièrement abjecte et censurée dans de nombreuses versions, avec un dessin dévoilant des scènes diverses de démembrements, tortures et sodomies diverses ! Les paroles sont également du domaine du n’importe quoi, dans un trip déviances et pourrissements divers, à l’image des titres Necrocannibalistic Vomitorium ou Orgy In Excrements.

Côté musique, Le metal death/doom du groupe est toujours de mise, avec un album alternant parties rapides et sauvages, et passages lents et prenants ; certains titres comme Meat ou Your Rotting Face, sont remarquablement construits, et possèdent un côté très percutant, tandis que d’autres, comme Funereality, répandent une atmosphère vraiment lugubre. Pourtant, la multiplication des titres (18 au total), plus courts et plus dépouillés, donnent à l’arrivée un album qui s’écoute d’une traite, mais qui ne parvient pas toujours à surprendre l’auditeur, rendant l’opus moins intense que Severed Survival et Mental Funeral.

Côté production, on ne baigne pas dans une précision exemplaire, avec un son volontairement cradingue ; difficile par exemple d’entendre le jeu de basse de Josh Barohn, ex-Suffocation et nouvelle recrue des californiens. Par contre, cette prod’ renforce incontestablement le climat glauque et malsain développé tout au long de l’album.

Acts of the Unspeakable est un bon disque dans la carrière du groupe, même s’il n’obtient pas le statut culte des deux premiers. En tout cas, il propose un death metal authentique qui, à l’inverse de beaucoup d’autres, dégage une véritable odeur. Tandis que certains diront « mais c’est album est une infection ! », les autres rétorquerons « oui, mais c’est pour ça qu’on l’aime ! »

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 1:15 pm

January 1, 1992

Autopsy : Mental Funeral

Mental FuneralAprès son culte Severed Survival, se montrant résolument plus rugueux que ses homologues de la scène death métal, Autopsy s’apprête à enregistrer son second album en ce mois de novembre 1990. Insensible à la ruée vers les Morrisound Studios, Chris Reifert et sa bande privilégient l’ingénieur du son Ron Rigler, d’un petit studio local californien, avec la volonté manifeste d’obtenir un son imparfait, authentique et personnel. Les sessions débouchent ainsi sur la sortie de Mental Funeral en avril de l’année suivante, chez l’écurie Peaceville de Hammy, qui reste fidèle à la formation.

Alors que la majorité des groupes peaufinent leur son au fil des réalisations, Autopsy prend ainsi un malin plaisir à effectuer le chemin inverse, débarquant avec un Mental Funeral encore plus malsain et glauque que son précédent album. Le quatuor californien met effectivement l’accent sur une atmosphère particulièrement lugubre, renforcée par les riffs lourds du tandem Cutler / Coralles et par le guttural gras de Reifert, à l’image des terribles Destined To Fester & Dead.

En outre, depuis les passages rapides et entraînants de Grip Of Winter & Robbing The Grave, jusqu’aux rythmes lents et sombres de Torn From The Womb & Slaughterday, Autopsy équilibre parfaitement son death doom, créant un relief exemplaire et dégageant ces ambiances suintantes, quasiment inégalées dans le style. Durant ses 38 minutes, Mental Funeral subjugue ainsi l’auditeur, qui parvient à s’immerger dans son antre sinistre et putride.

Privilégiant largement la lourdeur d’un climat, à une production parfaite ou un déballage technique & démonstratif, Autopsy reste manifestement un groupe à part sur la scène death US. En cette année 1991, il parvient ainsi à modeler son death doom avec une alchimie et une intensité fantastiques, hissant Mental Funeral parmi les oeuvres les plus marquantes du genre, aux côtés de l’intemporel Severed Survival. Matti Karki de Dismember le cite d’ailleurs comme le meilleur album death de tous les temps : c’est dire !

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 1:45 am

January 1, 1991

Autopsy : Severed Survival

Severed SurvivalAprès la sortie de Scream Bloody Gore, Chuck Chuldiner décide de poursuivre l’activité de Death dans sa Floride natale, demandant à son batteur Chris Reifert de le suivre. Ce dernier préférant rester sur ses terres, fonde de suite Autopsy avec Eric Cutler et Danny Coralles, en choisissant une orientation plus crade que Death. Sur les conseils de son ami Jeff Walker de Carcass, Hammy du jeune label anglais Peaceville, décide alors d’offrir un contrat aux trois californiens, qui enregistrent dès lors leur premier méfait, aidés à la basse par leur pote Steve Di Giorgio de Sadus.

Severed Survival sort en format Vinyl en mai 1989, avec une pochette gore devenue culte. Mais, à la vue du succès du groupe et de l’essor du death métal d’une manière générale, Peaceville commande rapidement une illustration plus soft et plus travaillée à Ken Walker, et édite finalement l’album en CD au printemps 1990.

Côté textuel, Severed Survival baigne dans un registre gore et putride, à l’image de son morceau éponyme décrivant un naufragé dans l’obligation de dévorer ses propres membres pour survivre ! Côté musical, l’album colle une claque phénoménale, distillant un death metal d’une rugosité considérable, loin des productions propres et soignées, instaurant immédiatement la marque de fabrique propre à Autopsy. Sur les martèlement de Chris, les lignes de basses admirables de Steve, les riffs tranchants de Danny & d’Eric, et les vocaux gras de Chris, Severed Survival est tranchant à souhait, juxtaposant judicieusement parties doom et accélérations assassines, à l’image des terribles Disembowel et Pagan Saviour.

Ainsi, malgré certains détracteurs jugeant sa musique trop crade, Severed Survival impose Autopsy parmi les formations les plus influentes de la scène death métal. Son intensité, ses atmosphères et ses relents uniques quasi indescriptibles, le hissent en effet parmi les classiques du death metal de la fin des années 80.

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 12:45 am

January 1, 1989