Altars of Fab’ Death

Baphomet : The Dead Shall Inherit

Formé en 1987 à Buffalo dans l’état de New York, Baphomet est un nom bien connu de l’underground death metal de l’époque, évoluant dans un registre brutal death US entre Incantation et Morpheus Descends. L’écurie Peaceville s’intéresse alors au groupe, lui offrant rapidement un contrat, qui débouche sur l’enregistrement de Inheritors Of The Dead en 1990. Mais flanqué d’une production ratée, l’album n’est finalement pas commercialisé par le label britannique. Avec une play list largement remaniée, Baphomet retourne alors en studios début 1991 pour de nouvelles sessions, se concrétisant par la sortie très tardive de Dead Shall Inherit, en mai de l’année suivante !

The Dead Shall Inherit présente une pochette, des paroles gores, et une musique typiquement dans la tradition Death US, avec des titres aussi évocateurs que Leave The Flesh ou Boiled In Blood. Ainsi, les morceaux alternent traditionnellement passages tapageurs et mid tempo, développant des riffs particulièrement brutaux et sombres, sur la voix caverneuse de Tom Frost, à l’image des très bons Torn Soul et Streaks Of Blood.

Mais, sorti malheureusement avec trop de retard, et ne présentant dès lors plus rien de nouveau et d’exceptionnel, sur une production de surcroît plutôt datée, Dead Shall Inherit ne parvient logiquement pas à s’imposer, face à une concurrence désormais aiguisée, et à un marché death metal au bord de la saturation à cette époque.

Bien que bénéficiant d’une notoriété conséquente, mais sans appui de la part de Peaceville, Baphomet passe dès lors relativement inaperçu. Peu de temps après, pour couronner le tout, le groupe malchanceux est contraint à changer son patronyme en Banished, à cause du groupe allemand s’appelant déjà Baphomet, contribuant à l’enfoncer un peu plus dans l’anonymat, et ayant fatalement raison de lui après un second album.

Malgré tout, Baphomet laisse derrière lui ce précieux Dead Shall Inherit qui, sans révolutionner le genre, propose un death metal d’une pureté et d’une authenticité indéniables, plaisant à coup sûr aux fans de death US old school bien sombre et bien trempé.

Fabien.

> - Les chroniques -, Baphomet — admin @ 3:45 am

January 1, 1992