Beheaded : Recounts Of Disembodiment
Petit pays européen, Malte comporte pourtant un groupe réellement impressionnant, en l’entité destructrice Beheaded, directement influencé par le brutal death de Suffocation & Deeds Of Flesh. Après son premier album Perpetual Mockery, le groupe revient quatre années plus tard chez Mighty Music, en début d’année 2002, avec l’intraitable Recounts Of Disembodiment, muni d’une pochette en dépliant très réussie.
Impéccablement mis en valeur par la production puissante de David Vella au Temple Studios locaux, Recounts Of Disembodiment s’avère particulièrement meurtrier, balançant un Broken Thoughts Of Righteousness aux riffs acérés, ou un Horde Of Stolen Sun au refrain renversant. Sur le jeu de batterie millimètré de Chris Brincat, Omar Grech & David Bugeja assènent en effet leurs rafales de riffs écrasants, servant le guttural profond de Lawrence Joyce.
Proche de la brutalité et de la rugosité du EP Human Waste des célèbres new-yorkais de Suffocation, Recounts Of Disembodiment s’avère effectivement diablement percutant, bombardant avec précision et une violence manifeste, non sans finesse, à l’instar de ses nombreux contretemps et de son double pédalage subtil, sans oublier ses ambiances lourdes & suintantes, à l’image du très bon Consecrated Absurdities.
Malgré un certain manque d’originalité et de personnalité, Beheaded signe un second album destructeur, d’une force et d’une lourdeur incroyables, lui ouvrant ainsi les portes du label californien Unique Leader, expert en brutalité death métallique, à l’image de ses protégés Deeds Of Flesh, Disgorge (US) ou Disavowed.
Fabien.