Altars of Fab' Death

Benediction : The Dreams You Dread

Benediction : The Dreams You DreadSuite au terrible Transcend the Rubicon, Benediction reprend le chemin des Rhythm Studios en février 1995 pour les sessions de son quatrième album, en compagnie du jeune Neil Hutton, remplaçant de Ian Treacy derrière les fûts. Fidèle à son label, le groupe sort le nouveau The Dreams You Dread sous l’étiquette Nuclearblast, au mois d’août de cette même année.

The Dreams You Dread s’ouvre sur le très bon Down Of Whore, débutant sur un acoustique rapidement soutenu par les guitares lourdes de Darren & Peter, sur un rythme résolument middle tempo. La suite de l’album confirme un ton sage et lourd, loin des ambiances sombres et pesantes de The Grand Leveller, ou des rythmes rapides et écrasants de Transcend the Rubicon. Mais, malgré quelques titres de très bonne facture comme When Flies ou Denial, les morceaux ont néanmoins du mal à décoller, s’engluant dans une relative mollesse et linéarité.

Par ailleurs, les growls de Dave Ingram certes puissants, manquent toutefois d’une certaine conviction, renforçant dès lors la monotonie de l’opus. Enfin côté production, le travail de Paul Johnston demeure exemplaire, dotant The Dreams You Dread d’un son ample et clair, mais enfermant en contrepartie Benediction dans un trip trop prévisible, alors que ce dernier aurait certainement gagné à se renouveler.

Proposant un The Dreams You Dread trop poussif et peu ambitieux, Benediction rate le coche pour son quatrième album. Ne réussissant dès lors pas à convaincre, le quintette britannique subit lui aussi la désaffection de nombreux deathsters lassés par la stagnation du deathmetal, au profit des scènes black et progressives autrement plus inspirées à cette époque. The Dreams You Dread propose néanmoins un deathmetal pur aux compositions à la qualité intrinsèque indéniable, lui permettant de traverser sans problème l’épreuve du temps.

Fabien.

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20 septembre 2007

Benediction : Transcend the Rubicon

Benediction : Transcend the RubiconFort d’une notoriété déjà conséquente et d’un line up stable, à l’exception du bassiste Paul Adams remplacé par Frank Healy de Cerebral Fix, Benediction rentre aux Rhythm Studios en octobre 1992 avec la ferme intention de tout faire péter. Pressentant les dommages d’une future bombe, l’écurie Nuclearblast décide dès lors de mettre le paquet en terme de promotion, commandant notamment une pochette à l’incontournable DanSeagrave, qui livre dès lors une illustration remarquable pour ce bien nommé Transcend the Rubicon.

Transcend the Rubicon est un album tout en puissance, à prédominance middle tempo, mais délaissant en partie les ambiances sombres de ses prédécesseurs pour délivrer en contrepartie un maximum de punch et d’intensité. Les rythmiques de Ian Tracy chargées en double grosse caisse sont terriblement écrasantes, tandis que les guitares massives du duo Brookes / Rew assènent des riffs accrocheurs, alternant passages rapides & entrainants à des breaks particulièrement assassins, à l’image des redoutables Unfound Mortality & Blood From Stone. Enfin, Dave Ingram gratifie le tout avec ses vocaux d’un guttural toujours aussi limpide et profond.

Benediction se permet également d’enregistrer deux titres studios en condition live, l’excellent Wrong Side of the Grave, reprise de The Accused avec les backings furieux de Karl & Jan Chris (Bolt Thrower & Gorefest), ainsi qu’Artefacted / Spit Forth, mix de deux titres de leur premier album. Ces morceaux insufflent dès lors une fraîcheur débordante, clôturant le disque sur une note des plus dynamiques. Enfin, pour couronner le tout, Paul Johnston capture merveilleusement l’énergie du groupe, lui offrant une production d’une épaisseur et d’une clarté étonnantes.

Signant l’album le plus terrible de sa carrière, Benediction met ainsi le feu aux poudres lors de la sortie de Transcend the Rubicon, en ce beau mois de juin 1993. Le deathmetal de Transcend n’ayant certes rien d’original et d’exceptionnel, possède en revanche cette authenticité et cette puissance franchement impressionnantes.

Fabien.

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26 mars 2007

Benediction : The Grand Leveller

Benediction : The Grand LevellerDès la sortie de son premier album, Benediction affronte le départ de Mark Greenway, qui rejoint le team Napalm Death, ayant selon ses dires, seulement dépanné le groupe le temps de la préparation et des sessions de Subconscious Terror. Mais heureusement, le growler est remplacé au pied levé par l’excellent Dave Ingram, au charisme et au chant guttural tout aussi impressionnants. Fin prêts, les britanniques enregistrent dès lors leur second méfait en mai 1991, qui sort une nouvelle fois sous la bannière Nuclear Blast, en octobre de cette même année.

The Grand Leveller reste globalement dans la veine de Subconscious Terror, délivrant un deathmetal sombre et middle tempo à la manière d’un 38 tonnes particulièrement écrasant, brillamment soutenu par le timbre gras et profond de Dave Ingram. Les compositions sont ainsi puissantes et massives, à l’image du terrifiant Jumping At Shadows et ses fameux backings de Karl Willets (Bolt Thrower), ou encore de la très bonne reprise Return to the Eve des célèbres Celtic Frost.

S’entourant du très bon Paul Johnson, Benediction bénéficie cette fois d’une production puissante, beaucoup plus claire et épaisse que celle de Subconscious Terror, dotant enfin les guitares du couple Brookes / Rew d’un son ample, qui manquait notoirement sur le premier album, apportant dès lors une toute autre dimension aux morceaux.

Sans révolutionner le monde du deathmetal, Benediction revient donc avec un The Grand Leveller convaincant, confortant dès lors sa position parmi les outsiders de la scène extrême du moment, et offrant parallèlement de bonnes perspectives à son label Nuclearblast, qui s’affirme cette année notamment avec le Like An Ever Flowing Stream des suédois de Dismember. Malgré un deathmetal conventionnel, la bande de Birmingham possède en effet une marque de fabrique et une identité imparables.

Fabien.

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Benediction : Subconscious Terror

Benediction : Subconscious TerrorFormé en 1988 à Birmingham autour des guitaristes Darren Brookes et Peter Rew, Benediction appartient à la génération 100% death anglaise aux côtés de Cancer, en parallèle de formations comme Napalm Death ou Bolt Thrower évoluant à leurs débuts dans des sphères grind beaucoup plus marquées. Bien décidé à franchir un cap supérieur après le succès de l’excellent Purity Dilution de Defecation, Markus du jeune label Nuclearblast signe dès lors le groupe, débouchant sur la sortie de Subconscious Terror en mai 1990.

Subconcious Terror lâche un deathmetal à dominante middle tempo, loin des blast-beats à la Napalm Death, mais manifestement chargé en double grosse caisse, support d’un riffing particulièrement lourd & brutal, à l’image des très bons Portal To Your Phobias ou Spit Forth The Dead. La force de l’album réside également dans le guttural très profond et très gras du jeune Mark Greenway (Barney pour les intimes), qui apporte une violence accrue à l’ensemble des compositions.

Sans catapulter des brûlots incandescents, Subconscious Terror possède néanmoins des titres à l’intensité remarquable, dégageant de surcroît un côté sombre particulièrement réussi. Malheureusement, la production de Pete Gault aux Soundcheck Studios étouffe notoirement les morceaux, ne dotant pas les guitares de la puissance et de l’agressivité exigées.

Malgré son enregistrement et sa pochette en demi teinte, Subsconcious Terror bénéficie toutefois d’un très bon soutient de son label, permettant au groupe de rencontrer un succès notoire. Profitant certes de la publicité entraînée par la recrue de Barney au sein de Napalm Death, Benediction délivre en effet un deathmetal sombre et caverneux, correspondant parfaitement à son époque, dominée par la violence inédite des Leprosy, Slowly We Rot ou Consuming Impulse, qui subjuguent en ces temps des hordes entières de deathsters.

Fabien.

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