Altars of Fab' Death

Bloodbath : The Fathomless Mastery

Bloodbath est toujours un groupe composé de stars, Dan Swanö et Peter Tägtgren s’en sont allé vers d’autres cieux mais Michael Âkerfeldt est de retour au chant et Per Eriksson suppléé l’ex leader de Edge Of Sanity à la guitare depuis l’EP Unblessing The Purity.

The Fathomless Mastery (2008) est donc le troisième album du all star band suédois et Bloodbath représente toujours un exutoire pour des musiciens généralement impliqués dans des projets plus mélodiques ou plus Black Metal. Une belle façon de se retrouver entre potes et de jouer du Death Metal pour se faire plaisir, mais vu que ces messieurs s’appellent Axenrot, Nyström ou Akerfeldt ce n’est pas simplement pour faire péter trois riffs dans une cave, mais bien pour être la tête de proue Death Metal de Peaceville Records.

Dans tous les cas comme sur les deux opus précédents, nos gaillards pratiquent un Death Metal old-school (difficile de se tromper avec une pochette pareille) et puissant mais emprunt d’une modernité certaine. Jonas Renkse a composé une bonne moitié de l’album laissant le reste du travail à Nyström et Eriksson, mais l’ensemble sonne de façon homogène, même si les trois titres de « Blakkheim » ont peut-être un petit poil d’impact en plus : At The Behest Of Their Death par exemple, ouvrant le CD sur des rythmes scotchant d’efficacité.

On trouve tout au long du CD des chansons solides, variées et inspirées, tel des vieux Into The Grave et Osculum Obscenum dépoussiérés et boostés, comme Slaughtering The Will To Live ou Treasonous sonnant typiquement comme du vieux Death suédois mais avec en plus la puissance d’Axenrot à la batterie et l’énorme son que leur à concocté David Castillo.

Bloodbath alterne judicieusement entre riff lourds et passages plus rapides tout au long du disque (Iesus est un bon exemple), rendant l’écoute du skeud dynamique, chaque changement de rythme ou accélération étant ainsi un pur régale.

De plus Bloodbath sait se renouveler et varier un peu les plaisirs, Earthrot propose un Death mélodique vieille école qui rappellera quelques souvenirs aux fans de Edge Of Sanity alors que Drink From The Cup Of Heresy propose un Death brutal dont certains riffs alambiqués sont éminemment techniques. Si on rajoute à cela la profondeur du chant de Michaël Âkerfeldt et les soli impeccables qui jalonnent l’album, The Fathomless Mastery est un disque irréprochable un cran au dessus de Nightmares Made Flesh.

Comme à chaque fois les musiciens de Bloodbath ont bien fait le travail et avec la passion de Metalheads invétérés qui les animent : il y a des choses qui ne trompent pas et la qualité des compositions de The Fathomless Mastery en est une. 41 minutes d’un Death Metal implacable à rajouter à la pile (qui touche désormais le plafond) des bonnes sorties 2008 de Death Metal.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Au delà d’un death parfaitement maîtrisé, The Fathomless Mastery dégage une ambiance sombre savamment entretenue, renforcée par le retour d’Akerfeldt, avec son timbre guttural si profond. Bloodbath est l’éxécutoire parfait de ses membres, perdus dans des formations de plus en plus molassones. Toutefois, je suis un poil déçu de ne pas retrouver une intensité comparable au EP Unblessing the Purity qui, avec un titre aussi meurtrier que Weak Aside, laissait entrevoir une suite encore plus déboulonnante. J’ai également toujours cette fâcheuse préférence pour les titres de Nyström, jamais assez nombreux à mon sens, comportant toujours ces harmonies dissonantes si atypiques et si subtiles. Fabien.

> - Les guests -, Bloodbath — fabien @ 10:00

16 octobre 2008

Bloodbath (SWE) : Unblessing the Purity

Bloodbath (SWE) : Unblessing the PurityBien décidés à poursuivre l’aventure avec l’entité deathmetal Bloodbath, Jonas Renske & Anders Nyström (Katatonia) composent quatre nouveaux morceaux, puis rejoignent le studio Fascination Street en juillet 2007, accompagnés du batteur Martin Axenrot (Witchery) et du guitariste Per Eriksson, qui remplace désormais Dan Swanö. Le groupe retrouve cette fois le growleur Mikael Akerfeldt (Opeth), prêtant sa voix le temps des sessions d’enregistrement, en lieu et place de Peter Tägtgren (Hypocrisy). Unblessing the Purity sort ainsi en mars 2008 sous forme de mini CD, uniquement disponible sur le site internet de Peaceville Records, du moins pour le premier pressage (avis aux collectionneurs).

Entouré d’un concept sombre, tant au niveau de ses paroles que de la superbe illustration de Dusty Peterson, Unblessing the Purity durcit également le ton, débutant sur les blast beats très percutants d’Axenrot. Mais très vite, son atmosphère s’épaissit, avec l’arrivée de la guitare lancinante de Nyström, aux phrases musicales toujours aussi torturées et si particulières, qui confèrent cette forte coloration à chacun des morceaux. En outre, le retour de Mikael Akerfeldt, avec son grain unique et son guttural d’une profondeur sans égal, permet au groupe de confirmer son incroyable personnalité, et de retrouver les ambiances chères au redoutable Resurrection Through Carnage.

Depuis la puissance des rythmiques de Virginborn jusqu’à l’excellence des harmonies de Empty Praise, en passant par les riffs intraitables de Sick Salvation et le climat glauque de l’impitoyable Weak Aside, Unblessing the Purity est ainsi un pur concentré de deathmetal, trouvant un équilibre remarquable durant ses quinze petites minutes. La production de David Castillo est enfin claire et puissante, dotant les guitares d’un grain pur et légèrement rugueux, qui renforce le côté old school qui se dégage des compositions.

Brutal, fin et délicieusement sombre, parfait croisement entre influences old school et deathmetal moderne, Unblessing the Purity frappe une nouvelle fois juste, allant droit à l’essentiel. Malgré sa courte durée, la qualité de ses titres et le soin apporté à son emballage justifient pleinement son achat, ravissant le deathster impatient de retrouver Bloodbath, l’un des groupes les plus racés de la scène death actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bloodbath — admin @ 2:00

5 juin 2008

Bloodbath (SWE) : Nightmares Made Flesh

Nightmares Made Flesh

Après la sortie de Resurrection Through Carnage, chaque deathster pouvait se demander si Bloodbath allait continuer, ou bien s’il s’agissait juste d’un projet parallèle, monté par des musiciens accomplis, ayant juste envie de jouer du deathmetal au parfum old school le temps d’un EP et d’album. Deux ans plus tard, rassuré, il constate que la bande est fort heureusement de retour pour lui marteler de nouveau ses tympans, pour son plus grand bonheur.

Bloodbath revient toutefois avec quelques remaniements, puisque Mikael Arkerfeldt, trop occupé avec Opeth, cède la place d’hurleur au célèbre Peter Tägtgren, leader d’Hypocrisy. Le multi instrumentiste Dan Swano décide quant à lui de jouer de la guitare aux côtés d’Anders Nyström, laissant la place vacante derrière les fûts à l’excellent Martin Axenrot de Witchery.

Avec une telle dream team, Nightmares Made Flesh propose un death d’une qualité exemplaire. Bloodbath ne commet toutefois pas l’erreur de refaire un second Resurrection Through Carnage, mais déboule avec un son plus puissant et plus moderne, tout en restant dans un trip death metal indéniable. La puissance apportée par Axenrot est vraiment phénoménale, le tout servi par une production excellente, qui donne notamment toute l’agressivité et la lourdeur demandées par les guitares de Nyström & Swanö. Enfin, les vocaux terrifiants de Tätgtren, particulièrement variés, complètent admirablement le tableau.

Je place toutefois cet album légèrement en dessous de son prédécesseur pour deux raisons : le son plus actuel place certes Bloodbath dans l’ère du temps, mais le rend aussi un peu plus conventionnel ; de plus, les quatre titres composés par Nyström, à l’image de l’excellent Outnumbering The Dead, ont tous ces petits plus (un refrain, un break ou un solo très typé), qui éclairent magnifiquement l’album, mais qui demeurent à mon sens moins présents sur les compositions de ses acolytes.

Nightmares Made Flesh, racé et puissant, s’inscrit tout de même parmi les meilleures sorties death metal de cette année 2004, et confirme dès lors tout le bien que l’on pense de Bloodbath. Reste à savoir si le cahier des charges très rempli de chacun de ses membres permettra à la formation de poursuivre sereinement sa carrière.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bloodbath — fabien @ 8:15

28 mai 2007

Bloodbath (SWE) : Resurrection Through Carnage

Resurrection Through Carnage

Suite au EP Breeding Death sorti en 2000, très bon au passage, Bloodbath décide de poursuivre la route, en proposant son death metal fortement typé old school suédois, tant au niveau de la musique que des paroles. Swano (Egde Of Sanity), Akerfeldt (Opeth), Renske & Nystrom (Katatonia) se sont réunis avant tout pour se faire plaisir, jouant une musique directe et efficace en hommage au death des early 90’s, qu’ils ont eux-mêmes pratiqué dans leur jeunesse (souvenons-nous par exemple de Nothing but Death Remains, premier CD d’Edge Of Sanity sorti en mai 1991).

Avec une telle brochette de musiciens visionnaires, Resurrection Through Carnage remplit largement son contrat, balançant un death brutal et sombre, aux rythmes mid tempo & entrainants, et aux riffs particulièrement mortels, à l’image du mythique Ways To The Grave. Les 10 titres s’enchaînent ainsi à la perfection, fourmillant de breaks et d’accélérations qui agrémentent beaucoup l’écoute de l’album, depuis l’entrainant Buried by the Dead jusqu’au non moins excellent Cry my Name. Les Growls de Mickael Akerfeldt, d’une pureté exemplaire, sont également terrifiants, soutenus par les riffs redoutables du gratteux Anders Nyström, au jeu si unique et torturé.

Enfin, pour ne rien gâcher, Resurrection bénéficie d’une production très claire et très profonde, qui renforce admirablement sa lourdeur, et dote les guitares du son froid typique du deathmetal suédois du début des nineties, se situant entre Left Hand Path, Dark Recollections & Into The Grave. Non, décidément rien ne vient entacher la qualité de cette galette.

Resurrection Through Carnage s’écoute donc avec un plaisir non dissimulé, plaisant à coup sûr à tous les nostalgiques du death scandinave du début des années 90. Il constitue l’une des très bonnes surprises de l’année 2002, et représente à titre personnel l’un de mes coups de coeur de ces dernières années. Enfin, plus qu’un groupe hommage au deathmetal des nineties, Bloodbath est une formation stable, bien décidée à écraser un maximum, et à s’inscrire durablement dans le temps.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bloodbath — fabien @ 8:00

28 mars 2007