L’automne 2005 annonce le huitième album des britanniques et le retour de Karl Willets au chant. Bien que le travail de Dave Ingram fût admirable sur Honour valour pride, développant un guttural s’intégrant parfaitement avec la puissance de la formation, Karl Willets représente en revanche une part de l’âme de Bolt Thrower, à l’instar de David Vincent dans Morbid Angel.
Those Once Loyal résulte d’un croisement entre le côté sage de The IV Crusade et les ambiances crues d’Honour valour pride, donc en un mot, du pur Bolt Thrower. En effet, depuis plus de 20 ans, la horde anglaise ne distille pas son death avec un maximum de technique et d’innovation, mais privilégient un métal forgé avec un maximum de maîtrise, de lourdeur et de sincérité.
A l’image de l’élan retrouvé depuis Honour valour pride, Those Once Loyal est puissant et inspiré, bénéficiant en outre de l’excellence de la production d’Andy Faulkner, plus massive que la précédente. Restant ancré dans un middle tempo caractéristique, Bolt Thrower balance pourtant un death métal mordant, exploitant la fraîcheur retrouvée grâce au retour de Karl Willets, à l’image du titre éponyme Those Once Loyal, et sa cascade de riffs particulièrement terrassants.
Loin des réalisations cultes et fougueuses de ses débuts, Bolt Thrower déploie néanmoins une force impressionnante en cette année 2001, renvoyant encore de nombreuses formations death metal au placard. Partant de surcroît en croisade pour la promotion de Those Once Loyal, l’escadron anglais démontre ainsi sa puissance de feu, tout simplement phénoménale en live.
Fabien.
January 1, 2005
Suite au départ du charismatique Karl Willets, Bolt Thrower a désormais la tâche difficile de recruter un nouveau chanteur. Le groupe anglais intègre judicieusement Martin Van Drunen (Pestilence, Asphyx, Comecon) dans ses rangs, bénéficiant de son timbre unique, mais affronte finalement son forfait après deux années, sans le moindre enregistrement à la clé. Heureusement, Dave Ingram (Benediction) rejoint la bande, participant ainsi aux sessions de Honour valour pride, le 7ème album des britanniques.
A l’image de sa pochette aux illustrations guerrières rappelant les terribles scènes de bataille de Realm of chaos et War Master, Honour valour pride annonce le retour de Bolt Thrower vers les sonorités crues de ces deux albums, les passages tapageurs en moins. Bénéficiant de rythmique carrées et imposantes, grâce à la précision du jeu de batterie Martin Kearns et la puissance des guitares de Gavin et Barry, le groupe retrouve ainsi la lourdeur qui le caractérise, délaissant quelques peu les accents mélodiques de For Victory et Mercenary.
Les growls monocordes de Dave Ingram, presque narrés, renforcent également le style terrassant d’Honour valour pride, qui assomme l’auditeur par quelques brûlots bien trempés, à l’image des redoutables Inside The Wire & K-Machine. Andy Faulkner dote de surcroît l’album d’une production claire, mixant admirablement la basse de Jo Bench, trop souvent en retrait, apportant toute la puissance demandée par la machine de guerre britannique.
Sans révolutionner toutefois son style, Bolt Thrower revient avec un Honour valour pride plus incisif et plus inspiré que Mercenary, écrasant du coup nombre de formations death metal actuelles. En développant son death 38 tonnes avec une détermination sans faille, le bataillon de Coventry confirme ainsi la bonne santé du death métal en cette année 2001.
Fabien.
January 1, 2001
Quatre longues années séparent le puissant For Victory de ce nouvel album. Bolt Thrower doit en effet affronter entre temps plusieurs changements, à l’image de sa séparation avec son label Earache, mais aussi du départ d’Andy Whale & Karl Willets à la batterie & au chant. Le quinquet britannique intègre désormais l’écurie Metal Blade, laissant présager un nouveau départ, ou du moins quelques rebondissements
Mais, malgré ces bouleversements, le death metal de Bolt Thrower ne change pas d’un pouce, comme l’annonce d’ailleurs très clairement ses leaders Barry et Gavin dans leurs interviews. Le groupe balance immuablement le death massif et écrasant des deux précédents albums, couplé à quelques harmonies somptueuses, à l’image des imposants Zeroed et Powder Burns. Au delà de leur qualité intrinsèque indéniable, les titres de Mercenary semblent pourtant réchauffés et moins inspirés, laissant inévitablement le sentiment amer d’une réalisation mille fois entendue.
Par bonheur, Karl Willets effectue le chant durant les session d’enregistrement de l’album, malgré son départ du groupe. Sa voix pure et profonde représente en effet un pan incontournable de la personnalité de Bolt Thrower, renforçant brillamment la puissance rythmique de la formation.
Sans surprise, Bolt Thrower revient en ce mois de septembre 1998 avec un Mercenary prévisible, reprenant la recette éprouvé de The IVth Crusade et For Victory, satisfaisant la base d’irréductibles death métalleux acquis à sa cause. Au delà, l’album montre la facette d’un groupe désormais dépassé par la puissance de feu des réalisations death du moment, à commencer par les terribles Formulas Fatal, Apocalyptic Revelations et Exterminate (Morbid Angel, Krisiun, Angel Corpse), qui redéfinissent le paysage death métallique en cette année 1998.
Fabien.
January 1, 1998
Depuis 1988, Bolt Thrower enchaîne les albums avec une régularité exemplaire, sortant déjà en ce mois de novembre 1994 son cinquième effort. Bénéficiant d’un nouvel enregistrement toujours aussi massif et cristallin de Colin Richardson, For Victory n’offre cette fois pas de réelle surprise, le quinquet britannique ayant trouvé son rythme de croisière depuis The IVth Crusade.
Sur les rythmiques résolument middle tempo d’Andy Whale, Gavin et Barry assomment toujours l’auditeur à coup de riffs écrasants, renforcés par le guttural pur et profond de Karl Willets, mais apportent parallèlement nombre d’harmonies somptueuses, offrant dès lors un contraste des plus saisissants, à l’image du formidable éponyme For Victory ou de l’excellent Silent Demise, d’une intensité remarquable.
Côté livret, Earache ne se casse en revanche pas la tête, lâchant juste une photographie de soldats marchant en bord de mer, et quelques illustrations à l’intérieur, qui ne valent cette fois pas le détour. L’écurie anglaise semble ne plus vraiment croire en Bolt Thrower et au death métal d’une manière générale, en cette fin d’année 1994. Par ailleurs, c’est également la crise au sein du groupe, puisque le chanteur Karl Willets & le batteur Andy Whale, tous deux membres d’origine, ont malheureusement annoncé leur départ.
Malgré ces tracas perturbant la sortie du nouvel album, et même si ce dernier ne présente pas d’évolution majeure, For Victory propose en revanche des titres d’une grande qualité intrinsèque, mêlant brillamment la puissance du death metal avec la douceur des mélodies. Moins culte que les précédents enregistrement, l’album clôture tout de même la période bénie entre Bolt Thrower et son label Earache de très belle manière.
Fabien.
January 1, 1994
A la rentrée 1992, alors que le death métal bat son plein avec l’arrivée de nouveaux groupes tout azimut, Bolt Thrower sort déjà son quatrième album. Le groupe anglais débarque cette fois-ci avec une pochette très sobre, puisqu’au lieu des traditionnels Warhammer, il choisit une superbe peinture de Christian Delacroix. Bolt Thrower aurait-il adouci son style ? Eh bien oui ! A l’image de Spiritual Healing (Death) ou Testimony Of The Ancients (Pestilence), il affiche désormais un death metal beaucoup plus posé.
Tout d’abord, exit les passages tapageurs que le groupe juge maintenant superflus, les guitares rythmiques sont résolument middle tempo, supportant les harmonies de Gavin ou Barry, qui apportent beaucoup de magnificence à l’ensemble. Mais attention, Bolt Thrower ne joue pas un death mélodique pour autant, il conserve son identité et son style 38 tonnes caractéristique, en développant une assise d’une lourdeur toujours aussi impressionnante, renforcé par le guttural très pur de Karl Willets.
Toutes les compositions de The IVth Crusade sont soignées, possédant nombre de riffs mémorables, à l’image des superbes Ember ou Dying Creed. Les 53 minutes de l’album s’écoutent alors d’un trait, formant un ensemble d’une cohérence exemplaire. Enfin, le maître Colin Richardson signe une nouvelle fois une production d’une qualité irréprochable, apportant une chaleur et une clarté qui servent idéalement les compositions. Pour l’anecdote, l’enregistrement à lieu cette fois aux Sawmills Studios, les célèbres Slaughterhouse ayant brûlé quelques semaines auparavant.
Mariant brillamment sa lourdeur avec une atmosphère très fine, The IVth Crusade représente l’album de la sagesse de Bolt Thrower, se plaçant incontestablement parmi les meilleures sorties de l’année 1992. Depuis le grind dévastateur de Realm of chaos et l’écrasant War Master, jusqu’à ce somptueux Fourth Crusade, le quinquet britannique signe ainsi une trilogie incontournable.
Fabien.
January 1, 1992
Fort d’une réputation à toute épreuve depuis le terrible Realm of chaos, Bolt Thrower retourne aux Slaughterhouse Studios en septembre 1990 pour les sessions de son troisième album. Précédé de quelques semaines par le EP Cenotaph, War Master sort en février 1991, affichant fièrement de nouvelles illustrations Warhammer, symbole de la puissance de feu et de l’invincibilité de la formation britannique.
Bien que Bolt Thrower conserve son côté massif et guerrier, il réussit brillamment à faire évoluer sa machine de guerre. En effet, délaissant ses accents grind développés jusqu’à lors, le groupe s’ancre définitivement dans un death metal à dominante middle tempo. Le groupe conserve toutefois ses passages tapageurs, mais parvient désormais à mieux les maîtriser, grâce à la précision du jeu de batterie d’Andy Whale et au riffs clairs de Gavin et Barry.
Bolt Thrower écrase une nouvelle fois tout sur son passage, libérant une puissance phénoménale, renforcée par la profondeur des vocaux de Karl Willets et la production béton de Colin Richardson. Chaque titre lâche une rafale de riffs incisifs et percutants, se gravant irrémédiablement au plus profond du subconscient de l’auditeur, à l’image des redoutables What Dwells Within et Cenotaph.
Concentré de rythmiques assassines, mais également incroyablement subtil, War Master confirme Bolt Thrower parmi les formations les plus meurtrières de la scène death metal de l’époque. Parallèlement, il annonce aussi les prémices de l’assagissement du groupe, avec son titre Afterlife et son final somptueux, aux harmonies et aux solos particulièrement soignés.
Fabien.
January 1, 1991
En 1989, sentant l’aura magique et le potentiel créatif de la scène death grind, Earache décide d’étoffer son catalogue avec Morbid Angel, Bolt Thrower, Carcass & Terrorizer aux cotés de Napalm Death, apportant parallèlement une promotion massive sur leur albums respectifs. Enregistré au printemps 1989 aux célèbres Slaughterhouse Studios, Realm of chaos représente ainsi l’une des premières grosses productions du label anglais, mais aussi du death metal d’une manière générale.
Durant l’année séparant la sortie d’In Battle de son second album, Bolt Thrower progresse considérablement, imposant désormais son côté 38 tonnes qui devient sa marque de fabrique ; Realm of chaos possède désormais une lourdeur et une puissance de feu dévastatrices. La batterie d’Andy Whale, abusant de double pédalage, et s’emballant dans des parties grind, sert de véritable moteur aux guitares écrasantes de Gavin & Barry, soutenues par le guttural profond de Karl Willets. Même lorsque Bolt Thrower calme le jeu lors des intros et des breaks, c’est alors pour lâcher une rafale de riffs meurtriers, terrassant définitivement l’auditeur, à l’image des terrifiants Plague Bearer & World Eater.
Doté d’un enregistrement de Colin Richardson d’une épaisseur considérable, et bénéficiant par ailleurs de superbes illustrations Warhammer par les dessinateurs de Games Workshop, Realm of chaos accroît considérablement son côté guerrier et implacable.
Grâce à l’addition de sa puissance rythmique et de son concept ultra belliqueux, Realm of chaos annihile tout sur son passage. Sa brutalité écrasante l’inscrit parmi les réalisations les plus lourdes jamais enregistrées, et propulse dès lors Bolt Thrower au rang des leaders britanniques de la scène death grind, aux côtés des incontournables Carcass et Napalm Death.
Fabien.
January 1, 1989
Formé en 1986, Bolt Thrower est un des pionniers de la scène grindcore britannique, aux côtés de Napalm Death, Carcass & Extreme Noise Terror. Mais parmi les groupes précités, Bolt Thrower est celui se rapprochant le plus des sphères death métal en ces années 1987-88. Après deux démos et des sessions mémorables chez l’incontournable John Peel, le groupe entre alors aux Loco Studios pour l’enregistrement de son premier album. Sortant pour le compte de l’écurie Vinyl Solution, In Battle There Is No Law est disponible en juin 1988 uniquement en formant 33 tours, son édition CD n’ayant lieu que quatre ans plus tard.
In Battle annonce les prémices du style écrasant de Bolt Thrower, tant au niveau visuel que musical. Son concept est déjà très guerrier, empreint aux jeux de rôle Warhammer, cartonnant à cette époque. La musique se situe dans des strates death métal, mais possède encore de forts accents grind, avec nombre de passages tapageurs typiquement british. Enfin, bien que sa puissance ne soit pas aussi impressionnante que par la suite, et malgré ses quelques maladresses, l’album balance néanmoins 30 minutes de death grind guerrier de bonne facture, à l’image des redoutables Attack In The Aftermath & Psychological Warfare.
L’ingénieur du son Andy Fryer dote de surcroît la batterie d’Andy Whale et les guitares de Barry & Gavin d’une puissance déjà notoire, renforcée par les growls de Karls Willets, certes moins profonds que par la suite, mais résonnant déjà dangereusement.
En 1988, Bolt Thrower commence ainsi à s’affirmer et à lancer son rouleau compresseur, qui deviendra rapidement ultra dévastateur. Rappelons également qu’en cette année, les groupes de death métal ayant véritablement sorti un album se comptaient encore sur les doigts d’une ou deux mains.
Fabien.
January 1, 1988