Altars of Fab' Death

Bolt Thrower : Spearhead

Bolt Thrower : SpearheadSuite au succès de ses deux derniers albums, Bolt Thrower est bien résolu à travailler de nouveau avec Colin Richardson aux fameux Slaughterhouse Studios. Le sort en décide toutefois autrement, l’incendie des lieux contraint le quintet et son ingénieur à se tourner aux Sawmills Studios (en été 1992), pour un son finalement tout aussi massif et un résultat aussi professionnel. Particulièrement inspiré durant la période de composition, le groupe enregistre pas moins de 13 morceaux pour 66 minutes de deathmetal implacable. Il décide donc d’un commun accord avec son label Earache de limiter l’album à 11 morceaux, puis d’en réserver deux pour l’EP Spearhead à paraître à quelques semaines d’intervalle (en boitier slim dans sa version CD).

Spearhead s’ouvre sur le morceau éponyme présenté ici-même dans sa pleine durée, frisant les neuf minutes, deux ayant été sacrifiées sur la version que l’on retrouve sur The IVth Crusade. Les deux modèles sont toutefois relativement proches et seules quelques écoutes attentives permettent de les différencier. L’EP inclut par ailleurs la piste Dying Creed, rigoureusement identique à la version de l’album. Outre un emballage soigné contenant une superbe pochette, paroles & crédits, l’intérêt principal de Spearhead réside dans ses deux inédits, Crown of Life et Lament. Proches de la saveur du full-lenght puisqu’issus des mêmes sessions d’enregistrement, les deux morceaux sont également d’une qualité irréprochable, le groupe n’ayant pas sorti un EP pour y loger ses moins bonnes compositions, à condition d’en trouver sur ces brillantes sessions. Le temps de deux pistes supplémentaires justifiant largement l’investissement, on retrouve donc avec plaisir un Bolt Thrower plus sage, ayant notamment calmé le jeu après l’invincible War Master en gommant les passages tapageurs, mais toujours aussi massif et impérial.

Fabien.

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20 décembre 2012

Bolt Thrower : War Master

Bolt Thrower : War Master

Fort d’une réputation à toute épreuve depuis le terrible Realm of Chaos et d’un soutien sans faille de son label Earache Records, Bolt Thrower retourne aux Slaughterhouse Studios en septembre 1990 pour les sessions de son troisième album. Précédé de quelques semaines par l’EP Cenotaph, War Master sort en février 1991, affichant fièrement de nouvelles illustrations Warhammer, symbole de la puissance de feu et de l’invincibilité de la formation britannique.

Bien que Bolt Thrower conserve son côté massif et guerrier, il fait évoluer parallèlement sa machine de guerre. Le rouleau compresseur anglais délaisse en effet les passages broyants qui lui donnait sa coloration grind d’antan et s’ancre définitivement dans un deathmetal à dominante middle tempo. Il conserve toutefois des rythmiques tapageuses, mais décide désormais de mieux les canaliser, grâce au jeu de batterie plus clair d’Andy Whale et aux riffing précis de Gavin et Barry.

Quelque peu plus sage, Bolt Thrower écrase pourtant une nouvelle fois tout sur son passage, libérant une puissance phénoménale renforcée par la profondeur des vocaux de Karl Willets et la production béton de Colin Richardson. Chaque titre lâche une rafale de riffs incisifs et percutants, se gravant irrémédiablement au plus profond du subconscient de l’auditeur, à l’image du riffing tout en lourdeur des redoutables What Dwells Within et Profane Creation, du mélange imparable entre finesse et brutalité de Final Revelation, de la puissance sans limite de Shreds of Sanity, ou encore des ambiances denses de Cenotaph, suite du mémorable World Eater du précédent album.

Concentré de rythmiques assassines, mais également incroyablement subtil, War Master s’inscrit parmi les réalisations deathmetal les plus marquantes du début des années 90, confirmant Bolt Thrower au rang des formations les plus puissantes et les plus écrasantes de l’époque. Parallèlement, il annonce aussi les prémices de l’assagissement du groupe, avec son dernier titre Afterlife et son final somptueux, aux harmonies et aux soli particulièrement soignés. Intemporel !

Fabien.

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8 mai 2007

Bolt Thrower : The IVth Crusade

Bolt Thrower : The IVth CrusadeA la rentrée 1992, alors que le deathmetal bat son plein avec l’arrivée de nouveaux groupes tout azimut, Bolt Thrower sort déjà son quatrième album. Le groupe anglais débarque cette fois-ci avec une pochette très sobre, puisqu’au lieu des traditionnels Warhammer, il choisit une superbe peinture de Christian Delacroix. Bolt Thrower aurait-il adouci son style ? Eh bien oui ! A l’image de Spiritual Healing (Death) ou Testimony Of The Ancients (Pestilence), il affiche désormais un deathmetal beaucoup plus posé.

Tout d’abord, exit les passages tapageurs que le groupe juge maintenant superflus, les guitares rythmiques sont résolument middle tempo, supportant les harmonies de Gavin ou Barry, qui apportent beaucoup de magnificence à l’ensemble. Mais attention, Bolt Thrower ne joue pas un death mélodique pour autant, il conserve son identité et son style 38 tonnes caractéristique, en développant une assise d’une lourdeur toujours aussi impressionnante, renforcé par le guttural très pur de Karl Willets.

Toutes les compositions de The IVth Crusade sont soignées, possédant nombre de riffs mémorables, à l’image des superbes Ember ou Dying Creed. Les 53 minutes de l’album s’écoutent alors d’un trait, formant un ensemble d’une cohérence exemplaire. Enfin, le maître Colin Richardson signe une nouvelle fois une production d’une qualité irréprochable, apportant une chaleur et une clarté qui servent idéalement les compositions. Pour l’anecdote, l’enregistrement à lieu cette fois aux Sawmills Studios, les célèbres Slaughterhouse ayant brûlé quelques semaines auparavant.

Mariant brillamment sa lourdeur avec une atmosphère très fine, The IV Crusade représente l’album de la sagesse de Bolt Thrower, se plaçant incontestablement parmi les meilleures sorties de l’année 1992. Depuis le grind dévastateur de Realm of Chaos et l’écrasant War Master, jusqu’au somptueux The IVth Crusade, le quintette britannique signe ainsi une trilogie incontournable.

Fabien.

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Bolt Thrower : Those Once Loyal

Bolt Thrower : Those Once LoyalL’automne 2005 marque le retour de Bolt Thrower, après quatre années d’absence, la formation ayant récupéré entre temps son growler originel Karl Willets. Bien que le travail de son remplaçant Dave Ingram (ex-Benediction) fût admirable sur Honour Valour Pride, développant un chant guttural s’intégrant idéalement avec la puissance du rouleau compresseur britannique, il faut toutefois reconnaitre combien Karl Willets représente une part de l’âme de Bolt Thrower, à l’instar de David Vincent dans Morbid Angel.

Fidèle à son label Metal Blade, Bolt Thrower revient avec un nouvel album à la pochette sans équivoque. Les différentes sculptures sur pierre d’anciens soldats britanniques parsemant le livret illustrent en effet à merveille le deathmetal du groupe anglais, ce monolithe inébranlable ancré dans les débuts du style, au concept guerrier toujours très mis en avant.

Si les ambiances plus crues d’Honour Valour Pride ont tendance à s’effacer sur le nouvel effort de Bolt Thrower, le côté plus sage, cette force tranquille, qui émane de The IVth Crusade bat ici tout son plein. Dès l’imposant At First Light, le groupe mêle ses rythmiques terriblement lourdes à ses guitares leads si caractéristiques, offrant une épaisseur toute particulière à son premier morceau.

Bien sûr, il suffit d’un titre pour que Bolt Thrower trouve déjà son rythme de croisière, à l’image des très bons Granite Wall ou When Cannons Fade fonctionnant sur cette même recette. Le groupe arrive toutefois à une maîtrise et un niveau de maturité remarquables, réussissant parallèlement à dépasser ses récentes réalisations grâce à un riffing d’une force incroyable, notamment sur le redoutable Entrenched et l’inattaquable titre éponyme, apogée de Those Once Loyal.

Poussé par l’élan retrouvé depuis Honour Valour Pride, Bolt Thrower signe une nouvelle réalisation inspirée et sacrément puissante, bénéficiant parallèlement de l’excellence de la production d’Andy Faulkner, plus massive que lors de son précédent enregistrement. Particulièrement satisfait par son nouvel album, qui correspond au mieux à l’image et la musique qu’il désire renvoyer, le groupe annonce dès lors un rythme de sorties futures au ralenti, comptant en revanche compenser ce manque par des tournées plus intensives. Il reste donc aux deathsters à rejoindre sans tarder l’escadron anglais en croisade, pour la promotion de Those Once Loyal, terrain où il démontre sa pleine puissance de feu, tout simplement phénoménale en live.

Fabien.

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31 mars 2007

Bolt Thrower : Honour Valour Pride

Bolt Thrower : Honour Valour PrideSuite au départ du charismatique Karl Willets, Bolt Thrower a désormais la tâche difficile de recruter un nouveau chanteur. Le groupe anglais intègre judicieusement Martin Van Drunen (Pestilence, Asphyx, Comecon) dans ses rangs, bénéficiant de son timbre unique, mais affronte finalement son forfait après deux années, sans le moindre enregistrement à la clé. Heureusement, Dave Ingram (Benediction) rejoint la bande, participant ainsi aux sessions de Honour Valour Pride, le 7ème album de Bolt Thrower.

A l’image de sa pochette aux illustrations guerrières rappelant les terribles scènes de bataille de Realm of Chaos et War Master, Honour Valour Pride annonce le retour de Bolt Thrower vers les sonorités crues de ces deux albums, les passages tapageurs en moins. Bénéficiant de rythmique carrées et imposantes, grâce à la précision du jeu de batterie Martin Kearns et la puissance des guitares de Gavin et Barry, Bolt Thrower retrouve ainsi la lourdeur qui le caractérise, délaissant quelques peu les accents mélodiques de For Victory et Mercenary.

Les growls monocordes de Dave Ingram, presque narrés, renforcent également le style terrassant d’Honour Valour Pride, qui assomme l’auditeur par quelques brûlots bien trempés, à l’image des redoutables Inside The Wire & K-Machine. Andy Faulkner dote de surcroît l’album d’une production claire, mixant admirablement la basse de Jo Bench, trop souvent en retrait, apportant toute la puissance demandée par la machine de guerre britannique.

Sans révolutionner toutefois son style, Bolt Thrower revient avec un Honour Valour Pride plus incisif et plus inspiré que Mercenary, écrasant du coup nombre de formations death metal actuelles. En développant son death 38 tonnes avec une détermination sans faille, le bataillon de Coventry confirme ainsi la bonne santé du death métal en cette année 2001.

Fabien.

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Bolt Thrower : Mercenary

Bolt Thrower : Mercenary

La sortie du puissant … For Victory fin 1994 est rapidement suivie de turbulences internes au sein de Bolt Thrower, dont le line up semblait pourtant inébranlable. Le batteur Andy Whale et le growler Karl Willets, si emblématiques de la formation, jettent en effet l’éponge, alors que dans les mêmes temps le groupe se sépare également de son label mythique Earache Records, qui perd peu à peu anciens protégés tels qu’Entombed ou Nocturnus. Andy est remplacé au pied levé par Martin Kearns (encore dans la formation aujourd’hui) tandis que Karl cède la place au non moins charismatique Martin Van Drunen, l’ancien frontman de Pestilence & Asphyx.

Tout semble aller de nouveau pour le mieux au sein de Bolt Thrower, qui s’embarque notamment pour deux tournées européennes, trouve le bon label en signant chez l’écurie Metal Blade de Brian Slagel (ayant notamment récupéré le dieu Immolation dans son catalogue), et projette la capture de son sixième album Mercenary pour l’automne 1997. La mauvaise santé de Martin Van Drunen s’ajoutant à des problèmes personnels conduit hélas au départ regrettable du frontman, peu avant l’entrée en studio. Le groupe étant toutefois resté en bons termes avec Karl Willets appelle alors à la rescousse son ancien growler, qui s’occupe de toutes les parties vocales comme à la bonne époque, mais juste en temps que musicien de session pour la durée de l’enregistrement, charge au groupe de trouver ultérieurement un remplaçant.

Malgré cette longue période de changements et d’incertitude, le deathmetal de Bolt Thrower reste inchangé, comme l’annoncent d’ailleurs très clairement ses leaders Barry et Gavin dans les interviews. Bolt Thrower lâche immuablement son death massif & écrasant, couplé à quelques harmonies somptueuses, reprenant les choses toutes comme il les avait laissées quatre années auparavant sur l’invincible The IVth Crusade et le très bon … For Victory, à l’image des nouveaux morceaux imposants Zeroed ou Powder Burns. Au delà d’une qualité intrinsèque et d’une marque de fabrique indéniables, les titres de Mercenary peinent pourtant globalement à décoller, paraissant réchauffés et moins inspirés, sans renfermer non plus le niveau d’intensité si bien entretenu jusqu’à lors, la faute en partie à un enregistrement aux Chapel Studios manquant d’un brin de puissance. Le groupe conserve en revanche les growls si caractéristiques de Karl Willets, au chant guttural pur & profond, pan incontournable de la personnalité du rouleau compresseur britannique.

Bolt Thrower revient ainsi en cette rentrée 1998 avec un Mercenary assez prévisible, reprenant la recette éprouvée de ses deux précédents albums, satisfaisant la base d’irréductibles deathsters acquis à sa cause. Au delà, l’album montre la facette d’un groupe quelque peu dépassé par la puissance de feu des réalisations deathmetal du moment, à commencer par les terribles Formulas Fatal, Apocalyptic Revelations, Amongst the Catacombs & Exterminate de Morbid Angel, Krisiun, Nile & Angelcorpse, qui dessinent plus précisément les contours deathmetal de cette année 1998.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — admin @ 2:00

Bolt Thrower : … For Victory

... For Victory

Depuis 1988, Bolt Thrower enchaîne les albums avec une régularité exemplaire, sortant déjà en ce mois de novembre 1994 son cinquième effort. Bénéficiant d’un nouvel enregistrement toujours aussi massif et cristallin de Colin Richardson, For Victory n’offre cette fois pas de réelle surprise, le quinquet britannique ayant trouvé son rythme de croisière depuis The IVth Crusade.

Sur les rythmiques résolument middle tempo d’Andy Whale, Gavin et Barry assomment toujours l’auditeur à coup de riffs écrasants, renforcés par le guttural pur et profond de Karl Willets, mais apportent parallèlement nombre d’harmonies somptueuses, offrant dès lors un contraste des plus saisissants, à l’image du formidable éponyme For Victory ou de l’excellent Silent Demise, d’une intensité remarquable.

Côté livret, Earache ne se casse en revanche pas la tête, lâchant juste une photographie de soldats marchant en bord de mer, et quelques illustrations à l’intérieur, qui ne valent cette fois pas le détour. L’écurie anglaise semble ne plus vraiment croire en Bolt Thrower et au death métal d’une manière générale, en cette fin d’année 1994. Par ailleurs, c’est également la crise au sein du groupe, puisque le chanteur Karl Willets & le batteur Andy Whale, tous deux membres d’origine, ont malheureusement annoncé leur départ.

Malgré ces tracas perturbant la sortie du nouvel album, et même si ce dernier ne présente pas d’évolution majeure, For Victory propose en revanche des titres d’une grande qualité intrinsèque, mêlant brillamment la puissance du death metal avec la douceur des mélodies. Moins culte que les précédents enregistrement, l’album clôture tout de même la période bénie entre Bolt Thrower et son label Earache de très belle manière.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — admin @ 1:05

Bolt Thrower : Realm of chaos (Slaves to Darkness)

Realm of chaos

En 1989, sentant l’aura magique et le potentiel créatif de la scène death grind, Earache décide d’étoffer son catalogue avec Morbid Angel, Bolt Thrower, Carcass & Terrorizer aux cotés de Napalm Death, apportant parallèlement une promotion massive sur leur albums respectifs. Enregistré au printemps 1989 aux célèbres Slaughterhouse Studios, Realm of Chaos (Slaves to Darkness) représente ainsi l’une des premières grosses productions du label anglais, mais aussi du deathmetal d’une manière générale.

Durant l’année séparant la sortie d’In Battle There Is No Law ! de son second album, Bolt Thrower progresse considérablement, imposant désormais son côté 38 tonnes qui devient sa marque de fabrique. A l’image de l’accélération impitoyable du titre Eternal War, ou encore du riffing écrasant d’All That Remains ou d’un Lost Souls Domain sans pitié, le gang britannique possède une lourdeur et une puissance de feu dévastatrices. La batterie d’Andy Whale, abusant de double pédalage, et s’emballant régulièrement dans des parties grind, sert de véritable moteur aux guitares laminantes de Gavin & Barry, soutenant le guttural profond de Karl Willets.

Doté d’un enregistrement massif de Colin Richardson, et bénéficiant par ailleurs de superbes illustrations Warhammer par les dessinateurs de Games Workshop, Realm of Chaos accroît considérablement son côté guerrier et implacable. L’épaisseur de l’enregistrement amplifie ainsi les rafales meurtrières de Bolt Thrower, qui terrasse tout deathster sur son terrifiant Through the Eye of Terror ou son mémorable World Eater, classique du répertoire repris à tous ses concerts.

Grâce à l’addition de sa puissance rythmique et de son concept ultra belliqueux, Realm Of Chaos impose en cette année 1989 un niveau de violence inouïe. Sa brutalité écrasante et son côté tapageur l’inscrivent parmi les réalisations les plus lourdes jamais enregistrées, et propulse dès lors Bolt Thrower au rang des leaders britanniques de la scène deathgrind, aux côtés de ses incontournables voisins Carcass et Napalm Death.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — fabien @ 1:02

28 mars 2007

Bolt Thrower : In Battle There Is No Law !

In Battle There Is No Law

Formé en 1986 à Conventry autour de Gavin Ward et Barry Thompson, Bolt Thrower baigne durant les années 80 au milieu de la scène crust établie et de la scène grindcore naissante, influencé d’une part par les crusties de Sacrilege et s’attachant d’autre part à repousser les limites de la brutalité aux côtés de Napalm Death, Carcass & Extreme Noise Terror. Après un line up complété par Jo Bench et Andy Whale au couple basse / batterie et par le chanteur Alan West, le groupe enregistre deux démos et débarque à la BBC pour les mémorables sessions d’enregistrement live chez l’incontournable animateur de radio John Peel, passionné par ce mouvement crust/grind effervescent. Deux morceaux, Attack in the Aftermath & Pychological Warfare, atterissent d’ailleurs sur la fameuse compilation Hardcore Holocaust 87-88, l’un des disques les plus extrêmes du moment compilant entres autres quelques extraits des sessions de Stupids, Electro Hippies, Doom, Intense Degree, Napalm Death ou Extreme Noise Terror.

En cette fin 1987 début 1988, Bolt Thrower prend alors davantage une orientation deathmetal, le style qui passionne l’Europe depuis les échos de Master, Death, Possessed ou Morbid Angel qui traversent l’Atlantique. Si le groupe alourdit son style, il s’arme également d’un nouveau chanteur, Karl Willets, au timbre bien plus guttural que son prédécesseur. Lorsque le quintet rentre alors au LOCO studios londonien pour la capture de son premier album, sous couverture du label anglais Vinyl Solution ayant parallèlement signé les thrashers de Cerebral Fix, il possède désormais un style plus affirmé, se démarquant sensiblement de ses collègues. In Battle There Is No Law ! est justement un mélange de toutes ses influences, d’une dominante deathmetal mais transpirant encore ces racines crust/grind dont le quintet est issu.

Paru initialement en vinyle 33t en juin 1988, dans les mêmes temps que le mémorable Reek of Putrefaction de Carcass et un peu avant le fracassant From Enslavement to Obliteration de Napalm Death (tous deux hebergés chez Earache), In Battle There Is No Law ! annonce ainsi les prémices du style écrasant de Bolt Thrower, tant au niveau musical que conceptuel. Son univers décrit s’ancre déjà au cœur des guerres, empruntant aux fameux jeux de rôle Warhammer cartonnant à cette époque. Deathmetal aux forts relents crust/grind, multipliant les passages tapageurs et abusant de double grosse caisse, tout en véhiculant une puissance et une lourdeur déjà caractéristiques, le quintet lâche ainsi 30 minutes de metal guerrier, s’ouvrant idéalement sur le morceau éponyme In Battle. Cette lourdeur supplémentaire est d’ailleurs fortement perceptible sur les morceaux Attack in the Aftermath & Pychological Warfare, bien plus massifs que leur version capturée dans les locaux de la BBC.

Sans atteindre la puissance dévastatrice de son successeur ni connaître la radicalisation du style de Bolt Thrower dès l’année suivante, In Battle There Is No Law ! contient déjà toutes les caractéristiques propres au quintet de Coventry. Sa machine de guerre est lancée et traverse immédiatement l’Atlantique, pour atterrir notamment jusqu’aux oreilles de Trey Azagthoth du team Morbid Angel, arborant aussitôt le tee-shirt de son premier album. Rappelons bien sûr qu’en cette année 1988, les albums à dominante deathmetal se comptaient encore sur les doigts d’une ou deux mains, et que des In Battle, Leprosy et plus largement des Reek of Putrefaction, FETO, Blood Fire Death, allaient changer bien des choses.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — fabien @ 1:01