Altars of Fab' Death

Bonded By Blood : Exiled to Earth

Bonded By Blood : Exiled to EarthA l’image de Warbringer ou Evile l’an passé, de nombreux jeunes groupes issus du revival thrashmetal proposent désormais leur second album, après des débuts prometteurs mais encore trop scolaires. C’est le cas de Bonded By Blood en ce mois d’août 2010, de retour chez le label mythique Earache Records, désormais sans grandes formations deathmetal en son catalogue, excepté les norvégiens de Blood Red Throne encore présents dans ses rangs.

Bonded By Blood revient cette année avec un concept album, contant l’invasion de la terre par une race alien déterminée à dominer la race humaine, fort bien mis en image par Raid Southen. Le groupe californien s’offre parallèlement les services de l’ingénieur du son Ralph Patian (connu par ses prestations pour des formations telles que Megadeth, UFO ou White Wizzard), bénéficiant d’un enregistrement à la fois puissant et suffisamment incisif.

Le très bon 600 AB ouvre idéalement ce nouveau Exiled to Earth, débutant sur un passage acoustique suivi d’un mur de guitare tout en puissance. Le rythme devient alors tantôt tapageur ou entrainant pour le meilleur effet, renfermant un solo magnifique en son coeur, assurément une des grande force de l’album. Les parties leads éclatent en effet régulièrement au fil des morceaux, leur donnant beaucoup de corps, sans compter ces mosh-parts à foison, si emblématiques d’Anthrax ou plus récemment de Municipal Waste, qui apportent le relief demandé.

A l’image du bon Episodes of Aggression aux accélérations fracassantes, du titre éponyme et de Sector 87 particulièrement entrainants, ou encore du fabuleux Desolate Future divinement calibré, Bonded By Blood maîtrise bien son sujet, lâchant un thrashmetal nerveux, débordant de l’entrain si vital dans le style. En revanche, le résultat reste encore académique et manque véritablement d’identité, tant le groupe s’évertue à retrouver les codes du genre établis durant les années 80.

Plus abouti et plus personnel que son prédécesseur, à l’instar des derniers albums d’Evile et Gama Bomb montrant des formations en progression constante, Exiled to Earth s’impose comme une oeuvre de qualité au sein de cette scène revival thrashmetal actuelle. Il manque encore au jeune Bonded By Blood ce zest de personnalité pour vraiment faire la différence, bien que le groupe semble se diriger sur les bons rails. Il reste toutefois la voix éraillée de Jose Barrales, un brin irritante, faut-il l’admettre. En revanche, ces duels de soli entre Alex Lee et Juan Juarez, quel bonheur !

Fabien.

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30 septembre 2010

Bonded By Blood : Feed the Beast

Bonded By Blood : Feed the BeastFormé en 2005 dans l’état de Californie, le berceau du thrash états-unien avec New-York, Bonded By Blood se forme avec un patronyme sans équivoque (le premier album culte d’Exodus pour les ignorants), s’inscrivant parmi tant d’autres jeunes formations dans la résurgence du thrash rugueux des eighties, à l’époque où les guitares s’exprimaient avant tout à coups de riffs incisifs. Un EP plus tard, le groupe décroche un précieux contrat avec l’écurie légendaire Earache, qui s’intéresse désormais de près au mouvement, à l’image de ses protégés Municipal Waste, SSS, Evile & Gama Bomb.

Comme son nom l’indique, Bonded By Blood tire ses influences d’Exodus, mais s’inspire également de la furie californienne de Slayer et de Testament, ou crossover de DRI, ou encore du thrash new yorkais d’Anthrax et Nuclear Assault. Son premier album Feed the Beast voit ainsi le jour aux Love Juice Labs en 2008, débouchant sur sa sortie en juin de la même année.

Dès son premier titre, l’étonnant Immortal Life, Feed the Beast démarre sur les chapeaux de roue, lâchant ses rythmiques balancées et ses rafales de riffs fougueux, servis par une production à la fois agressive, moderne et très percutante. Les vocaux de Jose Barrales ne sont ni râpeux ni haut perchés, mais possèdent en revanche une hargne renforçant parfaitement le thrash vitaminé de la formation. Bonded By Blood prend parallèlement un malin plaisir à casser le tempo pour rebondir alors sur des mosh parts très entrainantes, tel les excellents Psychotic Pluse & Tortenting Voices et leurs cascades de rythmes si énergiques.

Dans la veine du revival thrash de Merciless Death & Fueled By Fire, Bonded By Blood lâche ainsi un premier album parfaitement huilé, rugueux et incisif, supporté par une myriade de soli déchainés, se destinant bien sûr aux thrashers nostalgiques d’une époque authentique, remplie d’imperfections, qui lui conféraient parallèlement tout son charme. Reste à savoir combien d’albums du même moule pourront être digérés avant de friser la saturation, devant une multitude de jeunes formations thrash véritablement fraîches & sincères, mais ne possédant encore ni le génie ni la personnalité de leurs aînés.

Fabien.

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31 juillet 2008