Altars of Fab' Death

Brain Drill : Quantum Catastrophe

Brain Drill : Quantum CatastropheSi son premier album Apocalyptic Feasting avait inscrit directement Brain Drill parmi les formations brutaldeath californiennes les plus dangeureuses techniquement, on pouvait en revanche avoir quelques craintes quant à l’avenir de la bande de Dylan Ruskin, qui perdait simultanément son batteur Marco Pitruzella et son basssite Jeff Hugell, deux atouts très précieux. Notre mastermind ne tarde toutefois pas à trouver de sacrés remplaçants dans les personnes de Ron Casey et Ivan Munguia, fin prêts à réinvestir les fameux Castle Ultimate Studios de Zack Ohren (Decrepit Birth, Odious Mortem) dès le début d’année 2010.

Paru en mai chez Metal Blade Records, dans les même temps et le même label que le Path of Fire des suédois d’Aeon, le bien nommé Quantum Catastrophe est assorti d’une terrible illustration de Par Olofsson, si représentative du brutaldeath cataclysmique de Brain Drill, le perforateur de cerveau.

Il suffit au quatuor du seul titre d’ouverture Obliteration Untold pour assoir son style, débutant sur un sweeping désarmant d’Ivan Munguia à la basse, qui annonce le déluge de gravity-blasts de Ron Casey et le riffing furieux de Dylan Ruskin. La dextérité et la technique du guitariste impressionnent une fois encore, sans compter son jeu désormais immédiatement identifiable, s’emballant régulièrement dans des sweeping ou soli de folie, ou encore dans un phrasé musical volontairement dissonant mais tellement maîtrisé. Enfin l’alternance entre le guttural profond et les vocaux éraillés de Steve Rathjen complète idéalement cette tornade de chaque instant.

En outre, là où Apocalyptic Feasting pouvait parfois rebuter par son brutaldeath pied au plancher et son déballage technique omniprésent, Quantum Catastrophe équilibre davantage moments de pure folie et passages offrant de véritables repères au deathster, évitant son ensevelissement sous une avalanche de notes et un enchevêtrement riffs de tout instant. Le break de l’impitoyable Awaiting Imminent Destruction, ou encore le final tout en lourdeur de Nemesis of Neglect, cassent ainsi le rythme et épaississent judicieusement l’atmosphère. Et que dire du dernier morceau éponyme, dix minutes (hors outro) qui pourraient pourtant paraître imbuvables dans un style aussi rapide et technique, mais défilant pourtant avec une fluidité étonnante.

Plus personnel, également plus digeste que son prédécesseur, mais tout aussi fou, Quantum Catastrophe impressionne par la violence de ses rythmiques et la technique irréprochable de ses interprètes. Dès son second album, Brain Drill parvient ainsi à affirmer toute sa singularité mais aussi à aérer et équilibrer davantage ses morceaux, histoire d’accroitre dangereusement le nombre de ses victimes. Il faut toutefois rester un adepte de ce brutaldeath high-tech sans pitié, pour pouvoir apprécier pleinement ce redoutable Quantum Catastrophe.

Fabien.

> - Les chroniques -, Brain Drill — admin @ 2:00

14 juin 2010

Brain Drill : Apocalyptic Feasting

Brain Drill : Apocalyptic FeastingRéputée pour ses nombreuses formations de death extrême depuis l’essor de Deeds Of Flesh, la Californie ne cesse de surprendre, présentant cette fois le redoutable Brain Drill, fondé en été 2005 par son leader Dylan Ruskin. Le guitariste s’adjoint très vite des services de l’excellent batteur Marco Pitruzzella et du growleur Steve Rathjen, puis enregistre dans la foulée le EP The Parasites, rapidement remarqué par Alex Webster en personne.

Complétant le line up avec Jeff Hugell, un as de la basse à 7 cordes (fort utiles en sweeping), le groupe aligne ainsi les concerts nord américains et, grâce à l’appui de Webster, décroche directement un précieux contrat chez Metal Blade. Ainsi, deux ans seulement après sa formation, Brain Drill enregistre déjà son premier album aux Castle Ultimate Studios, sous la houlette de Zack Ohren (Odious Mortem). Répondant à la douce appellation d’Apocalyptic Feasting, le disque sort en ce début d’année 2008, muni d’une illustration sans équivoque du maître actuel Par Olofsson (Disavowed, Psycroptic).

Reprenant la brutalité dévastatrice d’Origin et le côté gore de Cannibal Corpse, Brain Drill balance un death d’une sauvagerie à toute épreuve, renforcée par les vocaux de Rathjen, rageurs ou gutturaux, développant une vision très personnelle de l’apocalypse. Mais, au delà de son concept pourtant conventionnel, le quatuor possède une technique époustouflante, multipliant les plans impossibles avec une aisance désarmante.

Pitruzzella martèle en effet ses fûts avec une précision de métronome, soutenant les lignes de basse complexes de Hugell et les riffs torturés de Ruskin, qui affolent alors littéralement l’auditeur par la maîtrise de leurs instruments à cordes, notamment en sweeping. Le duo déborde ainsi fréquemment dans les aiguës, à la limite des soli, assenant des riffs d’une brutalité dissonante quasiment inédite, loin, décidément très loin des riffs monolithiques du death old school de Grave ou Bolt Thrower.

Bénéficiant en outre d’un son à la puissance et à la clarté irréprochables, Apocalyptic Feasting impressionne, à l’image du cataclysmique Parasites ou du terrible Bury The Living, bien que son extrême brutalité lui confère parallèlement une certaine linéarité. Repoussant encore les limites techniques du deathmetal de quelques crans, Brain Drill donne ainsi une sacré leçon durant 35 minutes, se coinçant en revanche dans un concept entre Origin et Cannibal Corpse trop marqué. Toutefois, l’incroyable potentiel du groupe lui autorise une marge de progression encore considérable, lui permettant de passer sans l’ombre d’un doute d’un premier effort remarquable à une excellence certaine.

Fabien.

> - Les chroniques -, Brain Drill — admin @ 2:00

13 mars 2008