Altars of Fab' Death

Broken Hope : Swamped in Gore

Broken Hope : Swamped in GoreBroken Hope se forme en 1988 à Chicago, suite à la rencontre des guitaristes Jeremy Wagner & Brian Griffin, les deux compositeurs inséparables du groupe. Après deux démos, complétant au passage son line up avec Joe Ptacek, Ryan Griffin & Ed Hughes, la formation finance et enregistre elle-même son premier album en 1991, dans les propres studios de Brian. Ne contenant que des titres inédits (absents des deux premières maquettes), Swamped in Gore sort en novembre 1991 pour le compte de la petite écurie Grindcore International (Morbid Saint), qui manque hélas de moyens pour promouvoir et distribuer correctement le disque.

Tant au niveau musical que conceptuel, Broken Hope évolue dans un style death gore proche de l’esprit de Cannibal Corpse. Swamped in Gore ne dégage cependant pas encore la brutalité excessive et la force de caractère de ses successeurs, s’ancrant principalement autour d’un death métal aux structures middle tempo, à l’exception de titres comme Incinerated ou Gorehod, qui assomment déjà avec quelques blast-beats, et déploient une violence manifeste assez proches des futures missiles du combo. Joe Ptacek possède en outre son guttural déjà très pur, sans toutefois éructer ses growls effrayants & incompréhensibles, véritable marque de fabrique à partir des albums suivants.

Au final, malgré les riffs acérés de Bag Of Part et les accélérations renversantes de Cannibal Grave, sur le double pédalage millimétré de Ryan, les compositions de Brian & Jeremy manque encore d’entrain et d’incision, sans parallèlement posséder suffisamment d’éléments marquants, qui rendraient le death de Swamped in Gore beaucoup plus captivant.

Entrée en matière honnête, calé rythmiquement et bénéficiant d’une production impeccable, Swamped in Gore délivre en revanche des titres interchangeables, ne permettent pas le démarcage de Broken Hope parmi autres formations death gore du moment, à commencer par Cannibal Corpse, qui écrase sans pitié avec Butchered At Birth, en cette année 1991. Mais, bien que le style du gang de Chicago manque encore d’affinage, il dégage néanmoins une puissance et un caractère déjà notoires, lui permettant de décrocher une signature chez la puissante écurie Metal Blade, qui ne rééditera toutefois son premier album que bien des années plus tard, le flanquant en plus d’une nouvelle illustration particulièrement grossière.

Fabien.

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26 mai 2008

Broken Hope : Grotesque Blessings

Broken Hope : Grotesque BlessingsDeux ans après le remarquable Loathing, technique et percutant, Broken Hope débarque en ce début d’année 1999 avec son cinquième effort, le bien nommé Grotesque Blessings, muni d’une pochette malheureusement moins marquante que la terrible illustration de Wes Benscoter sur le précédent album. Le gang de Chicago quitte cette fois Metal Blade, dont le travail de promotion fut contestable, au profit de la petite écurie Martyr / The Plague.

Au-delà de son mur de violence sonore, Grotesque Blessings cache plein de qualités. Le brutal death de Broken Hope est certes conventionnel, mais immédiatement identifiable, et joué de surcroît avec une technique et une dextérité exemplaires. Sur une rythmique complexe, notamment au niveau des lignes de basses, Griffin et Wagner lâchent une rafale de riffs très alambiqués, se situant entre Cannibal Corpse et Suffocation, soutenant les vocaux étouffants de Joe Ptacek.

Brian Griffin livre également une production d’une qualité étonnante, apportant la clarté et la précision exigées par le style brutal de Broken Hope. En revanche, malgré l’intérêt de chacun des morceaux, à commencer par le très bon Christ Consumed, les titres de Grotesque Blessings finissent par se ressembler, conférant une linéarité inévitable, qui décourage forcément le métalleux déjà hermétique à ce style suffocant.

Certes moins marquant que les redoutables The Bowels of Repugnance et Loathing, Grotesque Blessings montre toutefois Broken Hope en grande forme, mélangeant brillamment technique et brutalité, pour le plaisir des oreilles des deathsters les plus avertis. Mais, traversant la période la plus faste du deathmetal, et relégué au sein d’un label manquant cruellement de moyens, Broken Hope s’enfonce un peu plus dans l’anonymat, qui finit par lui être fatal.

Fabien.

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23 octobre 2007

Broken Hope : Repulsive Conception

Broken Hope : Repulsive ConceptionUn an et demi après le bon Bowels Of Repugnance, passé affreusement inaperçu en Europe faute à une promotion Metal Blade inexistante, Broken Hope revient en ce mois d’avril 1995 avec son troisième album. Le bien nommé Repulsive Conception est une nouvelle fois enregistré par le guitariste Brian Griffin dans ses propres studios.

Différent du côté abrasif de Bowels, Repulsive Conception développe un son plus compact, notamment au niveau des guitares. Son rythme est également beaucoup plus lourd, avec le couple basse batterie écrasant de Ryan Stanek & Shaun Glass, soutenant les guitares massives de Brian Griffin & Jeremy Wagner, et les vocaux ultra gutturaux & incompréhensibles de Joe Ptacek.

Mais, son rythme lourd est parallèlement très poussif. Malgré ses passages blastés, Repulsive Conception peine en effet à décoller, à l’image de son break et son solo sur Dilation And Extraction, d’une lenteur ennuyeuse. De plus, bien que chaque titre pris à part soit remarquablement ficelé, leur assemblage dégage au final une grande linéarité, avec des constructions et des riffs trop identiques. Enfin, même les trois interludes acoustiques ne parviennent pas à aérer l’ensemble, dégageant une ambiance morne, à l’inverse de celle délicieusement lugubre de Bowels Of Repugnance.

Ainsi, malgré la présence de trois compositeurs (Brian, Jeremy & Shaun) et son excellente production, Repulsive Conception manque de variations, et rappelle parfois un 45 tours défilant en vitesse 33. La qualité intrinsèque de chaque morceau est pourtant indéniable, et tout le potentiel de Broken Hope ne manque alors que d’un détonateur pour être carrément explosif.

Fabien.

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19 octobre 2007

Broken Hope : Loathing

Broken Hope : LoathingAprès un Repulsive Conception en demi-teinte, passé relativement inaperçu, Broken Hope est bien décidé à faire péter la baraque en cet été 1996, durant ses nouvelles sessions d’enregistrements. L’effort débouche dès lors sur le terrassant Loathing, le quatrième méfait du groupe, sortant en début d’année suivante.

La paire de gratteux Griffin / Wagner compose en effet un Loathing beaucoup plus nerveux que son prédécesseur, servi par une technique poussée dans ses ultimes retranchements. Chaque morceau est à la fois massif et accrocheur, lâchant des rythmiques d’une brutalité et d’une complexité impressionnantes, à l’image de l’excellent High On Formaldehyde, ou encore du redoutable Reunited et de son refrain diablement entraînant.

Inévitablement, Joe Ptacek place son guttural incompréhensible, à décoller n’importe quelle tapisserie d’un mur, sur les paroles insoutenables et irracontables de Jeremy Wagner, notamment sur les effrayants He Was Raped et Siamese Screams. Enfin, derrières les manettes, Brian Griffin capte toute l’énergie du groupe, dotant la batterie très carrée de Ryan Stanek d’un punch considérable, et les guitares d’un son à la fois épais et mordant.

Assorti d’une remarquable illustration de Wes Benscoter (Hypocrisy, Sinister) et soutenu enfin par Metal Blade, Loathing permet au gang de Chicago d’obtenir une reconnaissance plus méritée. A l’instar du très bon The Bowels of Repugnance, l’album ne révolutionne certes pas le genre, mais propose néanmoins des morceaux particulièrement inspirés, d’une technique réellement renversante. Sortant de surcroît en 1997, l’une des années les plus minces de l’histoire du deathmetal, Loathing offre du coup une lueur d’espoir aux brutes musicales, déçues par le manque de qualité et de pétillant de la majorité des réalisations death du moment.

Fabien.

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17 septembre 2007

Broken Hope : The Bowels of Repugnance

Broken Hope : The Bowels of RepugnanceSorti en septembre 1993, The Bowels Of Repugnance constitue le premier méfait de Broken Hope enregistré pour le compte de la célèbre écurie Metal Blade. Il représente à ce jour l’album le plus extrême du groupe, étant souvent considéré comme son propre Reign In Blood, de part sa densité, sa violence et sa courte durée.

A l’instar du grand pas entre Eaten Back To Life et Butchered At Birth de Cannibal Corpse, la différence entre Swamped in Gore et The Bowels Of Repugnance est flagrante. Le death metal mid tempo du premier opus se transforme en effet en un assaut d’une extrême brutalité, assénant nombre de parties grinds, terriblement mises en valeur par le jeu de batterie très carré de Ryan Stanek. Parallèlement aux blast beats, Broken Hope calme judicieusement le jeu par des passages lourds, à l’image du très bon She Came Out, évitant ainsi le piège d’une trop grande linéarité.

La force de Bowels Of Repugnance réside également dans le placement de trois interludes acoustiques à la fois sinistres et apaisants, notamment accompagnés de lignes de violon sur l’excellent Repugnance, lui conférant une ambiance lugubre particulièrement réussie. Joe Ptacek possède par ailleurs un chant d’un guttural déconcertant, éructant des propos quasi incompréhensibles, à la manière de Pat Bailey des redoutables Killing Addiction, sur des paroles de Jeremy Wagner, aux accents nécro sado pathologiques particulièrement terrifiants.

Avec de surcroît une production claire et épaisse de Brian Griffin, guitariste du groupe, Bowels Of Repugnance possède de nombreux atouts pour convaincre. Malheureusement, distillant une musique certes moins fine, son amalgame avec le death metal de Cannibal Corpse est inévitable, plaçant Broken Hope dans l’ombre de ce dernier. Flanqué de surcroît d’une pochette au crayonné complètement pourri, et d’une distribution Metal Blade plus que contestable, Bowels Of Repugnance ne parvient dès lors pas à hisser le gang de Chicago parmi les leaders de la scène brutal death gore US de l’époque, malgré l’étonnante qualité de ses morceaux.

Fabien.

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13 septembre 2007