Broken Hope : Grotesque Blessings
Deux ans après le remarquable Loathing, technique et percutant, Broken Hope débarque en ce début d’année 1999 avec son cinquième effort, le bien nommé Grotesque Blessings, muni d’une pochette malheureusement moins marquante que la terrible illustration de Wes Benscoter sur le précédent album. Le gang de Chicago quitte cette fois Metal Blade, dont le travail de promotion fut contestable, au profit de la petite écurie Martyr / The Plague.
Au-delà de son mur de violence sonore, Grotesque Blessings cache plein de qualités. Le brutal death de Broken Hope est certes conventionnel, mais immédiatement identifiable, et joué de surcroît avec une technique et une dextérité exemplaires. Sur une rythmique complexe, notamment au niveau des lignes de basses, Griffin et Wagner lâchent une rafale de riffs très alambiqués, se situant entre Cannibal Corpse et Suffocation, soutenant les vocaux étouffants de Joe Ptacek.
Brian Griffin livre également une production d’une qualité étonnante, apportant la clarté et la précision exigées par le style brutal de Broken Hope. En revanche, malgré l’intérêt de chacun des morceaux, à commencer par le très bon Christ Consumed, les titres de Grotesque Blessings finissent par se ressembler, conférant une linéarité inévitable, qui décourage forcément le métalleux déjà hermétique à ce style suffocant.
Certes moins marquant que les redoutables Bowels Of Repugnance et Loathing, Grotesque Blessings montre toutefois Broken Hope en grande forme, mélangeant brillamment technique et brutalité, pour le plaisir des oreilles des death métalleux les plus avertis. Mais, traversant la période la plus faste du death métal, et relégué au sein d’un label manquant cruellement de moyens, le groupe s’enfonce un peu plus dans l’anonymat, qui finit par lui être fatal.
Fabien.



Broken Hope se forme en 1988 à Chicago, suite à la rencontre des guitaristes Jeremy Wagner & Brian Griffin, les deux compositeurs inséparables du groupe. Après deux démos, complétant au passage son line up avec Joe Ptacek, Ryan Griffin & Ed Hughes, la formation finance et enregistre elle-même son premier album en 1991, dans les propres studios de Brian. Ne contenant que des titres inédits (absents des deux premières maquettes),