Altars of Fab' Death

Brutality : In Mourning

Brutality : In MourningBrutality présente en cette année 1996 ses deux nouveaux guitaristes, avec d’un côté Dana Walsh, qui signe non seulement la moitié des nouvelles compositions avec Jeff Acres, mais enregistre aussi toutes les guitares rythmiques et la quasi intégralité des soli, et de l’autre Peter Sykes, intégré quant à lui un brin trop tard pour participer aux sessions de février, aux Morrisound Studios. In Mourning, troisième album de la formation, sort ainsi en août de la même année, pour le compte de la fidèle écurie Nuclear Blast.

Délaissant son logo et ses gargouilles stéréotypés, Brutality change de braquet en imposant un nouveau concept, notamment au niveau l’emballage de son CD, dans un boîtier orange transparent. Mais, contrairement à son image plus actuelle, le groupe floridien ne bouge pas sa musique d’un iota, balançant invariablement son death US, situé entre Monstrosity et Malevolent Creation, en apportant toutefois quelques touches délicieuses à la Disincarnate, grâce à la qualité des très nombreux soli de Dana Walsh.

En outre, In Mourning bénéficie d’une excellente production de Jim Morris, claire et épaisse, permettant la pleine expression des rythmiques carrées du duo Coker / Acres, des guitares précises de Walsh, et de la voix très puissante Scott Reigel. L’album démarre ainsi sur les chapeaux de roue, avec un Obsessed d’anthologie, suivi de l’excellent The Past. Malheureusement, malgré de très bonnes surprises ultérieures, à l’image du redoutable Subjected To Torture, l’album devient rapidement linéaire, proposant non seulement des compositions bâties sur le même schéma, mais renonçant aussi aux habituels interludes acoustiques, qui conféraient pourtant une atmosphère plus particulière aux précédents albums.

Terriblement conventionnel, Brutality ne rencontre dès lors qu’un succès limité en cette année 1996, à une période critique, dominée par la désaffection progressive du public pour le death métal. Au delà de son manque d’innovation, In Mourning impressionne pourtant par sa qualité inattaquable, balançant un concentré de 47 minutes de rythmiques chirurgicales et assassines, s’illustrant ainsi aux côtés de Vile, Millenium ou Eternal (Cannibal Corpse, Monstrosity, Malevolent Creation), parmi les bons exports floridiens de l’année.

Fabien.

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24 décembre 2007

Brutality : When the Sky Turns Black

Brutality : When the Sky Turns BlackUne année après le bon Screams of Anguish, Brutality retourne aux Morrisound Studios pour les sessions de son second album, remplaçant au passage le guitariste Jay Fernandez par Bryan Hipp. Fidèle au groupe, Nuclear Blast commercialise When the Sky Turns Black fin 1994, avec une illustration certes plus réussie que l’insipide du précédent disque, mais sans grande personnalité.
Dans la veine de son prédécesseur, When The Sky distille un death métal floridien certes traditionnel, à mi-chemin entre Monstrosity et Malevolent Creation, mais fichtrement bien exécuté. Jim Coker maîtrise parfaitement ses blasts et ses roulements, délivrant des rythmiques carrées, soutenant les riffs acérés de Dom Gates et Bryan Hipp. Enfin, Scott Reigel possède un guttural vraiment impressionnant, accroissant le dynamisme et la profondeur des compositions.

Composé par le trio Acres / Gates / Hipp, et brillamment mis en valeur par la production claire & massive de Jim Morris, When The Sky balance ainsi un death metal solide, aux morceaux puissants et équilibrés, à l’image des très bons Foul Lair et Shrines Of The Master. L’album contient également deux interludes acoustiques s’intégrant très bien à l’ensemble, ajoutant une atmosphère fine très appréciable. En considérant enfin son excellent instrumental (Violent Generation) et sa reprise judicieuse de Black Sabbath (Electric Funeral), When The Sky possède réellement de nombreux atouts pour convaincre.

Présent pourtant depuis 1986, Brutality ne connaît pas le succès de ses voisins Morbid Angel, Deicide ou Malevolent Creation, faute à ses albums parus trop en retard (le premier date 1993), à une époque où le death metal US cumule les stéréotypes et affronte déjà les prémices de son premier déclin. En effet, alors que la Norvège redéfinit les bases du métal extrême en 1994, avec l’explosion d’Emperor, Satyricon ou Immortal, Brutality distille quant à lui un death floridien de qualité certes incontestable, mais d’un conventionnalisme n’intéressant malheureusement plus qu’une poignée d’irréductibles deathsters.

Fabien.

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24 octobre 2007

Brutality : Screams of Anguish

Brutality : Screams of Anguish

En cette automne 1992, c’est une véritable explosion de groupes deathmetal, à qualité et originalité variable, qui détonne chez tous les labels. L’écurie allemande Nuclearblast de Markus Staiger n’est pas en reste, présentant beaucoup de nouveaux arrivants sur sa compilation Death Is Just The Beginning Vol.II, tels que Brutality, Resurrection, Hypocrisy, qui doivent sortir leur 1er effort sous peu.

Il faut attendre l’été 93 pour voir arriver le 1er disque de Brutality. Le groupe résidant en Floride, jouant un deathmetal US dans sa pleine définition, et enregistrant de surcroît son album aux Morrisound Studios, réunit dès lors tous les ingrédients pour créer le parfait stéréotype. En ajoutant à cela une pochette moyennement mise en image, l’écoute de ce nouvel Screams of Anguish ne débute pas forcément dans les meilleures conditions.

Screams of Anguish présente pourtant des morceaux de bonne qualité, hormis les deux instrumentaux assez ennuyeux à mon goût, cassant le rythme plus qu’autre chose. On retrouve en effet les blast-beats, les accélérations, les breaks accrocheurs, les soli brillamment exécutés par le duo Acres / Gates, ainsi que les vocaux gutturaux très purs de Scott Reigel, à l’image de l’interprétation impeccable de l’entraînant These Walls Shall Be Your Grave ou de l’intense Spirit World.

Bref autant d’éléments qui rendent l’album intéressant, mais laissant en revanche le goût d’une galette maintes fois entendue à l’époque. L’ensemble ne manque toutefois pas de puissance, pour citer le terrible Crushed et son début d’une intensité peu commune, soutenu par les growls profonds de Scott Reigel, arme imparable de Brutality.

Sans prétention, Brutality lâche ainsi un deathmetal dans la pure tradition floridienne, d’une qualité de composition indéniable. Néanmoins, son côté assez conventionnel ne lui permet pas, dans cette période submergée par une pléthore de formations souvent identiques, de se démarquer forcément de la masse. Enfin hier comme aujourd’hui, carré & puissant, articulé sur une assise rythmique béton avec un Jim Coker impressionnant derrière les fûs, Screams of Anguish s’inscrit parmi les belles pièces de la seconde vague de deathmetal US.

Fabien.

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31 mars 2007