Altars of Fab’ Death

Cannibal Corpse : Bloodthirst

BloodthirstOctobre 1999 annonce le retour des fracassants Cannibal Corpse pour leur sixième mouture, soit seulement un an et demi après la sortie de Gallery Of Suicide ; ce laps de temps relativement court s’explique surtout grâce à la présence de trois compositeurs en son sein, dont le stakhanoviste Webster, qui signe une nouvelle fois la bonne moitié des morceaux.

L’habituelle double illustration de Vince Locke, version censurée et non censurée, annonce le ton brutal de ce nouvel opus ; l’impression est confirmée dès les premiers titres, puisque les américains proposent immuablement une déferlante de morceaux à la fois techniques et rentre dedans, sur un martèlement rythmique sans faille. Reprenant la brutalité de Vile et la finesse de Gallery, les titres alternent avec grande aisance passages rapides et entrainants, à l’image de l’excellent Pounded Into Dust, à d’autres plus alambiqués comme le très poétique Coffinfeeder.

Petit changement cette fois au niveau de l’ingénieur du son, puisque les habituels S.Burns et J.Morris sont remplacés par Colin Richardson, qui choisit avant tout de mettre l’accent sur les guitares, les dotant d’un son particulièrement lourd et tranchant. Enfin, côté chant, George Fisher, l’arme ultime de Cannibal Corpse, est toujours aussi puissant, débitant un flot de paroles (toutes aussi gores les unes que les autres) plutôt impressionnant.

Mariage réussi de Vile et Gallery Of Suicide, Bloodthirst n’apporte néanmoins rien de particulier dans la carrière du groupe ; l’album reste tout de même en tout point remarquable, notamment dans cette facilité à multiplier les contretemps au sein d’un titre, le rendant toujours très captivant.

Ainsi, grâce à la régularité de sortie de ses albums, mais aussi à leur qualité toujours constante, Cannibal Corpse reste invariablement au dessus du lot. De ce fait, malgré la période de flottement du death métal dans la seconde partie des années 90, le groupe tire chaque fois son épingle du jeu, se hissant parmi les formations sur lesquelles le death métalleux peut aveuglement se fier.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 5:00 am

January 1, 1999

Cannibal Corpse : Gallery Of Suicide

Gallery Of SuicideRetour en avril 1998, deux ans après Vile, pour le 6ème assaut des cadavres cannibales. Le groupe garde son dessinateur attitré, mais change par contre d’ingénieur du son, l’album étant enregistré sous la houlette de Jim Morris. Gallery Of Suicide marque également le départ du guitariste Rob Barrett, reparti chez Malevolent Creation, et remplacé au pied levé par Pat O’Brien, encore inconnu dans le circuit death metal.

Gallery Of Suicide est différent de Vile dans son approche, présentant pas moins de 14 morceaux, dans un registre toujours death brutal, mais dégageant une ambiance plus travaillée, presque surprenante de la part de Cannibal Corpse. Il y a certes de nombreux titres courts et expéditifs comme I Will Kill You, mais d’autres, à l’image des remarquables Gallery Of Suicide, Headless ou Every Bones Broken, plus maîtrisés et plus posés, montrent une facette du groupe encore inexploitée et ô combien remarquable. L’illustration de Vince Locke, une galerie aux suicides très inquiétante, contribue également à cette atmosphère pesante, développée pendant les 45 minutes de l’album.

De plus, la venue de Pat O’Brien apporte beaucoup de sang frais au quinquet américain. Ce dernier possède un jeu différent de celui de Rob Barrett, mais tout aussi technique, et s’offre de surcroît le luxe de composer trois titres excellents, avec sa touche toute particulière, à l’image de son redoutable instrumental From Skin To Liquid. Enfin, le choix de Jim Morris s’avère particulièrement judicieux, l’ingénieur du son apportant un travail différent, posé et pourtant terriblement puissant.

Cannibal Corpse sort ainsi un Gallery Of Suicide original dans sa discographie, et vraiment fabuleux, lui permettant de se renouveler brillamment et de conserver l’attention de ses fans. Le death metal étant en hibernation à cette époque, le gang floridien force d’autant plus le respect, rappelant haut et fort aux côtés de Nile, Morbid Angel et Incantation, que le death brutal est encore bel et bien vivant en cette année 1998.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 1:30 am

January 1, 1998

Cannibal Corpse : Vile

VileExactement deux ans séparent The Bleeding du nouveau Vile, cinquième méfait de la bande d’Alex Webster, annonçant le départ de Chris Barnes au profit de son projet Six Feet Under, aux côtés de ses potes Terry Butler (ex-Death) & Allan West (ex-Obiturary). Cette fois-ci, Metal Blade sort deux versions de l’album, dont une censurée ne contenant pas la pochette à l’intérieur, bien que celle-ci soit particulièrement réussie et ne justifie pas sa censure (marketing, quand tu nous tiens).

Décidant de faire peau neuve, à l’image de son logo redessiné et moins brouillon, Cannibal Corpse effectue un nouveau pas en avant tant au niveau de ses compositions, du chant et de la production de son nouvel album. Vile est en effet très varié, écrit par trois membres qui apportent chacun leur lot d’idées et se complètent à la perfection. Les contretemps et l’efficacité des morceaux de Webster s’opposent ainsi aux titres plus techniques de Barrett, et à ceux plus alambiqués d’Owen. Enfin, Georges Fisher (ex-Monstrosity) aère considérablement l’ensemble, mettant judicieusement en valeur les endroits clés de l’album, grâce à son coffre phénoménal, qui lui permet de dégager une puissance considérable et de passer aisément d’un guttural pur & compréhensible à des cris arrachés.

Vile bénéficie en outre d’une production excellente, s’inscrivant parmi les meilleurs enregistrements de Scott Burns, aux côtés de World Downfall et de Pierced From Within (Suffocation, Terrorizer). Le tout sonne ainsi de manière très professionnelle, grâce à cette clarté et cette profondeur exemplaires, qui apportent une intensité dont Cannibal Corpse n’avait jamais bénéficié auparavant, à l’image de la déflagration des terribles Perverse Suffering et Disfigured.

D’une technique et d’une puissance remarquables, Vile compte parmi les réalisations décisives de Cannibal Corpse, lui permettant non seulement de franchir un cap, mais aussi de traverser la période fade du death metal sans aucun problème. Scindant l’histoire du groupe en deux périodes, l’ère suffocante de Chris Barnes et celle terrassante de Georges Fisher, Vile est un album clé du redoutable gang floridien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 3:15 am

January 1, 1996

Cannibal Corpse : The Bleeding

The BleedingRompant avec l’habitude de sortir un album à la fin de chaque été, Cannibal Corpse ne revient cette fois qu’en avril 1994, soit un an et demi après la sortie du redoutable Tomb of the Mutilated. A première vue, le groupe floridien n’affiche pas de changement notable, renouvelant le choix de Vince Locke, s’affichant véritablement comme son dessinateur attitré, et de Scott Burns, ingénieur du son des Morrisound Studios. En revanche, Bob Rusay quitte le groupe, étant dès lors judicieusement remplacé par le talentueux Rob Barrett, déjà remarqué chez Solstice et Malevolent Creation.

Restant toutefois fidèle à son concept basé sur les paroles outrancières de Chris Barnes, comme en témoigne l’effroyable Fucked With A Knife, Cannibal Corpse aère pourtant son style, livrant des compositions moins étouffantes et plus rentre-dedans, renforcées par le jeu clair et précis de Rob Barrett, à l’image des l’excellents Pulverized et Force Fed, ou encore de l’éponyme The Bleeding et ses riffs d’intro renversants.

De plus, remarquablement mis en valeur par la production massive et cristalline de Scott Burns, dotant les guitares d’un son particulièrement tranchant, et par l’illustration de Vince Locke, plus clean que d’habitude et ne justifiant sa bascule à l’intérieur du livret (excepté pour des arguments marketing), The Bleeding dispose d’atouts particulièrement convaincants.

The Bleeding marque ainsi un palier dans la carrière de Cannibal Corpse, qui s’améliore et évolue brillamment, alors que chacun le croyait pourtant prisonnier de son style suffocant. L’album clôture ainsi l’ère Chris Barnes de fort belle manière et s’impose une nouvelle fois aux nombreux fans de la bande l’Alex Webster.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 2:30 am

January 1, 1994

Cannibal Corpse : Tomb of the Mutilated

Tomb of the MutilatedJuste un an après la sortie de Butchered At Birth, Cannibal Corpse revient en septembre 1992 avec son 3ème enregistrement, le terrible Tomb of the Mutilated. Le groupe conserve ainsi sa recette explosive, faite d’une production épaisse de Scott Burns et d’illustration horrifiante de Vince Locke, qui livre cette fois deux dessins, le doux à l’extérieur, et l’insoutenable à l’intérieur, mélangeant affreusement le sexe et le gore les plus malsains.

Une nouvelle fois, les paroles sont absentes du livret dans sa version d’origine, mais s’avèrent purement dispensables pour la compréhension de l’esprit torturé de Chris Barnes, à commencer par les titres effrayants I Cum Blood, Necropedophile ou Post Mortal Ejaculation, cachés eux aussi à l’intérieur du boîtier CD.

Côté musique, Cannibal Corpse effectue encore un grand pas en avant, calant désormais parfaitement ses rythmiques assassines et suffocantes, fort d’une expérience acquise durant les nombreuses tournées accumulées. Tomb of the Mutilated est encore plus puissant, technique et varié, rempli de contre temps chers à Cannibal Corpse, et agrémenté des parties de basses rapides et complexes du grand Alex Webster. L’album contient ainsi un côté toujours aussi massif, mais parallèlement plus aéré et entraînant, à l’image du terrible Addicted To Vaginal Skin, ou encore du classique Hammer Smashed Face et de son refrain inoubliable, déplaçant littéralement les foules en concert.

Tomb Of Mutilated constitue donc un très bel effort de Cannibal Corpse, qui s’affirme dans la durée, à grands renforts de prestations scéniques, mais également grâce à des réalisations de qualité toujours accrue. Attendu que les trois premiers album n’ont le droit ni d’être vendus, ni d’être joués dans les contrées germaniques, on s’accorde à croire que les allemands sont décidément bien à plaindre !

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 11:30 am

January 1, 1992

Cannibal Corpse : Butchered At Birth

Butchered At BirthA la fin de l’été 1991, un an exactement après la parution d’Eaten Back To Life, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre à cause de ses paroles et de sa pochette outrancières, le redoutable Cannibal Corpse revient avec son second méfait, finement intitulé Butchered At Birth. L’écurie Metal Blade ayant bien compris les effets bénéfiques de la censure, décide judicieusement de sortir le disque avec la pochette à l’intérieur, incitant tous les death métalleux curieux à acheter l’album, découvrant alors avec horreur l’illustration de Vince Locke, dévoilant deux zombies éventrant un femme enceinte !

A l’image de son nouveau concept effrayant, le gang floridien choisit donc une nouvelle fois de chemin de la provocation. Les paroles de Chris Barnes ne sont pas certes incluses dans ce livret (sur l’édition originale), mais ses titres dérangés du genre Meat Hook Sodomy ou Rancid Amputation sont particulièrement évocateurs.

Ainsi, fidèle à sa marque de fabrique, Cannibal Corpse conserve son créneau résolument gore, mais bonifie considérablement son death metal. Tout d’abord, ses titres gagnent en cohésion, grâce au couple basse batterie de Webster / Marzurkiewicz d’une précision désormais étonnante, servant solidement les guitares lacérantes et hachées du duo Owen / Rusay. Enfin, en ajoutant les vocaux vomitifs de Chris Barnes et la production épaisse de Scott Burns aux incontournables Morrisound Studios, Butchered At Birth développe un climat terriblement brutal, inquiétant et étouffant. Un vrai film gore traduit en version CD, en fait.

Sur le marché death metal de l’année 1991, Cannibal Corpse, fort d’un style désormais très personnel et d’un son beaucoup plus épais, revient ainsi avec un album déterminant dans sa carrière. Tournant intensivement, notamment en Europe avec Loudblast, la formation floridienne se constitue alors rapidement une horde de fans acharnés, mais aussi d’inévitables détracteurs, épouvantés ou hermétiques face à son style 100% brutal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 8:45 am

January 1, 1991

Cannibal Corpse : Eaten Back To Life

Eaten Back To LifeA la fin de l’été 1990, Metal Blade, label réputé en matière de thrash, décide à son tour de s’embarquer dans l’aventure death métal, en présentant son jeune protégé, le finement nommé Cannibal Corpse. Formé en 1988 à Buffalo au nord de l’état de New York, la bande d’Alex Webster vient fraîchement de débarquer en Floride, berceau de la scène death US. La formation rejoint alors les fameux Morrisound Studios pour les sessions de son premier album, le répugnant Eaten Back To Life. D’entrée, l’album provoque avec son illustration gore signée Vince Locke et ses paroles outrancières, émanant de l’imagination torturée de Chris Barnes. Le ton est donné, préparant déjà le métalleux à l’écoute d’une boucherie sonore disséquée en onze morceaux.

Eaten Back To Life balance des compositions déjà très structurées, exécutées sur les rythmiques de Paul Mazurkiewicz souvent tapageuses, mais remplies d’accélérations, de breaks et de contre temps étonnants, à l’image des redoutables Edible Autopsy et Mangled. Tandis que certains titres font rapidement figure de classique, à commencer par le court et entraînant Skull Of Maggots, repris à pratiquement tous les concerts, d’autres incroyablement rapides et techniques, forcent déjà l’admiration, tel Buried In The Graveyard, aux riffs de Jack Owen & Bob Rusay particulièrement dévastateurs en son début.

Eaten Back To Life ne frise toutefois pas la perfection, ne possédant encore ni une précision rythmique chirurgicale, ni une maîtrise vocale imparable. La production de Scott Burns manque parallèlement d’une certaine épaisseur, privant l’ensemble de la pleine puissance exigée.

Aidé par le soutien inconditionnel de son label, mais aussi par son concept et son langage résolument infâmes, Cannibal Corpse fait ainsi une entrée remarquée au sein la scène extrême, lui permettant de s’installer confortablement aux côtés des ténors du death floridien, mais manquant toutefois encore d’une pleine identité et donc d’une parfaite crédibilité. Sans se hisser parmi les standards death métal de l’année 1990, tels Deicide, The Key ou Left Hand Path, Eaten Back To Life lâche néanmoins des titres percutants et remarquablement ficelés, constituant une excellente mise en appétit, et démontrant déjà le formidable potentiel du gang Webster.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 5:15 am

January 1, 1990