Cannibal Corpse : Evisceration Plague
Après le redoutable album Kill, qui annonçait le retour de Rob Barrett et la toute première collaboration avec Erik Rutan derrière les consoles d’enregistrement, l’infatigable Cannibal Corpse réinvestit les Mana Recording Studios du leader d’Hate Eternal, en ce mois de septembre 2008. Parfaitement rodé grâce à de longues tournées à travers le monde, mais aussi fort d’un line up inchangé, qui ne compte pas moins de quatre compositeurs en son sein, le groupe floridien met ainsi en boite Evisceration Plague, représentant déjà son 11ème full lenght.
D’entrée, le tapageur Priest of Sodom annonce la couleur, dominé par le couple rythmique en béton Mazurkiewicz / Webster, les riffs serrés et complémentaires d’O'Brien & Barrett, le tout dynamisé par les growls articulés de Fisher, qui possède cette aisance incroyable pour passer d’un guttural profond à des cris particulièrement arrachés. En douze titre, de l’entrainant et non moins excellent Scalding Hail à la patte Webster indéniable, jusqu’au technique To Decompose d’O'Brien au léger parfum de Gallery of Suicide en son break, en passant par le Shatter Their Bones de Barrett aux riffs intraitables & contretemps vicieux, ou encore par le bon Unnatural mis en avant par un soli délectable de Rutan, Cannibal Corpse affiche une nouvelle fois un savoir-faire incontestable.
Toutefois, malgré la qualité de ses compositions & de leur interprétation, la clarté & l’incision de son enregistrement, Evisceration Plague manque encore d’éléments permettant de distinguer pleinement chacun de ses morceaux, et de produire cette étincelle qui magnifie définitivement un album. En outre, ce nouvel effort de Cannibal Corpse reste relativement proche de Kill, subissant inévitablement la comparaison avec son prédécesseur, sans bénéficier parallèlement du même effet de surprise, aussi bénéfique qu’excitant.
Fidèle à lui-même, se riant de toutes les modes et traversant toutes les époques, le groupe d’Alex Webster poursuit sa carrière tel un véritable métronome, lâchant un Evisceration Plague équilibré, qui le maintient invariablement dans le peloton de tête des formations deathmetal, auxquelles le deathster peut aveuglément se fier. Les détracteurs peuvent légitimement crier quant à la relative interchangeabilité des albums de Cannibal Corpse depuis un certain Bloodthirst, mais peut-on raisonnablement reprocher au groupe floridien de laisser en place les rouages d’une machine parfaitement huilée ?
Fabien.








