Altars of Fab' Death

Cannibal Corpse : Torture

Cannibal Corpse : TortureTrois années après des tournées incessantes pour la promotion d’Evisceration Plague, l’horloge du deathmetal nommée Cannibal Corpse est de retour en ce mois de mars MMXII pour le largage de son douzième album, déjà 22 années après ses débuts sur Eaten Back to Life. Réitérant le choix d’Erik Rutan (Hate Eternal), ingénieur du son idéal du quintet depuis Kill, la bande d’Alex Webster revient toutefois aux Sonic Ranch Studios délaissés sur ses deux précédents efforts, pour la mise en boite de l’assise batterie – basse – guitares, avant de finaliser le reste dans les Mana Studios d’Erik en Floride. Baptisé simplement et froidement Torture, le nouveau méfait des floridiens est bien sûr confié aux mains de l’illustrateur attitré Vince Locke, qui livre un dessin partiellement visible depuis l’extérieur, la plus affreuse facette à l’intérieur bien entendu, tandis que le label Metal Blade promeut de nouveau son meilleur poulain comme il se doit.

Stakhanoviste, n’ayons pas peur des mots, Alex Webster cède cette fois-ci un peu plus le terrain des compositions à ses brillants collègues Rob Barrett et Pat O’Brien, respectivement auteurs de trois et quatre nouveaux morceaux, les cinq autres brûlots incombant à notre infatigable bassiste. Cette diversité rapproche ainsi Torture de l’époque du bon The Wretched Spawn, où chacun avait plus précisément mis la main à la pâte, notamment notre bon Jack Owen sévissant désormais dans les rangs du tout aussi redoutable Deicide, particulièrement en forme ces dernières années.

Au-delà d’une variété indéniable, le rapprochement entre Torture et The Wretched Spawn ne s’arrête pas là, puisque non seulement les albums partagent les mêmes studios pour la capture de leur section rythmique, mais aussi sont-ils délibérément tournés vers une même efficacité, à l’image du très entrainant morceau Demented Aggression de Pat O’Brien en ouverture ou encore du terrible Sarcophabic Frenzy de Rob Barrett, au riff central imparable. Cette volonté de Cannibal Corpse de personnaliser plus précisément chacun de ses titres donne au final un disque très accrocheur, tout en gardant une grande homogénéité.

Tantôt rapide, tantôt plus lent ou rentre-dedans, empli de contretemps, et supporté par le jeu fluide de Paul Mazurkiewicz et le chant guttural de George Fischer au dynamisme (et au coffre !) toujours aussi incroyable, Torture forme ainsi un ensemble ne tombant jamais dans la linéarité, sans aucun temps mort exception faite du morceau Scourge of Iron d’Alex Webster qui peine peut-être un peu plus à décoller. Et c’est bien ici le tour de force de Cannibal Corpse, qui parvient à mettre son haut niveau technique au service d’une efficacité irréprochable, loin de toute démonstration froide et mécanique.

Si Cannibal Corpse ne réinvente ni son deathmetal, ni son concept sur ses douze nouveaux films d’horreur mis en musique en ce début d’année MMXII, il se maintient au fil des ans toujours dans le peloton de tête, fort d’un Torture à la fois technique, organique, varié et percutant. A l’instar de son vieux confrère Immolation au rythme de sorties d’albums tout aussi métronomique et sans faux pas dans sa longue carrière, le quintet nord-américain compte parmi ces rares groupes d’influence et de qualité incontestables, sans lesquels le deathmetal ne serait pas exactement ce qu’il est aujourd’hui.

Fabien.

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19 mars 2012

Cannibal Corpse : Evisceration Plague

Cannibal Corpse : Evisceration PlagueAprès le redoutable album Kill, qui annonçait le retour de Rob Barrett et la toute première collaboration avec Erik Rutan derrière les consoles d’enregistrement, l’infatigable Cannibal Corpse réinvestit les Mana Recording Studios du leader d’Hate Eternal, en ce mois de septembre 2008. Parfaitement rodé grâce à de longues tournées à travers le monde, mais aussi fort d’un line up inchangé, qui ne compte pas moins de quatre compositeurs en son sein, le groupe floridien met ainsi en boite Evisceration Plague, représentant déjà son 11ème full lenght.

D’entrée, le tapageur Priest of Sodom annonce la couleur, dominé par le couple rythmique en béton Mazurkiewicz / Webster, les riffs serrés et complémentaires d’O'Brien & Barrett, le tout dynamisé par les growls articulés de Fisher, qui possède cette aisance incroyable pour passer d’un guttural profond à des cris particulièrement arrachés. En douze titre, de l’entrainant et non moins excellent Scalding Hail à la patte Webster indéniable, jusqu’au technique To Decompose d’O'Brien au léger parfum de Gallery of Suicide en son break, en passant par le Shatter Their Bones de Barrett aux riffs intraitables & contretemps vicieux, ou encore par le bon Unnatural mis en avant par un soli délectable de Rutan, Cannibal Corpse affiche une nouvelle fois un savoir-faire incontestable.

Toutefois, malgré la qualité de ses compositions & de leur interprétation, la clarté & l’incision de son enregistrement, Evisceration Plague manque encore d’éléments permettant de distinguer pleinement chacun de ses morceaux, et de produire cette étincelle qui magnifie définitivement un album. En outre, ce nouvel effort de Cannibal Corpse reste relativement proche de Kill, subissant inévitablement la comparaison avec son prédécesseur, sans bénéficier parallèlement du même effet de surprise, aussi bénéfique qu’excitant.

Fidèle à lui-même, se riant de toutes les modes et traversant toutes les époques, le groupe d’Alex Webster poursuit sa carrière tel un véritable métronome, lâchant un Evisceration Plague équilibré, qui le maintient invariablement dans le peloton de tête des formations deathmetal, auxquelles le deathster peut aveuglément se fier. Les détracteurs peuvent légitimement crier quant à la relative interchangeabilité des albums de Cannibal Corpse depuis un certain Bloodthirst, mais peut-on raisonnablement reprocher au groupe floridien de laisser en place les rouages d’une machine parfaitement huilée ?

Fabien.

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4 février 2009

Cannibal Corpse : The Wretched Spawn

Cannibal Corpse : The Wretched SpawnDeux années séparent The Wretched Spawn de son prédécesseur, soit l’intervalle moyen entre deux méfaits de Cannibal Corpse, depuis l’intégration de Georges Fisher en 1996. Le nouvel album n’affiche aucun changement notable, puisque le quintette floridien conserve ls même line up, label, studio d’enregistrement, ingénieur du son et illustrateur. La pochette de Vince Locke se veut toutefois beaucoup plus brutale que la précédente, renouant avec l’imagerie outrancière de la période Butchered at Birth.

Musicalement, The Wretched Spawn reste ainsi dans la même veine que les deux derniers albums, Cannibal Corpse semblant avoir acquis sa personnalité définitive depuis déjà plusieurs années. Le groupe bénéficie toutefois d’une enregistrement plus rond et plus puissant de Neil Kernon, retrouvant de fait le mordant partiellement perdu sur son dernier Gore Obsessed, lui permettant de livrer quelques Severed Head Stoning ou Frantic Disembowelment particulièrement meurtriers.

En outre, Cannibal Corpse parvient à équilibrer judicieusement son album, privilégiant tour à tour des titres tantôt techniques (Psychotic Precision), accrocheurs (Decency Defied), ou chargés d’ambiances épaisses (Festering in the Crypt), maintenant ainsi un entrain constant durant les 44 minutes de The Wretched Spawn, tout en prenant un malin plaisir à frapper avec une précision et une brutalité manifestes. Incontestablement, la force du quintette floridien réside dans son redoutable trio de compositeurs, mais aussi dans la grande cohésion régnant au sein de la formation, le tout dynamisé par l’excellence gutturale de Georges Fisher.

En cette année 2004, Cannibal Corpse livre ainsi un The Wretched Spawn sans surprise, mais retrouve parallèlement une force, une brutalité et une inspiration incontestables, qui manquaient quelque peu sur son précédent méfait, lui permettant de frapper de nouveau juste et fort. Enfin, même si l’innovation n’est pas de mise, on ne peut raisonnablement pas reprocher au groupe d’Alex Webster de lâcher désormais des bombes d’une teneur certes identique, alors qu’il excelle indéniablement dans son style death, tout en bénéficiant d’un caractère entier et d’une marque de fabrique à toute épreuve.

Fabien.

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23 décembre 2008

Cannibal Corpse : Kill

Cannibal Corpse : KillPeu après la sortie de The Wretched Spawn, les deathsters apprennent le départ surprenant de Jack Owen, membre d’origine de Cannibal Corpse, désireux de s’éloigner quelque peu de la scène death metal au sein de son projet Adrift, tout en rejoignant parallèlement et paradoxalement les rangs de l’intraitable Deicide ! Dans le jeu des chaises musicales, c’est alors l’excellent Rob Barrett (ex-Solstice & ex-Malevolent Creation) qui remporte le pompon, retrouvant de nouveau ses acolytes, après son départ en 1996 durant la période post Vile (cinquième album de la formation).

Le mouvement de line up s’accompagne également d’un changement d’ingénieur du son, Cannibal Corpse laissant en effet Neil Kernon pour rejoindre le fameux Erik Rutan (Hate Eternal, Internecine) aux Mana studios floridiens. Les sessions débouchent ainsi en avril 2006 sur la sortie du dixième full lenght de la bande emmenée par l’infatigable Alex Webster. Pour la première fois, l’album est commercialisé sans illustration de Vince Locke (à ma connaissance), mais bénéficie toutefois d’un titre particulièrement évocateur : Kill.

Comptant désormais deux guitaristes très techniques en son sein, les redoutables Rob Barrett & Pat O’Brien, Cannibal Corpse hausse sensiblement la complexité de ses morceaux, sans perdre toutefois son entrain habituel. Depuis l’assommant Time to Kill jusqu’au terrible Maniacal, en passant par les accrocheurs Make Them Suffer & Walking Terror, le quinquet impressionne par la présence et la dextérité de ses interprètes, renversant l’auditeur avec son couple rythmique Mazurkiewicz / Webster infaillible, son duo de guitaristes intraitables, et son chanteur Georges Fisher au guttural profond et dynamique.

En outre, les compositeurs habituels Webster & O’Brien bénéficient cette fois de l’apport de Barrett & Mazurkiewicz, qui signent intégralement et successivement les très bons Barbaric Bludgeonings & Boiling Flesh, marquant l’album de leurs empreintes respectives. Enfin, pour ne rien gâcher, le choix des Mana Studios s’avère fort judicieux, Kill possédant une incision dans ses guitares peu commune, ainsi qu’un mixage distinct et équilibré, permettant notamment à l’auditeur de percevoir nettement le travail phénoménal d’Alex Webster à la basse, qui affole littéralement les neurones sur l’excellent & horrifique Discipline of Revenge.

Particulièrement inspiré, et maîtrisant impeccablement son sujet, Cannibal Corpse frappe en cette année 2006 avec une brutalité désarmante et un plaisir manifeste, tout haussant indéniablement son niveau technique. Le sang neuf apporté par les riffs précis & nuancés de Rob Barrett, mais aussi par la production déchirante d’Erik Rutan, permet ainsi au quinquet floridien de se dépasser, sans changer de braquet, et de larguer un nouveau missile particulièrement meurtrier (comme son doux nom l’indique).

Fabien.

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Cannibal Corpse : Gore Obsessed

Cannibal Corpse : Gore ObsessedDeux longues années et demi séparent Gore Obsesssed, huitième full lenght de Cannibal Corpse, de son brutal prédécesseur Bloodthirst. Cette trêve reste toutefois entrecoupée par Live Cannibalism, premier album live officiel de l’infatigable bande d’Alex Webster. Si son line up reste inchangé depuis 1998, le groupe floridien décide en revanche de changer d’ingénieur du son, laissant le redoutable Colin Richardson pour rejoindre le non moins célèbre & expérimenté Neil Kernon au Sonic Ranch studios, débouchant sur la sortie de son nouveau méfait en février 2002, chez son label dévoué Metal Blade Records.

A l’image de son titre, et la nouvelle double illustration de Vince Locke (dont la version non censurée, assez méconnue, reste à mon sens plus convaincante), Gore Obsessed n’affiche aucune surprise notoire, appliquant une recette similaire à son prédécesseur. En effet, tandis que Webster, signant la majorité des titres, privilégie l’art du riffing précis & assassin (Savage Butchery, Pit of Zombies), Pat’O Brien met quant à lui l’accent sur les structures & plans techniques (Hatched to The Head), laissant à Jack Owen l’écriture des titres les plus torturés, à l’image du court Dormant Bodies Bursting et de son break renversant, ou encore de l’excellent When Death Replaces Life et de son intro subtile, au climat fort bien entretenu. Le métalleux possédant le premier pressage peut également savourer No Remorse, titre initialement enregistré par Metallica (Kill ‘Em All), que Cannibal Corpse s’est fort bien approprié au passage.

Toutefois, bien que le gang floridien possède toujours ce couple rythmique inattaquable de Mazurkiewicz & Webster, ces plans de guitares complémentaires d’Owen & O’Brien, et le guttural dynamique de Fisher, lui permettant de lâcher de nouveaux morceaux parfaitement huilés, Gore Obsessed manque d’une certaine couleur et d’atmosphères particulières, n’apportant rien de plus dans la longue discographie du groupe. Si le changement d’ingénieur du son constituait également une bonne initiative, il ne permet pas non plus le détachement attendu de l’album en regard de ses prédécesseurs, perdant même une partie de la puissance de Bloodthirst, fort bien capturée par Colin Richardson.

Sans livrer ses titres parmi les plus mémorables et les plus meurtriers, et commençant parallèlement à entrer dans une certaine routine, Cannibal Corpse signe un Gore Obssessed convaincant, à défaut de transcender. Néanmoins, le groupe de Webster possède une maîtrise et une technique toujours aussi irréprochables, ainsi qu’une identité à toute épreuve, constituant un gage de qualité indéniable, mais rivalisant difficilement aux attaques triomphantes d’Hate Eternal, Nile, Origin & Immolation, qui bombardent à coups de Kings of all Kings, Darkened Shrines, Informis Infinitas & Unholy Cult particulièrement déboulonnants, en cette terrible année 2002.

Fabien.

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22 décembre 2008

Cannibal Corpse : Bloodthirst

Cannibal Corpse : BloodthirstOctobre 1999 annonce le retour des fracassants Cannibal Corpse pour leur septième mouture, soit seulement un an et demi après la sortie de Gallery of Suicide ; ce laps de temps relativement court s’explique surtout grâce à la présence de trois compositeurs en son sein, dont le stakhanoviste Webster, qui signe une nouvelle fois la bonne moitié des morceaux. L’habituelle double illustration de Vince Locke, version censurée et non censurée, annonce le ton brutal de ce nouvel opus ; l’impression est confirmée dès les premiers titres, puisque les américains proposent immuablement une déferlante de morceaux à la fois techniques et rentre dedans, sur un martèlement rythmique sans faille.

Reprenant la brutalité de Vile et la finesse de Gallery, les titres alternent avec grande aisance passages rapides et entrainants, à l’image de l’excellent Pounded Into Dust, à d’autres plus alambiqués comme le très poétique Coffinfeeder. Petit changement cette fois au niveau de l’ingénieur du son, puisque les habituels S.Burns et J.Morris sont remplacés par Colin Richardson, qui choisit avant tout de mettre l’accent sur les guitares, les dotant d’un son particulièrement lourd et tranchant.

Enfin, côté chant, George Fisher, l’arme ultime de Cannibal Corpse, est toujours aussi puissant, débitant un flot de paroles (toutes aussi gores les unes que les autres) plutôt impressionnant.Mariage réussi de Vile et Gallery of Suicide, Bloodthirst n’apporte néanmoins rien de particulier dans la carrière du groupe ; l’album reste tout de même en tout point remarquable, notamment dans cette facilité à multiplier les contretemps au sein d’un titre, le rendant toujours très captivant.

Ainsi, grâce à la régularité de sortie de ses albums, mais aussi à leur qualité toujours constante, Cannibal Corpse reste invariablement au dessus du lot. De ce fait, malgré la période de flottement du death métal dans la seconde partie des années 90, le groupe tire chaque fois son épingle du jeu, se hissant parmi les formations sur lesquelles le deathster peut aveuglement se fier.

Fabien.

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10 juillet 2007

Cannibal Corpse : Gallery of Suicide

Cannibal Corpse : Gallery of SuicideRetour en avril 1998, deux ans après Vile, pour le 6ème assaut des cadavres cannibales. Le groupe garde son dessinateur attitré, mais change par contre d’ingénieur du son, l’album étant enregistré sous la houlette de Jim Morris. Gallery of Suicide marque également le départ du guitariste Rob Barrett, reparti chez Malevolent Creation, et remplacé au pied levé par Pat O’Brien, encore inconnu dans le circuit death metal.

Gallery of Suicide est différent de Vile dans son approche, présentant pas moins de 14 morceaux d’une coloration death métallique de tout instant, mais dégageant une ambiance souvent plus fine, quasi surprenante de la part de Cannibal Corpse. Il reste bien sûr de nombreux titres courts et expéditifs comme le laminant I Will Kill You, mais s’opposant désormais à d’autres plus posés, à l’image des remarquables Gallery of Suicide, Headless ou Every Bones Broken, montrant une facette du groupe encore inexploitée et ô combien délectable. L’illustration de Vince Locke, une galerie aux suicides très inquiétante, contribue également à cette atmosphère pesante, développée pendant les 45 minutes de l’album.

De plus, la venue de Pat O’Brien apporte beaucoup de sang frais au quintette américain. Ce dernier possède un jeu différent de celui de Rob Barrett, mais tout aussi technique, et s’offre de surcroît le luxe de composer trois titres excellents, avec sa touche toute particulière, à l’image de son redoutable instrumental From Skin To Liquid. Enfin, le choix de Jim Morris s’avère particulièrement judicieux, l’ingénieur du son apportant un travail différent, posé et pourtant terriblement puissant.

Cannibal Corpse sort ainsi un Gallery of Suicide original dans sa discographie, et vraiment fabuleux, lui permettant de se renouveler brillamment et de conserver l’attention de ses fans. Le deathmetal sortant tout juste d’une période de flottement à cette époque, le quintette floridien force d’autant plus le respect, rappelant haut et fort aux côtés de Nile, Morbid Angel et Incantation, combien le genre est encore bel et bien vivant en cette année 1998.

Fabien.

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31 mars 2007

Cannibal Corpse : Vile

Cannibal Corpse : VileDeux années exactement après le très bon The Bleeding, la bande d’Alex Webster sort son cinquième méfait en ce mois d’avril 1996, le bien nommé Vile. L’album annonce le départ de l’emblématique Chris Barnes, qui se consacre désormais à plein temps au sein de son projet Six Feet Under, aux côtés de Terry Butler (ex-Death) & Allan West (ex-Obiturary). Cette fois-ci, Metal Blade sort deux versions du disque, dont une ne contenant pas même l’habituelle illustration complète de Vince Locke à l’intérieur, bien que son dessin, brutal sans être choquant, ne justifie aucune censure particulière (marketing, quand tu nous tiens).

Décidant de faire peau neuve, à l’image de son logo redessiné et moins brouillon, Cannibal Corpse effectue un nouveau pas en avant tant au niveau des compositions, du chant, que de la production de son nouvel album. Vile est en effet varié, mais aussi plus aéré, écrit par trois membres apportant chacun leur lot d’idées, se complétant à la perfection. Les contretemps et l’efficacité des morceaux de Webster s’opposent ainsi aux titres techniques de Barrett et à ceux plus alambiqués d’Owen, à l’image de leurs morceaux respectifs Barbed Wire, Absolute Hatred ou Eaten From Inside, terriblement percutants. Enfin, le nouveau growler Georges Fisher, transfuge de Monstrosity, dynamise parfaitement l’ensemble, grâce à son coffre phénoménal, qui lui permet de dégager une puissance considérable et de passer aisément d’un guttural pur & compréhensible à des cris arrachés.

Vile bénéficie en outre d’une excellente production, comptant parmi les enregistrements les plus incisifs de Scott Burns, aux côtés de ses efforts sur World Downfall ou Pierced From Within (Suffocation, Terrorizer). Gagnant ainsi en énergie, grâce à un son clair et profond, Cannibal Corpse frappe dès lors avec une précision impitoyable, lui permettant de lâcher quelques Perverse Suffering ou Disfigured absolument imparables.

D’une technique, d’un équilibre et d’une puissance impressionnantes, Vile s’inscrit parmi les réalisations décisives de Cannibal Corpse, lui permettant non seulement de franchir un cap, mais aussi de traverser la période fade du death metal sans aucun problème, alors que nombre de ses confrères s’embourbent lentement au fil des années. Scindant l’histoire du groupe en deux périodes, l’ère suffocante de Chris Barnes et celle terrassante de Georges Fisher, Vile est un album clé du redoutable gang floridien, nouveau pied de nez face aux nombreux détracteurs, qui ne voyaient en Cannibal Corpse qu’un simple groupe sans espérance.

Fabien.

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Cannibal Corpse : The Bleeding

Cannibal Corpse : The BleedingRompant avec l’habitude de sortir un album à la fin de chaque été, Cannibal Corpse ne revient cette fois qu’en avril 1994, soit un an et demi après la sortie du redoutable Tomb of the Mutilated. A première vue, le groupe floridien n’affiche pas de changement notable, renouvelant le choix de Scott Burns, ingénieur du son des Morrisound Studios, et de Vince Locke, son dessinateur attitré. En revanche, suite au clash rencontré lors des précédentes sessions d’enregistrements, Bob Rusay quitte le groupe et plus généralement le milieu musical, remplacé au pied levé par le talentueux Rob Barrett, déjà remarqué pour sa précision rythmique chez Solstice et Malevolent Creation.

Toujours fidèle au concept basé sur les paroles outrancières de Chris Barnes, à l’image des effroyables Fucked With A Knife et Stripped, Raped & Strangled, Cannibal Corpse aère toutefois sensiblement son style deathmetal, lâchant des morceaux à l’atmosphère moins étouffante et plus rentre-dedans. Le jeu clair et précis de Rob Barrett, complément idéal à l’incision rythmique de Jack Owen, permet ainsi le largage d’ogives particulièrement meurtrières, tel Pulverized, Force Fed, ou encore de le titre éponyme aux cascades de riffs particulièrement renversantes en son début.

L’enregistrement plus cristallin de Scott Burns, dotant les guitares d’un son massif et tranchant, permet également au groupe de franchir un nouveau palier dans sa carrière. La force de Cannibal Corpse, outre la régularité de ses albums et la qualité constante de ces compositions, réside aussi dans l’injection fine et successive d’éléments nouveaux, lui évitant un fâcheux surplace. Enfin, plus clean qu’à l’accoutumée, le dessin de Vince Locke illustre idéalement ce nouvel effort du quinquet floridien, ne justifiant guère son basculement à l’intérieur du livret pour cause de censure, excepté pour des raisons purement marketing.

Nouveau palier dans la brillante aventure de Cannibal Corpse, The Bleeding montre le groupe possédant une réelle capacité d’amélioration et d’évolution, sans trahir l’essence même de son style, tel un véritable pied-de-nez face aux détracteurs qui dénonçaient un groupe prisonnier de son deathmetal suffocant à l’extrême. Ce nouvel effort clôt ainsi l’ère Chris Barnes de fort belle manière et s’impose imparablement aux nombreux fans de la bande d’Alex Webster.

Fabien.

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Cannibal Corpse : Tomb of the Mutilated

Cannibal Corpse : Tomb of the MutilatedJuste un an après la sortie de Butchered at Birth, Cannibal Corpse revient en septembre 1992 avec son troisième enregistrement, le terrible Tomb of the Mutilated. Le groupe floridien conserve ainsi sa recette explosive, faite d’une production épaisse de Scott Burns et d’une illustration horrifiante de Vince Locke, qui livre cette fois deux dessins, le doux à l’extérieur et l’insoutenable à l’intérieur, mélangeant affreusement sexe et gore.

Une nouvelle fois, les paroles sont absentes du livret dans sa version d’origine, mais s’avèrent purement dispensables pour la compréhension de l’esprit tourmenté de Chris Barnes, à l’image des titres effrayants I Cum Blood, Necropedophile ou Post Mortal Ejaculation, particulièrement évocateurs.

Musicalement, Cannibal Corpse effectue un nouveau pas en avant, calant désormais parfaitement ses rythmiques assassines et suffocantes, fort d’une expérience acquise durant les nombreuses tournées accumulées. Décidé à obtenir un riffing plus serré, afin de rendre ses morceaux plus homogènes et percutants, le groupe, d’un commun accord avec son ingénieur du son, laisse la capture de toutes les guitares rythmiques aux bons soins du redoutable Jack Owen. Ce choix précipite toutefois le départ du second guitariste Bob Rusay peu après les sessions d’enregistrement de Tomb of the Mutilated, dans des circonstances restant encore nébuleuses à ce jour.

Gagnant en puissance, technique, précision et variété, rempli de contre temps rythmiques si chers à Cannibal Corpse, et agrémenté des parties de basses si rapides et complexes du grand Alex Webster, Tomb of the Mutilated s’avère fichtrement brutal et percutant. Grâce à un style toujours aussi massif, mais parallèlement plus aéré et entraînant, le quinquet floridien lâche ainsi des morceaux parmi les plus mémorables de sa première partie de carrière, assommant le deathster sur les imparables Addicted To Vaginal Skin & Beyond the Cemetery, et déplaçant littéralement les foules en concert par la seule force du classique Hammer Smashed Face, au refrain inoubliable.

Tomb of the Mutilated constitue un sacré effort de Cannibal Corpse, qui s’affirme ainsi dans la durée, à grands renforts de prestations scéniques, mais également grâce à des albums de qualité toujours accrue. Attendu que les trois premiers disques n’ont eu le droit ni d’être vendus, ni d’être joués dans les contrées germaniques durant de longues années, on s’accorde à croire que les allemands ont été décidément bien à plaindre !

Fabien.

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