Altars of Fab' Death

Celtic Frost : Emperor’s Return

Celtic Frost : Emperor's Return

Connu en Europe sur forme d’un mini-LP cinq titres, Emperor’s Return (et sa superbe illustration de Phil Lawrence) est en fait le résultat de la seconde session d’enregistrement de Celtic Frost, durant laquelle le groupe ne capture que trois nouveaux morceaux lors de quatre journées d’avril 1985, Circle of the Tyrants, Visual Aggression et Suicidal Winds. Les deux autres pistes qui appartiennent en fait aux premières sessions d’octobre 1984, ont été arbitrairement évincées de l’édition européenne de Morbid Tales pour être prévues sur le disque promotionnel Metal Attack Volume I, avant d’être finalement juxtaposées aux trois pistes de ce nouvel EP paru en été 1985. Entre ces deux sessions, Tom G.Warrior et Martin E.Ain ont trouvé le batteur idéal en la personne de Reed St Mark, formant ce que beaucoup considèrent comme le line-up culte de Celtic Frost.

Si Visual Aggression est encore assez proche de Morbid Tales, album au blackthrash unidimensionnel mais si entrainant et tellement saisissant, Suicidal Winds montre déjà un Celtic Frost plus sophistiqué, se rapprochant du style qu’il développera à la perfection sur l’immense To Mega Therion, enregistré en septembre 1985 et paru à quelques petites semaines d’intervalle d’Emperor’s Return. Mais le point culminant de cette courte session de 13 minutes se nomme sans conteste Circle of the Tyrants, à la première partie rapide, farcie de riffs imparables, succédant à une suite axée sur la lourdeur des rythmiques et la rondeur du riffing, titre si bon et si invincible que notre trio ne pourra s’empêcher de proposer une version légèrement remaniée sur To Mega Therion. Simple EP de transition, calibré en Europe sous forme de mini-LP par l’adjonction des deux morceaux amputés de Morbid Tales, Emperor’s Return reste tout aussi indispensable que les deux chefs d’œuvre qui l’entourent, représentant l’âge d’or de Celtic Frost pour tous les blackthrashers.

Fabien.

> - Les commentaires -, Celtic Frost — fabien @ 15:58

10 avril 2013

Celtic Frost : Morbid Tales

Celtic Frost : Morbid TalesPeu après la sortie de mini-LP Apocalyptic Raids en mars 1984 pour le compte du fameux label allemand Noise Records de Karl Walterbach, le groupe suisse Hellhammer se métamorphose en Celtic Frost, toujours guidé par l’esprit obscur de Tom Warrior et Martin Ain. Aidés du batteur Stephen Priestly pour les sessions, les deux acolytes se dirigent très vite en studio pour la mise en boite de leur premier album Morbid Tales, articulé autour de huit morceaux sans compter le court titre en introduction.

Si le format est respecté aux Etats-Unis, Karl Walterbach ayant souvent eu des décisions dictatoriales (Deathrow et Coroner s’en souviennent) décide toutefois d’amputer l’œuvre de deux titres contre la volonté du groupe afin de commercialiser un mini-LP. Le titre éponyme et le terrible Dethroned Emperor font alors les frais de ce tranchage arbitraire pour être flanqués au départ sur le disque promotionnel Metal Attack Volume I, avant d’être finalement juxtaposés aux trois nouveaux morceaux enregistrés par le groupe en tout début d’année suivante, formant le second mini-LP Emperor’s Return. En respectant l’histoire, Morbid Tales est donc chroniqué en tant que premier album à part entière de l’entité diabolique Celtic Frost.

Croisement entre les corpse-paints de Kiss en une version morbide et l’attitude délibérément satanique de Venom, Celtic Frost façonne dans la lignée du défunt Hellhammer une nouvelle image dans le monde du metal, adoptée quelques années plus tard par nombre de formations blackmetal. Sa musique est autant d’avant garde, sous influence notoire de l’infernal Show No Mercy de Slayer et de l’hybride Black Metal de Venom, lâchant une forme de thrashmetal plus rapide sur les vocaux de Tom Gabriel Warrior, ni chantés ni hurlés, mais profonds et rocailleux, annonçant les prémices des voix gutturales développées quelques années plus tard.

Les morceaux sont globalement articulées sur des structures simples mais absolument implacables, comportant ce côté unidimensionnel mais diablement efficace, à l’image du rythme impitoyable d’Into The Crypts Of Rays ou encore du titre éponyme aux riffing tout aussi assommant. Parallèlement, au détour de breaks ou de titres d’une lourdeur toute particulière, pour citer les imparables Procreation of the Wicked et Dethroned Emperor, Celtic Frost ralentit souvent la cadence et installe une atmosphère diablement profonde, repartant alors de plus belle et terrassant définitivement le métalleux, qui en 1984/85 n’a encore guère entendu pareille assaut sonore.

Autant par son image sombre et occulte que par la force de sa musique, Celtic Frost s’impose ainsi directement en véritable visionnaire, initiant nombre de jeunes formations thrashmetal, ainsi que tous les futurs groupes de deathmetal et blackmetal, qui se revendiqueront haut et fort de l’école Celtic Frost, pour citer Obituary durant la seconde parties des eighties ou encore Darkthrone quelques années plus tard. Incontournable au même titre que son invincible successeur, Morbid Tales connaît notamment une seconde jeunesse grâce à la réédition remasterisée de Noise en 1999, lui rendant surtout et enfin son format LP d’origine.

Fabien.

> - Les chroniques -, Celtic Frost — admin @ 2:00

7 mai 2007