Cemetary : An Evil Shade of Grey
Cemetary se forme en 1989 autour de son meneur Matthias Lodmalm, pratiquant à ses débuts un death metal typiquement scandinave. En même temps que Fleshcrawl, Seance et Necrosanct, le quatuor suédois rejoint l’écurie Black Mark, qui l’envoie alors en février 1992 aux incontournables Sunlight Studios, se concluant par la sortie d’An Evil Shade of Grey en juillet de cette même année.
Avec son illustration de Christian Wahlin (alias Necrolord) et son enregistrement de Tomas Skogsberg, An Evil Shade possède un accent death suédois évident, dégageant le son froid particulier de Left Hand Path & Dark Recollection (Entombed, Carnage). Toutefois, Cemetary développe parallèlement une atmosphère sombre et mélancolique, lui conférant un côté dark judicieux, dans l’esprit du grand Soulside Journey (Darkthrone).
En effet, malgré quelques moments rapides et parfois blastés, comme sur le nerveux Scars, le ton d’An Evil Shade of Grey est résolument sage et middle tempo. Contrastant avec la guitare rythmique lourde de Christian Saarinen et la voix gutturale de Matthias Lodmalm, la guitare mélodique du leader apporte une certaine sensibilité, brillamment renforcée par l’apport parcimonieux de passages acoustiques et de nappes de claviers, à l’image des subtils Dead Red & Souldrain.
Unique album death metal de la discographie de Cemetary, An Evil Shade of Grey cumule hélas les stéréotypes, le confinant inévitablement dans l’ombre de ses aînés, et l’empêchant dès lors de s’imposer. Pourtant, au-delà de son death conventionnel, ses reflets dark et son mélange fin de brutalité et de mélancolie lui apportent une nuance remarquable. L’excellent Nightmare Lake, le titre le plus intense de l’album, équilibrant admirablement les éléments death & dark, en est le parfait exemple, et préfigure déjà la future orientation gothic doom de Cemetary.
Fabien.