Altars of Fab' Death

Cerebral Fix : Life Sucks and Then You Die

Cerebral Fix : Life Sucks and Then You DieFondé en 1986 à Birmingham autour de Tony Warburton, Gregg Fellows et Simon Forrest, Cerebral Fix est un des nombreux groupes metal formés par des musiciens issus de la scène punk british, à l’instar d’Onslaught, Sacrilege, Anihilated, Metal Messiah ou Xyster. Sa seconde demo-tape Product of Disgust attire l’attention du label Vinyl Solution, signant cette même année les deathsters de Bolt Thrower. Tout comme son confrère de Coventry, le quintet se dirige aux Loco Studios pour la mise en boite de son premier album, également mis en image par Paul McHale et distribué uniquement en vinyle par le fameux label londonien.

A l’image de la couverture de Life Sucks and Then You Die, Cerebral Fix ne se prend pas tout à fait au sérieux et possède encore à cette époque un bon pied dans le british-hardcore, bien qu’il ait déjà cette volonté de métalliser le tout, à l’image de ses plans de batterie chargés, de son assise à deux guitares lourdes de distorsion, et des vocaux de Simon uniques et rocailleux. Si l’enregistrement reste modeste et les compositions principalement courtes & directes dans un bon esprit HC, notre groupe montre déjà une réelle capacité à structurer ses morceaux et à tendre plus particulièrement vers un thrash teigneux sur plusieurs morceaux, à l’image de l’intense Warstorm, quatre minutes où la bande alterne rythmes tapageurs et passages plombés, trouve les riffs & refrains accrocheurs, déchire sur quelques palm-muting serrés aux guitares, et définit déjà l’orientation metal franchement adoptée dès son second album.

Certes imparfait, Life Sucks and Then You Die reçoit une bonne & juste critique à l’époque, permettant à Cerebral Fix d’intégrer le team Roadrunner en 1990. Si Vinyl Solution a rapidement réédité en CD les premiers LP’s de Cancer et Bolt Thrower devant leur succès, on se demande bien pourquoi le label a délaissé ce bon Life Sucks, dont il n’existe à ce jour que le premier pressage vinyle. On s’étonne encore plus de sa réaction en 2007, lors du refus de licence à Metal Mind, à l’occasion de la réédition de la discographie sous forme de coffret, Life Sucks ayant alors été remplacé par les premières démos et rehearsals.

Fabien.

> - Les commentaires -, Cerebral Fix — admin @ 18:16

24 avril 2013

Cerebral Fix : Bastards

Cerebral Fix : BastardsSacrée sortie de Roadrunner à la rentrée 1990, Tower of Spite n’avait pas forcément connu un succès retentissant, tout comme le terrible Swallowed in Black de Sadus, la faute aux poulains purement deathmetal du label comme Deicide, Obituary ou Pestilence, centres de nombreux regards en ce début de décennie. En 1991, l’écurie américano-néerlandaise continue d’ailleurs de surfer sur cette vague extrême en signant Malevolent Creation, Immolation, Suffocation ou Gorguts, tout en conservant en milieu de catalogue notre groupe anglais, qui peine à se tailler une place équivalente. Au sein même de la formation, on constate peu de changements puisque seul Andy Whale (l’ancien batteur de l’incontournable Sacrilege) quitte le navire, remplacé au pied levé par Kevin Frost qui participe aux sessions du nouvel album, puissamment enregistré par Paul Johnson venant de clore la capture de The Grand Leveller de Benediction.

Si ce troisième effort baptisé Bastards se situe globalement dans la lignée de son prédécesseur, Cerebral Fix nous lâchant ce thrashmetal toujours aussi solide sur la voix rocailleuse de Simon Forest, il perd en revanche la teinte deathmetal de son ainé au profit d’une couleur hardcore retrouvée. On peut ainsi davantage y déceler ces bonnes vieilles racines punk britanniques ressurgies du passé, en témoignent un ton plus revendicateur à l’image du titre éponyme en ouverture, ou encore de No Survivors et Smash It Up, reprises furieuses de GBH et The Damned en clôture d’album.

A l’image du génial Injected Out du précédent disque, Cerebral Fix reste particulièrement mordant sur ses nouveaux titres les plus rapides, et bouscule ainsi le temps d’un Veils of Tears très entrainant et d’un Sphereborn sacrément puissant, se hissant parmi ses plus beaux efforts. En revanche, le quintet de Birmingham ne retrouve pas forcément la même force du riff sur ses titres à dominante middle tempo, pour citer par exemple Beyond Jerusalem ou Return to Infinity, de bonnes compositions bien ficelées mais sans commune mesure avec l’intensité d’un Culte des Mortes ou la saveur d’un Quest for Midian, deux sacrées pièces du génial Tower of Spite, que la bande de Simon Forest, Tony Walburton et Gregg Fellows peine décidément à faire oublier.

Bénéficiant d’une production irréprochable de Paul Johnson aux Rhythm Studios, qui multipliera les bons enregistrements pour citer ses collaborations avec Benediction, Vader ou Cadaver, Bastards succède toutefois difficilement au génial Tower of Spite. Sans globalement retrouver une intensité équivalente, Cerebral Fix revient tout de même avec un album de bien bonne facture, bon compromis entre l’agressivité du thrashmetal et l’urgence du hardcore, mais évoluant malheureusement sans grand soutien de son label, qui a déjà les yeux rivés ailleurs et quasiment conduit le quintet vers la porte de sortie, une vilaine habitude chez Roadrunner.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cerebral Fix — admin @ 23:09

16 février 2012

Cerebral Fix : Tower of spite

Cerebral Fix : Tower of spiteAprès un premier album remarqué, Life Sucks, sorti uniquement en LP chez Vinyl Solution, Cerebral Fix signe alors chez l’écurie Roadrunner, qui multiplie les signatures thrash / death à cette époque, tel que Deicide, Exhorder ou encore Sadus. Le contrat se concrétise dès lors par la sortie de Tower of spite à l’automne 1990, qui montre le visage d’un Cerebral Fix désormais plus sérieux. En deux ans, le thrash metal des britanniques a en effet considérablement évolué, délaissant ses accents hardcore/punk, au profit d’un son lourd et d’une ambiance assez sombre, se rapprochant des contrées death metal.

Tower of spite épure ainsi les parties tapageuses et approximatives de Life Sucks, proposant dès lors des titres massifs, mis en valeur par la batterie d’Andrew Barker, terriblement précise, et par les guitares du couple Warburton / Fellows, aux riffs puissants et implacables. Enfin, Simon Forrest, avec sa voix inimitable, écorchée sans être gutturale, apporte à l’ensemble cette coloration thrash assez marquée.

Tout en conservant une grande homogénéité, Tower of spite alterne brillamment morceaux mid tempo, à l’image de Quest For Midian et de son solo magnifique, à d’autres bien balancés, comme les entraînants Injecting Out et Closing Irony (excellente reprise des thrash/doomeurs de Sacrilege (UK)). L’apogée de l’album est alors atteinte avec Culte Des Mortes, l’un des joyaux du thrash metal, aux riffs lourds et particulièrement tranchants. Tower of spite bénéficie de plus d’une très bonne production signée Paul Johnson aux rhythm studios, avec un couple basse/batterie et des guitares dotés d’un son épais, mais aussi particulièrement clair.

Passerelle entre le thrash et le death, à l’instar des grands Beneath The Remains et Swallowed In Black, Tower of spite propose des morceaux très soignés, possédant de surcroît beaucoup de mordant. Malheureusement, l’album passe relativement inaperçu à l’époque, flanqué d’une promotion Roadrunner très contestable. Sa qualité intrinsèque en fait pourtant une pièce en tout point remarquable, à conseiller à tout deaththrasher qui se respecte.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cerebral Fix — admin @ 2:00

4 septembre 2007