Altars of Fab' Death

Ceremony (NL) : Tyranny from Above

Ceremony (NL) : Tyranny from AboveFondateur de Sinister, principal compositeur des premiers morceaux du groupe et de la quasi-intégralité de Cross the Styx, l’un des disques deathmetal les plus fracassants exportés de Hollande, Ron van de Polder quitte contre toute attente ses collègues après la sortie du culte premier album en 1992. On peut alors se demander quelle mouche a piqué le guitariste & leader pour qu’il se sépare de son bébé et se retrouve dès l’année suivante simple bassiste & exécutant au sein du groupe voisin deathmetal Ceremony, évoluant dans l’exacte lignée et dans l’ombre du premier.

Formé en 1989, Ceremony est articulé autour des guitaristes Johan van de Slujis et Peter Verhoef, les deux têtes pensantes de la formation, ainsi que du batteur Patrick van Gelder et du growler Micha Verboom. A la suite de l’EP Inclemency paru en 1992, le groupe recrute alors Ron à la basse et signe parallèlement un contrat avec la jeune écurie nationale Cyber Music, ayant fraichement accueilli les deathsters de Transgressor et de Dissect dans ses rangs.

Enregistré en été 1993 dans un studio local sans renommé particulière, le début-album de Ceremony baptisé Tyranny from Above sort justement quelques mois après le second disque de Sinister, qui s’est quant à lui trouvé un remplaçant de choix en la personne de Bart van Wallenburg. Le rapprochement entre les deux formations est d’ailleurs frappant, autant dans l’articulation des morceaux, la façon d’aborder les riffs, que dans les growls relativement similaires des deux frontmen.

Toutefois, si le premier bombarde à coups de riffs brise-nuque et avec une précision de métronome, soutenu par un growler d’exception, Ceremony peine quant à lui à aligner les mêmes atouts. Les nombreuses parties rapides de Tyranny from Above trahissent une mise en place parfois laborieuse, à l’image du morceau d’ouverture Inner Demon qui peine à trouver ses marques. Le quintette devient en revanche plus incisif lorsqu’il ralentit la cadence, alignant alors les bons titres comme Solitary World et son passage central d’une efficacité notoire, When Tears are Falling à l’équilibre certain, ou encore Humanity aux riffs relativement acérés.

Malgré un côté parfois un peu brouillon, Tyranny from Above reste globalement un album honnête, dans la pure tradition des ogives deathmetal larguées depuis la Hollande durant les années 90’s. Le disque souffre en revanche d’une comparaison inévitable et douloureuse avec les premières oeuvres de Sinister, d’une efficacité, d’une influence et d’une incision bien supérieures, faut-il l’avouer. Ceci confine directement Ceremony dans l’ombre de son ainé, le groupe se séparant d’ailleurs dès l’année 1994 dans l’indifférence quasi-générale.

Fabien.

> - Les chroniques -, Ceremony — admin @ 1:01

25 février 2011