Altars of Fab' Death

Crematory (SWE) : Denial

Crematory (SWE) : DenialL’histoire de Crematory débute en Suède au printemps 1989, dans la banlieue de Stockholm, autour du batteur Matte Nordrup et du bassiste Johan Hanson. Rapidement, le line up se stabilise avec l’intégration de Stefan Harrvik au chant et Urban Skytt à la guitare. Ce dernier débarque avec un accordage particulièrement bas, apportant ce côté si écrasant qui démarque le groupe de ses homonymes de l’époque, tels Nihilist, Carnage ou Therion. Entre les rythmes souvent tapageurs de Matte, les cordes détendues de Johan & Urban, et le guttural gras de Stefan (non sans rappeler l’hémoglobine vocale de Bill Steer sur le culte Symphonies of Sickness), Crematory lâche un grinding deathmetal gras, terriblement lourd, immortalisé sur ses démos The Exordium et Wrath from the Unknown entre 1989 & 1991.

Fort de nombreuses prestations scéniques en compagnie d’Entombed, Xysma ou Dismember, Crematory décroche un contrat avec la jeune écurie allemande MBR Records (Grave, Malediction), débouchant sur l’enregistrement du mini-LP Denial en octobre 1991 aux Montezuma Studios (Agressor, Edge of Sanity). Les sessions se passent toutefois assez mal, puisque l’accordage si bas de Crematory transforme rapidement la capture des morceaux en une vaste bouillie sonore. De guerre lasse, le quatuor décide de tendre un peu plus les cordes de ses instruments afin d’en finir avec l’enregistrement du mini LP.

Baptisé Denial, commercialisé avec une superbe illustration d’Urban Skytt himself, le mini album ne satisfait donc qu’à moitié les membres de Crematory, reprochant un son trop clair à leur goût, jurant avec la lourdeur de leurs précédentes démos. La différence est en effet palpable sur Chunks of Flesh et Unconsecrated Ground, deux titres figurant initialement sur ces maquettes, se trouvant pour le coup sensiblement transformés.

Pourtant, à mon humble avis, cet enregistrement reste le meilleur de la formation scandinave. Le gain de clarté apporte en effet une puissance et une incision accrue aux compositions de Crematory, moins brouillonnes, sans pour autant perdre ni leur lourdeur ni leur sauvagerie originelles, à l’image des riffs fracassants d’Into Celephais (au parfum Harmony Corruption délectable), des grinding parts renversantes de l’indispensable titre éponyme, ou du guttural effrayant de Stefan Harrvik.

De retour à son accordage habituel, Crematory projette l’enregistrement d’un album complet pour le compte de son label MBR, mettant en boite une dernière maquette fin 1992 (Netherworlds of the Mind), dans des conditions de nouveau difficiles. Toutefois, le départ de Stefan, l’investissement croissant de Matte au sein de General Surgery ainsi que celui de Johan & Urban chez Regurgitate, auront raison de Crematory, qui disparait en 1993 sans graver le moindre album complet. Le quatuor laisse toutefois un Denial remarquable, sauvage et caverneux, aux empreintes deathmetal suédoises si délicieuses et emblématiques de son époque. La récente réédition du mini album chez Necroharmonic Productions (accompagné des trois démos) devrait enchanter les deathsters ayant loupé cet épisode mémorable du début des nineties.

Fabien.

> - Les chroniques -, Crematory (swe) — admin @ 2:00

16 octobre 2009