Altars of Fab’ Death

Crusher (FRA) : Undermine

Crusher (FRA) : UndermineDésireux de conserver l’intérêt porté à Loudblast & Crusher, Semetary records propose à ses deux poulains de sortir une nouvelle réalisation pour l’automne 1993. Comme le matériel est insuffisant, les groupes optent alors pour des formats mini-CD, se dénommant respectivement Cross The Threshold et Undermine. Si Loudblast propose deux inédits et une reprise de Slayer (Mantatory Suicide), Crusher offre quant à lui pas moins de 6 nouveautés, complétées par une très bonne reprise de Discharge (Hell On Earth), le tout agrémenté une fois encore d’une excellente pochette dépliante d’Adrien Besançon.

Délaissant les parties Grind de Corporal Punishment, Crusher oriente sa musique vers un deathcore ultra nerveux, développant un côté groove désormais incontestable, mais toujours empreint de cette coloration très Napalm Death. Côté production, c’est Colin Richardson en personne qui se colle derrière les manettes, apportant au groupe une lourdeur et une puissance de feu incroyable.

Dès le premier titre, le redoutable Storm Brewing, l’un des meilleurs titres de death metal jamais enregistré, Crusher balaie tout sur son passage, tel un World Downfall de Terrorizer ; son riff d’entrée écrase par sa puissance, tandis que son final hyper lourd assomme définitivement l’auditeur. Par la suite, les titres sont certes moins marquants, mais possèdent tous ce côté speed et cette rage indéfinissables. Enfin, la galette se termine par un nouveau brûlot, le fatal Man Submits, un morceau d’une teigne formidable, rappelant les meilleurs titres de Napalm Death.

Avec des titres d’une telle force, Crusher enfonce ainsi littéralement le clou, étant d’ailleurs proclamé par Mark Greenway lui-même (ND pour les incultes), comme le meilleur groupe death metal du moment. Proposant un deathcore ultra énergique et promis à un très bel avenir, le groupe disparaît pourtant du circuit, laissant tout de même derrière lui, quelques témoignages essentiels de la scène death metal hexagonale du débuts des années 90.

Fabien.

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January 1, 1993

Crusher (FRA) : Corporal Punishment

Crusher (FRA) : Corporal PunishmentFrayeurs se forme en 1987 dans la région de Mulhouse, et sort deux démos, Frayeurs Or Die & Collective Hypnosis, respectivement en 1989 & 1991. Après une participation remarquée aux côtés de Loudblast sur la compilation Total Virulence en 1991 (première compile du death/thrash français !), le groupe change son patronyme en Crusher, et atterrit finalement sur le petit label Semetary, qui possède depuis peu Loudblast & No Return dans son catalogue.

La musique de Crusher se situe à l’époque dans un registre death / grind lourd et brutal, dégageant un groove affirmé, mais dévoilant par contre une influence Napalm Death trop marquée ; à la sortie de Corporal Punishment fin 1992, le groupe avoue d’ailleurs avoir viré beaucoup de plans sonnant trop Napalm. Mais, la grande force de Crusher réside avant tout dans le charisme et le chant de Crass, qui possède une voix à la fois gutturale & teigneuse, écrivant de plus des paroles directes, sur des sujets de société, permettant au groupe d’afficher une identité très forte.

Le niveau technique de Corporal Punishement est très bon, grâce à la puissance et à la précision rythmique de Charly derrière les fûts, mais aussi à la dextérité de P.Thomas & P.Goldbach aux guitares. La production signée Mando Ferreira est également réussie, dotant le couple basse/batterie d’un son très ample, et les guitares d’une lourdeur impressionnante.

Avec de tels ingrédients, l’album contient ainsi de grands moments, à l’image de l’intro lourde et entraînante du titre éponyme C.Punishment, ou encore du refrain accrocheur du redoutable Adventure For Sale. Mais malgré tout, beaucoup de riffs se ressemblent, conférant au final une certaine linéarité à l’ensemble.

Ainsi, sortant un Corporal Punishment puissant et nerveux, et possédant un potentiel et une personnalité indéniables, Crusher connaît dès lors un succès mérité sur le territoire hexagonal. Par contre, le groupe parvient difficilement à s’exporter, faute à sa musique encore trop conventionnelle, mais aussi à la petite taille de son label.

Fabien.

> - Les chroniques -, Crusher — admin @ 3:30 pm

January 1, 1992