Altars of Fab' Death

Crypt Of Kerberos : World of Myths

Crypt Of Kerberos : World of MythsMacrodex se forme dès 1989 en Suède, autour de Christian Eriksson, Peter Petersson et Stefan Kalrsson (vocaux, guitare, basse), lâchant sur ses premières démos un deathmetal particulièrement violent et caverneux, à mi-chemin entre Rottrevore & Autopsy. Durant ses jeunes années, le groupe participe notamment à la compilation culte Projections of a Stained Mind (1991), qui regroupe tout le gratin deathmetal suédois de l’époque (Mayhem en plus), ainsi que des formations diablement prometteuses telles House of Usher ou Nirvana2002 (le fameux groupe d’Orvar Säfström).

Dès la fin d’année 1991, Macrodex décide toutefois de s’orienter vers un deathmetal plus technique et progressif, changeant dès lors son patronyme en Crypt Of Kerberos. L’année suivante, le groupe conclut un contrat avec Christian Bivel et son jeune label Adipocere, qui signe à la même époque des formations scandinaves comme Depravity, Adramelech ou God Forsaken. Le deal débouche sur le vinyle 45 tours Cyclone of Insanity, puis sur l’enregistrement de l’album World of Myths aux Skyline Studios en janvier 1993, incluant notamment les deux titres de ce précédent EP.

A la manière des toulonnais de Catacomb ou de la formation culte floridienne Nocturnus, Crypt Of Kerberos comprend un(e) claviériste à part entière dans son line up, en la personne de Jessica Strandell. L’utilisation du synthétiseur reste judicieusement discrète, renforçant davantage la technique et le côté obscur du deathmetal de Crypt Of Kerberos. Malgré des parties relativement riches et complexes, World of Myths reste en effet un album sombre et brutal dans sa majeure partie, lâchant rythmiques et riffs agressifs, soutenant le guttural gras de Christian Eriksson. Le growler lâche toutefois quelques refrains au chant clair (dont je ne suis pas spécialement fan) sur les titres The Canticle et Dream.

Déjà bluffant sur les bons Stormbringer & The Ancient War, aux atmosphères lourdes et aux soli imparables, World of Myths se révèle d’autant plus convaincant sur ses deux derniers titres. L’instrumental The Sleeping God et le morceau final éponyme, aux ambiances plus éthérées, trouvent en effet le juste équilibre entre lignes de guitares techniques, nappes de claviers envoutantes, et soli planants & poignants du redoutable couple Peter Petersson / Jonas Strandell, permettant ainsi une montée en intensité remarquable.

Brutal, sombre, mais aussi particulièrement novateur, se rapprochant de son homonyme néerlandais Phlebotomized dans cette démarche destinée à emmener le deathmetal vers des sphères plus progressives, Crypt Of Kerberos marque malheureusement peu les esprits à son époque, période dominée par la profusion de groupes et la saturation du marché. World of Myths reste pourtant l’une des productions les plus intéressantes du label Adipocere, possédant une force et une avant-garde qui ne se démentent toujours pas au fil des années.

Fabien.

22 septembre 2009