Altars of Fab' Death

Cryptopsy : None So Vile

Si vous n’avez jamais entendu les bucherons Canadiens à l’oeuvre il est encore temps de réparer l’erreur car voici un album majeur parmi les nombreuses productions de death/grind et ce pour plusieurs raisons.

En premier lieu en 1996, tous les batteurs de death techniques et ultra-rapides que nous connaissons à l’heure actuelle, (Derek Roddy, Georges Kolias, Tony Laureano…), n’ont pas encore fait leur apparition sur la scène death de l’époque, et dans Cryptopsy il y a un marteleur de futs hors du commun nommé Flo Mounier (cousin Québécois d’origine française) qui repousse sur None So Vile les limites de la vitesse supersonique. Ensuite les compositions sont d’ une précision chirurgicale et malgré la vitesse des morceaux tout est calé au millimêtre(et il ne disposait pas de beat detective pour recaler les morceaux à ce moment là!).

Les riffs jaillisent comme des rasoirs qui voudraient nous tailler en pièces, de Crown of horns à Lichmistress on prend en pleine gueule le 38 tonnes Cryptopsy, les solos sont très bien sentis et on trouve même quelques rares passages mélodiques(Phobophile). Lord Worm est au sommet de sa forme et ses passages criards ou en growls sont réellement impressionnants même si un peu plus d’articulation n’aurait pas nuit à la compréhension…

On avait déjà pu voir de quel bois ils se chauffaient avec Blasphemy Made flesh qui était un peu dans la même veine en moins abouti, mais ce premier album avait malheureusement un son plutôt moyen qui ne permettait pas de mettre en valeur tout leur talent, voilà qui est fait avec None So Vile album culte pour tous fans de Cryptopsy : à posséder absolument.

?BG (www.spirit-of-metal.com)

C’est vrai BG. Il y avait peu de galettes death metal qui frappaient autant en 1995, hormis celles de Pierced From Within ou de Black Force Domain (Suffocation, Krisiun), sorties cette même année. Le death était encore à l’époque assez middle tempo dans ses structures. Sans être un très grand fan de Cryptopsy, je trouve None So Vile particulièrement réussi, grâce à son mariage d’une technique et d’une subtilité avec cette force de frappe peu commune et si dévastatrice ! Fabien.

> - Les guests -, Cryptopsy — fabien @ 0:45

24 janvier 2008

Cryptopsy : Blasphemy Made flesh

Cryptopsy : Blasphemy Made fleshFormé en 1988 à Montréal sous le nom de Necrosis, autour de Jon Levasseur et Lord Worm, Cryptopsy adopte son patronyme actuel en 1992. Sa démo Ungentle Exhumation de 1993 lui permet de décrocher un deal avec la petite structure Invasion Records, et de rentrer aux Piranha Studios, pour les sessions de son premier album. Le bien nommé Blasphemy Made flesh est alors commercialisé fin 1994, avec une illustration le mettant admirablement en valeur, loin de la pochette fade de sa réédition.

Balançant un death metal technique entre Suffocation et Cannibal Corpse, Blasphemy Made flesh impressionne par sa brutalité, mais aussi par sa qualité. Sur le jeu de batterie complexe de Flo Mounier, Martin Fergusson livre des parties de basse techniques, rappelant celles de Chris Richards sur Breeding The Spawn (Suffocation), permettant au couple Thibault / Levasseur d’asséner des riffs carrés et incisifs. Enfin, bien que le rythme soit tapageur, Cryptopsy sait judicieusement ralentir la cadence, se calant sur un double pédalage millimétré pour lâcher une rafale de riffs dévastateurs, à l’image des terrassants Defenestration et Abigor.

Lord Worm est également un atout indéniable de Cryptopsy, passant allégrement d’un guttural très pur à un chant très agressif, apportant un dynamisme accru aux compositions de Jon Levasseur. En revanche, bien que la production de Rod Shearer soit relativement claire et équilibre brillamment chaque instrument (notamment la basse), elle manque parallèlement d’un brin de puissance et dote la batterie d’un son assez creux, limitant l’impact du terrible Blasphemy.

Sans se hisser au niveau des maîtres du brutal death, Cryptosy fait ainsi une entrée remarquée sur la scène extrême, grâce à un Blasphemy Made flesh d’un niveau technique et d’une précision remarquables. Péchant certes au niveau de sa production, l’album reste toutefois très accrocheur, à commencer par le redoutable Serial Messiah et ses riffs alambiqués particulièrement tranchants.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cryptopsy — admin @ 2:00

25 octobre 2007