Altars of Fab' Death

Dark Angel : Leave Scars

Suite au terrible Darkness Descends, Dark Angel rentre aux Space Station Studios pour enregistrer Leave Scars. Non moins brutal, ce disque souffre cependant d’une production approximative. Batterie trop marquée, basse à peine audible, l’ensemble est très opaque et manque de relief. Un magma sonore dans lequel on peine à distinguer réellement les instruments.

Petit changement de line-up. Ron Rinehart désormais remplace Don Doty. Les aigus déjantés ont quasiment disparus, faisant place à un timbre tout aussi hargneux, mais plus contrôlé, trop contrôlé même. Bien que son chant soit plus puissant et se pose impeccablement, on ne peut que regretter l’hystérie contagieuse de Don Doty. Le débit lui n’a pas changé, on a toujours l’impression de se prendre une rafale de mitrailleuse dans les gencives.

Musicalement, Dark Angel applique toujours les mêmes recettes, une rapidité d’exécution impressionnante,des accélérations fulgurantes, marquées par des mid tempos aux ambiances extrêmement lourdes, ceci surtout dû à ce jeu de double toujours aussi écrasant de la part de Hoglan, véritable artilleur. Comme sur Darkness Descends, le combo ne fait guère dans le détail et envoie cash le jus avec The Death Of Innocence. L’auditeur est immédiatement déchiquetés par une ribambelle de riffs et concassé sous l’arsenal de Hoglan. Les textes torturés s’inscrivent parfaitement dans cette quête de violence absolue.

Faisant preuve d’une brutalité aveugle tout au long de ce disque, l’ange ténébreux ralentit cependant la cadence à 2 reprises. La première avec Immigrant Song, une reprise de Led Zep’ ne présentant que peu d’intérêt, si ce n’est les aigües dont nous gratifie Rinehart (beaucoup trop rares à mon goût) mais qui réussit tout de même à nous faire joyeusement remuer. La deuxième avec Worms, interlude malsaine faite de guitares tordues en arrière fond et de bruits plus lugubres les uns que les autres. Toutefois on se demande un peu ce que cette intermède vient foutre ici. Je retiendrai par contre The Promise of Agony et son riff principal de très bonne facture, joué successivement sur différents tempo avant de se finir par des solos apocalyptiques, elle nous donne une furieuse envie d’headbanguer. Et la voix rageuse de Rinehart sur ce “Agonyyyyyyy” est carrément jubilatoire. Ce sera un de mes rares moments d’enthousiasme…

Les morceaux sont d’une manière générale plus complexes dans leur constructions et le style épuré qui caractérisait Darkness Descends s’est estompé aux profits de morceaux plus élaborés, à l’image par exemple de Cauterization, morceau instrumental de plus de 7 mn, articulé sur plusieurs tiroirs. Mais à vouloir être trop en faire, Dark Angel nous submerge sous une un tonne de riffs décoratifs et de transitions plus qu’hasardeuses, donnant à l’ensemble un résultat décousu, saccadé et trop inégal où on peine à prendre ses marques.

N’ayant pas le percutant de Darkness Descends, la faute à une production défaillante, à des compos trop alambiquées et des riffs parfois brouillons, Leave Scars reste un album moyen, à conseiller pour les amateurs de Thrash burné et les inconditionnels du groupe uniquement. A vouloir en mettre plein la vue,Dark Angel rate le coche et nous noie sous un maelström de décibels superflues. On est malheureusement loin d’un Darkness Descends…

Barback (www.spirit-of-metal.com).

Abstraction faite de la succession difficile après le culte Darkness Descends, Leave Scars reste aussi un album en demi-teinte à mes yeux, à commencer par son mix assez confus. En outre, hormis quelques sursauts, comme le déboulonnant Birth Of Innocence ou le rageur The Promise of Agony, l’album perd son efficacité avec ses constructions à tiroir, pour reprendre tes mots que je n’aurais pas mieux choisis. De plus, bien que j’apprécie Ron Rinehart, l’absence de Don Dotty avec de ses cris de hyène est cruelle, privant en partie le groupe de la hargne qui animait idéalement le culte Darkness Descends. En revanche, l’excellence rythmique de Gene Hoglan et l’incision des guitares d’Eric Meyer restent toujours aussi notoires, tirant un peu plus la qualité de l’album vers le haut. Bref, moins diabolique que son prédécesseur pour finir, Leaves Scars a été une demi-déception me concernant, et je passerai bien évidemment l’imbuvable Time Does Not Heal sous silence. Fabien.

> - Les guests -, Dark Angel — fabien @ 5:30

23 juillet 2008

Dark Angel (USA) : Darkness Descends

Darkness Descends

Dark Angel, parmi les précurseurs de la scène thrashmetal nord américaine, fait forte impression lors de la sortie de We Have Arrived en 1984, en lâchant des rythmiques particulièrement violentes pour l’époque et une férocité dans les riffs déjà notoire. Le groupe emmené par Jim Durkin suscite alors l’intérêt de Combat Records, jeune label new-yorkais ayant notamment sorti le culte Seven Churches de Possessed une année auparavant, lui offrant un contrat pour son second album, le diabolique Darkness Descends distribué en Europe via Under One Flag, nouvelle filiale de Music For Nation plus distinctement dédiée au thrashmetal.

Dès sa sortie, le disque est acclamé par la presse et les thrashers, faisant l’effet d’une véritable bombe. En effet, si le 1er album posait les bases de la musique violente de Dark Angel, Darkness Descends affirme quant à lui carrément le style de la formation californienne, en balançant un thrashmetal agressif et sans compromis, d’une rage et d’une pureté à toute épreuve.

Darkness Descends débute sur une introduction tout en lourdeur, puis enchaîne sur des rythmes d’une rapidité affolante et assène des accélérations démentielles, à l’image de l’invincible morceau Hunger Of The Undead, contrecarrant le tout par des breaks parmi les plus meurtriers jamais entendus, notamment sur les terribles The Burning Of Sodom & Death Is Certain. En 35 minutes, le thrashmetal de Dark angel ne donne aucun moment de répit, lâchant une violence débridée, mais pourtant tout aussi contrôlée.

Il faut également souligner combien l’apport de Gene Hoglan derrière les fûts renforce cette puissance de feu phénoménale et cette précision tout aussi dévastatrice. A l’époque, le batteur est d’ailleurs considéré à juste titre comme la crème des tanneurs du milieu thrashmetal, aux côtés de son collègue Dave Lombardo. Ainsi, sur un tel martèlement rythmique, Jim Durkin et Eric Meyer assomment l’auditeur avec une cascade de riffs tous aussi tranchants les uns que les autres, sans être ultra démonstratifs pour autant. Enfin, les cris haineux & indomptables de Don Dotty libèrent une sacrée énergie et apportent ainsi un surcroît de haine aux compositions déjà si diaboliques.

A l’instar de Reign in Blood, Seven Churches ou Pleasure to Kill, Darkness Descends compte parmi ces albums clés ayant poussé le style thrashmetal encore plus loin dans la violence. Ce joyau incandescent d’une qualité irréprochable et à l’atmosphère immensément sombre, servi par une capture très agressive de Randy Burns, rappelle à chacun la véritable signification des mots ‘riff’ & ‘thrash’. Sa contribution sur la scène extrême de l’époque est énorme et son statut culte largement mérité. A conseiller à tous les thrashers et deathsters qui ne le posséderaient pas déjà.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dark Angel — fabien @ 5:30

19 juin 2007