Altars of Fab' Death

Darkthrone : The Underground Resistance

Darkthrone : The Underground Resistance

Darkthrone figure aujourd’hui sans conteste parmi les gardiens du temple du metal à l’ancienne, s’étant désormais positionné quelques années avant sa création en 87 pour se fixer plus précisément entre 84 et 85, à l’heure où les frontières entre heavy, speed et thrashmetal étaient encore bien minces, où le blackmetal était avant tout un état d’esprit. Evoluant sous forme de duo depuis l’inénarrable Transilvanian Hunger en 94, Fenriz et Nocturno lâchent en ce début 2013 leur seizième album, en comptant Goatlord, simple enregistrement en répétition mais occupant une place importante entre le deathmetal de Soulside Journey et le blackmetal sans concession d’A Blaze in the Northern Sky.

Nos deux briscards ont pris cette fois leur temps en capturant eux-mêmes six nouveaux morceaux en trois moments compris entre mars 2010 et juillet ‘12. La méthode d’enregistrement reste inchangée au fil des années, notre duo norvégien refusant catégoriquement toute compression, intervention numérique ou capteurs sur la batterie, qui pourraient dénaturer le son metal des années 80’s, dont ils se réclament de fervents défenseurs.

Composé de six plages et ayant un titre particulièrement évocateur, The Underground Resistance compte équitablement trois morceaux composés et chantés par Fenriz, et trois autres par Nocturno. Les titres (impairs) de Nocturno ne dépayseront pas les amateurs de la trilogie illustrée par Dennis Dread, de F.O.A.D. à l’excellent Circle the Wagons en passant par Dark Thrones & Black Flags. On y retrouve en effet Darkthrone totalement décomplexé et possédant cette fibre à la fois punk & blackmetal, ces riffs de guitare percutants & immédiatement identifiables de Nocturno, ainsi que son chant rocailleux & charbonneux renforçant le côté plutôt destroy, trois titres de qualité à l’image du savoureux Dead Early en ouverture, à quelques pas de l’invincible Stylized Corpse du précédent album.

Côté Fenriz, si notre homme nous avait déjà largement transporté au coeur des eighties sur Circle the Wagons avec le morceau éponyme ou le mémorable I Am the Grave of the 80’s, le voyage se poursuit durant ses trois nouvelles compositions, où sa voix devient encore plus mélodique, parfois haut perchée, notre bonhomme chantant avec une sincérité vraiment touchante. On navigue ici-même au milieu des 80’s entre heavy, speed & thrashmetal, l’ombre d’Agent Steel voire des premiers efforts d’Helloween (avant l’arrivée de Kiske) n’étant jamais très loin. Si Valkyrie est un morceau réellement poignant, bénéficiant d’un très beau final, Leave No Cross Unturned est le vrai tour de force de The Underground Resistance, 13 minutes passant incroyablement vite, un sacré moment où Darkthrone dresse un panorama idéal des eighties.

Abordés d’une manière différente, les morceaux de Fenriz et Nocturno restent toutefois complémentaires et se rejoignent par ailleurs sur de nombreux points, d’une part grâce au riffing de Nocturno, mais aussi grâce à cette aura ‘celtic frostienne’ qui relie si habilement chaque oeuvre de Darkthrone, le final de Leave No Cross Unturned en étant le meilleur exemple. Le virage pris depuis The Cult Is Alive / F.O.A.D., et franchement serré sur Circle the Wagons, se confirme donc sur ce seizième effort, nos deux bonhommes parvenant à modeler leur son au fil des réalisations et à reculer d’un an à chaque nouvelle année, tout en conservant intacte l’identité de Darkthrone.

Fabien.

> - Les chroniques -, Darkthrone — admin @ 0:52

5 mars 2013