Altars of Fab' Death

Decrepit Birth : Polarity

Decrepit Birth : PolarityIndéniablement, Decrepit Birth avait crée la surprise en 2008 lors de la parution de Diminishing Between Worlds, en délaissant son brutaldeath aux accents Suffocation fortement marqués, pour se rapprocher d’un deathmetal résolument technique et bien plus personnel. Deux années plus tard, en ce mois de juillet 2010, la bande emenée par Matt Sotelo revient ainsi avec la même ambition, ayant visiblement trouvé son style de manière définitive, dans la lignée de son voisin Diminishing Between Worlds.

En effet, peu de changements se sont profilés à l’horizon, à l’exception du recrutement de Joel Horner (nouveau transfuge d’Odious Mortem) en tant que bassiste à part entière, ainsi que l’intégration du quatuor chez la prestigieuse écurie Nuclearblast aux US et Massacre Records (Malevolent Creation, Sinister) pour l’Europe. Le groupe réinvestit ainsi les propres studios de Matt Sotelo, et renouvelle parallèlement sa collaboration avec Zack Ohren et Dan Seagrave pour le mixage et l’illustration respectifs.

Débutant par des plans de guitares tout en finesse, le premier titre de Polarity dégage dès son départ une sensation de plénitude. Au fil de l’avancée du morceau, Decrepit Birth mélange riffs entremêlés, parties acoustiques, et soli intenses & vertueux, s’écartant encore un peu plus des sentiers du brutaldeath pour un deathmetal empreint d’une grande sérénité, rappelant le tournant abordé par le regretté Chuck Schuldiner (Death) au début des années 90.

Une fois encore, KC Howard impressionne derrière les fûts grâce à la richesse de son jeu, se hissant sans conteste parmi les batteurs les plus doués de la côté ouest américaine, offrant ainsi une assise particulièrement solide à Matt Sotelo. Ce dernier possède un jeu de guitare immédiatement identifiable, un authentique gage de talent au sein d’une scène deathmetal états-unienne qui peine parfois à se renouveler.

Les surprises au coeur de Polarity sont ainsi nombreuses, à l’image d’un Mirroring Dimensions bluffant par sa mise en place, du bel instrumental Sea of Memories, ou encore du court & surprenant Odyssey in Time aux ambiances futuristes. Chaque titre possède ainsi sa propre singularité, permettant des écoutes riches en rebondissements et jamais ennuyeuses.

Sans évolution majeure depuis son précédent album, Decrepit Birth revient avec un album serein et peaufiné dans ses moindres détails, comptant parmi les efforts remarquables de ce cru 2010. Malgré de nombreux passages plus apaisants et ralentissant la cadence, Polarity reste toutefois une réalisation ardue, demandant un certain effort de concentration pour bénéficier de ses nombreuses subtilités.

Fabien.

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24 août 2010

Decrepit Birth : Diminishing Between Worlds

Decrepit Birth : Diminishing Between WorldsDepuis ces dernières années, sous l’impulsion de Necrophagist, Psycroptic ou Spawn Of Possession, la scène brutaldeath internationale est en pleine effervescence, débordant d’imagination afin apporter de nouvelles sonorités, en repoussant sans cesse les limites de la technique, tout en conservant sa pureté. La scène californienne, berceau d’une pléthore de formations death talentueuses, n’échappe ainsi pas à cette règle, à l’instar des récents efforts d’Odious Mortem, Brain Drill ou Decrepit Birth.

Ce dernier se débarrasse en effet de ses influences Suffocation trop marquées sur le néanmoins bon …And Time Begins, évoluant étonnamment grâce à l’aération et la variation de son style, pourtant particulièrement brutal. Suite au départ de Tim Yeung & Derek Boyer (Hate Eternal, Suffocation), Matt Sotelo & Bill Robinson recrutent parallèlement KC Howard (Odious Mortem), l’un des batteurs death actuels les plus intéressants de la scène californienne, aux côtés de son homonyme Marco Pitruzella (Brain Drill). Sous forme de trio, Decrepit Birth s’embarque ainsi aux Legions Recordings Studios, sous la coupe de Sotelo en personne, débouchant sur la sortie de Diminishing Between Worlds chez Unique Leader, en ce début d’année 2008.

D’emblée, l’album impressionne par la clarté et la précision des rythmiques d’Howard, servant de moteur aux riffs techniques et atypiques de Sotelo, qui brille par la richesse de son répertoire, et sa dextérité à la basse et aux guitares. Maîtrisant son sujet, Decrepit Birth enchaîne ainsi les titres avec aisance et équilibre, imposant ses riffs techniques, et débordant sur une multitude de soli de guitares et de basse vertueux, à l’image des remarquables Living Doorway ou Dimensions Interwine.

En outre, Diminishing contient de nombreuses touches acoustiques et écarts jazzy délectables, enrichissant son atmosphère, depuis l’éponyme Diminishing jusqu’à l’instrumental Gathering Of Imaginations, que Cynic n’aurait pas refusé sur son précieux Focus. Difficile d’accès de prime abord, l’album prend toute sa dimension au fil des écoutes, n’affichant que le seul défaut du chant guttural de Robinson, un brin monocorde, qui se rattrape en revanche par la justesse de ses paroles, sur un concept ésotérique & astral intelligent.

Au-delà d’un patronyme banal et d’une pochette de Dan Seagrave réussie mais stéréotypée, Diminishing Between Worlds cache un deathmetal de force et de caractère, possédant la classe d’un album d’Atheist et la brutalité pure d’un Immolation. En cette année 2008, Decrepit Birth se hisse ainsi parmi les formations les plus intéressantes et les plus techniques de la scène brutaldeath du moment.

Fabien.

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12 mars 2008

Decrepit Birth : …And Time Begins

Decrepit Birth : ...And Time BeginsDecrepit Birth se forme en 2001 à Santa Cruz en Californie, autour de Matt Sotelo & Bill Robinson, délivrant un death brutal dans la droite lignée de Disgorge (US) et Deeds Of Flesh. Ajoutant une section rythmique à couper le souffle, composée par Derek Boyer (futur Suffocation) et le redoutable Tim Yeung (ex-Hate Eternal), Matt & Bill signent rapidement avec Erik & Jacoby, boss de l’écurie Unique Leader, spécialiste du death underground états-unien. Le quatuor rejoint alors les Legion Studios courant 2003 pour l’enregistrement d’And Time Begins, son premier album royalement mis en valeur par la très belle illustration du maître Dan SeaGrave.

D’entrée, And Time Begins impressionne par la brutalité et la précision de ses rythmiques, grâce au couple basse batterie de Tim & Derek, réglé au millimètre près avec une aisance particulièrement désarmante. Matt pose alors ses riffs bigrement techniques et entremêlés, servant les vocaux de Bill, d’un guttural suffisant pour décrépir les murs. Côté texte, le chanteur aborde intelligemment différents sujets ésotériques, loin des stéréotypes gores habituels et souvent navrants.

And Time Begins ne bat donc pas la demi mesure, assourdissant les tympans durant ses 25 petites minutes (sans compter son outro sans utilité), à l’image des terribles Prelude To The Apocalyse & Shroud Of Impurity, ne relâchant véritablement la cadence que durant le court instrumental Of Genocide. Sans dégager d’atmosphère particulière, son extrême brutalité devient donc rapidement linéaire et éprouvante pour le métalleux non initié, ne régalant véritablement que le fan de death brutal et suffocant.

Impeccablement enregistré par Matt & Derek en personne, And Time Begins possède toute la puissance, la subtilité et la précision exigées par la brutalité de son style, comblant dès lors et sans problème les inconditionnels de la marque Unique Leader. Au-delà de ses qualités techniques imparables, Decrepit Birth se démarque toutefois difficilement du lot, délivrant un death brutal sous influence directe de ses leaders, Suffocation et Deeds Of Flesh.

Fabien.

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12 février 2008