Deicide : Till Death Do Us Part
L’année 2006 marquait le retour du grand Deicide avec The Stench Of Redemption, parvenant brillamment à se renouveler, après une série d’albums qui matraquaient sans grande inspiration. Le gang Benton confirme ainsi la direction prise depuis son précédent effort, balançant un Till Death Do Us Part surprenant encore par la richesse de ses structures et de ses arrangements, tout en accroissant ostensiblement son niveau de brutalité. Le groupe arbore par ailleurs un côté beaucoup plus sombre, parfaitement retranscrit dans le choix de deux superbes peintures d’Hans Baldung (Renaissance - XVIè) pour illustrer l’album, conférant une ambiance mystique où la pureté se confronte au pêché et à la damnation.
Till Death Do Us Part fixe d’emblée l’épaisseur de ses atmosphères, dès Beginning Of The End, son intro dominée par les rythmes lourds de Steve Asheim et les riffs torturés du tandem Santola / Owen, accordés très bas. L’instrumental s’enchaine sur l’excellent titre éponyme, aux tempi tout d’abord pesants, cédant rapidement la place à un débordement rythmique hargneux, où Steve impose son jeu fouillé et ses blast beats carrés, soutenant les salves de riffs brutaux des deux guitaristes. Glen Benton enfonce alors le clou avec son guttural d’une profondeur incroyable, superposant parfois son chant caverneux avec des vocaux criards, en livrant son flot habituel de paroles haineuses et blasphématoires.
Ficelé de main de maître par Steve Asheim, Till Death Do Us Part bénéficie ainsi d’un équilibre remarquable, opposant ses passages lourds à une violence rythmique diablement maîtrisée, à l’image des redoutables Hate Of All Hatreds & Severed Ties. En outre, les jeux complémentaires de Ralph Santola & Jack Owen nuancent et enrichissent considérablement les compositions, sans s’égarer toutefois dans des constructions à tiroir. Les soli de Ralph s’intègrent enfin impeccablement à l’ensemble, perdant le côté parfois trop heavy développé sur The Stench Of Redemption, se mêlant ainsi adroitement aux lead de Jack, mais aussi de Steve, qui dépose étonnamment plusieurs lignes de guitares.
Divinement mis en valeur par la production claire & profonde de Jim Morris, se posant en véritable pied de nez face aux détracteurs qui juraient l’obsolescence des Morrisound Studios, Till Death Do Us Part impose durant 42 minutes un manifeste de pureté death et de brutalité sombre, à l’iconicité anti chrétienne fortement marquée. Deicide confirme ainsi son excellence depuis le départ des frères Hofmann, reconquérant sa place de ténor parmi les pionniers du death métal nord américain, aux côtés de Morbid Angel & d’Immolation.
Fabien.



Sorti en octobre 1997, Serpents of the Light est le 4ème méfait de la bande de Glen Benton, une nouvelle fois enregistré sous la coupe de Scott Burns aux Morrisound Studios. Condensé de 30 minutes de death carré à l’imagerie blasphématoire, dominé par la précision rythmique d’Asheim et la rapidité du riffing des frères Hoffman, l’album reste en revanche trop linéaire & expéditif, montrant Deicide vivant désormais sur ses acquis, semblant perdre l’inspiration & l’intensité qui l’animait à ses débuts. Bien qu’encore incisif à l’époque, le groupe perd progressivement des fans, traversant tant bien que mal les années creuses du death metal, et la relative désaffection de son label Roadrunner. Fabien.
Après la sortie de son album éponyme, Deicide connaît un succès fulgurant, grâce à son positionnement autour d’un death métal foncièrement brutal & satanique, mais aussi avec l’attitude ouvertement provocante de son frontman Glen Benton, à la Une de nombreux magazines de l’époque, qui entretiennent alors les rumeurs les plus folles à son sujet, comme son suicide programmé à l’âge de 33 ans, à l’instar du Christ, ou encore ses sacrifices animaliers. Lors de son retour aux Morrisound Studios début 1992, le quatuor floridien à ainsi la lourde de tâche de confirmer la teneur de son premier album, afin montrer que l’engouement dont il bénéficie ne tient pas seulement à ces considérations extra musicales.