Altars of Fab' Death

Demigod (FIN) : Demigod – Necropsy

Demigod (FIN) : Demigod - NecropsyÉcurie nord-américaine du début des années 90 et désormais défunte, Seraphic Decay était principalement spécialisée dans la production de vinyles EP deathmetal, tout comme Relapse Records durant ses jeunes années. Parmi sa trentaine de vinyles, le petit label a regroupé de sacrés prétendants dans le style comme Incantation, Mortician, Derketa, Goreaphobia, Killing Addiction, Morpheus (Descends), Sinister, et bien d’autres noms prestigieux. Si un seul CD a vu le jour, une compilation renfermant six des ses vinyles EP d’Abhorrence, Acrostichon, Goreaphobia, Toxaemia, Minch et Disgrace, le label a aussi édité un unique vinyle LP, un split juxtaposant les deathsters finlandais de Demigod et de Necropsy.

La face A de Demigod est en fait la demo-tape Unholy Domain capturée en 1990. Le groupe inclut à cette époque le guitariste, growler & compositeur Esa Linden, âme du line-up dans sa première partie de carrière, ainsi que le remarquable Seppo Taatila à la batterie. On y retrouve le feeling sombre & brutal de l’incontournable Slumber of Sullen Eyes qui, n’ayant pas peur des mots, reste à ce jour l’un des meilleurs albums deathmetal issus de Finlande. Ici, point de production béton signée par l’ingénieur du son Ahti Kortelainen (Demigod, Belial, Impaled Nazarene), mais un ensemble plus chaotique et un son de guitare grésillant, toutefois suffisamment tronçonnant pour mettre en valeur les quatre compositions, sans occulter le growl profond d’Esa Linden, élément clé de cette recette dense & explosive. L’instrumental Perpetual Ascent que l’on retrouve sur Slumber of Sullen Eyes est ici idéalement placé en ouverture, introduisant trois titres de très bonne facture, inédits également puisqu’ils ne seront pas repris sur le redoutable album à paraitre deux années plus tard. Bref, une démo fracassante & prometteuse montrant déjà le talent et l’avant-garde de Demigod.

Baptisée From the Depths, la face B appartenant à Necropsy a été immortalisée en 1991. On y retrouve un deathmetal caverneux à la Demigod, mais plus rapide et davantage sulfureux. Là encore, la construction des morceaux et leur articulation interpelle, le quintette des frères Kosonen maîtrisant déjà bien son sujet, lâchant par exemple un remarquable Under The Masses, opposition réussie entre rythmiques tapageuses & assassines à un passage central sombre & tout en lourdeur. Bref, une session de qualité, certes un peu moins professionnelle que le très bon EP Never to Be Forgotten qui suivra à faible intervalle sur le même label, préfigurant quant à lui plus précisément le monstrueux full-lenght Bloodwork enregistré 20 années plus tard !

Sans édition CD ni réédition à ce jour (à ma connaissance), le précieux split-LP Demigod – Necropsy constitue une rareté de choix de nos jours, à l’heure où tant de disques death old school envahissent nos platines alors que tant de pépites de l’époque restent à découvrir ou redécouvrir. Le site http://www.seraphicdecay.com devrait soulager les plus frustrés, puisque les 31 réalisations du label y sont soigneusement répertoriées avec toutes les pochettes (avant, arrière, intérieur) et tous les morceaux en streaming. De quoi se perdre durant de longues heures pour les deathsters accros aux démos & EP des jeunes années du deathmetal, d’autant que Seraphic Decay était un sacré découvreur de talents.

Fabien.

> - Les chroniques -, Demigod, Necropsy — admin @ 15:45

24 mai 2013

Demigod : Slumber of Sullen Eyes

Demigod : Slumber of Sullen Eyes

Demigod se forme en 1990 autour du guitariste / hurleur Esa Linden et du batteur Seppo Taatila, à une période où le deathmetal finlandais reste encore embryonnaire. Après plusieurs démos, dont une pressée sur split-EP par Seraphic Decay Records avec ses homologues de Necropsy, le groupe attire l’attention de Dave Rotten, boss du jeune label espagnol Drowned Productions (devenu Repulse, puis Xtreem), qui lui offre ainsi son premier contrat.

Composé en quasi intégralité par Esa Linden, Slumber of Sullen Eyes impressionne par la qualité de ses morceaux, à l’image du superbe titre d’ouverture As I Behold I Despise, parfaitement équilibré. Agrémenté d’un très bon instrumental (Perpetual Ascent), ou encore de nappes de claviers utilisées avec parcimonie sur Apocryphal et le génial Tears Of God, le disque contient en outre nombre d’éléments apportant beaucoup de coloration au deathmetal imposant de la formation, sans le rendre mélodique pour autant.

Demigod est vraiment solide, le talentueux Seppo Taatila possède un jeu de batterie complexe et millimétré, à la double pédale écrasante, apportant une assise rythmique remarquable au couple de guitaristes. De plus la voix d’Esa Linden, d’un guttural très profond, est en accord parfait avec la puissance instrumentale dont l’album bénéficie. Enfin, pour ne rien gâcher, Slumber of Sullen Eyes est enregistré par le célèbre Ahti Kortelainen (Impaled Nazarene, Belial), qui offre au groupe une production béton, avec un son à la fois lourd, clair et très typé.

En cette année 1992, parmi formations deathmetal finlandaises telles que Amorphis, Belial, Convulse, Disgrace, Phlegethon, Purtenance, Sentenced ayant chacune sorti un LP ou un MLP, Demigod s’illustre ainsi avec une réalisation remarquable, au deathmetal lourd et massif, mais aussi chargé d’une grande finesse et bénéficiant d’une vraie force d’interprétation. Slumber of Sullen Eyes fait partie des albums qui aurait certainement mérité une meilleure distribution, pour s’imposer définitivement à l’époque.

Fabien.

> - Les chroniques -, Demigod — admin @ 2:00

20 juillet 2007