Altars of Fab' Death

Demilich : Nespithe

Demilich : NespitheLa Finlande s’est souvent illustrée par ses formations extrêmes atypiques, telles Impaled Nazarene, Xysma ou Demilich, bien décidées à ne rien faire comme les autres. Demilich se forme quant à lui en 1990 autour d’Antti Boman & Mikko Virnes, assommant rapidement les metalheads à coups de démos traumatisantes, comme l’incroyable Four Instructives Tales de 1991. Underground jusqu’au bout des ongles, le groupe atterrit en studio en décembre 1992 pour les sessions de son premier album Nespithe, commercialisé en début d’année suivante par l’écurie nord américaine Necropolis Records.

Demilich lâche un deathmetal relativement technique, possédant ce son de guitare finnois typique, entre Belial ou Demigod (pour n’en citer que deux), mais s’accordant parallèlement extrêmement bas à la manière des new yorkais de Mortician. Le growler de Nespithe lâche en outre des éructations encore plus chargées en hémoglobine que celles de Bill Steer sur l’intemporel Symphonies Of Sickness (tout ceci sans effets vocaux), instaurant une ambiance gore complètement cradingue.

Chaque composition de Demilich ressemble ainsi à une érosion d’un intestin crépitant (clin d’oeil à l’album culte de Carcass ci-dessus), mais s’écoute pourtant d’une oreille attentive, rompant avec une linéarité piégeuse grâce à des rythmiques aérées, des soli inventifs, une basse subtile et des riffs inhabituels. Ainsi, malgré sa brutalité excessive et ses instruments aux accords plus que graves, Nespithe frappe juste, à l’image du break redoutable de Sun Drank ou des riffs torturés de The Planet ou Raped Embalmed.

Culte pour certains, insoutenable pour d’autres, Nespithe ne laisse aucun deathster indifférent, cultivant savamment ses atmosphères lourdes, étranges et maladives. Entre Autopsy, Carcass, Mortician et Infester, Demilich réussit ainsi l’incroyable pari de créer un deathmetal à la fois terriblement crade mais bigrement intéressant, d’une personnalité considérable, malgré tous les stéréotypes de la scène en cette année 1993.

Fabien.

> - Les chroniques -, Demilich — admin @ 2:00

7 avril 2008