Altars of Fab' Death

Demolition Hammer : Epidemic of Violence

Demolition Hammer : Epidemic of ViolenceTandis que le deathmetal subjugue la scène extrême depuis la fin des eighties, incitant nombre de formations à alourdir considérablement leur style, Demolition Hammer semble également suivre le mouvement en cette année 1992, à l’image de la pochette sans équivoque de son nouvel album (cette superbe illustration ‘Lovecraft’s Nightmare‘ de Michael Whelan dont on retrouve une autre partie sur Cause of Death d’Obituary), ou encore des tee-shirt de Malevolent Creation & Napalm Death fièrement arborés par ses membres. Mais contrairement aux apparences, le quatuor new-yorkais reste ancré dans le thrash death caractéristique de Tortured Existence, son premier album sorti deux années auparavant.

Demolition Hammer lâche ainsi son thrash rapide et corrosif, dominé par les martèlements de Vinny Daze, les riffs déchirants du couple Reilly / Sykes, et les vocaux écorchés de Steve Reynold. En revanche, Epidemic of Violence ne possède pas le son massif et les chants gutturaux propres au deathmetal, bénéficiant par ailleurs d’une production de Tom Soares (succédant au travail de Scott Burns sur le précédent album) certes agressive, mais manquant parallèlement d’une certaine lourdeur.

Au-delà, la technique et la maîtrise globale d’Epidemic of Violence restent fichtrement impressionnantes, permettant la mise en place de morceaux aussi précis qu’efficaces, où se succèdent riffs meurtriers, accélérations renversantes et soli endiablés, à l’image du redoutable Skull Fracturing Nightmare (tiré de sa première démo) ou d’Aborticide, se situant dans l’exacte lignée de Tortured Existence.

Oscillant adroitement entre les styles thrash et deathmetal, Demolition Hammer revient ainsi avec un Epidemic of Violence brillamment exécuté, mais également sans surprise et légèrement moins marquant que son premier effort. Pourtant, malgré ses qualités intrinsèques indéniables et le soutien de son label Century Media, le quatuor new-yorkais peine à convaincre en cette année 1992, évoluant dans un style confiné dans l’ombre prédatrice du deathmetal, qui domine sans partage la scène extrême du moment.

Fabien.

4 février 2008

Demolition Hammer : Tortured Existence

Demolition Hammer : Tortured ExistenceFormé en 1986 à New York, Demolition Hammer lâche un thrashdeath particulièrement nerveux. Après ses démos Skull Fracturing & Necrology, le quatuor new-yorkais signe avec la jeune écurie Century Media de Robert Kampf, puis rejoint Scott Burns aux Morrisound Studios de Tampa pour l’enregistrement de Tortured Existence, son premier album sortant en septembre 1990.

A première vue, bien que son illustration gore laisse envisager un deathmetal entre la brutalité des Slowly We Rot et Eternal Fall (Obituary, Morgoth) du moment, Tortured Existence se situe dans des strates thrashmetal bien plus marquées. Les compositions très rapides ne possèdent en effet pas une lourdeur exceptionnelle, ni la voix de Steve Reynolds bien plus écorchée que véritablement gutturale. Malgré tout, cette coloration thrash est particulièrement délectable, préfigurant le style de Solstice (US) ou celui plus extrême de Malevolent Creation.

Ainsi, sur l’assise rythmique complexe et millimétrée de Vinny Daze & James Reilly, les guitares de Derek Sykes & James Reilly sont tranchantes à souhait, à l’image des rafales de riffs rapides et meurtrières des excellents Infectious Hospital Waste et Mercenary Aggression. Demolition Hammer sait aussi brillamment ralentir la cadence, le temps des redoutables Gelid Remains et Paracidal Epitaph, qui apportent à eux seuls un relief notoire à l’ensemble.

Terriblement agressif mais aussi particulièrement riche, Tortured Existence ne délivre toutes ses subtilités qu’après un nombre d’heures d’écoute conséquent, et plaira à coup sûr aux fans des scènes deathrash new yorkaise et floridienne. Malheureusement en 1990, la “douceur” du thrash de Demolition Hammer ne lui permet guère de connaître le même succès que les formations deathmetal de l’époque, qui subjuguent des hordes entières de deathsters par leur nouvelle définition de la brutalité. Tout n’est finalement qu’histoire de contexte.

Fabien.

2 novembre 2007