Altars of Fab’ Death

Deranged : The Redlight Murder Case

The Redlight Murder CaseAprès deux mini albums et six full lenght, les infatigables Axelsson et Wermen remettent le couvert pour The Redlight Murder Case, leur nouveau méfait. Avec l’assurance d’obtenir leur son si caractéristique, les deux briscards réitèrent leur abonnement aux Berno Studios (Seance) en aôut 2007, fidèles à l’ingénieur Berno Paulsson, depuis Sculpture of the Dead enregistré en 1994.

Chaque album de Deranged se traduit inévitablement par l’arrivée d’un nouveau bassiste et d’un chanteur, Redlight ne dérogeant pas à la règle, marquant l’accueil respectif de Thomas Ahlgren et de Martin Schönherr, dont les éructations du dernier n’ont rien à envier à celles de Calle Faldt, son brillant prédécesseur. Après un passage chez Listenable pour quatre efforts, le groupe signe également son retour au sein de l’écurie Regain, avec laquelle il avait collaboré le temps du redoutable High on Blood. Pour le reste, hormis la barbe en moins de Rickard Wermen, la formation suédoise n’affiche aucun changement en perspective, conservant son death brutal & asphyxiant, sur un concept et des paroles toujours aussi outranciers & dérangés.

La seule écoute des terribles Watch Me & Strip Nude permet en effet de constater le non assagissement Deranged avec le temps, matraquant sans cesse durant 35 minutes, sur les rythmiques tapageuses de Wermen et les riffs suffocants d’Axelsson. Mais, au-delà de son effrayante brutalité, le groupe garde judicieusement sous le coude quelques accélérations meurtrières et breaks écrasants, cassant la relative linéarité de son produit, et permettant à l’auditeur de reprendre son souffle durant quelques secondes, afin de mieux l’ensevelir sous son avalanche de riffs, d’un hermétisme éprouvant.

Parfaitement ficelé, The Redlight Murder Case bénéficie parallèlement d’une production toujours aussi maîtrisée, mettant impeccablement l’ensemble en valeur. Ainsi, fidèle à son label de qualité et à sa violence sans concession, Deranged signe une réalisation, qui a défaut d’être exceptionnelle, comblera les fans irréductibles de la formation. Au-delà, on peut légitimement se demander si, après sept albums pratiquement identiques, le gang suédois peut délivrer autre chose que son death brutal & étouffant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 1:45 am

January 1, 2008

Deranged : Obscenities in B Flat

Obscenities in B FlatDeranged est un groupe formé en 1991 autour de Johan Axelsson & Rikard Wermen, pratiquant un death metal suffocant à l’extrême, une sorte de Cannibal Corpse puissance 10. Après Plainfield Cemetary sorti en 2002, explosant littéralement les limites de la sauvagerie, les suédois éprouvent alors le besoin de faire un break, mais reviennent finalement en cette année 2006, pour mieux achever les derniers rescapés des écoutes de leur précédentes boucheries sonores.

Sixième effort du groupe, Obscenities in B-Flat présente une violence toujours hors norme avec un son accordé très bas, mais distillant cette fois quelques éléments plus lourds et deux ou trois samples, laissant à l’auditeur le temps de respirer une poignée de secondes pour, ne nous y trompons pas, mieux l’asphyxier ensuite. Les rythmiques rebutent en effet par leur côté on ne peut plus haché et sans mélodie aucune ; pourtant, au delà de l’apparente linéarité du produit, et du mur sonore que l’on croyait impénétrable, se cache une musique technique et terriblement bien ficelée.

Entre deux albums, Deranged réussit également à conserver son bassiste/chanteur, à la voix incroyablement caverneuse et, incompréhensible sans les paroles ; mais, manque de chance, le livret n’inclut pas ces dernières. Enfin bon, à la vue de titres comme Torture Rape Cum and Kill , celles-ci s’avèrent en fin de compte hautement dispensables, formant un recueil de pathologies nécrophiles ou d’autres déviances diverses sans aucun intérêt.

Au-delà des modes et des critiques, Deranged poursuit donc imperturbablement son chemin, sans rien demander à personne et ce, depuis une quinzaine d’années. Obscenities in B-Flat, certes un poil plus accessible, mais aussi un poil en dessous de la qualité du terrible Plainfield Cemetary, se situe en effet dans l’exacte lignée des précédentes réalisations.

Fan de brutal death, jetez vous ainsi sur ce nouvel album, vous y trouverez la violence recherchée, mais aussi tout un tas de subtilités qui rendront l’écoute intéressante. Pour les autres, je vous mets une dernière fois en garde contre cette galette, qui risque de vous déconcerter très vite par son extrême linéarité, s’avérant au final, particulièrement indigeste.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 5:15 am

January 1, 2006

Deranged : Plainfield Cemetary

Plainfield CemetaryAmateurs de sensations fortes, oubliez les méfaits III et Deranged déjà particulièrement violents, le nouvel album des inséparables Axelsson / Wermen, sortant en ce mois ce septembre 2002, dépasse toutes les limites en terme de brutalité. Le titre de cette boucherie est très évocateur, Plainfield Cemetary étant un endroit où Ed Gein, serial killer, démembrait des cadavres exhumés, avant de s’immoler lors d’un soir de grande inspiration !

Pour l’occasion, Aurelien Police signe une pochette redoutable sur un concept de Sven (Aborted), d’une qualité nettement supérieure aux précédents albums. Plainfield Cemetary contient également les paroles, chose rare chez Deranged, quoique ces dernières soient purement dispensables ; il est en effet question de déviances nécrophiles innommables, faisant comprendre toute la signification du nom du trio suédois.

Côté musique, Deranged laisse encore moins répit à l’auditeur, les rythmiques sont saccadées et tapageuses à l’extrême, appuyées par un mur de guitares lourd et suffocant, sans parler des vocaux d’outre tombe de Calle Faldt, étouffants comme pas possible. Mais, le métalleux averti qui sait tendre l’oreille, au risque de la perdre certes définitivement, s’aperçoit alors que la brutalité développée à un sens, et que le niveau technique et la dextérité d’Axelsson et de Wermen sont exemplaires, à l’image du terrible Deathgasm et de son final redoutable.

Avec une telle déferlante de violence sonore, mais aussi servie par une technique impressionnante, Deranged ne laisse personne de marbre, renvoyant par la même occasion de nombreuses formations au placard. La brutalité de l’opus est telle, que Plainfield Cemetary ne doit être prescrit qu’aux brutes musicales, aux amateurs de combos tel que Disgorge (US) ou Deeds Of Flesh. Par contre, toutes âmes sensibles, ne dites pas que vous n’avez pas été prévenues !

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 6:15 am

January 1, 2002

Deranged : High On Blood

Décidés à enfoncer le clou après leur premier album, et désormais abonnés au Berno Studio, Rikard Wermen & Johan Axelsson rejoignent l’ingénieur Berno Paulsson en juillet 1997, pour les sessions de l’impitoyable High on Blood. Commercialisé en tout début d’année suivante par l’écurie Regain Records, l’album marque l’arrivée du bassiste Dan Bengtsson, ainsi que du growleur Fredrick Sandberg, capable de passer d’un chant guttural gras & profond à des vocaux beaucoup plus rageurs.

Loin de tout assagissement avec le temps, Deranged accélère encore la cadence sur ce nouvel effort, gagnant parallèlement en technique et en précision. Razor Divine & Humanity Feeds plantent ainsi le décor, dominé par le martelage rythmique de Rikard & Dan, les riffs & soli hermétiques de Johan, et le guttural effroyable de Fredrick.

Assommant quasiment de bout en bout avec un plaisir manifeste, Deranged injecte cependant suffisamment d’espace entre ses martelages rythmiques pour éviter l’overdose auditive, à l’image de Robber Of Hell ou By Knife, qui calment judicieusement le jeu avec leurs breaks fracassants, sur un middle tempo parfaitement calé, terrain propice à une salve de riffs particulièrement acérés. A ce titre, Erotikill s’inscrit parmi les titres les plus puissants & percutants de la longue discographie des suédois, notamment sur son riff d’intro, frappant avec une précision redoutable.

Plus compact, puissant & millimétré que son prédécesseur, addiction pour le fan de brutal death, High on Blood est une véritable machine à tuer, se hissant parmi les missiles les plus meurtriers du combo suédois. En ce début d’année 1998, alors que le death métal sort à peine d’une crise identitaire, Deranged ne se pose quant à lui aucune question, dégommant tout sur son passage sans effectuer la moindre concession.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — fabien @ 8:45 am

January 1, 1997

Deranged : Rated X

Formé en 1991 autour de Johan Axelsson & Rikard Wermen, Deranged déroge à la seconde vague du death métal suédois, pratiquant un death brutal & sauvage, à mille lieux de toute forme de mélodie développée par ses confrères. Le groupe atterrit en 1994 chez Repulse Records et enregistre deux EP pour le label, Architects & Sculpture, avant d’entamer les sessions de son premier album aux Berno Studios en mars 1995, sous la coupe le Paulo Berno, réputé dans la première partie des nineties pour l’enregistrement des albums de l’intraitable Seance. Rated X sort ainsi en septembre de la même année, muni d’une pochette sans équivoque (une belle douche de sang), d’ailleurs remplacée sur la future réédition de Listenable.

Grâce à son passage aux Berno Studios lors des sessions de son précédent EP (Sculpture), Deranged possède une expérience bénéfique, qui lui permet d’aborder l’enregistrement de Rated X sans problème, et d’obtenir ainsi un son puissant et déjà très personnel. Le death de la formation est déjà basé sur un style résolument brutal et suffocant, sur les rythmiques de Rikard Wermen qui, sans être blastées de bout en bout, ne laissent déjà que peu de répit à l’auditeur. Les riffs & soli de Johan Axelsson sont aussi terriblement rapides et brutaux, soutenant le guttural monocorde & effroyable de Per Gyllenback.

Bien que Deranged possède déjà un goût prononcé pour le pilonnage rythmique, à l’image d’un Razor Tongue sans pitié, Rated X contient cependant suffisamment de titres lourds ou de breaks écrasants, tels les redoutables Killing Spree, Axe ou Sixteen and Dead, cassant judicieusement la linéarité engendrée par une telle brutalité sonore. Les structures des morceaux restent toutefois souvent interchangeables, bâties sur des rythmiques, des riffs & des vocaux certes calés, mais manquant encore de technique et de variété, pour rendre le produit véritablement impressionnant.

Réussissant son entrée avec un premier album convaincant, Deranged prend la scène suédoise à contre pied, larguant un missile dénué de tout sentiment, s’adressant ainsi aux brutes épaisses, fans d’une version Cannibal Corpse puissance 10, en terme de lourdeur et d’ambiance gores. Distillant à droite à gauche quelques samples de film d’épouvante, histoire de renforcer son climat horrifique et sa brutalité manifeste, Rated X se clôt en revanche sur un ton plus léger avec son titre Paint It Black, reprise turbo et sans merci de Rolling Stone incitant aux headbangs les plus fous, et dénaturant à lui seul l’essence même du rock band !

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — fabien @ 8:15 am

January 1, 1995