Altars of Fab' Death

Deranged (SWE) : Cut Carve Rip Serve

Deranged (SWE) : Cut Carve Rip ServeFormé autour de Johan Axelsson et Rikard Wermen dès 1991, Deranged reste l’un des principaux géniteurs du brutaldeath suédois, enchainant les réalisations avec une régularité exemplaire jusqu’à la sortie du redoutable Plainfield Cemetary en 2002. Le groupe s’accorde ensuite un long break salvateur qui durera quatre années, lui permettant de rebondir avec deux nouveaux disques dont le dernier en date The Redlight Murder Case paru chez Regain Records. Alors que la machine impitoyable semblait de nouveau lancée, Rikard quitte pourtant la bande au printemps 2008, rapidement suivi du départ Johan, mettant fin au groupe et à cette longue aventure entre les deux collègues.

Ayant le sang de Deranged dans les veines et cette passion intarissable pour le deathmetal, notre batteur Rikard remet enfin le groupe sur les rails durant l’été 2009, entouré du nouveau bassiste Andreas Johansson et du growler Martin Schonherr qui sévissait déjà sur The Redlight Murder Case. Seul son acolyte de longue date manque à l’appel, remplacé au pied levé par Thomas Ahlgren qui glisse non seulement de la basse aux guitares, mais compose aussi tous les nouveaux morceaux en compagnie du batteur.

C’est finalement l’écurie nord américaine montante Sevared Records, ayant récupéré les suédois d’Insision et très récemment les norvégiens de Blood Red Throne, qui collabore désormais avec Deranged, pièce de choix dans son catalogue. Le label travaillant régulièrement avec le fameux Jon Zig lui commande alors un dessin particulièrement macabre, déformation de l’illustration “Freedom from Want” du célèbre Norman Rockwell, en totale adéquation avec ce tout dernier effort sagement intitulé Cut Carve Rip Serve. Enfin, Inutile de préciser où l’album a été enregistré durant ce mois de février 2011, tant Deranged est un habitué des Berno Studios depuis 1994, lieu idéal pour la mise en boite d’une nouvelle boucherie sonore.

Bénéficiant des mêmes interprètes à l’exception de Johan, Cut Carve Rip Serve ne déroge donc guère de son prédécesseur, ni d’ailleurs du reste de la discographie de Deranged. On retrouve ainsi ces rythmes hachés, ces guitares lourdes & tranchantes, et ce chant guttural toujours aussi effroyable. Globalement, le groupe a pourtant lâché un peu de lest afin de rendre son brutaldeath un peu plus digeste, mais toujours à l’antithèse de toute forme mélodique.

Si Cut Carve Rip Serve martèle ainsi imperturbablement le système nerveux avec la même brutalité manifeste que ses ainés, bénéficiant du même climat gore et dément, Deranged apporte en effet plus de variations à son style, aérant plusieurs passages grâce à la batterie de Rikard moins tapageuse dans ces moments-là et aux soli de Thomas très bien sentis, pour citer l’introduction très entrainante de Bloom on Pale Hands sur un riffing pas piqué des vers, ou encore le terrible morceau Military Death Complete qui ralentit régulièrement la cadence pour un résultat dévastateur. Les plus perspicaces reconnaitront enfin une nouvelle version du morceau Flesh Rebel tiré de l’album éponyme de 2001, sans grande surprise mais démontrant une qualité d’interprétation intacte dix années plus tard.

Sans représenter le summum de la discographie de Deranged, toujours tirée vers le haut avec les redoutables High on Blood et Plainfield Cemetary, Cut Carve Rip Serve est un bon cru de la part du groupe de Rikard Wermen, toujours aussi inimitable dans son matraquage brutaldeath et visiblement toujours aussi inspiré. Un peu moins étouffant et un peu plus direct, peut-être aussi un peu moins nerveux, ce nouvel album du quatuor rassure ainsi après une période de trouble suivie du départ de Johan Axelsson. Allez, on se retape un dernier Rikard pour la route.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 15:19

23 juin 2011

Deranged (SWE) : The Redlight Murder Case

The Redlight Murder Case

Après deux mini albums et six full lenght, les infatigables Axelsson et Wermen remettent le couvert pour The Redlight Murder Case, leur nouveau méfait. Avec l’assurance d’obtenir leur son si caractéristique, les deux briscards réitèrent leur abonnement aux Berno Studios (Seance) en aôut 2007, fidèles à l’ingénieur Berno Paulsson, depuis Sculpture of the Dead enregistré en 1994.

Chaque album de Deranged se traduit inévitablement par l’arrivée d’un nouveau bassiste et d’un chanteur, Redlight ne dérogeant pas à la règle, marquant l’accueil respectif de Thomas Ahlgren et de Martin Schönherr, dont les éructations du dernier n’ont rien à envier à celles de Calle Faldt, son brillant prédécesseur. Après un passage chez Listenable pour quatre efforts, le groupe signe également son retour au sein de l’écurie Regain, avec laquelle il avait collaboré le temps du redoutable High on Blood. Pour le reste, hormis la barbe en moins de Rickard Wermen, la formation suédoise n’affiche aucun changement en perspective, conservant son death brutal & asphyxiant, sur un concept et des paroles toujours aussi outranciers & dérangés.

La seule écoute des terribles Watch Me & Strip Nude permet en effet de constater le non assagissement Deranged avec le temps, matraquant sans cesse durant 35 minutes, sur les rythmiques tapageuses de Wermen et les riffs suffocants d’Axelsson. Mais, au-delà de son effrayante brutalité, le groupe garde judicieusement sous le coude quelques accélérations meurtrières et breaks écrasants, cassant la relative linéarité de son produit, et permettant à l’auditeur de reprendre son souffle durant quelques secondes, afin de mieux l’ensevelir sous son avalanche de riffs, d’un hermétisme éprouvant.

Parfaitement ficelé, The Redlight Murder Case bénéficie parallèlement d’une production toujours aussi maîtrisée, mettant impeccablement l’ensemble en valeur. Ainsi, fidèle à son label de qualité et à sa violence sans concession, Deranged signe une réalisation, qui a défaut d’être exceptionnelle, comblera les fans irréductibles de la formation. Au-delà, on peut légitimement se demander si, après sept albums pratiquement identiques, le gang suédois peut délivrer autre chose que son death brutal & étouffant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — fabien @ 1:45

31 août 2008

Deranged (SWE) : Obscenities in B Flat

Obscenities in B Flat

Déjà présent depuis 1991 autour du noyau dur Johan Axelsson & Rikard Wermen, Deranged lâche un deathmetal suffocant à l’extrême, une sorte de Cannibal Corpse puissance 10. Après leur terrible Plainfield Cemetary paru en 2002, explosant littéralement les limites de la sauvagerie, les compères suédois éprouvent alors le besoin de faire un break, pour revenir quatre révolutions plus tard en cette année 2006, afin mieux achever les derniers rescapés des écoutes de leur précédentes boucheries sonores.

Sixième effort de Deranged, Obscenities in B-Flat présente une violence toujours hors norme à l’accordage si bas, nous lâchant cette fois quelques éléments plus lourds et deux ou trois samples, laissant à l’auditeur le temps de respirer une poignée de secondes pour, ne nous y trompons pas, mieux l’asphyxier ensuite. Les rythmiques rebutent en effet par leur côté souvent haché et sans mélodie aucune. Pourtant, au delà de l’apparente linéarité du produit et du mur sonore que l’on croit tout d’abord impénétrable, se cache une deathmetal relativement technique et sacrément bien ficelée.

Entre deux albums, Deranged parvient également à conserver son bassiste/chanteur Calle Fäldt, à la voix incroyablement caverneuse et incompréhensible sans les paroles, bien que (manque de chance) le livret n’inclut pas ces dernières. Ne paniquons pas toutefois, puisqu’à la simple évocation d’un titre comme Torture Rape Cum and Kill, celles-ci s’avèrent parfois dispensables, formant un recueil de pathologies nécrophiles ou d’autres déviances diverses à l’intérêt relatif pour le commun des mortels.

Au-delà des modes et des critiques, Deranged poursuit donc imperturbablement son chemin sans rien demander à personne et ce, depuis une quinzaine d’années. Obscenities in B-Flat, dans l’exacte lignée des précédentes réalisations et un poil plus accessible, se situe toutefois quelques crans en dessous de l’intensité et de la folie meutrière du terrible Plainfield Cemetary aux atmosphères si immersives. Fan de brutaldeath, ne craignez pas ce nouvel album, vous y trouverez la violence recherchée, mais aussi tout un tas de subtilités qui rendront l’écoute intéressante. Pour les autres égarés, je vous mets une dernière fois en garde devant cette galette, qui risque de vous déconcerter par son apparente linéarité et pourrait rapidement devenir indigeste.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — fabien @ 5:15

30 août 2008

Deranged (SWE) : Plainfield Cemetary

Plainfield Cemetary

Amateurs de sensations fortes, oubliez les méfaits III et Deranged déjà particulièrement violents, le nouvel album des inséparables Axelsson / Wermen, sortant en ce mois ce septembre 2002, dépasse toutes les limites en terme de brutalité. Le titre de cette boucherie est très évocateur, Plainfield Cemetary étant un endroit où Ed Gein, serial killer et nécrophile, démembrait des cadavres exhumés lors de soirées de grande inspiration !

Pour l’occasion, Aurelien Police signe une pochette redoutable sur un concept de Sven (Aborted), d’une qualité nettement supérieure aux précédents albums. Plainfield Cemetary contient également les paroles, chose rare chez Deranged, quoique ces dernières soient relativement dispensables pour le lecteur recherchant une once de finesse entre les lignes ; il est en effet question des déviances nécrophiles innommables d’Ed Gein, faisant comprendre toute la signification du patronyme du trio suédois.

Côté musique, Deranged laisse encore moins de répit à l’auditeur, les rythmiques sont saccadées et tapageuses à l’extrême, appuyées par un mur de guitares lourd et suffocant, sans parler des vocaux d’outre tombe de Calle Faldt, étouffants comme jamais. Toutefois, le métalleux averti sachant tendre l’oreille, au risque de la perdre certes définitivement, s’aperçoit alors combien la brutalité de l’opus à un sens, son atmosphère globale collant parfaitement à son concept, à l’image du terrible titre Deathgasm et de son final redoutable. Le trio suédois lâche ainsi un Plainfield Cemetary se hissant au sommet de sa discographie, aux côtés de l’imparable High on Blood, sorti chez Regain Records quelques 5 années auparavant.

Avec une telle déferlante de violence sonore, mais aussi servie par une technique impressionnante, Deranged ne laisse aucun deathster de marbre, renvoyant par la même occasion de nombreuses formations au placard. L’ambiance et la brutalité de l’opus sont telles, que Plainfield Cemetary ne doit être prescrit qu’aux brutes musicales, aux amateurs de combos tel qu’Insision ou  Disgorge (US). En revanche, les âmes sensibles ne pourront dire qu’elles n’ont pas été prévenues !

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — fabien @ 6:15

29 août 2008

Deranged (SWE) : High on Blood

Deranged (SWE) : High on BloodDécidés à enfoncer le clou après leur premier album, et désormais abonnés au Berno Studio, Rikard Wermen & Johan Axelsson rejoignent l’ingénieur Berno Paulsson en juillet 1997, pour les sessions de l’impitoyable High on Blood. Commercialisé en tout début d’année suivante par l’écurie Regain Records, l’album marque l’arrivée du bassiste Dan Bengtsson, ainsi que du growleur Fredrick Sandberg, capable de passer d’un chant guttural gras & profond à des vocaux beaucoup plus rageurs.

Loin de tout assagissement avec le temps, Deranged accélère encore la cadence sur ce nouvel effort, gagnant parallèlement en technique et en précision. Razor Divine & Humanity Feeds plantent ainsi le décor, dominé par le martelage rythmique de Rikard & Dan, les riffs & soli hermétiques de Johan, et le guttural effroyable de Fredrick.

Assommant quasiment de bout en bout avec un plaisir manifeste, Deranged injecte cependant suffisamment d’espace entre ses martelages rythmiques pour éviter l’overdose auditive, à l’image de Robber Of Hell ou By Knife, qui calment judicieusement le jeu avec leurs breaks fracassants, sur un middle tempo parfaitement calé, terrain propice à une salve de riffs particulièrement acérés. A ce titre, Erotikill s’inscrit parmi les titres les plus puissants & percutants de la longue discographie des suédois, notamment sur son riff d’intro, frappant avec une précision redoutable.

Plus compact, puissant & millimétré que son prédécesseur, addiction pour le fan de brutal death, High on Blood est une véritable machine à tuer, se hissant parmi les missiles les plus meurtriers du combo suédois. En ce début d’année 1998, alors que le deathmetal sort à peine d’une crise identitaire, Deranged ne se pose quant à lui aucune question, dégommant tout sur son passage sans effectuer la moindre concession.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 2:00

21 mai 2008

Deranged (SWE) : Rated X

Deranged (SWE) : Rated XFormé en 1991 autour de Johan Axelsson & Rikard Wermen, Deranged déroge à la seconde vague du death métal suédois, pratiquant un death brutal & sauvage, à mille lieux de toute forme de mélodie développée par ses confrères. Le groupe atterrit en 1994 chez Repulse Records et enregistre deux EP pour le label, Architects & Sculpture, avant d’entamer les sessions de son premier album aux Berno Studios en mars 1995, sous la coupe le Paulo Berno, réputé dans la première partie des nineties pour l’enregistrement des albums de l’intraitable Seance. Rated X sort ainsi en septembre de la même année, muni d’une pochette sans équivoque (une belle douche de sang), d’ailleurs remplacée sur la future réédition de Listenable.

Grâce à son passage aux Berno Studios lors des sessions de son précédent EP (Sculpture), Deranged possède une expérience bénéfique, qui lui permet d’aborder l’enregistrement de Rated X sans problème, et d’obtenir ainsi un son puissant et déjà très personnel. Le death de la formation est déjà basé sur un style résolument brutal et suffocant, sur les rythmiques de Rikard Wermen qui, sans être blastées de bout en bout, ne laissent déjà que peu de répit à l’auditeur. Les riffs & soli de Johan Axelsson sont aussi terriblement rapides et brutaux, soutenant le guttural monocorde & effroyable de Per Gyllenback.

Bien que Deranged possède déjà un goût prononcé pour le pilonnage rythmique, à l’image d’un Razor Tongue sans pitié, Rated X contient cependant suffisamment de titres lourds ou de breaks écrasants, tels les redoutables Killing Spree, Axe ou Sixteen and Dead, cassant judicieusement la linéarité engendrée par une telle brutalité sonore. Les structures des morceaux restent toutefois souvent interchangeables, bâties sur des rythmiques, des riffs & des vocaux certes calés, mais manquant encore de technique et de variété, pour rendre le produit véritablement impressionnant.

Réussissant son entrée avec un premier album convaincant, Deranged prend la scène suédoise à contre pied, larguant un missile dénué de tout sentiment, s’adressant ainsi aux brutes épaisses, fans d’une version Cannibal Corpse puissance 10, en terme de lourdeur et d’ambiance gores. Distillant à droite à gauche quelques samples de film d’épouvante, histoire de renforcer son climat horrifique et sa brutalité manifeste, Rated X se clôt en revanche sur un ton plus léger avec son titre Paint It Black, reprise turbo et sans merci de Rolling Stone, incitant aux headbangs les plus fous, et dénaturant à lui seul l’essence même du rock band !

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 2:00

19 mai 2008