Altars of Fab' Death

Destruction : Cracked Brain

Destruction : Cracked BrainAux côtés de Sodom, Destruction reste certainement une des plus belles signatures du label Allemand Steamhammer. En cet été 1990, le trio précurseur du thrashmetal teuton livre son quatrième album complet, mis en boite aux Union Studios de Munich, représentant pour l’anecdote le premier enregistrement de thrash enregistré à partir d’une console 48 pistes. Baptisé Cracked Brain, en référence aux dommages des drogues dures sur l’esprit, ce nouvel effort est parfaitement mis en image par le maître Andreas Marshall, qui s’est parallèlement occupé de la pochette du nouveau Coma of Souls des voisins de Kreator.

Cracked Brain s’inscrit dans la veine du thrash technique de son prédécesseur Release from Agony, qui délaissait quelque peu la fougue des débuts pour un thrashmetal certes moins percutant (moins culte aussi) mais plus réfléchi. Mais bien que Destruction reste avant tout l’oeuvre son guitariste Mike Sifringer, sa carrière reste intimement liée à celle de son bassiste chanteur Marcel Schmier, d’un charisme et d’une voix singulière sans grand équivalent. A ce titre, son absence sur ce quatrième album reste donc pesante, même si son remplaçant André Grieder s’en tire brillamment, parvenant à s’intégrer au sein de la formation et à retrouver le timbre rageur de l’ancien frontman.

Peut-être faute au départ de Schmier, Cracked Brain reçoit ainsi un accueil mitigé de la part d’une partie de la presse et du public, lui reprochant au passage un thrashmetal ennuyeux et maigrement inspiré. Pourtant, bien que l’époque Infernal Overkill & Eternal Devastation reste indétrônable, le nouvel album de Destruction présente des pistes de qualité, n’ayant peu à envier aux morceaux articulant Release from Agony.

Le sacré titre éponyme en ouverture, Frustrated, Rippin’ You of Blind ou encore Die a Day Before You’re Born sont autant de morceaux témoignant une vraie richesse de composition, renfermant moult riffs, accélérations et soli subtils, qui s’affirment au fil des écoutes. Et que dire du fabuleux SED, plus de trois minutes d’un thrashmetal divinement calibré. A mon sens, seul la reprise heavymetal My Sharona s’intègre difficilement à l’ensemble, et s’avère au final fichtrement dispensable.

Mal aimé dans la discographie de Destruction, Cracked Brain reste pourtant une oeuvre de qualité dans la première partie de carrière du groupe allemand. Son thrash complexe requiert beaucoup d’attention et prend tout son corps au fil des écoutes. Sans se hisser aussi haut que ses deux premiers aînés, il mérite à mon humble avis l’attention des thrashers qui l’aurait peut-être un peu trop facilement écarté.

Fabien.

> - Les chroniques -, Destruction — admin @ 2:00

18 octobre 2010

Destruction : Infernal Overkill

Destruction : Infernal Overkill

Formé en 1982 autour de Marcel “Schmier” Schirmer et Mike Sifringer, rejoints dans la foulée par le batteur Tommy Sandmann, Destruction figure parmi les tous premiers groupes thrashmetal germanique aux côtés du tout aussi culte Sodom, quelques petites années avant l’arrivée de Kreator. Le trio marque son entrée chez le jeune label allemand Steamhammer à l’occasion de son premier mini-LP Sentence Of Death en 1984, un pavé jeté dans la marmite du speedmetal, quelques mois après l’occulte In The Sign of Evil de Sodom.

A cette époque, Destruction est alors affublé de toutes les étiquettes pour définir son style aussi rapide, noir, technique que novateur, volontiers rangé dans des appellations black, speed ou thrash alors encore en pleine définition. Malgré ses quelques titres évoquant le Malin, le trio refuse l’appellation blackmetal le concernant, trop réductrice pour ses thèmes plus généraux et sa musique rapide et foncièrement technique, la raison expliquant l’abandon de son premier patronyme Knight of Demon.

 Bref, le trio reste au centre des regards de la jeune scène extrême européenne au moment de la sortie de son premier album complet, l’impitoyable Infernal Overkill. Mis en boite aux Caet Studio sous la houlette de Horst Müller, l’album paraît au printemps 1985 chez Steamhammer, écurie alors en concurrence directe avec l’autre allemande Noise International, qui commercialise durant le second semestre de cette même année l’EP Emperor’s Return et le LP to Megatherion de Celtic Frost, ainsi qu’Endless Pain, le premier album de Kreator. L’histoire de la scène speed-thrash suisse et ouest-allemande est bel et bien en marche depuis ce terrible cru 1984.

Depuis son premier mini-album, le trio a davantage gagné en précision et en technicité. Ses nouvelles compositions sont plus alambiquées, diablement interprétées par le couple basse batterie de Tony & Schmier qui fonctionne parfaitement, véritable moteur aux riffs et soli de folie de Mike, guitariste speed au jeu décidément inimitable. Le trio gagne parallèlement en efficacité grâce à l’enregistrement de Horst Müller qui dote notamment les guitares d’un long formidablement lourd et agressif pour l’époque.

Destruction lâche ainsi un véritable condensé de thrashmetal durant les 39 minutes d’Infernal Overkill, dominé par des rythmes rapides, une cascade de riffs d’une technique et d’une efficacité à toute épreuve, soutenant le chant fichtrement nerveux de Schmier. Impossible de résister un seul instant à la force du riffing d’Invisible Force et The Ritual, ou encore aux soli de Death Trap et Black Death tout aussi redoutables. Le trio démontre par ailleurs tout son mordant et son savoir-faire sur l’impensable instrumental Thrash Attack, au titre sans aucune équivoque.

En album clé de la scène thrashmetal allemande, Infernal Overkill s’inscrit directement comme un classique absolu du genre, permettant ainsi à Destruction de partir immédiatement en tournée européenne avec l’incontournable Slayer. A coup de riffs, de breaks et de soli fichtrement percutants, le groupe déploie en effet une énergie démente et possède une identité et une technique toute particulières, notamment dans la façon d’aborder son riffing, influençant un nombre incalculable de futures formations thrash, black et deathmetal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Destruction — admin @ 2:00

26 novembre 2007