Altars of Fab' Death

Devastation (USA-1) : Idolatry

Devastation (USA-1) : IdolatryAyant enchainé les concerts en compagnie de Death, Sepultura ou Laaz Rockit en cette année 90, fin prêt pour son nouvel album, Devastation décroche un enregistrement entre août et septembre aux fameux Morrisound Studios de Tampa, en Floride. Le groupe texan rejoint alors Scott Burns, l’un des ingénieurs du son les plus prisés des formations death thrash de l’époque, à l’instar d’Harris Johns, Colin Richardson, Paul Johnson ou Tomas Skogsberg. Les sessions débouchent sur la sortie d’Idolatry courant 1991, une nouvel fois couvert par le label Combat Records, figure du thrash death des années 80 (Death, Possessed, Dark Angel), mais hélas en perte de vitesse durant ce début des nineties.

Toujours emmené par le duo Elizondo / Burk aux guitares et Dunsmore au chant, Devastation bénéficie du retour de Dave Lozano derrière les fûts. L’assise rythmique imposante du batteur, au jeu carrée et au double pédalage millimétré, sert diablement les riffs thrash serrés des deux gratteux qui, non seulement ont gagné en précision (délaissant les coups de vibrato par des soli plus travaillés), mais se sont également détachés de leurs influences Slayeriennes premières. En outre, la voix de Dunsmore s’est bonifiée, possédant un timbre plus rocailleux, non sans rappeler le chant râpeux de Jeff Beccera (Possessed).

Incisif et inspiré, sur un rythme à dominante middle tempo, Devastation lâche ainsi quelques ogives particulièrement destructrices, à l’image de Freewill au duel de soli endiablés, de Forsaken Hatred aux accélérations vicieuses, ou encore de l’excellent Souls of Sacrifice au refrain aussi intense qu’entêtant. Parallèlement, l’expérience de Scott Burns permet l’obtention d’un son à la fois clair et compact, rapprochant sensiblement le quintette texan de la sphère death metal, grâce à une lourdeur accrue et un côté massif indéniable. En revanche, faute à une ruée de moult formations dans les Morrisound Studios en ce début des années 90, Idolatry possède un son plutôt conventionnel, au grain relativement proche des Death Shall Rise & The Ten Commandments du moment (Cancer, Malevolent Creation).

Parfait compromis entre les scènes thrash et death metal de l’époque, à la manière d’un Beyond the Unknown, d’un Tortured Existence ou d’un Choirs of Horror (Incubus, Demolition Hammer, Messiah) sortis quelques mois auparavant, Idolatry s’impose ainsi parmi les bons albums de ce redoutable cru 1991, millésime qui ne cesse décidément d’accumuler les références dans ces styles extrêmes. En revanche, flanqué d’une promotion quasi inexistante de la part d’un Combat Records moribond, l’album passe relativement inaperçu en regard de nombreuses réalisations portant le sceau des Morrisound Studios. Devastation parvient toutefois à partir en tournée en compagnie de Malevolent Creation et Demolition Hammer en été 1991, mais en roue libre et sans soutien, le groupe splitte en août de la même année non sans laisser des Signs of Life et Idolatry toujours aussi réjouissants.

Fabien.

> - Les chroniques -, Devastation — admin @ 2:00

22 janvier 2009